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EAN : 9782021365344
185 pages
Seuil (28/09/2017)
4/5   7 notes
Résumé :
traduit de l'allemand par Elisabeth Amerein-Fussler.

Carolin Emcke conduit une analyse à la fois littéraire et philosophique des contextes qui expliquent la haine xénophobe, raciale, sociale et sexiste minant nos sociétés. Elle étudie les processus d'invisibilisation qui préparent les conduites haineuses et déconstruit les présupposés théoriques de la haine : naturalisation des identités, désir d'homogénéité et culte de la pureté. Ce livre réalise un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Jeanne_B
  23 avril 2019
Philosophe et ancienne reporter de guerre, l'allemande Carolin Emcke a écrit cet essai mue par un sentiment d'urgence face à la résurgence de l'idéologie raciste dans son pays
Les différentes formes de haine (raciale, xénophobe, sexiste et sociale) sont défragmentées pour en extraire la substance, en comprendre les fondements et les stratégies rhétoriques. Et l'on découvre que le cheminement psychique et émotionnel qui engendre la haine est fait d'amour, d'espérance et d'inquiétude… Point de jugement de valeur, ni de condamnation ; l'auteure s'attache surtout à avancer avec en fil conducteur cette interrogation lancinante : à quel moment du processus, peut-être, autre chose aurait été possible ? Quel est le point de bascule ?
Loin d'être seulement théorique, le propos s'ancre dans l'actualité du monde. de quelle nature est la haine qui cimente Daech ? Aux Etats-Unis, que révèle le mouvement Black Lives Matter de la violence institutionnelle ? Que dissimule le terme « citoyens inquiets » repris par médias et politiques ? Un fait particulièrement marquant est très bien analysé : l'épisode du bus de réfugiés bloqué sous les invectives rageuses d'une partie des habitants de Clausnitz (Allemagne).
Véritable phénomène d'édition outre-Rhin, Contre la haine est un plaidoyer pour les différences en opposition à la pureté, l'homogénéité et le naturel qui sont au coeur des idéaux fanatiques. Par son approche originale qui mêle philosophie, journalisme et littérature, par les auteurs qu'elle convoque (Shakespeare, Arendt, T.S. Eliot, Foucault, Derrida…), Carolin Emcke nous livre une réflexion essentielle sur un mal qui ronge nos sociétés démocratiques. Percutant.
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Rotacker
  10 décembre 2018
De ma vie de lectrice assidue, c'est la première fois que je lis une note de bas de page qui a cette délicatesse: p141 de la version française:"J'espère que les formulations et les termes que j'emploie seront perçus comme respectueux tout en demeurant compréhensibles ".
Je la place en exergue car elle me semble rassembler l'esprit de ce livre qui cherche à montrer les petites lâchetés contre lesquelles les démocrates et amoureux de la République ne luttent plus. Toute cette culture à notre disposition ne sert plus notre curiosité, ne construit pas d'esprits éclairés mais semble créer des frustrations économiques, technologiques. La mise en lumière de ce qui est important de ce qui est subsidiaire; du racisme, de la xénophobie, du sexisme à l'islamophobie en passant par tout ce qui exclu l'Autre, Carolin Emcke trace sans concession des portraits d'histoires ordinaires auxquelles nous nous sommes, collectivement, habitués. Comme un ronron avant le gros orage...
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critiques presse (2)
LeMonde   23 octobre 2017
Dans « Contre la haine », la journaliste et philosophe allemande Carolin Emcke s’inquiète de la banalisation de ce sentiment destructeur à travers la montée du populisme.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   07 septembre 2017
Véritable phénomène d'édition en Allemagne où il s'est vendu à 100 000 exemplaires, ce livre parle de la xénophobie, du racisme et du sexisme dans les démocraties contemporaines. Très actuel.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
letilleulletilleul   30 octobre 2017
On hait indistinctement. Il est difficile de haïr avec précision. Avec la précision viendraient la tendresse, le regard ou l’écoute attentifs, avec la précision viendrait ce sens de la nuance qui reconnaît chaque personne, avec ses inclinations et ses qualités multiples et contradictoires, comme un être humain. Mais une fois les contours estompés, une fois les individus rendus méconnaissables comme tels, il ne reste que des collectifs flous pour destinataires de la haine. On peut dès lors diffamer et rabaisser, hurler et fulminer à l’envi contre les juifs, les femmes, les mécréants, les noirs, les lesbiennes, les réfugiés, les musulmans, ou encore les États-Unis, les politiciens, l ’Occident, les policiers, les médias, les intellectuels2. La haine façonne son objet. Il est fabriqué sur mesure.
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letilleulletilleul   30 octobre 2017
Examiner les différentes sources qui alimentent la haine et la violence dans un cas concret permet de déconstruire le mythe selon lequel la haine serait une chose naturelle, donnée a priori. Comme si la haine était plus authentique que le respect. Mais la haine n’est pas simplement là : elle est fabriquée. La violence non plus n’est pas simplement là. Elle est préparée. Dans quelle direction la haine et la violence vont se déverser, contre qui elles se dirigent, quels freins et quelles inhibitions doivent être préalablement levés, tout cela n’est pas dû au hasard, n’est pas préexistant, tout cela est au contraire orienté.
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lavoisinelavoisine   12 septembre 2020
Autour de ces cercles gravitent tous ceux qui fournissent le matériau idéologique, fabriquent les sources narratives qui par la suite nourrissent les discours sur internet et jusque dans le salon familial. On trouve parmi les pourvoyeurs de haine, des personnes qui jamais ne se dévoileraient avec autant d'impudence que ceux qui hurlent ou incendient dans la rue : ils donnent à leurs "préoccupations" une apparence bourgeoise. Ils se démarquent publiquement de la haine et de la violence tout en les préparant par leur rhétorique. Cette stratégie ambivalente est courante chez les politiciennes et politiciens [...].
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lavoisinelavoisine   12 septembre 2020
Ceux qui espèrent un gain grâce à la haine et à la violence ne sont pas les derniers à les alimenter. Que les profiteurs de la peur calculent en termes d'audience médiatique ou de voix d'électeurs, qu'ils produisent des best-sellers avec des titres ad hoc ou attirent l'attention avec des unes racoleuses, tous savent se distancier de la prétendue populace dans la rue, mais aussi l'utiliser à leur avantage.
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Videos de Carolin Emcke (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carolin Emcke
Miriam Toews & Carolin Emcke
Rencontre animée par Sophie Joubert – Interprète : Fabienne Gondrand
Deux ans après #Metoo, la voix puissante et singulière de Carolin Emcke, docteur en philosophie, ancienne reporter et éditorialiste pour Die Zeit, nous offre un texte saisissant sur les violences faites aux femmes et le consentement. Quand je dis oui… explore cette question et décrit les relations de pouvoir et l'humiliation qui peuvent surgir sur toutes les scènes sociales ou privées, de la chambre d'hôtel de puissants prédateurs au salon d'un couple en crise.
Avec Ce qu'elles disent, Miriam Toews nous plonge dans un huis clos au sein d'une colonie mennonite de Bolivie. Alors que les hommes sont partis à la ville, huit femmes tiennent une réunion secrète. Depuis quatre ans, nombre d'entre elles sont retrouvées, à l'aube, inconscientes, rouées de coups et violées. Pour ces chrétiens baptistes qui vivent coupés du monde, l'explication est évidente, c'est le diable qui est à l'oeuvre. Mais les femmes, elles, le savent : elles sont victimes de la folie des hommes. Inspiré d'un fait divers, ce roman retranscrit les minutes de leur assemblée, leurs questions, leur rage, leurs aspirations…
Deux textes de statuts différents qui dénoncent, chacun à sa façon, les rapports de pouvoirs et la domination masculine au sein d'une société.
À lire – Carolin Emcke, Quand je dis oui..., trad. de l'allemand Alexandre Plateau, le Seuil, 2019. Miriam Toews, Ce qu'elles disent, trad. de l'anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Buchet/Chastel, 2019.

Le Jeudi 3 octobre 2019 - 20H00
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