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Freddy Michalski (Traducteur)
ISBN : 286930448X
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/1991)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 479 notes)
Résumé :
" Il existe une dynamique dans la mise en œuvre de l'horreur: servez la garnie d'hyperboles fleuries, et la distance s'installe même si la terreur est présente, puis branchez tous les feux du cliché littéral ou figuratif, et vous ferez naître un sentiment de gratitude parce que le cauchemar prendra fin, un cauchemar au premier abord trop horrible pour être vrai. Je n'obéirai pas à cette dynamique. Je ne vous laisserai pas me prendre en pitié. Charles Manson, qui déb... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  21 octobre 2013
J'avais déjà partagé les pensées de tueurs froids et insensibles dans les romans de Jim Thompson "1275 âmes" et "L'assassin qui est en moi", sans compter celui de "American Psycho" de Bret Easton Ellis (que j'ai abandonné), "Un employé modèle" de Paul Cleave et "Au-delà du mal" de Shane Stevens; mais ces tueurs sont des agneaux, comparé au Martin Plunkett d'Ellroy !
Déjà du point de vue "score", Martin est hors catégorie car on parle de au moins 40 à 50 morts...
Niveau froideur, il dépasse aussi le Lou Ford de "L'assassin qui est en moi" (Thompson).
Avantage de notre sérial-killer ? Contrairement aux assassins de Jim Thompson, il tue des gens auxquels ont ne peut pas le rattacher : des autostoppeurs, un couple dans la montagne, un automobiliste, un couple de culturistes... bref, il laisse ses envies le guider et il voyage beaucoup à travers les États-Unis, ce qui le rend insaisissable.
Ce qui m'a plu, dans ce roman, c'est que nous sommes dans la tête de Plunkett : depuis son enfance et son premier meurtre jusqu'à son arrestation finale, le tout entrecoupé d'articles de journaux, de rapport de police et des notes d'un des enquêteurs.
Cette manière de nous narrer l'histoire lui donne un aspect véridique, sans compter que Plunkett croisera même la route d'un certain Charles Manson...
Non, je n'ai pas spolié en vous disant qu'il se faisait arrêter ! le début du roman commence par des articles de journaux qui relatent son arrestation pour 4 meurtres tout frais. Ses 4 derniers.
Plunkett s'emmure dans le silence et décide qu'il racontera son histoire sous forme de livre, mais en faisant en sorte qu'on ne le prenne pas en pitié, qu'on ne lui trouve aucune circonstances atténuantes.
Plunkett est froid, méthodique, calculateur, schizophrène, intelligent (frôlant le génie), il ne possède aucun sentiment de pitié ou d'empathie, aucune once de gentillesse. Pire, il ne ressent aucun regrets de ces actes. C'est une machine à tuer.
Son écriture est tranchante comme un scalpel et en effet, il ne se cherche pas des excuses. le récit n'en est que plus glaçant à la première personne que conté par un narrateur ou bien les flics chargés des enquêtes. C'est vraiment un portrait de l'intérieur qu'Ellroy nous livre !
Mais pourquoi donc ce gamin est-il devenu un tueur en série ?
Martin, lorsqu'il était jeune, plutôt que de jouer dans l'équipe de football ou avec des gamins de son âge, il se crée un cinéma mental et il s'identifie à Super Saigneur, le méchant d'un comics de son enfance... Un super méchant qui aime le sang et le sexe…
C'est lui qui permettra à Martin d'échapper à sa folie intérieure, celle qui le rend malade et le tourmente. Il veut se faire connaitre à la face du monde en tant que "Super Saigneur" dont il utilise les initiales "SS" pour signer ses crimes.
Martin croit qu'il va se sentir mieux et oublier ses traumas d'enfance dont il a refoulé un acte important. Nous l'apprendrons sur la fin.
Pourtant, comme je vous le disais, Martin n'a aucune excuse, le Mal existe, c'est tout.
La preuve en est qu'un jour, au hasard des tueries, il tue un homme dans le Wisconsin et se retrouve accusé du viol et du démembrement post-mortem de deux adolescentes.
La tournure dramatique de l'histoire est là : accusé d'un crime qu'il n'a pas commis.
Toute l'horreur arrivera avec la rencontre qu'il fera dans sa cellule : le véritable tueur se tient devant lui, il sait que Martin a tué un homme et en a tiré une photo. Cet homme exerce un boulot dans les forces de l'ordre et lui n'a pas eu de traumas dans son enfance. Mais le Mal existe, c'est ainsi...
Leur rencontre au sommet vous fera dresser les cheveux sur la tête tant ils sont froids et parce que le violeur admire le tueur qui en compte déjà 40 à son actif.
Il fera en sorte que Martin soit relâché. "Lis les nouvelles, on va parler de moi", lui déclare-t-il. Puis, par une suite d'articles de journaux et de rapports de police, nous suivrons leurs cheminements sanglants et meurtriers.
Âmes sensibles, abstenez-vous de lire ce roman, non pas à cause du sang et des descriptions des meurtres - l'auteur ayant eu l'intelligence de ne pas abuser de l'hémoglobine en sauce et des détails trop scabreux - mais en raison du voyage cauchemardesque où Plunkett sema la mort sur son passage, durant 10 ans (entre 1974 et 1984).
Je pensais sortir de ma lecture dégoûtée, mais au final, je m'en sors bien, ayant réussi à garder mes distances avec l'âme tourmentée de Plunkett et sa logique froide qui n'est logique que pour lui. Mon blindage était solide !
Sans problème, je pourrais me plonger dans un récit de Jack l'Éventreur... Mais je ne vais pas tenter le Diable tout le temps !
Un livre fort qui, bien que fiction, vous donnera l'apparence d'un récit véridique ou "comment accompagner un tueur en série pas à pas"...
Du tout grand art...

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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ibon
  31 août 2016
Tout est dit dans le titre. Il manquerait simplement le « je » vengeur et malade -venant de la schizophrénie du personnage- pour couronner le tout.
Martin Plunkett n'est pas né au bon endroit. C'est ce qu'Ellroy suggère, en développant quelques chapitres sur l'enfance de ce tueur. Au lecteur d'interpréter les faits, Ellroy ne cherche pas à excuser ou condamner son personnage principal : la narration est attribué à son personnage. Ellroy est dans son personnage comme il nous invite à y être aussi !
D'où l'audace : imposer les souffrances du tueur au delà de celle de ses victimes. Un tour de force littéraire perfide mais génial.
Car oui, son héros souffre! Et il souffre tellement qu'il ne peut freiner ses pulsions meurtrières. Mais, paradoxalement, elles sont souvent différées par une préparation minutieuse de ces crimes pour éviter de laisser des indices à la police !
Ce jeu funeste a tout de même l'avantage de s'imprégner des Etats Unis des années 70 et des changements en cours dans cette société.
Bizarrement, le livre ne laisse pas de malaise insurmontable tant on est prit par la montée en puissance physique du « héros » et par son intelligence à moins que cela ne soit par celle de son double de bande-dessinée nommé fort justement : "Super Saigneur".
Un Martin Plunkett serait à éviter -il en irait de votre vie- mais pas un tel polar!
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patrick75
  03 juin 2012
James ellroy nous fait entrer dans l'intimité d'un tueur en série,
un thème qui le hante depuis son enfance.
L'auteur semble avoir réalisé des recherches sérieuses sur le
sujet.J'ai trouvé un James Ellroy consciencieux, appliqué à la véracité
de son récit,s'essayant à découvrir la psychologie d'un tueur, ses motivations.
Tentant également de décrypter les avis des inspecteurs chargés des enquêtes,ainsi que ceux des psychiatres .Emettant quelques avis sur le système judiciaire américain.Enfin , un James Ellroy que je ne connaissais pas,laissant plus ou moins sa vulgarité coutumière de côté. Un livre bien évidemment difficile à lire, au vu du sujet traité, mais un livre impressionnant, plus qu'un simple polar,presque une ébauche d'étude sur les "serials-killers"et sur les hommes de loi chargés de les combattre.
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Siabelle
  17 décembre 2015
«Je mesurais 1m86, je pesais 83 kg, bizarre et anguleux, et les brutes du frigo avaient d’autres chats plus fragiles à fouetter et à harceler. Personne ne savait que j’étais absolument terrifié, littéralement mort de peur, et que mon protecteur, à la prison, n’était qu’un méchant héros de bande dessinés.»
C’est mon premier livre de cet auteur James Ellroy. Je le remarque par une critique d’AlbertHenri. Je ne savais pas quoi lire, en regardant mes livres, c’est un peu le livre qui m’a choisi. Je découvre que ce livre a déjà été publié autrefois sous le nom de ‘’ Silent Terro’’ contre l’auteur. C’est par la suite qu’on le republie sous le nom ‘’Un tueur sur la route’’. La couverture capte l’œil et avec l’image central, le titre est soigneusement mit en valeur…

Je qualifie cet univers en trois mots : «Dérangeant», «Malveillant» et «Poignant». C’est un monde où le mal règne, la perversité trouve sa place et où le voyeurisme y est maître.
Dès le départ, tu te laisses enveloppée par l’odeur malsaine du roman. Tu te sens entourée par l’ambiance machiavélique qu’on y retrouve. Tu te laisses amenée par le personnage principal qu’est Martin, sur la route…

C’est écrit sous la forme d’un journal intime, c’est divisé en partie. C’est très bien fait, on suit vraiment le personnage qu’est Martin sur la route. Je trouve ça très intéressant de suivre sa vie. On le suit dès sa plus tendre enfance jusqu’à son arrestation. Je trouve que l’auteur James Ellroy raconte magnifiquement bien l’histoire. Peu à peu, l’histoire avance, l’auteur sait si bien mettre le lecteur mal à l’aise au fil des pages.
«Quand on est "en série", on cherche toujours le prochain. Amant ou victime, on cherche.»
Le livre ‘’Un tueur sur la route’’ est aussi une course contre la montre…. On ressent vraiment l’adrénaline montée…
Le livre ‘’Un tueur sur la route’’ est captivant à lire à cause de l’écriture prenante, de ses descriptions déroutantes et de l’atmosphère sordide.
Le petit plus de ‘’Un tueur sur la route’’ : J’aime bien ses principes, que parfois, il essaie de suivre selon ses règles. ‘’Faites quelque chose que vous aimez vraiment, et faites-le vraiment bien.’’
Le petit moins de ‘’Un tueur sur la route’’ : J’aime moins quelques longueurs que je trouve que parfois ils sont lassants.
On suit bien entendu un ‘’Tueur en série’’ dont si on a le cœur sensible, si on est prude, si on n’aime pas le polar noir… je conseille de s’abstenir de lire ce roman.

Quand on referme le livre, on reste songeuse et perplexe lorsqu’on finit de lire son épilogue.
Un épilogue, je pourrais dire ébranlant et révoltant car on constate vraiment l’ampleur de ses crimes. On se demande surtout comment quelqu’un peut faire une chose pareille… tu essaies de comprendre mais c’est difficile à se mettre à sa place…
C’est un très bon moment de lecture, tu es vite happée par ce très bon thriller. On découvre aussi de l’humour malgré la noirceur de ce livre. C’est un récit à lire si on a du temps devant soi car cet auteur James Ellroy est à connaître décidément. Est-ce que quelqu’un à un autre livre à me conseiller ? … Je mentionne bien entendu James Ellroy et non R.J. Ellory… À ne pas confondre, car je l’ai confondu !
«Les savants disent que toute matière se disperse en énergie, une énergie sans forme, que nul ne reconnaît mais qui envahit tout. »
Isabelle
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KrisPy
  06 novembre 2014
Un livre atypique dans le parcours de James Ellroy, qu'on connait plus pour ses sombres enquêtes tortueuses et torturées, ayant toutes en commun un lien, proche ou lointain, avec le meurtre de sa mère quand il était enfant.
Ici, point de Dahlia Noir ni de L.A. Confidential stories, mais une simple histoire de tueur en série.
Je dis simple, car l'histoire est très linéaire, comme l'est la route que trace ce malade, tuant au gré des rencontres et des opportunités en traversant les Etats-Unis. C'est simple : juste un irrépressible besoin de tuer, violer et dépouiller ses victimes.
En vrai psychopathe qui se respecte, Martin Plunkett ne ressent absolument rien pour les autres êtres humains. Tout au plus un vague intérêt au moment de l'abattage... En bon serial-killer, Plunkett ira au bout de son voyage physique et psychique, et nous le fera partager dans sa froide confession.
Et comme il le dit si bien lui-même par l'entremise de la plume d'Ellroy :
"Je ne vous laisserai pas me prendre en pitié. Charles Manson, qui déblatère dans sa cellule mérite, lui, la pitié ; Ted Bundy, qui proteste de son innocence pour que les femmes solitaires lui écrivent, mérite le mépris. Je mérite crainte et respect pour être demeuré inviolé jusqu'au bout du voyage que je vais décrire..."
LE livre pour se retrouver dans la tête d'un tueur en série, avec tout ce que cela comporte d'horreurs et de malaise. Une expérience que n'a jamais réitéré James Ellroy...
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
belette2911belette2911   20 octobre 2013
Je dégrafai ma hache - auto-affûtable, acier brossé et revêtement en Téflon - et la balançai en direction de son cou. La tête fut sectionnée d'un coup net, le sang jaillit, les bras et les jambes s'agitèrent en soubresauts spasmodiques; puis tout son corps tout entier s'effondra en tas sur le sol.

La force du coup que j'avais donné me fit tournoyer, et pendant une seconde j'englobai dans ma vision la scène dans son entier : les murs éclaboussés de sang; le reste du cou d'où jaillissait un geyser artériel, le cœur continuant à pomper par réflexe.
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SiabelleSiabelle   14 décembre 2015
''Découverte sinistre grâce au chien des campeurs. On recherche l'assassin sexuel !''.
Sans la finesse du nez de Buford, le chien basset de trois ans, les corps de Karen Roget et de Todd Millard, disparus depuis le jour de Thanksgiving, n'auraient peut-être jamais été retrouvés. (...
''Il a commencé à japper comme un fou et s'est mis à creuser la terre. Lorsqu'il en a sorti un premier os, j'ai failli en faire tomber mes gâteaux par terre !'' (...
Les corps étaient disposés de manière à... euh... suggérer l'acte sexuel'' a déclaré l'adjoint McClain au correspondant de Boss Detective. Robert Brice. ''Bien que la décomposition fût complète, il était possible de voir ce que le tueur avait fait.''
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belette2911belette2911   21 octobre 2013
- Tu as essayé avec Patty, à l'étage en-dessous ? Elle a écarté les jambes si souvent qu'y va falloir l'enterrer dans un cercueil en Y.
- Elle est laide et elle a des boutons.
- Alors mets-lui un sac sur la tête et achète-lui un tube de Clearasil.

En me forçant, je réussis à faire couler quelques larmes de crocodile, et oncle Walt dit :
- Ah merde, môme, je suis désolé. T'es puceau, pas vrai ? Tu démarres un peu tard, et tu veux une conasse mignonne pour ta grande première de baise ?
- Oui, dis-je en m'essuyant le nez.
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belette2911belette2911   21 octobre 2013
Et si j'ai conquis le droit à la crédibilité en me décrivant avec honnêteté, jusque dans mes faiblesses, alors, croyez-moi lorsque je vous dis ceci : j'ai atteint des sommets de puissance et de lucidité que nul terme ne pourra jamais mesurer, fût-il logique, mystique, ou humain. Telle a été l'inviolabilité sanctifiée de ma folie.

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CantStandMeeNowCantStandMeeNow   09 avril 2012
En parcourant en toute conscience les lices forcées du silence et de la volonté, en créant ma propre réalité aux trop-pleins de vide, j'ai été capable d'exister loin des influences banales de l'environnement jusqu'à un degré exceptionnel: les douleurs prosaïques à devoir simplement grandir et à être américain firent très vite long feu; très tôt, je les métamorphosai en quelque chose de plus. En conséquence, que mes actes soient mes juges. Ils sont les miens en propre: nul ni rien ne pourra y trouver à redire.

Elle a écarté les jambes si souvent qu'y va falloir l'enterrer dans un cercueil en Y.
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James Ellroy présente en exclusivité, à ses fans français, son prochain livre, La Tempête qui vient, parution le 06 novembre aux Editions Rivages.
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