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EAN : 9782491374068
184 pages
Komics Initiative (11/09/2020)
3.67/5   6 notes
Résumé :
''Nous avons là un homme apprenant à être un monstre'' John Cain est inspecteur à la criminelle depuis plusieurs années. Il fait équipe avec Pat Amersham. Le duo est habitué aux tueries et aux autres morts sordides. Pourtant, cette fois-ci, l'innommable se produit. Le meurtre d'une petite fille et l'état du cadavre secouent Cain. Comment peut-on infliger un tel traitement à un enfant ? Pour lui, il va devoir sombrer pour débusquer le monstre qui a commis ces atrocit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Presence
  12 septembre 2020
Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie initialement parue en 2002/2003 ; il s'agit d'une histoire complète. Cette édition est en noir & blanc avec des tons gris, comme l'original.
Dans la première page, une jeune fille jour sur une balançoire, puis à cache-cache avec son père que l'on ne voit pas. Elle semble avoir une dizaine d'années et la scène se passe dans un grand jardin public. Dans la scène suivante, Pat Amersham et John Cain arrivent sur la scène d'un crime. Il s'agit d'une livraison de drogues qui a dégénéré en exécution sommaire des responsables du laboratoire clandestin. John Cain découvre que les trafiquants se servaient de nourrissons pour faire transiter la drogue aux frontières. de retour au commissariat, leur supérieur leur confie une nouvelle enquête : le corps d'une jeune fille d'une dizaine d'années a été découvert découpé et empaqueté dans 3 cartons abandonnés devant un magasin d'articles d'occasion pour enfants. Après examen, Wendy Niles, le médecin légiste, leur indique que la jeune fille a été charcutée alors qu'elle était encore vivante. Elle a été torturée pendant 3 semaines.
Warren Ellis explique dans les textes qui complémentent le récit que ce dernier lui a été inspiré par l'angoisse qu'il éprouve à l'idée que sa fille puisse être victime d'un détraqué. Il raconte également qu'il a eu l'occasion à plusieurs reprises de discuter avec des policiers de la brigade criminelle et qu'il en est ressorti que les comptes-rendus criminels que l'on peut lire dans les journaux sont édulcorés par rapport à l'horreur réelle des faits. Il indique enfin qu'il souhaitait examiner quelle stratégie psychique un individu normal (John Cain) doit mettre en place pour accepter l'existence d'actes aussi monstrueux perpétrés par un autre être humain.
Autant le dire tout de suite, je ne suis pas convaincu du résultat. Pour commencer, Ellis a souhaité faire de son personnage principal (John Cain), une victime. Je ne vois pas ce que ça apporte à l'histoire. Au vu des nombreux crimes abjects sur lesquels il enquête, John Cain est déjà assez éprouvé comme ça par la noirceur des horreurs dont il est le témoin a posteriori. Ensuite, Ellis se focalise uniquement sur John Cain. le lecteur ne développe aucune empathie pour les victimes qui restent juste au niveau des statistiques. Il n'assiste pas aux horreurs commises par le meurtrier (ce n'est pas plus mal), mais il n'a pas non plus accès à son psychisme. le lecteur est donc invité à suivre un homme déjà accablé par son métier et son histoire personnelle et qui va souhaiter trouver comment mettre un terme aux atrocités commises par le meurtrier. Il s'agit d'un thème que Garth Ennis a développé à de nombreuses reprises et avec différentes approches dans la série du Punisher MAX . Par comparaison, l'approche d'Ennis semble superficielle, peu crédible et trop fermée.
Il reste cependant plusieurs passages qui sortent de l'ordinaire et qui évite à cette histoire de sombrer dans une enfilade lieux communs. À plusieurs reprises, Ellis fait partager à son lecteur l'horreur absolue de la barbarie des crimes perpétrés. Il ne s'agit pas de se vautrer dans un voyeurisme cauchemardeux. Les illustrations se limitent à des représentations simples, sans sensationnalisme. Mais la matérialité est inéluctable : le lecteur ne peut pas faire abstraction de l'anormalité de ce qui lui est donné à voir (ossements presque dissous, ou membres découpés). Il y a également un moment incroyable, celui où John Cain a l'intuition de l'identité du coupable. Ellis et Jacen Burrows (l'illustrateur) montrent en 3 pages (dont la dernière est muette) John Cain en train d'associer les éléments disparates dans son esprit. Par le biais de cette scène en pleine, rue, les créateurs mettent à nu le processus intellectuel du personnage de manière magistrale.
Je suis également assez partagé sur le travail de Jacen Burrows. C'est l'illustrateur en titre de la maison d'édition Avatar Press. Il a déjà collaboré avec Ellis sur Dark Blue , avec Garth Ennis pour Crossed et sur des adaptations de texte d'Alan Moore comme The Courtyard . Il a illustré en 2010 et 2011 un nouveau scénario d'Alan Moore intitulé Neonomicon. Il utilise un style plutôt épuré (il ne reste que les traits nécessaires) et presque dépourvu d'ombrage (ces derniers étant figurés par les nuances de gris). Ses décors sont assez détaillés et très prosaïques. L'ordinateur du médecin légiste ressemble à un ordinateur, et pas à un jouet. Les places de stationnement disposent de bordures pour éviter que les véhicules se collent au trottoir. En fait l'apparente simplicité et le dénuement relatif de ses dessins trompent l'oeil du lecteur. Burrows transcrit la réalité avec un sens très sûr du détail significatif. Par contraste, les visages des individus semblent plus dépouillés, plus simples, ce qui rapproche le lecteur d'eux, tout en leur enlevant un peu trop de réalisme pour ce genre de récit.
Scars se lit rapidement, en mettant le lecteur face à des réalités qu'un individu normal préfère éviter de regarder en temps normal. le scénario comporte quelques éléments artificiels qui ne semblent là que pour permettre au récit d'aboutir au dénouement (l'acquisition trop opportune d'une arme à feu illégale par John Cain), et les illustrations ont une apparence légèrement éthérée qui dessert par endroit ce fait divers très noir.
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Orphea
  23 juillet 2020
Pour commencer, saluons le joli travail d'édition de Komics Initiative. La qualité est toujours au rendez-vous, il faut le reconnaître.
On peut applaudir aussi la couverture d'Aurélien Police qui a un talent fou, même si je trouve qu'elle évoque quelque chose d'un peu fantastique (ou bien il n'y a que moi qui pense à Stranger Things en la regardant ?) alors qu'il n'y a rien de surnaturel dans ce récit.
J'aime toujours autant le dessin de Jacen Burrows, je tenais à le dire.
Ensuite, je vous enjoins à ne pas lire l'introduction. Surtout pas ! Au risque d'avoir de grosses attentes qui vous amèneront vers la déception.
J'ai été déçue. Ce n'est pas mauvais, mais c'est du déjà vu et c'est trop court pour ce que ça veut raconter.
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Aderu
  18 novembre 2020
Comme dit dans une autre critique, la lecture de la préface est à éviter avant le texte. Non pas, contrairement à tant d'autres, qu'elle dévoile des choses, mais on dirait qu'elle parle d'un autre livre. Je la trouve très bien, très forte, mais pas du tout adaptée à ce livre.
Certes l'histoire de Warren Ellis est glauque, brutale, mais j'ai cru que j'allais passer mon temps à voir des horreurs.
Un duo de flics, une sale affaire.
L'histoire est bien trop courte et sa résolution arrive bien trop vite. On dirait un résumé d'histoire. Cela sonne assez caricatural, n'en déplaisent aux préfaciers et postfaciers (dont Ellis lui-même) : telle bagarre qui amene telle conséquence, telles échanges avec la légiste, l'histoire personnelle qui croise l'enquête, etc.
J'ai trouvé très forte la raison du titre, explicitée à la toute fin et j'ai adoré la couverture d'Aurélien Police (pléonasme). Mais c'est à peu près tout.
Ah si, les paratextes sont excellents. J'ai déjà mentionné la préface (chouette mais hors-sujet à mon avis), mais les deux postfaces valent aussi le détour. Notamment celle de Steven Grant, très intéressante réflexion sur la peur, l'horreur, la violence.
Cela reste un bel objet et les éditions Komics Initiative font leur travail avec panache. Mais là, je n'ai pas compris l'engouement.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AderuAderu   18 novembre 2020
Manhattan 1982, à la Saint-Patrick. Des lycéens catholiques, dispensés d'école pour la journée, ivres et traînant en bandes, agressant des femmes sur Columbus Avenue : les encerclant, soulevant des jupes, les tripotant. Coutume de la St Patrick. 2001 : on finit par apprendre que depuis des décennies, probablement des siècles, l'Église a protégé les prêtres pédophiles, les réaffectant à de nouvelles victimes au lieu de les excommunier et de les poursuivre en justice. (postface)
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AderuAderu   18 novembre 2020
Dieu a donné à Moïse les deux commandements : des règles qui étaient censées faire respecter la morale. Dix, c'était trop à retenir. Jésus le savait. Il a rabaissé le compte à deux : aime Dieu et aime ton prochain comme toi-même. Au vu des deux derniers millénaires, c'était encore trop.
Alors résumons tout ça en quatre mots : "Soyez pas des fumiers."
(postface)
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AderuAderu   18 novembre 2020
Les adultes comprennent que sous la fine couche de vernis recouvrant ce monde se tapissent des monstres.
(postface)
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Videos de Warren Ellis (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Warren Ellis
Seul ou avec son compatriote australien Nick Cave, Warren Ellis a composé une vingtaine de musiques de film. Multi-instrumentiste, il joue du violon, de la guitare, de l'accordéon, du piano, de la mandoline, de la flûte, du bouzouki. Spécialiste des boucles musicales, il crée d'amples paysages sonores qui correspondent totalement aux paysages immenses de "La panthère des neiges" de Marie Amiguet et Vincent Munier.
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