AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782021434835
1136 pages
Éditeur : Seuil (20/08/2020)
3.31/5   37 notes
Résumé :
Une femme, mère au foyer, traverse la vie quotidienne, dans sa cuisine. L’âge est venu, elle a surmonté un cancer, et dans sa tête elle rumine le monde, ses folies, ses dangers, les fusillades dans les écoles, la crise économique qui fait toujours payer les mêmes, la pauvreté, l’angoisse du lendemain, les équilibres plus que précaires, sa mère décédée d’une longue maladie. Ça se passe dans l’Ohio. Et ça nous parle, de tout, partout.

Cette femme pense ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
3,31

sur 37 notes
5
5 avis
4
6 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
2 avis

gavarneur
  21 décembre 2020
Mille cent pages de lecture, un peu difficile au début, très prenante par la suite. Lucy Ellmann propose deux récits imbriqués, qui vont petit à petit se rejoindre. Dans le second, un narrateur omniscient conte la vie d'une femelle cougar (puma, lionne des montagnes), ses préoccupations de mère, sa compréhension étonnante, décalée, des humains.
Mais l'originalité et la force du roman tient surtout à la nature du récit principal. Plus de mille pages de texte compact, avec pour seules séparations des virgules. Il s'agit du monologue intérieur d'une « ménagère de moins de cinquante ans », « monologue intérieur, mais perméable au monde » comme dit François Bon*. Les pensées se succèdent, souvent sans lien apparent et introduites par le leitmotiv « le fait que » ; assez souvent limitées à quelques mots. La phrase (unique, pour mille pages) avance aussi parfois par associations d'idées ou de sons, et c'est cela qui m'a rendu la lecture difficile au début : pas question d'avoir une lecture rapide, attentive seulement au sens général, il faut saisir en détail chaque mot pour suivre les méandres de l'expression. Cette lecture attentive est aussi nécessaire parce que la narration n'est pas exactement chronologique : des faits sont mentionnés, jusqu'à un final grandiose, mais toujours dans ce flux de réflexions qui souvent revient en arrière et introduit les événements par le petit bout.
Les préoccupations de la narratrice sont surtout celles d'une mère de famille inquiète (comme la lionne des montagnes) : qu'est-ce qu'être un bon parent, comment profiter de ses enfants mieux qu'on n'a vécu avec ses parents, comment vivre dans un monde que l'homme est en train de détruire, comment faire face au « silence méprisant » d'une ado... L'autrice n'a vécu que treize ans en Amérique mais nous fait partager sa vision pessimiste de ce que deviennent les États Unis, minés par la violence, le sexisme, les inégalités sociales et un président qui confond le monde réel avec ses opinions. Elle nous parle aussi beaucoup de faits culturels : livres pour la jeunesse et surtout films anciens, dont un bon nombre que je ne connaissais pas ou plus assez. Beaucoup de rêves sont aussi rapportés avec de nombreux détails, je ne sais pas au juste à quoi ils servent, disons au moins à mieux nous immerger dans le cerveau de cette femme inquiète et proche de chacun de nous.
Pour finir il faut saluer la traduction de Claro : comme Ulysse ou Finnegans Wake ce roman est un bloc de texte et la traduction rend bien les aspects formels et poétiques de cette grande déferlante. J'ai hélas remarqué quelques erreurs de traduction (qui vont au-delà du choix discutable, je pense, mais je n'ai pas le texte anglais), quelques problèmes de relecture : mots manquants, erreurs de syntaxe. Mais ces brèves irritations ne m'ont pas gâché cette longue lecture, dont je suis sorti époustouflé.
* le fait que Claro (ou : Claro traducteur des Lionnes de Lucy Ellmann) - YouTube ).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          254
HordeduContrevent
  18 novembre 2020
Le fait que...voilà la ritournelle de ce livre, en boucle, injonction à une forme d'hypnose...J'ai picoré ce livre et ne l'ai pas lu comme un livre normal car ce livre est hors norme... le fait que l'auteur arrive à me toucher, le fait que j'ai été comme en apnée lorsque je picorais ce texte, dense, véritable fleuve de 1 phase, une seule , déferlement de pensées,de listes de courses, de publicité, de musique, de jeux de mots aussi (je me suis demandée comment avait fait la traductrice pour traduire ces jeux de mots)...inclassable et irrésistible...je me surprends à me dire, tiens est-ce que moi aussi j'entremêle ainsi mes pensées, ce que j'entends, ce que je vois. Cela se passe-t-il ainsi dans le cerveau? Ce livre vaut le détour, je comprends qu'il puisse énerver mais se donner une liberté en le lisant comme on l'entend permet de trouver la démarche passionnante.
Commenter  J’apprécie          244
sweetie
  28 mai 2021
« Je n'avais d'autre interlocutrice que moi-même, et il est absurde de coucher par écrit ce que l'on se dit à soi. »
Lucy Ellmann a pris le contre-pied de cette phrase d'Edith Wharton dans son roman Les Lionnes, laissant son personnage de mère de famille soliloquer à sa guise sur plus de mille pages bien serrées. Celle dont on ignorera même le prénom jusqu'à la toute fin, cuisine tartes et gâteaux dans sa maison de Newcomerstown, Ohio, revendus à quelques commerces du coin. Son second mari Leo, ingénieur civil, est souvent en déplacement pour son travail et la charge de la maisonnée lui incombe donc en grande partie. Quatre enfants à aimer, éduquer et soutenir : Stacey, 15 ans, Ben, 9 ans, Gillian, 8 ans et Jake, 4 ans, plus quelques poules dans son jardin, sans oublier deux chats et un chien. Bref, le quotidien d'une mère au foyer tentant de garder le cap.
J'ai été déroutée au début par le style télégraphique des phrases, les digressions abondantes, les accumulations de faits divers et les sigles et acronymes (avant de constater trop tard leur définition dans une liste placée à la fin du livre). En plus de pratiquer des associations inconscientes (tous frais payés, touffe rayée; Fox News, fake news, barbouze; austère, Jane Austen; où est Jake, chèque, chaque, lac), la narratrice se lance dans des diatribes intérieures contre les armes à feu, la pollution, la politique (Trump), la violence conjugale, l'ingratitude des ados, les blessures d'enfance et j'en passe. En parallèle, comme une pause à tout ce verbiage, on suit le parcours d'une femelle couguar et de ses petits, retour à l'instinct maternel originel ancré dans la nature.
Obsédant, hypnotisant, ce roman m'a ébloui, me projetant dans les pensées incessantes de cette femme, ses peurs, ses rêves, ses souvenirs, ses projections. Une femme ordinaire prise dans le tourbillon de la vie moderne et connectée, timorée en société, mais qui affiche intérieurement une pensée solide, un bon jugement et un amour indéfectible envers sa famille. le roman s'avère une critique cinglante de la société américaine autant dans son histoire passée que dans ce qu'elle représente aujourd'hui. J'ai bien ressenti cet énorme cri du coeur d'une citoyenne en alerte car ce que nous observons et constatons depuis quelques années, de l'autre côté de la frontière, est loin d'être rassurant pour le futur.
Et pour reprendre le fil de la narration, le fait est que c'est un maudit bon roman!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          163
cathulu
  24 octobre 2020
Les Lionnes, c'est d'abord un pavé impressionnant qui se dissimule derrière la porte d'un frigo jaune pétard, 1108 pages d'un flux quasi continu de pensées qui s'entrelacent, celle d'une femelle cougar et celle d'une femme, mère au foyer qui passe l'essentiel de son temps dans sa cuisine à préparer des gâteaux qu'elle vend à des restaurants.
Timide, pusillanime, ayant tendance à se rabaisser (elle a pourtant enseigné à l'université), cette mère de quatre enfants ne s'est pas remise du décès de sa mère, a survécu à un cancer (elle l'évoque très peu), à un premier mariage , a réussi à élever seule sa première fille , avant que de retrouver l'amour avec Léo. Tout cela nous l'apprenons au fil des pages dans de très longues phrases qui épousent les mouvements de sa pensée,   procédant par associations mentales ou sonores (allitérations, assonances),  pensée qui digresse et ressasse, pensée non dénuée d'humour.
La femelle couguar et ses petits, la narratrice et ses enfants ,évoluent dans des mondes contigus mais baignés de violence. Comment trouver normal que les armes soient partout à disposition, que cette violence s'exerce principalement sur les Noirs ,les femmes, que même les enfants ne soient pas en sécurité à l'école ou chez eux ?
Les chemins de ces deux mères, aux objectifs quasi identiques,  se croiseront fugitivement, mais tout l'art de Lucy Ellmann est de savoir faire monter la tension quand le lecteur, même s'il est hypnotisé par ce flot continu, commence parfois à perdre pied, à balancer, au détour d'une phrase, une révélation qui remet en perspective tout ce que nous avions lu auparavant et de susciter une émotion intense dans la toute dernière partie du roman.
Un livre magnifique et puissant qui fait paraître bien lisses et proprets nombre de fictions.
aussi l'époustouflante traduction de Claro.
Et zou, sur l'étagère des indispensables.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
jlvlivres
  12 février 2021
« Les Lionnes » de Lucy Ellmann, traduit de l'anglais (Ducks, Newburyport), par Claro, puis édité en France (2020, Seuil, 1152 p.) a été finaliste du Booker Prize 2019. Une référence donc, margé ses huit phrases qui d'étalent sur les onze cents et quelques pages.
Fille de deux critiques littéraires américains et mariée à Todd McEwan, également écrivain, elle a se quoi lire (dans sa cuisine, bien entendu). Elle a commencé des cours dans un atelier d'écriture créative (creative writing) à l'université de Kent, à Canterbury. Très vite lassée de l'ambiance universitaire, elle se et à son compte, reprenant son adage préféré « Workshops are for jerks. What you need is an editor » (Les ateliers sont faits pour les abrutis. Ce qu'il vous faut c'est un éditeur). Voilà les futurs écrivains en herbe prévenus.
Un long monologue intérieur d'une femme, mariée à Leo, quatre enfants, ses chats et ses poulets. Elle prépare des tartes tatin pour un restaurant local. Pas tout à fait remise du décès de sa mère, mais remise d'un cancer et d'un premier mariage. Il faut dire qu'elle vit dans l'Ohio
Le tout sous forme de monologue intérieur. Dans les ateliers de création, on appelle cela le « courant de conscience » ou le « flux de conscience » (Stream of consciousness). C'est ce que ressent Molly dans « Ulysse » de James Joyce. C'est la 18eme partie, ou « Penélope » avec le rêve éveillé de Molly « je l'ai poussé à me demander en mariage oui d'abord je lui ai donné le morceau de gâteau à l'anis que j'avais dans la bouche et c'était une année bissextile comme maintenant oui il y a seize ans mon dieu après ce long baiser je pouvais presque plus respirer oui il a dit que j'étais une fleur de la montagne oui c'est ça nous sommes toutes des fleurs le corps d'une femme oui voilà une chose qu'il a dite dans sa vie qui est vraie et le soleil c'est pour toi qu'il brille aujourd'hui » où c'est plein de « oui » qui commencent en « o » et qui se terminent quasiment en orgasme « puis il m'a demandé si je voulais oui de dire oui ma fleur de la montagne et d'abord je l'ai entouré de mes bras oui et je l'ai attiré tout contre moi comme ça il pouvait sentir tout mes seins mon odeur oui et son coeur battait comme un fou et oui j'ai dit oui je veux Oui ».
Dans « Les Lionnes », le oui orgasmique est remplacé par « le fait que ». le retour à la réalité, coincée derrière la porte du réfrigérateur jaune de la couverture. Et il y en a des « le fait que » qui commencent chaque réflexion, 19396 en tout. Sur plus de 400 000 mots en tout, cela fait tout de même près de 13 %, soit près de 140 pages. Un index de fin avec tous les « le fait que » serait bienvenu.
"le fait que nous ayons soudainement décidé de faire tout ce tas de pommes de senteur comme cadeaux de Noël pour les gens.........". Pour un peu on aurait droit à la recette (un peu comme dans « O » de Miki Liukkonen que je viens de finir).
Cependant ce qui reste de ce pavé, c'est une peinture des USA plus que sombre. L'image qui vient en tête c'est le tableau de Goya au musée du Prado à Madrid « Saturno devorando a un hijo » (Saturne dévorant un de ses fils). Toile sombre au sous-sol du musée dans la salle des Goya, pas très loin du « Perro semihundido », image du chien qui se noie.
Mais la réalité est là avec Donald Trump et ses groupuscules d'« Open Carry », défendeurs du second amendement sur le port d'armes. Pour ce qui est de la longueur de la phrase, et de sa non-ponctuation, je préfère, et de loin le « Zone » de Mathias Enard (2008, Actes Sud, 516 p.) qui a en plus la contrainte des pages et du kilométrage entre Paris et Rome.
Pour la traduction (remarquable comme souvent) de Claro, quelques trouvailles, sa marque de fabrique « deux semoules, deux semaines, Smetana » ; « forêt, faux rat » ;ou le plus douteux « ascétique, assez de tiques ». Mais après tout, je préfère encore (et toujours de James Joyce les « Sinbad the Sailor and Tinbad the Tailor and Jinbad the Jailer and Whinbad the Whaler and Ninbad the Nailer and Finbad the Failer and Binbad the Bailer and Pinbad the Pailer and Minbad the Mailer and Hinbad the Hailer… »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30


critiques presse (9)
FocusLeVif   03 novembre 2020
Dans Les Lionnes, Lucy Ellmann expose tout entières les pensées d'une femme d'intérieur de l'Ohio, colonisée intimement par la violence.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
LaPresse   19 octobre 2020
C'est de loin le roman le plus volumineux de la rentrée : Les lionnes fait 1108 pages, un véritable tour de force littéraire. En nomination pour le prix Man Booker l'an dernier, ce huitième roman de Lucy Ellmann (qu'on connaît peu en français, car seulement deux de ses livres, dont celui-ci, ont été traduits) est un vrai défi de lecture.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   12 octobre 2020
Lucy Ellmann signe l’un des livres les plus surprenants de la rentrée.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   08 octobre 2020
Son quotidien et l'Amérique passés au filtre de la voix intérieure d'une mère au foyer.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   22 septembre 2020
Le monologue intérieur d'une mère au foyer et les pensées d'une femelle couguar se croisent tour à tour. Sidérant.


Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   16 septembre 2020
On découvrira en tout cas « les Lionnes » avec admiration et curiosité : c’est un circuit aux infinis détours, et Lucy Ellmann, celle qui fonce pied au plancher pour gagner ces vingt-quatre heures du roman.

Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   16 septembre 2020
Souvent drôle, ce septième roman, le deuxième traduit, de Lucy Ellmann – née en 1956 dans l’Illinois mais vivant en Grande-Bretagne –, est [...] une franche réussite.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeMonde   31 août 2020
Souvent drôle, ce septième roman [...] est, on l’aura compris, une franche réussite.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LesInrocks   18 août 2020
A quoi pense une femme dans une cuisine ? Lucy Ellmann livre le flux de conscience d’une Mrs Dalloway du XXIe siècle. Mille pages hors normes et éblouissantes.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
ZephirineZephirine   15 janvier 2021
Elle leur apprenait à emprunter les sentes et les chemins de terre envahis par les herbes, plutôt que de se fier aux grandes entailles droites dans la terre, aux autoroutes qui attiraient toutes ces voitures et tous ces camions qui grondaient et couinaient et puaient. Des boules de métal filantes.
Commenter  J’apprécie          140
Day-syDay-sy   17 mai 2020
le fait que Ben dit que tout le monde sur terre va bientôt mourir de faim ou mourir de pneumonie atypique ou suffoquer, Ebola, H5N1, le fait que le H5N1 n’a qu’à muter plusieurs fois et on sera tous fichus donc tout ça n’aura peut-être servi à rien, l’aventure humaine, mais avant que ça arrive, on doit remplir notre déclaration d’impôts
Commenter  J’apprécie          110
19chantal19chantal   07 novembre 2020
...le fait que Leo n'a vraiment aucune idée de ce qui se passe ici toute la journée, le fait qu'il deviendrait sûrement dingue si jamais il découvrait ce que signifie vraiment nourrir, habiller, loger et occuper un troupeau d'enfants, une troupeauté, le fait que je passe désormais mes journées à répondre à leurs besoins et à leurs demandes, nettoyer les toilettes, préparer les paniers-repas, étiqueter leurs effets personnels, leur laver et brosser les cheveux, pinailler sur tout, chercher les choses égarées, faire des fanouropitas pour les retrouver, supplice de la planche, Fanourios, "Hauts les coeurs, mes chéris !"...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
19chantal19chantal   07 novembre 2020
le fait que je dois faire la vaisselle avant qu'ils soient tous réveillés, je dois, le fait que je suis une feignasse, pétasse,, radasse, bad-ass, brontosaure, ptérodactyle, raptors, T-Rex, têtes jivaros, petit tracteur jaune, le fait que c'est assez rapide de faire la vaisselle, dix minutes max, franchement, alors pourquoi cette résistance, le fait que je dois tous les jours me faire violence, genre dix fois par jour, le fait que les tâches ménagères ne m'enthousiasment pas spécialement, mais la vaisselle sale c'est déprimant, comme disait Anat, et je n'ai pas envie que les enfants soient déprimés, ni Leo, ni moi
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
marielauremarielaure   28 mai 2021
le fait que tout ça est complètement stupide si vous voulez mon avis, stupides nos meubles, stupide mon système avec le lave-vaisselle, stupide mes Tupperware, stupide notre voiture, stupide notre jardin négligé, stupide notre maison rongée par les termites, stupide nos fenêtres pourries, stupide la Reine d'Angleterre, stupide le savon qui manque, stupide le vieux Woodrow Wilson, stupide dix mille soldats, non vingt mille, et stupides leurs fusils, stupides les petites culottes à prix cassé, stupides les réductions, stupides les coupons, , stupide la vie sociale, stupide ma pub pour les gâteaux, stupide les tartes, stupide, stupides les roulés à la cannelle, stupides les cookies aux pépites de chocolat, stupides les sandwichs au surimi, stupide notre ordinateur qui ne marche pas, stupide notre en compte en banque vide, stupide la table de la cuisine où il n'y a pas de place pour s'asseoir(...) stupide mes rêves, stupide mon sourire, le fait que j'ai rêvé que Chuck était encore beau, et que ses beaux cheveux roux avaient à peine perdu de leur éclat, et que son corps m'attendait toujours, mais ça aussi c'est stupide parce qu'il ne doit pas rêver de moi, parce que ça serait stupide, le fait qu'il n'y a pas de place en ce monde pour moi, pas de place, le fait que je suis brisée, brisée, le fait qu'il n'y a pas de place dans tout l'Ohio pour mes besoins, mes désirs, mes dilemmes, mes tragédies, mes pneus crevés, ma maman, Maman, le fait que je veux ma Maman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Lucy Ellmann (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lucy Ellmann
« L'un des plus grands livres du siècle. » The Irish Times
Une femme, mère au foyer, vit l'essentiel du quotidien dans sa cuisine. L'âge est venu, elle a surmonté un cancer, et dans sa tête elle rumine le monde, ses folies, ses dangers, les fusillades dans les écoles, la crise économique qui fait toujours payer les mêmes, la pauvreté, l'angoisse du lendemain, les équilibres plus que précaires, sa mère décédée d'une longue maladie. Ça se passe dans l'Ohio. Et ça nous parle, au plus profond, de tout, partout. Cette femme pense aux diverses tâches domestiques qui l'attendent, nécessaires à faire tourner le ménage. Elle s'indigne, contre Trump, ce président terrifiant, ou face au dérèglement de la planète, mais aussi contre la domination patriarcale, l'asservissement des femmes ou l'extermination des Amérindiens. Tout cela roule dans sa tête. Et c'est parti pour une formidable aventure narrative, en une coulée pleine de rebondissements, scandée par une formule litanique – « le fait que » – qui vous emporte dans une apnée littéraire exceptionnelle.
Dans ce livre finaliste du Booker Prize et salué par une presse dithyrambique, Lucy Ellmann réussit le miracle de nous faire toucher à l'universel par le biais du plus intime et du plus infime. Par son humour corrosif, elle mène une charge impitoyable contre l'Amérique et le monde d'aujourd'hui, et dresse un admirable portrait de femme – de toutes les femmes.
Traduit de l'anglais par Claro
Lucy Ellmann est née à Evanston, dans l'Illinois. Lauréate du Guardian Fiction Prize en 1988 pour son premier roman, Sweet Desserts, elle consacre depuis sa vie à l'écriture. Un seul de ses livres a paru à ce jour en France : Petits Désastres de la vie ordinaire (Seuil, 1995). Les Lionnes est son huitième roman. Lucy Ellmann vit aujourd'hui à Édimbourg.
Retrouvez les informations sur notre site : https://bit.ly/3hgoz7W
Suivez-nous sur : Facebook : https://www.facebook.com/editions.seuil/ Twitter : https://twitter.com/EditionsduSeuil Instagram : https://www.instagram.com/editionsduseuil/
+ Lire la suite
autres livres classés : ohioVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère
Autres livres de Lucy Ellmann (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1526 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre

.. ..