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4,06

sur 1009 notes
Ptitgateau
  23 mars 2019
Ce livre m'a transportée dans un monde que je ne connaissais pas vraiment, et croyez-moi, ce n'est aucunement le monde des bisounours, puisqu'il s'agit de la pègre, du crime organisé, de la corruption, vous l'aurez compris, en un mot la mafia.

J'ai eu bien des difficultés à m'introduire dans ce milieu, la mise en place du récit étant longue, le nombre de personnages non négligeable, les personnages qui interviennent en début de roman, pas très énergiques, s'effaçant pour ensuite laisser place à d'autres qui interviendront par la suite.
Parmi eux, le personnage principal que j'aurais peine à qualifier de héros : Ernesto Perez qui se livre au FBI et demande qu'on écoute son récit jusqu'au bout, afin qu'il délivre Catherine Ducane, fille du gouverneur de Louisiane qu'il a enlevée après avoir assassiné son garde du corps.
Dans cette phase du roman, la plus importante en longueur, l'alternance des chapitres permet d'écouter la confession de Perez et de constater que le FBI, tout ouïe, essaie de s'adapter à la situation en agissant en fonction des révélations. Pour se confier, Perez a demandé la présence de Ray Hartman, avocat de son état, menacé de divorce par sa femme, et qui risque de ne plus pouvoir partager la vie de sa fille de 12 ans. Il ne comprend pas pourquoi il a été choisi par Perez.
La situation de départ nous amène lentement vers Perez, comme une montagne russe : on monte péniblement et la descente est longue mais brutale, perturbante et met souvent le lecteur mal à l'aise, jusqu'à l'arrivée qui réserve quelques surprises.
Le récite est passionnant, d'abord parce que l'on a envie de pénétrer l'esprit de ce tueur à gages pour en comprendre les motivations et le fonctionnement, parce que l'on a envie de savoir comment ça va se terminer, parce que le personnage de Perez est très ambigu : il mène des actions telles que le ferait un psychopathe, capable de tuer froidement dans les pires conditions, sans regret, laissant ce qui est passé de côté, ne se posant pas de questions, prompt à la vengeance, capable également de se montrer courtois et délicat. Individu des plus cultivés, il agit avec une grande intelligence, intelligence qu'il ne met pas au service du bien.
Ce récit est passionnant également du point de vue de ce que l'on peut apprendre : je ne connaissais le milieu de la mafia que par ouï-dire et à travers les "tontons flingueur" (lol), ou quelques autres films. Je ne m'étais jamais posé la question de toute l'organisation que cela suppose, je me suis donc cultivée !
Je ne sais pas comment je vais gérer mes coups de coeur en fin d'année, car la lecture de Vendetta m'en ajoute un. Une PCC, (Pile de Coups de Coeurs) va être nécessaire, et là, je veux aussi faire comprendre aux éventuels lecteurs de ce roman, qu'il ne faut pas s'arrêter au début qui est longuet car le meilleur est à venir. Âmes sensibles s'abstenir, certaines scènes peuvent être difficiles à supporter.
J'ajouterais que l'écriture de R.J. Ellory est très harmonieuse et agréable. C'est une des nombreuses raisons pour lesquelles je lirai d'autres romans de cet auteur.

Challenge multi-défis
Challenge pavé
Challenge mauvais genre
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Marple
  01 juin 2013
Ce livre m'a complètement bluffée ! Comme le soulignent d'autres critiques, c'est vrai que le début est un peu poussif, avec les enquêteurs successifs qui refont tous les mêmes constations. C'est vrai aussi que les agents du FBI semblent tous parfaitement demeurés ou dépassés, tellement incapables de progresser devant ce kidnapping que ça sonne faux.

Mais le personnage d'Ernesto Perez, et la monumentale fresque de la 'famille' Cosa Nostra qu'il peint lors de sa non-moins monumentale confession, rattrapent très largement ces quelques petits défauts à mes yeux. Ellory réussit le tour de force de rendre attachant un vrai 'méchant', homme de main de la mafia pendant 50 ans après avoir été repéré pour ses qualités innées d'assassin... Tueur à gage sans scrupules donc, mais comme un autre serait plombier, heureux en parallèle dans une vie simple de bon mari et de bon père de famille, donnant même parfois l'impression d'avoir un fond bon, doux et humain, malgré les cadavres qu'il a semés un peu partout. Un homme paradoxal et fascinant auquel on souhaite (presque) une happy end.

Je ne vous dirai pas s'il parvient ou non à cette happy end rédemptrice, mais simplement que la fin est une trouvaille astucieuse et vraiment bien ficelée qu'on pressent évidemment mais qu'on ne peut pas deviner. Là, on n'est plus dans le portrait ou la psychologie, mais dans l'action et le coup de théâtre, et ça m'a plu aussi ! D'autant plus que l'autre personnage principal, Ray Hartmann, quitte enfin son rôle passif et larmoyant pour courir, pleurer, se battre et guérir... Ce récit très noir de crime organisé, de meurtres et de terreur lui a donné de la force et le sens de ses responsabilités alors qu'il en manquait.

La morale de cette histoire, c'est que rien ni personne n'est tout noir ou tout blanc... Rien de nouveau, c'est vrai, mais quand la démonstration passe par la biographie d'un tueur humaniste et l'histoire de la mafia américaine sur 50 ans, moi je me régale !
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SMadJ
  03 mai 2014
Le début de ce roman fait peur !
C'est long, c'est chiant, c'est poussif !
"Ah bon !", s'exclame le lecteur averti.
"Mais pourtant tu lui as mis 4 étoiles, le SMadJ" me dit-il, cet effronté de lecteur averti.

Hé oui, ami lecteur, je lui ai mis 4 étoiles et pourtant cet Ellory est un escroc, un roublard, un bonimenteur de fête foraine même. Il nous prend, il nous retourne et il disparaît. Bon après 650 pages quand même. Donc avec lenteur et douceur. Un vicieux en plus.
Il nous blouse mais avec un talent d'écriture pharamineux et une puissance d'évocation magistrale. Même si à l'image d'Ernesto Perez, son "héros" mafieux, il cherche à nous en mettre plein la vue. Sûrement trop d'ailleurs. La plus grosse contradiction étant qu'Ernesto Perez, nous est présenté comme un mafieux cubain sans éducation. Mais au fil de son récit, on le découvre riche d'une culture générale très pointue. Très très pointue même. Il a du apprendre ça entre deux dessoudages. C'est étrange ce décalage. Pratique pour l'auteur car la narration est précieuse et finement écrite. Mais perturbant pour le lecteur.

Un roman somme cependant qui nous conte 50 années de violence et de vérités mafieuses. À la manière des "Affranchis" auquel le livre fait beaucoup penser et surtout à "American Tabloïd" (et ses 2 suites) de James Ellroy. Alors le niveau n'est pas le même. Il y a du cynisme et du nihilisme mordant, nerveux et rageur chez Ellroy. C'est beaucoup plus doux chez Ellory.
Ellory n'est pas l'anagramme d'Ellroy pour rien.

Certes ce bouquin est loin d'être parfait, certaines des intrigues ou des situations sont tirées par les cheveux et peu crédibles mais résolument nécessaires pour faire tenir le château de cartes et donner du souffle. Car de souffle, il ne manque pas. de tour de main non plus, d'où la grande baffe magistrale des dernières pages. le coup de force du bouquin !
Une mécanique à la précision diabolique. Ellory nous manipule comme les aiguilles d'une horloge, avançant et reculant pour mieux nous perdre. Si c'était une boussole, jamais nous ne trouverions le Nord. Jusqu'à ce que d'un claquement de doigts, il nous remette sur le droit chemin. le fourbe !
4/5
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Laurence64
  30 janvier 2013
Sèche comme une pomme de pin tombée depuis six mois de son pin. Aussi peu inspirée qu'après la lecture d'un essai sur la physique quantique ou l'audition d'un discours de deux heures par un homo politicus lambda.
Je viens de fermer Vendetta.
Mais cornouille! Que puis-je en dire si je m'abstiens de le raconter?

Je n'ai pas adoré et je n'ai pas détesté. Je n'ai pas succombé mais je ne me suis pas agacée. Pourtant… Tout de même… C'était un livre avec des pages pleines de mots. Plein de pages. Plein de mots. Et des chapitres. Et des paragraphes. (Mine de rien je remplis mon petit billet). Au milieu, des signes de ponctuation. le tout imprimé en noir sur papier blanc.
Je transpire. Mes doigts se tétanisent sur le clavier. Mes neurones s'affolent. Allons! Allons! Il faut se motiver. Alors ce bouquin, c'est… Euh…:

- une histoire de la mafia aux Etats-Unis? Un peu mais pas vraiment. L'ambition de la fresque historique se délite au fil des pages. La multiplication des noms des familles italiennes ne suffit pas à répondre aux exigences de l'Histoire. Les détails accumulent les personnages mais nagent dans un fond inconsistant.

- Un face à face tendu entre un tueur mafioso mais Cubain et un flic qui foire sa vie familiale à bien trop picoler? Un peu mais pas vraiment. le face à face vire au monologue, à la confession complaisante d'un sexagénaire qui ne cause pas mais disserte tel un prof d'université. Ellory écrit bien. Oui. Mais il donne ses mots à son personnage, oublieux que le personnage doit lui donner ses mots.'

- Une enquête policière? Un peu mais pas vraiment. On se fiche rapidement de savoir où est Catherine Ducane, indifférence apparemment partagée par R.J. Ellory. Qu'un bataillon de flics du FBI soient sur les dents semble lui suffire.

Enfin, la Louisiane d'Ellory (anglais) ne ressemble guère à la Louisiane de James Lee Burke. L'une est un décors peint, l'autre infiniment incarnée. Je préfère les bayous, les orages pourpres, la moiteur solide de l'auteur américain, la difficile cohabitation entre blancs et noirs.
Vendetta c'est plein de mots, plein de pages au service d'une certaine superficialité. Trop d'ambition tuerait-elle l'ambition?
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sandrine57
  08 octobre 2012
A New-York, Ray Hartmann, fonctionnaire dans une unité chargée de la lutte contre le crime organisé, met tout en oeuvre pour reconquérir sa femme et sa fille qu'il a perdues à cause de son alcoolisme. Il a obtenu de sa femme un rendez-vous de la dernière chance et compte bien s'y rendre sobre et optimiste. Pendant ce temps-là, à La Nouvelle-Orléans, Catherine Ducane, la fille du gouverneur a été enlevée et son garde du corps assassiné. le FBI est sur les dents. Se présente alors Ernesto Perez, un vieil homme d'origine cubaine. Il dit détenir Catherine mais ne souhaite parler qu'avec Ray Hartmann.
Pour rien au monde, Ray ne veut quitter New-York mais le FBI ne lui laisse guère le choix. Tiraillé entre son désir de retrouver une jeune fille innocente et son impatience de rentrer au plus vite rejoindre sa famille, Ray s'apprête à recevoir la longue confession de celui qui fut tueur pour le compte de la mafia.


Ernesto Perez, tueur professionnel sans états d'âme, a semé des morts sur son chemin de New-York à La Nouvelle-Orléans, en passant par Cuba. Pour son propre compte ou pour ses patrons mafieux, il a tué de sang froid sans se poser de questions. Et pourtant, R.J. ELLORY réussit le tour de force de nous le rendre attachant. Il décrit bien l'ambivalence d'un homme qui mène de front une vie de criminel d'un côté et de bon père de famille de l'autre, un homme qui sera trahi par les siens, cubain parmi les italiens qui resserrent les rangs en cas de problème. Sa fascinante confession, sans concession, sans demande d'absolution, raconte cinquante ans d'une vie au service du crime dans une Amérique gangrenée par la mafia. Entre fidélité, trahison et vengeance, c'est l'histoire d'un homme qui, loin d'être sans foi ni loi, suit simplement ses propres règle d'honneur. Au final, on se prend d'une sorte d'affection pour lui et on en vient à espérer qu'il s'en sortira...
Sans temps mort, ce roman se lit de la première à la dernière page avec avidité. Il tient ses promesses jusqu'au final surprenant et grandiose. A dévorer!
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LeoLabs
  11 mars 2020
Une lecture qui se mérite et qui pourrait en faire fuir certains. C'est noir, dense, long, mais hautement addictif. Quelle fresque! Une plume extraordinaire. Quel talent de conteur R.J. Ellory. Avec un récit superbement construit notamment à travers un tueur à gage, l'auteur nous offre une plongée dans l'histoire de la Mafia Italienne aux états-Unis qui m'aura subjugué.
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belette2911
  14 novembre 2012
J'ai hésité quand au nombre d'étoiles à lui attribuer... Mais vu que les étoiles doivent être entières et pas à moitié, j'ai conclu par un 3 étoiles "parce la fin le vaut bien".

Mitigée... Voilà ce que je pourrais dire de moi après cette lecture. Pas déçue, pas enchantée, pas désenchantée,... Tout en sachant que cela valait le coup de le lire et que le final m'a troué le c**.

"M'sieur l'agent, j'vous jure que j'm'attendais pas à ça en commençant ma lecture".

Et je m'en vais éclairer votre lanterne, si vous me permettez :

Au départ, le récit commence sur un crime pas banal, un peu trash, même, et des flics qui ne savent pas trop où ce meurtre va les mener.

Le corps a été découvert dans le coffre d'une Ford Mercury Turnpike Cruiser (construite en 1956, moteur V8, 290 bourrins, excusez du peu !).

N'escomptez vous promener dans cette voiture, le macchabée - dont le coeur fut arraché - laissait couler ses fluides corporels depuis quelques jours...

Un bon départ pour un bon thriller, quoi.

Ensuite, ils apprennent que le mort était le garde du corps de la fille du gouverneur et que cette dernière s'est donc faite enlever. Non, pas de demande de rançon pour le moment. Oups...

Un homme, qui se dit le ravisseur, prend contact avec eux - après les avoir laissé mariner dans leur jus - et il demande que Ray Hartmann soit présent à la Nouvelle-Orléans le lendemain et qu'ils ont intérêt à se magner le cul.

Bref, tout baigne, c'est du pur polar. Jusque là...

Après une biographie détaillée de cet obscur fonctionnaire appartenant à la sous-commission sur le crime organisé, alcoolique de surcroit et séparé de sa femme, le récit va ralentir avec l'apparition du fameux Ernesto Pérez, le ravisseur, paisible vieux monsieur, ou presque.

C'est à cet endroit précis que le roman prend une toute autre ampleur.

Monsieur Pérez va leur causer de sa vie et ils ont intérêt à l'écouter sinon il gardera le lieu de détention de la fille secret.

À travers sa confession ahurissante, le vieil homme nous parler de sa vie, de son enfance, de son premier meurtre et de tous les autres qui ont suivi, retraçant ainsi l'intégralité de son C.V en tant que "tueur" pour l'entreprise nommée "Mafia" et ses quelques "essais" concluants avant.

Ben oui, faut bien se faire la main, non ? Nous avons tous commencé au bas de l'échelle, non ? Pérez aussi.

Dans son récit, c'est tout L Histoire (avec un grand H) de la Mafia qui est passée au crible. En la petite entreprise ne connaissait pas la crise.

Instructif ? Oui, mais... profusion de détail nuit à l'histoire. Encore un peu et nous avions droit à la marque de son slip et à la couleur de ses chaussettes.

Pourtant, ce genre de récit sur les organisations criminelles, j'adore ça. Mais là, j'ai eu un peu de mal à un certain moment.

Cela ne tient pas aux personnages, non, ils sont innocents. Hartmann est bien étoffé, c'est un personnage bien travaillé. Quant à Pérez, on devrait le haïr et bizarrement, on ouvre la bouche pour l'écouter nous raconter les belles histoires mafieuses de l'oncle Ernesto.

Ce récit ultra noir et plus que négatif de l'Amérique de la seconde moitié du XXe siècle, fourmillant de références historiques sur la pieuvre, cela aurait dû me captiver sans que je ne lâche le livre.

Hélas, c'est vers la page 328 que j'ai cédé à la désolation et que j'ai passé des pages, ne reprenant le cours du récit vers la 550. A partir de là, je ne l'ai plus lâché et je dois que le final était magnifique !

Plus que inattendu, il était à la hauteur et j'en suis restée comme deux ronds de flan. Mon seul regret sera d'avoir décroché dans ma lecture. le plat était trop consistant.

Dommage, il y avait moyen d'enrichir ma culture mafieuse.

Je retiendrai une phrase : "Quando fai i piani per la vendetta, scava due tombe : una per la tua vittima e una per te stesso".

Si tu cherches la vengeance, creuse deux tombes… une pour ta victime et une pour toi.

Livre lu dans le cadre du challenge "Thrillers et polars" organisé par Liliba.
Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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caro64
  21 janvier 2010
Bienvenue à la Nouvelle-Orléans avec ses mille et un relents putrides, ses ombres qui semblent ne jamais vouloir mourir.

La fille du gouverneur, Catherine Ducane, a disparu, sans laisser de trace. Son garde du corps est retrouvé, pourrissant, dans le coffre d'une voiture, le coeur arraché. Les flics locaux ne trouvent absolument rien. le FBI débarque, avec son armée d'experts en tout genre, qui ratissent, épluchent, analysent et ne trouvent rien de plus. C'est alors qu'un homme appelle ce dernier et annonce qu'il est l'auteur de l'enlèvement. Il exige de parler à un certain Ray Hartman. Celui-ci, fonctionnaire de Washington, est convoqué d'urgence à la Nouvelle-Orléans. le kidnappeur se rend alors. Il s'appelle Ernesto Perez, il rendra la fille, mais pour cela, Ray Hartman devra écouter son histoire, jusqu'au bout, et de cette écoute dépendra la survie de l'otage .

Une série de questions sous-jacentes s'imposent au lecteur au fur et à mesure qu'il progresse dans l'intrigue. Pourquoi donc ce type, qu'aucun flic ne recherche, a-t-il franchi de son plein gré la porte du FBI à la Nouvelle-Orléans ? Pourquoi cette confession ? Pourquoi avoir choisi Hartmann, une épave alcoolique avec de graves problèmes conjugaux ? Qu'est-il réellement advenu de la fille enlevée ? Est-elle toujours en vie ? Qui est réellement son père, Charles Ducane ? Qui est ce cubain, dont Papa Toujours Féraud dit de lui : « l'homme que vous cherchez n'est pas d'ici. Il a jadis été des nôtres, mais il ne l'est plus depuis de nombreuses années. » ? Or, tout est lié.

Remarquablement bien construit, le roman se divise en deux : nous suivons d'un côté les entretiens entre Perez et Hartman dans lesquels Ernesto raconte sa vie de tueur au service de la mafia et, de l'autre, nous suivons les efforts désespérés du FBI pour retrouver la fille disparue. Et c'est dans cette alternance que réside l'une des plus grandes originalités de Vendetta : en effet, Ellory conjugue un thriller au suspens implacable (retrouver la fille) à un roman plus dense, que l'on peut qualifier d'historique, qui nous fait traverser les Etats-Unis ( New-york, L.A, Chicago, en autres.. ) et quelques cinq décennies de l'histoire de la mafia, sans que jamais l'un des versants du récit ne prenne le dessus au détriment de l'autre. Plus qu'un polar, une fresque…

L'écriture de Ellory, profonde, noire, alimentée par des dialogues à l'efficacité typiquement américaines (bien que l'auteur soit Anglais), réussit à vous prendre à la gorge dès les premières pages pour ne jamais relâcher son étreinte (le livre court quand même sur 650 pages bien tassées), et qui ne se sacrifie pas pour autant la psychologie de ses protagonistes rapidement attachants.

Précisons qu'avec Ernesto Perez, l'auteur donne naissance à un méchant assez inoubliable qu'on déteste (ou qu'on déteste adorer). C'est un effroyable personnage et pourtant on ressent de la compassion pour lui. A la fin de l'histoire, vous arrivez même à penser qu'il serait juste qu'il s'en sorte.

Cet écrivain sait raconter de vraies histoires d'hommes qui ne sont pas reléguées à de la simple figuration derrière l'intrigue policière et réussit un bel équilibre entre les deux.

Vendetta est comme son nom l'indique une formidable histoire de vengeance mais aussi et surtout un bel hymne à l'amour et à la famille qui ne pourra pas vous laisser indifférents.

Je ne vous en dirais pas plus… vous avez là toutes les bonnes raisons de vous ruer sur Vendetta et soyez prêts pour une fin surprenante.

Moi, j'ai tout simplement adoré… une oeuvre forte, intense. C'est prenant, passionnant !!!
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tynn
  03 novembre 2014
Laborieuse lecture, les pieds coulés dans du béton!
Pourtant je me suis accrochée, mais avec bien peu de plaisir, en dépit de ma satisfaction à être devenue incollable sur l'Amérique mafieuse!

Dans la chaleur moite de la Nouvelle Orleans, le kidnapping de la fille du gouverneur de Louisiane et le meurtre de son garde du corps sont le déclencheur d'une course contre la montre impliquant flics du FBI, police locale, vieux routiers de la pègre et milieux mafieux.
Départ d'un bon thriller qui démarre mollement mais qui peut tenir la distance si l'intrigue est imaginative. D'autant que les avis dithyrambiques des Babéliotes promettaient le meilleur.

Et bien, me concernant, ce fut raté!
J'ai eu bien du mal à terminer ce livre, d'autant plus désarçonnée que j'avais beaucoup apprécié Seul le silence. J'ai trouvé le montage narratif laborieux, faisant parfois du sur-place, et le monologue du vieux briscard racontant sa vie de tueur à gages à longueur de chapitres, un procédé d'écriture très conventionnel.
Ajouter à cela une profusion de personnages au risque de s'y perdre (j'ai eu la mauvaise idée d'écouter ce livre en audio et la mémorisation ne fut pas simple...).

L'auteur a bien bossé son sujet; je salue une parfaite maîtrise de connaissances de la pègre américaine sur une cinquante d'années, et une vision très précise de la géopolitique autour des Etats unis, nous entrainant de Cuba, à Las Vegas et Chicago, aux cotés de Castro, de Kennedy...
Il n'empêche que je suis restée un peu sur ma faim, comme si on m'avait vendu un essai sur la mafia en lieu et place d'un bon thriller.

Ca n'engage que moi. Donc, à vous de voir...
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Derfuchs
  21 juillet 2019
La Nouvelle-Orléans, époque contemporaine.
Branle bas de combat, la fille du gouverneur a disparu et ce cadavre, en plus, sur les bras, John Verlaine, le flic du coin fait son enquête, rigoureusement et envoie les empreintes, pour contrôle, au service de l'identification. Retour : secret défense, pas touche mon pote, on t'enverra du monde.
Les cow-boys du Middle-West qui débarquent, sapés façon croquemort, tout en noir, sauf la chemise, blanche. T'occupes, on récupère, tout, oui, rapport du légiste, dossiers et cetera, même pas un merci, quant-au sourire il n'est pas obligatoire. le FBI, les champions de l'investigation hors norme, ceux qui savent.
Le ramdam de Ducane, le gouverneur, il l'a veut vivante sa fille et peu importe les moyens et des moyens va y en avoir, faut me croire, ça va grouiller de croquemorts là-dedans.
Surprise, le ravisseur appelle, je parle, yes, mais à un type et seulement à lui, capichi, si, alors c'est qui ? Ray Hartmann, demain soir, je rappelle et je lui parle. Pfuit, qui c'est celui-la ?
Hartmann c'est un paumé, un quelconque fonctionnaire qui bosse à une sous-commission de lutte contre le crime, un gars qu'a raté sa vie familiale, le professionnel passe d'abord et trop à coeur qu'il le prend le professionnel, à se saouler la tronche et à régurgiter tout ça sur le carrelage de la cuisine, moitié sur lui, moitié par terre. Des hauts de coeur, qu'il a le Raymond, sur la chienlit qui l'entoure, il supporte pas, les alcooliques anonymes, oui, pour faire plaisir à Madame, comme ça, une semaine, deux et patatrac, rechute, alors Madame elle aime pas, d'autant que c'est la petite qui découvre Papa, par terre dans son dégueulis. Elle l'aime Papa, mais trop c'est trop, vient fifille nous on retourne chez grand-mère. Seul, solitaire, brisé, hagard, Hartmann erre et arrête son cirque, il ne boit plus et tentera se retrouver son foyer.
Le FBI bien sûr qu'il le déniche le Ray, viens poupoule, dépêche, il y a urgence. Et le FBI ce ne sont pas des comiques, les moyens ils connaissent, alors pile poil à l'heure pour l'appel du ravisseur, Ernesto Perez.
J'ai une historiette à vous raconter, qu'il dit le Perez, Monsieur Hartmann, si, si, poli et tout, m'écoute et une fois ma confession terminée, je vous dis où est la fille. Bien sûr qu'elle vit, ma parole.
Et Hartmann écoutera Perez !
Bien qu'il ne soit pas de la famille, né à La Nouvelle-Orléans, d'origine cubaine, Perez est un mafieux, un homme de confiance de plusieurs parrains influents dans le crime organisé. Ce qu'il a dire c'est sa vie, sa chienne de vie, depuis petit jusqu'à le Pépé qu'il est maintenant. Il balance le mafieux, il balance, à tour de bras et les exactions et les meurtres et les assassinats, tout le monde ne prend pour son grade, il affirme, si, oui le meurtre de Marylin, non Oswald n'a pas tiré une seule balle sur Kennedy, Hoffa c'est moi et d'autres, beaucoup d'autres. Nous, moi, on écoute cet homme à la voix douce, poli et tout, calme, hédoniste - il aime la bonne chère, Chostakovitch et le bon vin , les hôtels luxueux, il exige, il obtient, à genoux les FBI's brothers - gros fumeur de bons cigares et loquace, patient, énergique, imposant, un chef, quoi ! Les parrains, la cavalerie, Giancana, Trafficante, Genovese, Capone et consors, balancés mais avec des Don devant, respectueux Perez, toujours !
A quoi sert Ray Hartmann ? Qu'est-ce qu'il fiche là ?
Les cadors du FBI écoutent, sûrs, se renseignent, recoupent, attendent les ordres et les confirmations, mais de la fille, rien, faut être patients, Perez a et prend son temps, les endort-il ? Allez savoir, mais pour plonger, ils plongent. Les machines tournent à Quantico, dans le bon sens ?
Et la fille Monsieur Perez ? Patience, j'y viens Monsieur Hartmann ?
Il se fout de nous ! Disent les autres. N'empêche que, tout n'est pas que baratin. Alors...on écoute et on attend.
L'histoire durera le temps que Perez prendra pour dire ce qu'il a à dire, jusqu'au dénouement, dans les toutes dernières pages, aussi époustouflant qu'imprévu.
Mystification, endoctrinement, fiction et réalité entremêlées, escroquerie et mythomanie, manipulation et endormissement, paranoïa, sont les ingrédients de construction de ce livre qui est un grand livre.
Ellory a cette plume de ceux qui ont été confinés à l'ombre de la liberté, ceux qui ont payé les dettes contractées envers la société. Taulard il connait le poids du silence mais aussi la violence des mots et il en joue. Il en joue avec virtuosité, comme ceux de son espèce, écorchés vifs qui font les grands écrivains, alcooliques comme Burke, taulards comme Ellroy ou Bunker. Il a déposé ses tripes sur son clavier pour écrire et ce qu'il en est sorti est une ode à la littérature, celle qu'on aime, qui vibre, qui sonne, danse et fluctue. Vous aimez les pâtes à la carbonara, respirez leur fumet dans ces pages. le débarquement à Cuba, dans la baie des cochons, vous avez la carte postale sur les pages, on fume trop, le mal de tête vous gagne. Les flingues jouent leur stacato, baissez la tête, pensez une balle perdue dans son fauteuil ça ferait désordre.
Bref c'est un grand coup de coeur, un livre sans longueur, qui se lit avec délectation et, non, ce n'est pas l'histoire de la mafia mais celle d'un homme qui aurait pu être garçon coiffeur ou comptable s'il n'avait été mafieux, dont l'histoire est l'essence même d'une intrigue à couper le souffle, si l'on veut bien me passer l'expression qui n'est pas de moi.

Lien : https://www.babelio.com/livr..
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