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Critiques filtrées sur 4 étoiles  
Gwen21
  20 mars 2016
Roman noir s'il en est - encore plus que le tome précédent, le célèbre "Dahlia noir" - selon moi.

Roman de toutes les corruptions et de toutes les perversions, "Le grand nulle part" donne en effet l'impression très déstabilisante d'errer dans une sorte de purgatoire à sens unique ne pouvant mener qu'en enfer.

Comme pour le "Dahlia noir", il m'aura fallu une bonne centaine de pages pour vraiment m'immerger dans l'histoire, touffue, dense et semblant partir dans tous les sens. Beaucoup (trop) de personnages, des noms pas toujours faciles à retenir, des connections entre protagonistes pas toujours claires ou seulement suggérées pour un puzzle qui tarde à se mettre en place. En bonus le jargon policier typique de l'auteur, savoureux mais qui rend la narration parfois bien opaque.

Malgré tout cela, la fascination est bien là, le lecteur se prend à s'accrocher, les neurones en alerte, en quête du dénouement. Ellroy n'hésite pas à commotionner ses personnages comme ses lecteurs, mettant KO tout son monde sans ménagement. Trafic de drogue, pègre, prostitution, corruption, complots politiques, flics pourris, crime organisé... forment la cour complaisante du roi Dollar dans le L.A. d'après-guerre, et donnent aux récits d'Ellroy son impact unique. Une lecture pas toujours aisée mais définitivement percutante et qui laisse une trace indélébile derrière elle.


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ibon
  16 octobre 2016
Nous somme le 1er janvier 1950, un meurtre d'homosexuel vient d'être commis et la menace rouge hante la société américaine mais elle sert les ambitions de l'aspirant-procureur Ellis Loew qui se lance dans la chasse aux sorcières en constituant une équipe de quatre policiers aux profils différents.
La série du quatuor de Los Angeles consacre Ellroy au rang des plus grands auteurs de polar dès les années 1990. Elle concerne la période 1947-1958 dans une ville où mafieux et policiers sont trop souvent main dans la main. Ellroy se documente énormément sur cette période et écrit SA vérité en utilisant SES souvenirs et SON argot (à déboucher les oreilles d'un sourd).
La scène primitive et le mythe fondateur est le meurtre d'Elisabeth Short alias «Le Daliah noir» qu'il transcende dans le tome 1 pour en faire son premier chef d'oeuvre (que l'on se doit de lire si on aime cette littérature).
Ce tome 2 n'est pas vraiment une suite du Daliah, en tout cas il se lit indépendamment du premier, mais il est, selon Ellroy, son premier roman d'adulte, le plus abouti, le plus travaillé. Jamais il n'a autant peaufiné un plan (plus de 150 pages!).
C'est dire la complexité du récit...Mais, comme on dit en Bretagne quand on se baigne dans l'océan: « au début c'est glacé mais une fois qu'on y est on ne veut plus en sortir!».
«Le grand nulle part» est un titre est jazzy mais il fait aussi jaser tant par sa noirceur que par la description du racisme tout terrain dans le Los Angeles des années 50.
L'ambiguïté de ses personnages principaux est une marque de fabrique chez lui: pourris mais avec un petit quelque chose de positif qui fait que l'on ne les rejette pas complètement.
A commencer par Dudley Smith, flic, démon et votre compagnon de lecture qui va devenir légendaire puisqu'on le retrouvera dans bien d'autres affaires ellroyennes. Buzz Meeks, le rabatteur-porte-flingue décontracté d'Howard Hugues l'avionneur. Dany Upshaw, le flic le plus intègre des quatre, un idéaliste, bosseur comme jamais sur une affaire d'homo assassiné dont il est le seul flic à s'y intéresser. Mal Considine, un lieutenant de la criminelle, grand et maigre comme Ellroy, en instance de divorce, comme lui aussi, dont le fils est tiraillé entre ses parents qui se l'arrachent avec une mère instable... cet enfant, c'est encore Ellroy.
Bon, j'avoue avoir découvert certaines clés dans la revue Polar consacré à cet auteur.

Pour ceux qui aiment être bousculés en littérature voilà un auteur sulfureux et dérangeant.
La noirceur fait partie intégrante de ses écrits mais ici on retrouve quelques éléments plus moraux: la recherche du pardon des principaux protagoniste et la dénonciation de la chasse aux communistes à Hollywood ne fait aucun doute.
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oblo
  08 novembre 2015
Los Angeles, 1950. le cadavre de Marty Goines, ancien cambrioleur devenu jazzman, est retrouvé atrocement mutilé dans un champ. Dans le même temps, le procureur Ellis Loew met en place une enquête visant à mettre à jour les façons dont les influences communistes ont gangrené le cinéma hollywoodien. A la clé, pense Loew, une formidable opportunité pour s'offrir une virginité politique en vue d'une carrière politique. Pour ce faire, il fait appel à Mal Considine et à Dudley Smith, un géant Irlandais rougeaud à la réputation terrible. Les affaires vont se coopter et aller vers des dénouements brutaux.

James Ellroy use d'une langue qui ne souffre aucun élément inutile. Les phrases sont courtes, concises, le vocabulaire se fait tantôt précis, technique, tantôt argotique qui rend hommage au parler de la rue.

Le livre est centré autour de trois personnages : Mal Considine, héros de guerre, tueur de nazi, lieutenant de police qui doit aussi faire face à des problèmes conjugaux qui peuvent lui retirer son fils – qui ne l'est pas vraiment –, Stefan, un jeune Tchèque qui a connu des choses terribles durant la guerre. Danny Upshaw, 27 ans, est un jeune flic idéaliste, refoulant son homosexualité et qui est obsédé par les crimes qui sont perpétrés. Turner « Buzz » Meeks, homme de main de Howard Hughes et de Mickey Cohen (l'un des deux parrains de la mafia angelinos), ancien flic refourgueur de came, qui accepte d'aider le procureur Loew pour l'argent.

Dans le Los Angeles des années 1950, les cinémas d'Hollywood tournent à plein régime, engageant nombre de petites mains qui réclament des droits sociaux. Certains d'entre eux manifestent, sous la houlette de l'UAES, syndicat principal que voient d'un mauvais oeil Ellis Loew et Mickey Cohen, l'un pour la menace rouge qu'ils représentent, l'autre parce qu'il veut placer son propre syndicat des Camionneurs au sein des studios hollywoodiens. Clairement, Ellroy veut plonger le lecteur dans un Los Angeles loin des paillettes. C'est le Los Angeles des clubs de jazz glauques, de la corruption policière généralisée, des rivalités de territoires (entre les mafieux Mickey Cohen et Jack Dragna, entre le LAPD et le LASD), des terrains vagues où les cadavres sont balancés. C'est le Los Angeles des perversions sexuelles, des envies non assumées ou inassouvies, des snuff movies, du chantage et de la violence physique. C'est un grand nulle part où se pressent et se perdent les illusions. Seule s'y matérialise une certitude : Los Angeles a trouvé en James Ellroy un peintre aussi redoutable que brillant.
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levanahbatiah
  29 août 2015
Au début, j'ai eu un peul de mal à démêler les 3 destins / histoires ... Mais, si on peut faire un compliment à l'auteur, c'est sa façon de décrire le Hollywood des années 1950 comme si nous regardions un film. Il tisse en nous des sentiments envers les personnages, et c'est une tragédie de s'en séparer
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Philemont
  18 mars 2013
Danny Upshaw est inspecteur adjoint et enquête sur une série de meurtres sexuels. Mal Considine est lieutenant de la criminelle et participe à un dossier sur l'influence communiste à Hollywood. Buzz Meeks est un ex-flic des narcotiques devenu homme de main d'un truand influent de Los Angeles. Il n'y a guère de points communs entre ces trois hommes mais leurs activités respectives vont les réunir pour le pire...

Avec le grand nulle part, et après le Dahlia Noir, James ELLROY poursuit sa visite de Los Angeles dans les années 50. Une nouvelle fois c'est un regard froid, presque sociologique, qu'il jète sur sa ville natale en nous montrant probablement ce qu'on y trouve de pire : des détraqués sexuels, de politiciens assoiffés de pouvoir, des flics corrompus, des truands parfaitement infiltrés dans les méandres du pouvoir. La toile de fond est cette fois-ci la lutte contre le communisme, infiltré dans les industries du cinéma, ainsi que les milieux homosexuels.

L'intrigue est extrêmement complexe. C'est pourquoi ELLROY prend son temps pour la développer en posant minutieusement ses différents éléments chapitre après chapitre. Les trois principaux personnages sont parfaitement caractérisés, ce qui les rend éminemment réels. Les personnages secondaires sont pour leur part innombrables, ce qui demande au lecteur d'être attentif à tout moment de sa lecture.

Mais cet effort n'est pas vain pour qui aime les romans policiers intelligents et passionnants. de plus, l'écriture est parfaitement fluide et rythmée. Finalement, par rapport au Dahlia Noir, il manque juste l'émotion rendue par sa dimension autobiographique, ce qui n'est qu'un bien petit défaut.
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TwiTwi
  14 mai 2009
Avec ce deuxième opus du Quatuor de Los Angeles, Ellroy creuse son analyse de la société et de la police américaine d'après-guerre. Politique, corruption, ambitions, enjeux de pouvoir, violence, racisme, homophobie, chasse aux sorcières, tout y est. Les trois personnages centraux sont fouillés, cohérents et sinon attachants -personnellement, le personnage de Meeks me donne envie de vomir même s'il se dévoile plus humain vers la fin du récit et le tabassage en règle de sa femme par Mal Considine m'a profondément dérangé, Upshaw se révélant par ses faiblesses et sa honte le personnage le plus sympathique-, on se lie à leurs pas.

Le Grand Nulle Part a un principal défaut : il est long, terriblement long. J'ai vraiment eu l'impression qu'avant la page 400-450, il ne se passe pas grand chose. le début du livre est fort chargé en blabla anti-communiste qui m'a relativement ennuyé -cela dit c'est personnel, quelqu'un qui est passionné par le sujet y trouvera sans doute son compte. Mais la descente aux enfers qui s'ensuit vaut le détour. C'est poignant, choquant, les qualificatifs me manquent pour décrire les émotions ressenties à la lecture des 200 dernières pages.
Lien : https://dragongalactique.com..
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david-dupere
  14 octobre 2010
Le maitre du roman noir et une écriture incomparable.
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Badguy
  30 octobre 2015
Quand les flics évoluent dans une zone grise, borderline, que la frontière entre le bien et le mal devient quasiment invisible, et que les destins des personnages s'entremêlent de manière hasardeuse, l'impression d'absence de sens des combats et des existences, qui ne mènent que vers un grand nulle part, est totale.
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AdolpheNikal
  24 novembre 2019
Au-delà du polar: un grand bouquin. Tout de suite, on est emporté, pris dans l'action, malgré soi. Dès la première ligne, dès le premier mot. On a envie de connaître la suite, tout simplement: la marque d'un grand roman, qui passe par-dessus les barrières des genres. Un autre qu'Ellroy, bien avant lui, avait utilisé avec succès les mêmes ingrédients - une ambiance fiévreuse, des personnages proches de la folie, des situations que plus personne ne maîtrise; la seule différence, c'est que tout commençait par une hache, dissimulée dans les plis d'un long manteau...
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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jeanlucbabelio
  11 juin 2017
Une redite du Dhalia Noir, même environnement, mêmes personnages avec d'autres noms, même crimes de sadique, même flic qui s'identifie à une enquête qui n'est pas la sienne ect... C'est tour aussi bon, mais finalement décevant, un espèce d'auto plagiat.
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