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Jean-Paul Gratias (Traducteur)
ISBN : 2743620374
Éditeur : Payot et Rivages (06/01/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.92/5 (sur 306 notes)
Résumé :
24 février 1964, 7 h 16 du matin à Los Angeles. Attaque d'un fourgon blindé de la Wells Fargo. Quatre convoyeurs abattus, trois braqueurs morts ; le quatrième a pris la fuite en emportant seize sacs de billets et quatorze mallettes remplies d'émeraudes. C'est sur ce braquage, disséqué avec une maestria éblouissante, que s'ouvre Underworld USA, dernier volet de la trilogie commencée avec American Tabloid. Le narrateur reste dans l'ombre ; il a " suivi des gens, posé ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  16 juin 2014
Ce livre est un brûlot social et politique sur les USA durant la période 1968-1972 en particulier à Los Angeles. La recette d'Ellroy pour faire digérer ses 840 pages au lecteur est inchangée: le style, essentiellement télégraphique et l'ambiance, noire.
Dès la première page vous êtes dans cette atmosphère avec une attaque de fourgon transportant beaucoup d'argent et des émeraudes. Aucune parole et ça dézingue à tout va. Les policiers arrivés sur place quelques minutes après ne sont pas, non plus, des modèles de vertu. L'un d'eux, Scotty Bennett, porte sur son col de chemise, le chiffre 14, c'est le nombre de Noirs qu'il a "buté" durant ses interventions. En légitime défense? Pas sûr car les enquêtes ne sont jamais approfondies dans "Nègreville".
Ellroy utilise des mots crus comme celui-ci. Car il ne cache pas que les policiers blancs de L.A. qu'il décrit sont clairement racistes. Les tensions raciales sont à cette époque très fortes.
D'ailleurs la montée de groupes noirs violents comme par exemple "Les black panthères" inquiète Hoover, le chef du FBI. Un homme qui a un dossier sur tous et qui prépare aussi bien des entourloupes "dans l'intérêt de la nation".
Hellroy fait côtoyer ces gens connus avec les nombreux personnages qu'il a créés, pour les "mouiller" dans ces affaires. Des affaires de complots qui se poursuivent après les deux premiers tomes. Bien que ne les ayant pas encore lus, je n'ai pas été gêné par ce manque.
Mêlés à ces complots, vous découvrirez les trajectoires d'un mafieux (Wayne), d'un agent du FBI (Dwight Holly), d'un détective privé (Crutch), d'un flic noir (Howard), de Karen (une activiste rouge) et de personnages surprises.
Si bien que l'on s'y perd parfois devant la multitude. Ce sera ma seule réserve.
Oui il y a un déchaînement de violence et de haine, c'est surprenant, peut-être parfois gratuit, mais je crois qu'Ellroy est jusqu'au-boutiste dans ce qui ressemble à une enquête qu'il veut exhaustive. le désir de rédemption de certains personnages parvient parfois à atténuer ces stigmates.
Il y a de nombreuses scènes marquantes. Tout comme je gardais en mémoire la descente aux enfers de Bleitcher à Tijuana dans le "Dahlia noir" je n'oublierai pas non plus dans ce dernier opus la description des trips incroyables en Haïti et en R. Dominicaine.
Une description hallucinante.
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Darkcook
  02 mai 2017
... C'est looooooooong. J'ai vraiment peiné à finir ce roman d'Ellroy ultra boursouflé et indigeste, et pourtant, j'en ai lu des pavés où il aurait fallu tailler (L'Homme qui rit de Hugo, Villa Vortex de Dantec...) mais ils avaient le mérite de me laisser une impression vivace, épique, forte, même des années après. Je ne pense pas que ce sera le cas avec Underworld USA, dont la génèse, contée dans l'autobiographie d'Ellroy La Malédiction Hilliker, nous révèle, comme ça se sent, qu'il en a accouché dans la douleur, entre autres choses.
American Death Trip, le précédent tome, était un chef d'oeuvre. Pavé lui aussi, mais absorbant au possible, on voulait que ça continue! Les personnages étaient distincts, les ambiances complètement inédites chez Ellroy (Dallas le 22/11/63, Vegas, le Vietnam...!), avec un style ultra découpé, répétitif, à coups de marteau, que certains n'avaient pas apprécié, mais qui avait le mérite de synthétiser à fond, d'éclaircir, de rappeler les tenants et aboutissants de ses toiles d'araignée de magouilles et de bassesses.
Toutes ces qualités ne sont plus dans Underworld USA. Face aux critiques, Ellroy revient, de son propre aveu, à un style plus prosaïque, mais les blagues concon, lubriques, racistes, homophobes... sont toujours là, peut-être même un peu trop, y a plein de scènes de ce genre qui ne servent à rien et font redite. Chapeau au traducteur Jean-Paul Gratias encore une fois, en tout cas!. Les personnages principaux, au départ bien différents, tombent tous sous le charme de la même femme (Joan Rosen Klein) alors qu'ils avaient leurs dulcinées et obsessions respectives... et là, on les confond tous, c'est affreux. Surtout qu'au fur et à mesure des centaines de pages, et pour avoir suffisamment écouté Ellroy en interview, leurs noms ne font plus illusion, ils sont ses doubles, ils sont lui, parlent comme lui, se comportent comme lui. Infernal. Il y avait déjà ça, dans une certaine mesure, dans ses autres romans, mais les protagonistes demeuraient suffisamment singuliers les uns des autres. Là, ils en deviennent interchangeables.
Pour la première fois, la mort des uns entraîne leur remplacement dans le récit par un autre point de vue. Et bien celui de Scotty Bennett, qui arrive ainsi sur le tard, possède tous ces défauts, en plus d'être totalement inutile et vraiment peu passionnant.
La période choisie par Ellroy (1968-1972, le premier mandat de Nixon, les Black Panthers, les casinos en Haïti/République Dominicaine... et la mort d'Hoover comme conclusion logique) lui a donné du fil à retordre, et on le ressent. Mon appréciation est sans doute purement subjective, mais tout cela peine à intéresser autant que les années Kennedy et Johnson, et leurs intrigues. le début était pourtant réussi, avec son lot de scènes grandioses (la rédemption de Wayne Jr., les sabotages des meetings d'Hubert Humphrey, le spectacle ahurissant des émeutes de 68...) mais tout va à deux à l'heure. Les moments en Haïti et République Dominicaine sont laborieux et loin d'être captivants. L'intervention du vaudou chez Ellroy dès qu'on met les pieds en Haïti est grotesque et ridicule. Les deux pays sont ici bourrés de clichés, et on n'y subit que trop de scènes peu inspirées. Los Angeles est omniprésente, contrairement aux deux tomes précédents, car Ellroy dit bien dans son autobiographie vouloir absolument y retourner à cette étape de sa vie (ce qu'il a fait). Les personnages féminins, Karen Sifakis et Joan Rosen Klein, sont inspirés par ses maîtresses de l'époque. Encore une fois, la génèse du roman dans La Malédiction Hilliker nous éclaire absolument sur tout.
Dwight Holly est le seul, des personnages principaux, qui m'a passionné tout du long. Son histoire avec Karen Sifakis était vraiment touchante, et il rejoint le panthéon des plus grands persos d'Ellroy, ce qui n'était vraiment pas une mince affaire vu ses agissements à la fin d'American Death Trip! Ça, c'est le tour de force d'Ellroy dans ce roman. J'ai bien aimé les pages de journal de Marshall Bowen aussi, flic noir homosexuel infiltré dans les groupuscules militants pour les droits des noirs, en proie à un tiraillement idéologique et identitaire, dirait-on aujourd'hui, même s'il possède aussi son lot de stéréotypes. le déclin d'Hoover était également sympa et jouissif, tant on l'a détesté.
Pour le reste... le personnage de Don Crutchfield est assez peu sympathique, se résume à un double d'Ellroy, de Scotty Bennett, puis de Wayne, puis d'Holly... Il y a une somme incroyable de personnages secondaires superflus qu'on mélange... L'intrigue des émeraudes aurait pu être également simplifiée, et là encore, elle ne m'a pas vraiment intéressé.
En somme, de par une telle longueur excessive, tous les tics d'Ellroy sont mis à nu tant ils sont répétés : la récurrence de scènes pseudo-badass mais inutiles avec des blagues couillonnes, ses personnages qui n'en sont pas vraiment, leur expression grandiloquente qui peut atteindre le ridicule pour traiter de la rédemption et de la gauche, mais surtout similaire (vous trouverez chez TOUS le même genre de phrases!)... Je suis vacciné pour un moment, et pourtant, il fait toujours partie de mes auteurs fétiches, mais j'ai atteint l'overdose...
Heureusement que j'ai plein d'autres choses à lire! Hugo, Baudelaire, David Peace... Je m'en retourne vers eux à bras ouverts!
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Thyuig
  08 décembre 2011
Attention ! Poussée de haine !
Garde ! Ellroy a sorti les crocs, ses gants sont plombés, tachés du sang de Bobby Kennedy et Martin Luther King ! Malheurs aux initiés, l'écrivain va être implacable ! Il va menacer un à un les symboles, retourner la lutte des classes en gigantesque gabegie, travailler au corps les indics, les michetons et les pourris, attention, poussée de haine !
Underworld USA étire sa folie sur 900 pages, vrai-faux recueil d'informations secrétes, puits sans fond de documents caviardés, Hoover, Nixon, mais aussi ceux qui prennent la rue comme terrain de jeu : Dwight Holly, Crutch, le frenchie, Joan, Bennett, Marsh Bowen, autant de noms que de secrets, des promesses d'ultra-violence.
Difficile de circonscrire ce dernier tome de la trilogie USA, il est d'abord trop dense, trop haineux, trop violent, Ellroy découpe ses phrases et ses personnages au même rythme, juxtaposant les faits, raccourcissant les connexions, mélant comme à son habitude la petite à la grande histoire. Son pretexte ? Ce sont les petites mains qui font L Histoire. Son but ? Montrer que ce qui est caché l'est pour de (très) bonnes raisons, parce que c'est sale, empli de haine, criminel au plus haut niveau. Ses méthodes ? Juxtaposer trois récits distincts : celui de l'agent Dwight Holly infiltrant pour Hoover un policier Noir dans le réseau du militantisme noir de LA. Celui de Crutch, pauvre hère paumé, dépassé par les événements et dont la science sera le décryptage, la quête de sens, Crutch va servir de passerelle. Enfin celui de Junior Tedrow, l'homme qui a participé à tous les assassinats politiques des années 60, payé à la fois par la folie de Hugues et celle des parrains de la mafia. Trois récits distincts qui s'entrecroisent souvent, avec en exergue l'attaque sanguinaire d'un fourgon blindé à LA le 22 février 1964.
On frôle l'indigestion tant le fruit est mur sous la plume d'Ellroy. Trop de haine raciale choque, trop de haine rouge choque, trop de haine homosexuel choque, Ellroy emploie "singes", "suceurs de bites", "vermine", "macaques", autant de termes insupportables. L'addition est lourde, Underworld USA est dur à lire parce que précis à la limite de l'alienation mentale, le decrytage est sauvage et les frontières entre le réel et le supposé se fondent en un grand tout vaudou, drogué, malfaisant et criminel. Dur à lire dans ses deux premiers tiers, mais Ellroy emporte son pari sur le dernier, en élucidant pas à pas son intrigue, la clarifiant et peut-être aussi en y instillant un brin d'espoir, on ne l'en pensait plus capable.
Au final, 900 pages de haine pure, bien sûr maquillée en complots, enquêtes et procédures, mais, il faut le répéter, le monde de James Ellroy est décidement bien triste.
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carre
  29 avril 2012
Plongée effrayante dans les années 60/70 en Amérique, après les assassinats des frères Kennedy et du pasteur Martin Luther King. Un roman qui vous secoue, bouscule, ne laisse aucun répit au lecteur. Ici tout est vermine, pourri, grangéné, violent. La haine s'étale page après page, haines raciales, sociales, haines des communistes, des homosexuels etc .. Ellroy dérange, frappe ou ça fait mal, ne nous épargne pas, tous ces personnages (et ils sont incroyablement nombreux) sont d'une noirceur hallucinantes et pourtant Ellroy arrive par un instant à faire poindre un espoir de rédemption, mais l'histoire en marche balaie tout sur son passage. Un portrait terrifiant d'une Amérique, ou Ellroy renvoie gouvernants et hommes de main dos à dos brulés en enfer.Une oeuvre romanesque d'une force incroyable à l'écriture fiévreuse, bien au delà d'un simple polar. Diaboliquement magistral.
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PiertyM
  07 juin 2017
Oufff!!! Vraiment époustouflant! Et le volume, et l'histoire, et cette course effrénée entre trois personnages dont on distingue les rôles après un long parcourt pour moi qui n'ai pas lu les deux tomes précédents, c'est vraiment alléchant! Une grande nation mise à nue, un monde où des conspirations poussent chaque jour comme des champignons qu'on ne saurait dire qui travaille pour qui? James Ellroy nous fait comprendre qu'on le veuille ou non, l'Amérique contemporaine est mal partie, elle est bâtie sur la haine irréparable, héritage de l'époque d'esclavage.
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critiques presse (1)
Lexpress   29 novembre 2011
Une claque. Enorme. Qui ne laisse personne indemne. Un roman qui secoue la mythologie de l'Amérique et la met à terre. Dans le caniveau. Où coule l'eau putride d'un pays qui a perdu son innocence et qui se complaît dans les compromissions, les magouilles et les abus de pouvoir.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
totototo   03 mai 2010
Macaque Junkie se payait la tête de Sonny Liston. cela mettait Sonny en rogne. Sonny lâchait la purée sur les drag-queens et ne bandait pas pour Ali. Sa virilité avait perdu tout son jus.
Jomo prenait des appels. Junior se bâfrait de biscuits trempés dans le cognac. Le numéro de Milt traînait en longueur. Wayne et Marsh regardaient Sonny bouillir intérieurement.
Il pleuvait. Le toit fuyait. Le papier peint à rayures se décollait. Un Dr Guérit-Tout devait 350 dollars à Tiger Kab. Il remboursait sa dette en Desoxyn et en Dilaudid. Sonny et Jomo étaient défoncés au cocktail métamphétamine/méthadone.
Macaque Junkie minaudait, aujourd'hui. Macaque Junkie lissait sa coupe afro et faisait sa bouche en cul de poule.
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DarkcookDarkcook   24 janvier 2017
Richard le Roublard a gagné. De justesse, mais la marge n'était pas insignifiante. Un peu plus large, quand même, qu'un poil de chatte.
Carlos donna une fête. Dans sa suite pseudo-romaine. Des mafiosi et des mormons, les commentaires sur l'élection à la télévision. Des call-girls racontaient des anecdotes sur le thème j'ai-sucé-JFK. Farlan Brown prétendait que Nixon, pour sa part, n'aimait pas les turlutes. Son vice, c'était plutôt de faire l'esclave dans les rapports sado-maso. C'était le genre à se biturer, puis à bombarder un trou à rats du Tiers-Monde. Quand les bombes avaient fait cramer des petits mômes, les larmes lui montaient aux yeux. Alors, il faisait venir une pétasse hystérique armée d'un fouet pour qu'elle le remette dans le droit chemin.
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bdelhaussebdelhausse   23 mai 2017
Le flic au volant avalait des rasades d'Old Crow. Sa voiture était climatisée. Ses occupants jouissaient du spectacle de la rue sans subir la chaleur de la nuit.
Les bagarres de rue. Les lancers de pierres et les coups de matraque. Les chevelus tout sanguinolents.. Le môme avec un oeil en moins. Celui qui retenait dans sa main ses dents brisées.
Mesplède dit:
- Je veux bien concéder que la guerre est impopulaire. Je veux bien concéder qu'elle est interminable, mais je continuerai à affirmer qu'elle est absolument nécessaire.
Crutch regarda par la fenêtre. Un hippie lui fit un doigt. Une hippie lui montra ses nibards. (p.197)
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bdelhaussebdelhausse   09 juin 2017
J'ai regardé autour de moi. Je voulais la voir une dernière fois ou au moins capter l'odeur de sa cigarette. Elle était partie. Elle avait toujours considéré que les au revoir avaient un côté mystique et hypothétique. Les camarades devraient être prêts à se retrouver ou à se perdre de vue pour toujours. La foi, c'est de cette façon que ça fonctionne. (p.835)
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patrick75patrick75   21 septembre 2014
-" Prends bien garde au but que tu poursuis, car il te poursuit aussi."
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James Ellroy présente en exclusivité, à ses fans français, son prochain livre, La Tempête qui vient, parution le 06 novembre aux Editions Rivages.
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