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Freddy Michalski (Traducteur)
ISBN : 2743615877
Éditeur : Payot et Rivages (18/10/2006)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.03/5 (sur 1667 notes)
Résumé :
Le 15 janvier 1947, la police de Los Angeles trouve sur un terrain vague le cadavre nu d'une femme de 22 ans, Betty Short.
Le corps est sectionné en deux au niveau de la taille, vidé de ses organes et de son sang, il présente de nombreuses lacérations et brûlures, notamment aux seins, et la bouche a été ouverte d'une oreille à l'autre.
La police met toutes ses forces sur ce meurtre qui, à cause de la tendance de la victime à se vêtir de noir, devient ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (153) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  21 octobre 2013
Une plongée dans les eaux troubles et profondes de la Californie des années post-Seconde Guerre mondiale qui ne peut pas laisser le lecteur de marbre.
Un univers violent, dur et cru parfaitement recréé par Ellroy à tel point qu'on oublierait presque qu'il n'en est pas le contemporain mais seulement le conteur. Un univers dominé par le mâle blanc, le flic tout-puissant qui vacille constamment tel un ivrogne entre pègre et conscience du devoir.
J'ai été favorablement impressionnée par l'écriture d'Ellroy même s'il a commencé par me faire craindre le pire par ses presque 100 pages d'introduction avec pour décor la boxe, si populaire à cette époque et si hermétique pour moi. Cependant, j'ai bien fait de patienter car, rétrospectivement, il est évident que sans cette mise en condition, sans cette plongée dans le temps et l'espace, la suite du polar n'aurait évidemment pas eu le même impact.
J'ai été saisie par la noirceur de l'intrigue aux rebondissements quasi incessants. La complexité psychologique des personnages est telle qu'elle semble mener inéluctablement la plupart des protagonistes vers la folie et fait soupçonner au lecteur une tendance à la schizophrénie généralisée.
Pourtant, malgré les méandres de l'Affaire, l'auteur ne perd jamais pied, ne cède jamais à la facilité et s'impose une rigueur qui accroît la crédibilité de son récit jusqu'au dénouement. Sachant que l'action de ce très bon polar s'étale sur 4 ans sans temps morts, je vois là une marque indéniable de talent.
Pour le lecteur, difficile de véritablement s'attacher au personnage principal, Dwight Bleichert qui lui-même n'arrive à s'attacher qu'aux fantômes et aux fantasmes, délaissant la réalité. Brutal, magouilleur et menteur, il parvient cependant à susciter la compréhension voire la compassion de celui qui écoute sa longue narration et est témoin de sa ténacité comme de ses errements.
Un bon polar, bien glauque, bien prenant, qui ne cherche pas à créer la surprise et l'éclat mais qui construit patiemment son suspense pour un résultat très efficace.

Challenge ABC 2012 - 2013
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darkmoon
  06 juillet 2013
Choc, tragique, brillant… du pur James Ellroy !
L'histoire se passe à Hollywood en 1947, on suit un policier qui va monter en grade et qui va être confronté à un meurtre horrible qu'il va devoir élucider avec son collègue dont il va découvrir les secret à mesure que l'enquête s'élucide.
La description est brillante, tout en finesse et en suspense. J'ai rarement lu un roman qui tienne autant de rebondissement. Il relate donc l'histoire épouvantable d'une jeune actrice coupée en deux avec l'intérieur vidé et un visage défiguré au niveau de la bouche, le but du livre consistant à découvrir celui qui a commis ce crime ignoble et répugnant. James Ellroy montre une ambiance chez les policiers de l'époque qui est loin de se montrer sereine, les chefs voulant des résultats et les inspecteurs condamnés à trouver les coupables. Mais si tout cela était si simple. Parfois, on pense avoir découvert le criminel, puis des nouveaux éléments apparaissent ... On s'y perd, on tente de comprendre ce qui a bien pu pousser quelqu'un à assassiner une personne telle que la sublime Betty Short. C'est un meurtre hors du commun, son meurtrier la détestait, manifestement, pour avoir fait subir à sa dépouille de pareilles atrocités.
le lecteur se sent parfois mal à l'aise de comprendre certaines choses, parfois complice d'un personnage trop suspect, parfois il lui semble que lui aussi il aurait perdu ses moyens, serait devenu fou, comme la plupart des personnages, rattrapés par leur sombre passé. L'histoire nous fascine tout autant à l'extérieur qu'à l'intérieur du roman. le peu d'élément qu'a la police et les personnages qui tombent un à un (soit dans la folie, soit assassinés) ne fait qu'accroître le sentiment de malédiction autour de l'affaire du Dahlia Noir. L'ambiance, sombre et mystérieuse, nous plonge plus profond encore dans cette terrible histoire, le rythme est très soutenu ...
Au menu de ce polar brillant et noir: fusillades, meurtres à l'arme blanche, tromperies, trahisons, enquête compliquée, bref le roman de James Ellroy, extrêmement rythmé, ne peut qu'accrocher le lecteur à sa chaise qui doit vraiment attendre le dénouement pour découvrir les mobiles et les responsables de ce meurtre sadique.
Un livre en tous points réussi pour son intensité, ses rebondissements et ses qualités scénaristiques.
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michemuche
  24 mars 2014
Janvier 1947 Los Angeles.
Une fille découverte sur un terrain vague ,assassinée, mutilée....
On rentre dans ce roman comme sur un ring de boxe.
La rencontre de Blanchard et Bleichert sur ce ring va sceller leurs amitiés à grand coup de poing.
James Ellroy nous fait découvrir un Los Angeles gangréné par la pègre, la prostitution, ces flics véreux bref toute la faune représentative des bas-fonds de la cité des anges.
L'enquête piétine ; Premier rebondissement la disparition de Lee Blanchard va propulser Bucky Bleichert dans une série de choix pas toujours heureux.
A partir de ce moment on plonge dans le côté obscur de ce policier, son mariage raté, son obsession pour Betty Short alias le " Dalhia noir".
Son enquête va l'emmener à la limite de la folie.
James Ellroy va nous embarquer dans une série de fausses pistes. Je n'en dirais pas plus.
Seul bémol dans ce roman coup de poing c'est la violence parfois insoutenable, ces mots crus.
Quand on connait la biographie de cet écrivain, la mort de sa mère assassinée alors qu'il avait dix ans, l'impuissance de la police à retrouver le meurtrier.
Ce livre est une sorte de psychanalyse, d'exorcisme comme on peut le lire en quatrième de couverture, on ne peut que lui pardonner.
Bonne lecture à tous.
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CorinneCo
  24 janvier 2014
"Où es-tu James ?" - depuis quinze minutes je suis là, à vouloir commencer cette écriture sur le Dahlia noir, et il n'y a que cette phrase qui arrive. James Ellroy a longtemps couru après le fantôme de sa mère. Il veut la sauver, il veut toutes les sauver, toutes les femmes et je pense vraiment les hommes aussi, ce qui serait en adéquation avec sa croyance exacerbée. Ellroy écrit avec ses nerfs (qu'il a eu ma foi un peu détraqués parfois....) C'est un shaker vigoureusement agité. Des montagnes russes qui peuvent parfois donner la nausée. Femme assassinée, femme bafouée, femme vilipendée, femme trahie, femme pervertie, femme serpent, James Ellroy en grand amoureux et grand enfant mal grandi, les fait toutes revivre, les décrit toutes au fil de ses livres. Et les hommes dans tout ça ? Ils sont à son image, à l'image de son père, à l'image de son histoire, et de ses rencontres : désorientés, démunis, trahis, abjects, esseulés, inconscients, fraternels, pathétiquement fragiles, et furieusement aimants. Dans tous ses livres, j'ai trouvé certains de ses personnages odieux (mais c'est très bien ainsi) et l'homme public Ellroy peut être exaspérant. Toutes les vilénies de l'âme humaine pèsent leur poids avec lui. C'est plus un grand coup de pied au cul qu'un crachat à la figure avec James Ellroy. Qui a tué Elisabeth Short ? Steve Hodel, après avoir mené de nombreuses investigations est persuadé que c'est son père. Soit. Ellroy mêle fiction et réalité, la frontière est étanche. La famille Sprague engendre sa propre perversité et sa propre chute. Bleichert implose. Blanchard et Bleichert, frères d'armes, frères de sang, frères siamois. Kay Lake, la femme qui a été sauvée, qui se croit sauvée... Hollywood, les flics, la pègre, l'argent, la morale, le vice, la violence, l'amitié, l'amour, le fantôme noir du Dahlia imprime sa marque partout. Elisabeth Short est partout et nulle part. C'est un mythe, un fantasme, une icône.
"Baby alone in Babylone
noyée sous les flots
de lumière
de poussières
d'étoiles éphémères
tu rêves d'éternité"

Extrait de "Mémoire" d'Arthur Rimbaud
"...l'ébat des anges ; - Non... le courant d'or en marche,
meut ses bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d'herbe. Elle
sombre, ayant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle
pour rideaux l'ombre de la colline et de l'arche..."
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nadiouchka
  10 avril 2016
Dans ce premier volet du célèbre Quatuor de Los Angeles, l'écrivain américain retrace une enquête sur le meurtre sordide d'une jeune fille, Betty Short, retrouvée atrocement mutilée. Meurtre découvert le 15 janvier 1947.
Si j'ai trouvé ce livre difficile à commenter, pour ne pas tout dévoiler et ne donner que les grandes lignes, je peux en dire, toutefois, qu'il est passionnant car l'auteur y fait également référence au meurtre de sa mère, meurtre jamais élucidé et qui le laisse marqué à vie. Il lui offre d'ailleurs sa dédicace.
Si Betty Short a été surnommée le Dahlia Noir, c'est à cause de sa tendance à s'habiller de préférence en noir, lors de ses sorties nocturnes..
Le narrateur, nommé Bucky Bleichert va se faire aider par Lee Blanchard et ils sont surnommés tous les deux, M. Glace et M. Feu. Ces deux personnages, boxeurs, se sont noués d'amitié et sont devenus coéquipiers en entrant comme policiers au L.A.P.D.
Dans ce roman noir, le lecteur assiste à de nombreux rebondissements et il est plongé dans la noirceur de l'atmosphère ainsi que dans les bas-fonds de Los Angeles. Malgré toutes leurs recherches, les enquêteurs ne réussiront pas à trouver le meurtrier et cette affaire demeurera une énigme, comme l'assassinat de la mère de l'écrivain, qui en est resté obsédé et meurtri.
Dans sa postface, que l'auteur intitule Hilliker, il nous explique comment le cinéma s'est emparé de son roman et il salue Brian de Palma pour avoir su garder son univers comme son témoignage visuel inscrit sur la pellicule. le Dahlia comme noyau d'attraction, champ magnétique et arbitre d'une rédemption ambiguë (P.500). J'aurai pu l'écrire dans les citations mais je trouve que c'est une critique de l'auteur.
Si j'ai été passionnée par ce livre c'est, d'abord parce ce que j'admire l'auteur depuis longtemps, ensuite pour la grandeur de ses oeuvres. Il s'attaque toujours à des sujets difficiles et sait nous intéresser par son écriture et nous émouvoir par ses moments de désespoir.
De plus, il ne se cache pas d'avoir connu des grandes difficultés dans sa vie, des années de délinquance, d'alcoolisme, mais il a réussi à surmonter toutes ces épreuves et, pour notre plus grand bonheur, il écrit depuis, des romans noirs dont les thèmes sont très variés mais dont certains ont un rapport direct avec son expérience vécue.
Trois critiques résument bien ce livre :
- Un chef-d'oeuvre douloureux (L'Evénement du jeudi).
- le thriller de l'année (Libération).
- Un livre superbe, un bloc de littérature, un bonheur de roman noir (Le Figaro Littéraire).
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   10 avril 2016
Les Hilliker
Le cinéma accapare la culture à bien plus vaste échelle que les livres et de façon bien plus immédiate. Il progresse au pas de charge à coups d’annonces publicitaires anticipées en saturant les écrans. Le roman qui est ma carte de visite est devenu aujourd’hui un film d’exception destiné à une grande diffusion… Il est aussi possible que cette postface ait beaucoup plus de lecteurs que je n’en ai eus à ce jour pour tous mes autres livres. L’occasion m’est ainsi offerte d’une mise au point essentielle, sans compromis. Et c’est avec reconnaissance que je la mettrai à profit dans les lignes qui suivent. Le Dahlia Noir, le film comme le roman, ne saurait exister sans l’histoire personnelle qui me lie inextricablement à deux femmes sauvagement assassinées à onze années d’intervalle.
P.493
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cr261169cr261169   04 mai 2012
La découverte du corps d'Elisabeth "Betty" Short: C'était une jeune fille dont le corps nu et mutilé avait été sectionné en deux au niveau de la taille. La moitié inférieure gisait dans les mauvaises herbes à quelques mètres du haut, jambes grandes ouvertes. Sur la cuisse gauche, on avait découpé une large portion de chair et de la taille tranchée au sommet de la toison pubienne courait une entaille longue et ouverte. Les deux lèvres de peau étaient retroussées: il ne restait rien dans la plaie béante. La moitié supérieure était pire: les seins étaient parsemés de brûlures de cigarettes, celui de droite pendait sectionné, rattaché au torse par quelques lambeaux de peau; celui de gauche était lacéré autour du téton. Les coupures s'enfonçaient jusqu'à l'os, mais le plus atroce de tout, c'était le visage de la fille. C'était un énorme hématome violacé, le nez écrasé, enfoncé profondément dans la cavité faciale, la bouche ouverte d'une oreille à l'autre en une plaie de sourire qui vous grimaçait à la figure comme si elle voulait en quelque sorte tourner en dérision toutes les brutalités infligées au corps. Je sus que ce sourire me suivrait toujours et que je l'emporterais dans la tombe.
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Gwen21Gwen21   18 octobre 2013
- Vous êtes en train de nous dire que votre fille, c'était une raclure ? dit Lee.
Short haussa les épaules.
- J'ai cinq filles. Un mauvais numéro sur cinq, c'est pas si mal.
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SpilettSpilett   09 février 2010
C'était l'aube. Je sortis sur le perron et ramassai l'édition du matin du Hérald. Au-dessus d'un portrait d'Elisabeth Short, au beau milieu de la page, le titre du jour était: "Le meurtre sadique: on recherche les petits amis." Le portrait portait en légende: "Le Dahlia Noir", suivi de: "La police enquête aujourd'hui sur la vie amoureuse d'Elisabeth Short, 22 ans, victime du loup-garou sadique dont les aventures avaient transformé selon des amis une innocente jeune fille en délinquante folle de son corps, toujours vêtue de noir, et répondant au surnom de "Dahlia Noir".
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Smile4EverSmile4Ever   08 avril 2016
En m'arrêtant devant la maison, je vis un camion de déménagement dans l'allée et la Plymouth de Kay, capote baissée, chargée de valises. Je passais prendre un uniforme propre ; apparemment, ma petite course se transformait en quelque chose de totalement différent.
Je me garai en double file et montai les marches quatre par quatre, en sentant encore sur moi le parfum de Madeleine. Le camion commença à sortir en marche arrière ; je hurlai :
- Hé ! Nom de Dieu ! Revenez ici !
Le conducteur m'ignora ; du perron, des paroles m'empêchèrent de courir après lui.
- Je n'ai pas touché à tes affaires. Et tu peux garder les meubles.
Kay portait sa veste Eisenhower et sa jupe de tweed, tout comme à notre première rencontre.
-Petite, dis-je, et je commençai à demander : Pourquoi ?
Ma femme riposta sans détours :
-Tu crois que je vais laisser mon mari disparaître pendant trois semaines et ne rien faire ? Je t'ai fait suivre par des détectives, Dwight. Elle ressemble à cette putain de morte, aussi, tu peux te la garder - moi, c'est exclu.
(p. 331)
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