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Freddy Michalski (Traducteur)
ISBN : 2743604670
Éditeur : Payot et Rivages (10/03/1999)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 276 notes)
Résumé :
Ma Part d'ombre est le récit d'une double enquête que mène Ellroy sur l'assassinat de sa mère, tuée le 22 juin 1958, et sur sa propre vie d'enfant orphelin, d'adolescent perturbé et d'écrivain hanté. Voyage à travers ses souvenirs les plus secrets, ce livre est aussi un reportage sur le crime en Amérique, et en particulier les meurtres de femmes, d'autant plus saisissant qu'Ellroy a travaillé aux côtés d'un policier de la brigade criminelle de Los Angeles, Bill Ston... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
la_fleur_des_mots
  17 février 2013
Cette autobiographie n'est pas le livre phare de la bibliographie de James Ellroy mais elle est centrale et nous permet de comprendre son oeuvre.
Ce livre se découpe en quatre parties. Dans la première, on fait la connaissance de la "rouquine", la mère de James Ellroy sauvagement assassinée quand il avait 10 ans. La deuxième partie est la plus autobiographique. L'auteur crie sa douleur, son mal-être, son amour aussi, explique qui il était et ce qu'il devenu. Les troisième et quatrième parties sont dédiées au policier qui aidera l'auteur dans sa quête de réponses concernant la mort de sa mère et à l'enquête qu'ils mèneront ensemble.
Ma part d'ombre est un magnifique témoignage, une confession impudique et bouleversante. Cette lecture est d'une rare violence en raison de la véracité et de l'ambivalence des sentiments, et également de la précision chirurgicale des descriptions. On y comprend bien sûr la fascination obsessionnelle d'Ellroy pour Elizabeth Short, le Dahlia Noir, assassinée 11 ans avant Geneva Hilliker Ellroy, mais aussi pour les meurtres de femmes, le sexe, le chaos.
Une lecture incontournable pour les amateurs de romans noirs.
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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musanostralecture
  21 octobre 2012
James Ellroy : la narration comme "seule langue morale "
« La narration était ma seule langue morale. Je ne le savais pas en cet été de 1965. » C'est cette proposition de James Ellroy que j'ai finalement choisie pour répondre à l'invitation de Marie-France Bereni Canazzi de participer à cette soirée « Littérature et Folie ». James Ellroy, est unanimement considéré comme la voix majeure du roman noir américain, en particulier avec le Dahlia noir, une oeuvre de fiction basée sur une histoire vraie du Los Angeles des années quarante, à savoir le meurtre sadique d'une jeune starlette, Elizabeth Short, surnommée le Dahlia noir, ou avec Un tueur sur la route qui est le récit à la première personne du parcours d'un "serial killer",et qui est devenu une des références majeures des écoles de formation de policiers tant il décrit avec précision la psychologie de la majeure partie des tueurs en série. « La narration était ma seule langue morale », cette proposition est soutenue par Ellroy dans Ma part d'Ombre, texte autobiographique qui nous permet de saisir l'articulation entre l'oeuvre littéraire d'Ellroy et le chaos, voire la folie auxquels le sujet a été confronté dans la première partie de sa vie, un chaos qu'il parvient néanmoins à stabiliser à partir de l'écriture littéraire.
« Ma part d'Ombre » nous permet en effet de constituer une biographie orientée par la psychanalyse, et de répondre à cette question du lien pour ce sujet entre littérature et folie, justement à partir d'un hiatus entre langue et morale.
Que nous raconte-t-il ? Qu'il est né à Los Angeles le 4 mars 1948 d'un père comptable, « oisif et paresseux », et d'une mère infirmière d'origine allemande, sans doute alcoolique. « C'est elle qui rapportait à la maison l'essentiel de l'argent et elle enquiquinait mon père pour l'inciter à trouver un boulot permanent. » La langue conjugale c'est la langue de la discorde, de la haine quotidienne où l'enfant est pris à parti. Les parents divorcent six ans plus tard, la mère obtient la garde du petit. Celui-ci a dix ans lorsque sa famille emménage dans un quartier populaire de Los Angeles, El Monte, où sa mère sera assassinée en 1958. Un crime qui restera impuni. James est confié à son père, - c'est lui qui l'initiera à la lecture -, mais il est livré à lui-même, et il sombrera peu à peu dans la délinquance, la toxicomanie, et nous pourrions ajouter dans le déchaînement maniaque de langues a-morales, déconnectées de la loi.
Ce déchaînement semble se jouer en trois temps :
le temps un est celui du trauma du meurtre de la mère où deux signifiant s'imposent : le cadeau et l'obsession.
« Je savais que j'aurais dû pleurer. La mort de ma mère était un cadeau, et je savais que j'aurais dû payer pour le recevoir. (…) Je la haïssais. Je haïssais El Monte. Quelque tueur inconnu venait de m'offrir la belle vie, une vie flambant neuf. » L'enfant fait le choix de la liberté présentifié par un père complice et qui s'était appliqué à déverser dans l'esprit de son fils son venin contre sa mère : « Je la haïssais parce que mon père la haïssait pour prouver à mon père l'amour que j'avais pour lui. »
Mais dans un second temps, ce choix de la liberté, et du refus de la castration a un prix, c'est ce que Ellroy appelle « l'obsession » : « Ma mère m'a donné ce cadeau et cette malédiction : l'obsession. Celle-ci a débuté comme curiosité en lieu et place d'un chagrin d'enfant. Elle s'est épanouie, en quête d'un savoir obscur, avant de se muer en une abominable soif de stimulation mentale et sexuelle. Mes pulsions obsessionnelles ont failli me tuer. La rage de vouloir transformer mes obsessions en quelque chose de bon et d'utile m'a sauvé » .
Cette transformation en quelque chose de bon et d'utile prendra du temps, et commence par un temps de délire, d'envahissement obsessionnel, à partir de la lecture du livre sur le meurtre de Betty Short, le Dahlia noir, livre que son père lui avait offert pour ses dix ans, quelques mois avant le meurtre de sa mère : « Elle est venue à moi dans un livre. Un cadeau innocent a réduit mon monde en cendre. (…) Mon obsession du Dahlia était explicitement pornographique. (…) Je ne faisais pas apparaître ces images volontairement. Elles semblaient jaillir de quelque lieu, bien au-delà de mon vouloir. »
A l'adolescence, troisième temps, James Ellroy va devenir un très mauvais garçon, qui tentera, comme le souligne notre collègue Marie-Hélène Brousse , de se faire un nom dans la délinquance, de trois façons différentes :
La première tentative passe par la langue du fascisme : « J'aimais à dégoiser sur le crime, et les démons nazis planqués. », « Je me suis fait l'avocat du diable (…) Je hurlais "libérez Rudolf Hess " et prêchais le rétablissement de l'esclavage» Son symptôme lui donne un nom propre : il est le «Kiddienoir», le seul fasciste dans un collège à majorité juive…
Mais cet habit s'avère n'être qu'une jouissance négativiste sans issue.
La seconde solution, plus singulière, est celle du «cambriolage et voyeurisme». C'est une solution par l'objet fétiche : «J'ai exploré le premier étage comme le rez-de-chaussée et je me suis gardé la chambre de Kay pour la fin… J'ai fouillé dans ses affaires de classe, je me suis étendu sur son lit… J'ai volé un soutien-gorge et une culotte assortie… le cambriolage, c'était le voyeurisme multiplié par mille.», «J'ai passé l'année 1967 de cambriolage en cambriolage.» .
La dernière solution, après le passage par la prison, est la toxicomanie : «À vous péter les neurones en vous agrippant l'entre-deux», «J'ai trouvé quelque chose que je pouvais avoir volonté ». Mais là, « Tout est allé mal avec une logique autodestructrice. » : errance, défonce continue, prison, maladie, hallucinations, jusqu'à se trouver dans l'incapacité de dire son propre nom : « J'étais incapable de penser mon propre nom. (…) Mon esprit était mort. (…) J'étais fou, le cerveau mort… J'ai hurlé.»
Moment de débranchement s'il en est…Mais dont il va sortir en s'appuyant sur le langage : « Je ne deviendrai pas fou »écrit-il sur le mur derrière son lit d'hôpital. ; « La rage de vouloir transformer mes obsessions en quelque chose de bon et d'utile m'a sauvé. J'ai survécu à la malédiction. le cadeau a pris sa forme ultime et définitive dans le langage. »
Ellroy canalise cette volonté de jouissance morbide et parvient à la réduire, en particulier autour d'un fantasme de type oedipien, « Dieu m'avait puni pour avoir mentalement baisé ma mère » . Il critique par là cette satisfaction pulsionnelle satisfaite par le recours au fantasme, il s'en extrait en s'appuyant sur la narration qui va lui permettre de mettre à distance ces modes de jouissance que sont le fascisme, le cambriolage voyeuriste et la toxicomanie.
Poser que « le cadeau a pris sa forme ultime et définitive dans le langage » indique le mode de traitement de la jouissance qui passe par la narration, et se fait fiction. Une jouissance qui, comme le souligne M-H Brousse, trouve néanmoins à se manifester dans ou par le style de l'auteur : « Il (le style) associe le mode de la narration à celui de la description ; du côté de la description, c'est l'image qui est modèle. Elle met l'écriture au pas du cinéma et du feuilleton télévisé. Elle la brise, introduit le partiel, la découpe et le non dialectique de l'image au coeur du texte. La narration en contrepoint introduit la continuité du regard et de la satisfaction par l'hallucination dans la suite des images : le sujet s'y dit en court-circuit de l'ego du personnage dans des monologues hachés, par des surgissements de jouissance qui manifestent l'effraction du réel dans le texte. » Ellroy invente en quelque sorte une langue.
On comprend pourquoi James Ellroy peut soutenir que la narration était sa « seule langue morale », « mais qu'il ne le savait pas en cet été 1965 », l'année des grandes émeutes de Los Angeles : « L.A. brûlait. Je voulais tuer tous les émeutiers et transformer moi-même L.A. en Cité des Cendres. Les émeutes m'excitaient et me ravissaient. C'était du crime qui s'écrivait en grand – du crime à grande échelle autour d'une grosse intrigue extrapolable. ».
A méditer pour nos banlieues contemporaines
Lecture de
Jean-Pierre Denis
10 mars 2009
notes : M-F Bereni Canazzi est enseignante de littérature, membre du laboratoire du CIEN « L'enfant auquel vous avez pensé », et responsable de l'association musanostra, forum populaire à Bastia.
Ibid, p. 122.
Ibid, p. 119-120.
Ibid, p. 130.
Ibid, p. 285.
Ellroy J., Ma part d'ombre, Rivages, Paris, 1997, pp. 143-149.
Brousse M.-H., « Les Noms, le Père, le Symptôme », dans La Cause freudienne, n° 39, Navarin Seuil.
Ellroy J., Ma part d'ombre, op. cit., p. 158
Ibid, p. 189.
Ibid, p. 202.
Ibid, p. 208
Ibid p. 210.
Ibid, p. 285.
Ibid, p. 212.
Brousse M.-H., op. cit. p. 67.















Lien : http://www.musanostra.fr
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patrick75
  26 octobre 2013
Dans "ma part d'ombre", james Ellroy essai de "retrouver" sa mère au travers de témoignages, de photos...Cette mère qui lui a été enlevé en 1958 alors qu'il avait une dizaine d'années. Cette quête obsessionnelle le suivra toute sa vie, y compris dans ses romans, où le tueur de femmes est souvent présent.
Dans cette autobiographie, l'auteur revient sur la journée du 22 juin 1958 et sur l'enquête qui a suivi. Il nous parle de sa descente aux enfers durant son adolescence. Il se met à nu devant son lecteur, il nous dévoile son âme.
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Sara2a
  30 novembre 2012
Habituellement, je ne suis pas très friande de ce genre littéraire, j'ai souvent l'impression que l'auteur en fait toujours un peu trop ou pas assez en exagérant les faits ou en les embellissant comme pour rendre son quotidien plus « vendeur ». Ça n'a pas été le cas avec « Ma part d'ombre ».
James Ellroy n'avait évidemment pas un besoin « alimentaire » d'écrire cette autobiographie, grand auteur de romans « noirs » mondialement reconnu cet ouvrage ressemble beaucoup plus a un cri d'amour à sa mère.
L'ouvrage se divise en quatre parties chacune précédée d'une photographie d'époque. Quatre parties inégales tant dans leur forme que dans l'intérêt qu'elles peuvent susciter chez le lecteur. James Ellroy s'y dévoilera peu à peu, tantôt spectateur froid et détaché vis-à-vis de l'enquête sur le meurtre de sa mère, pour ensuite se livrer sans pudeur aux lecteurs.
La lecture de « Ma part d'ombre » explique en grande partie l'attachement de l'auteur au genre littéraire auquel il est profondément encré, son écriture tourmentée, son style franc et direct.
C'est une lecture amère, presque écoeurante à certains moments , mais c'est une belle confession de la part de James Ellroy et un très bel hommage à sa mère qu'il ne cesse d'honorer dans ces romans et qu'il continue à faire vivre au-delà de la mort.
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Fx1
  13 avril 2014
Quand l'on cherche a comprendre un étre aussi complexe qu'Ellroy , il faut impérativement lire ce livre . Ici l'on a des explications , des indications primordiales sur le pourquoi des penchants d'Ellroy pour la vision trés sombre de la société , du comportement de l'homme envers les femmes .'Ellroy n'aura de cesse tout au long de sa vie de trouver le responsable introuvable du meurtre de sa mére . le Dahlia noir porte en lui déja cette quéte impossible , cet opus lui est totalement consacré . Pour un étre si complexe il n'y a d'autres biographes qualifiés que lui méme . C'est pourquoi cet opus est si important . Fondamental dans l'oeuvre d'Ellroy.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   22 octobre 2013
James Ellroy à sa maman, assassiné alors qu'il avait une dizaine d'années:

-"Un samedi soir minable a vu ta perte. Ta mort à été stupide et cruelle, sans
même que tu aies pu défendre la vie qui t'était chère.

Ta fuite a été un bref répit. Tu cherchais la sécurité. Tu m'avais emmené dans ta cachette comme ton porte-bonheur. Et je t'ai failli comme talisman, je me dresse donc aujourd'hui comme ton témoin

Ta mort définit ma vie. Je veux trouver l'amour que nous n'avons jamais eu et l'expliciter en ton nom.

Je veux mettre tes secrets au grands jour. Je veux consumer la distance qui nous sépare.

Je veux te donner vie".

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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   17 février 2013
L’idée m’a frappé immédiatement. Elle m’a frappé vite et fort, à deux niveaux distincts. Il fallait que moi, je voie ce dossier. Il fallait que j’écrive à propos de cette expérience et que je publie l’article dans un grand magazine. Je savais que l’heure était venue de l’affronter.
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strummerstrummer   08 janvier 2013
Tous les hommes haïssent les femmes pour des raisons vraies et avérées qu'ils partagent au quotidien sous forme de blagues et de traits d'esprit.


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patrick75patrick75   25 octobre 2013
-" Les personnes âgées inventaient des choses inconsciemment. Elles voulaient faire plaisir et impressionner. Elles voulaient faire la preuve de leur solvabilité en termes de souvenirs."
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fleurdusoleilfleurdusoleil   20 avril 2011
Les morts appartiennent à ceux, parmi les vivants, qui les réclament de la manière la plus obsessionnelle. Elle était mienne toute entière.
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James Ellroy présente en exclusivité, à ses fans français, son prochain livre, La Tempête qui vient, parution le 06 novembre aux Editions Rivages.
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