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Stéphane Michaud (Préfacier, etc.)Monique Bégot (Traducteur)
ISBN : 2743606177
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/2000)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Ralph Waldo Emerson (1803 - 1882) n'est pas seulement le " philosophe de l'optimisme " du XIXe siècle. Il est aussi le défenseur inspiré du sentiment de la nature. La " confiance en soi " emersinienne donna à l'Amérique une nouvelle identité culturelle. Sa vision de l'homme et de la nature est encore aujourd'hui d'une étonnante modernité. C'est la raison pour laquelle La Nature occupe la première place dans cette anthologie des Essais les plus célèbres d'Emerson. <... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
dbacquet
  14 avril 2013
Cette anthologie regroupe quelques-uns des essais les plus célèbres d'Emerson dont « Self-Reliance » qui a été traduit ici par « La Confiance en soi », une notion devenue comme une sorte de signature dans l'oeuvre d'Emerson, mais qui a parfois suscité des interprétations contradictoires. S'il y prône la liberté de l'individu, le retour à soi, à ses règles propres, face à un ordre social le plus souvent figé, ce n'est pas pour autant défendre un égoïsme qui serait délivré de toute exigence sociale et morale. La «Self-Reliance» implique aussi une notion de guérison en contradiction avec des appétits non réfrénés et un manque de compassion. La spontanéité qui l'inspire est celle des enfants. Emerson rompt avec la tradition calviniste des premiers colons Américains pour qui l'homme est un pécheur que seul un Dieu Tout- Puissant et vengeur peut sauver. Il refuse l'expiation et la culpabilité et prône un retour à la Nature, à une sorte d'innocence, à des instincts que l'Homme en se civilisant a perdus, nourrissant ainsi la honte et la peur, à des intuitions souvent plus fortes que les calculs de la Raison. Pour Emerson la civilisation ne s'accompagne pas nécessairement de progrès. Certains peuples des mers du sud, par exemple, montraient plus de bonté et de santé et semblaient davantage disposés au bonheur que ceux de civilisations plus évolués. Enfin le retour sur soi d'Emerson ne peut se limiter au seul moi, il implique un retour à l'universel, au Divin, de participer à l'âme suprême et d'en accepter les plans. L'individualisme qu'il prêcha n'est donc pas sans renoncement et rappelle même certains courants mystiques, sauf qu'ici ils ne dépendent d'aucune église. Un mysticisme nourri de la culture Unitarienne dans laquelle il avait baigné mais aussi de Philosophie Néoplatonicienne et de religions orientales.
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Fx1
  09 septembre 2014
Emerson , un auteur , un penseur bien trop oublié aujourd'hui . de nos jours ou Pernaut triomphe , il est trés utile de relire Emerson pour garder le contact avec le monde des idées . C'est un opus important que celui - ci . Qu'est on au fond sans la confiance en soi ? Quel outil dans cette vie nous permet de tenir face à la pression de la masse , si ce n'est la confiance en soi ? Sur le coup cela parait étre une évidence , et pourtant .... Combien on oubliés cet aspect pourtant fondamental de la vie ? Emerson dans ce texte place la question au coeur de sa réflexion , apportant une nouvelle perspective sur le sujet grace à la maestria de ces mots . Un grand ouvrage qu'il faut découvrir , ainsi que les autres textes présents dans cette édition remarquable.
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gigi55
  13 décembre 2010
Cinq essais sont réunis dans ce petit ouvrage de Ralph Waldo Emerson.
Dans le premier "La nature" Emerson nous insuffle son amour profond pour la nature et montre à quel point elle constitue la source unique de l'énergie de l'homme.
Dans le second "La confiance en soi" il se fait le chantre d'un individualisme sain et vigoureux qui est le mode d'être naturel de l'homme vivant et n'ayant pas perdu - précisément - le lien avec la nature.
Dans le troisième "Dons & Présents" il montre les relations qui s'installent entre celui qui donne et celui qui reçoit et montre la dépendance quasi obligatoire qui lie celui qui reçoit à celui qui donne, reconnaissant ainsi toute ambiguïté de la générosité et de la charité.
Dans le quatrième il exalté l'amour, l'amour de la vie et du monde d'abord, mais aussi l'amour de l'autre,n l'amour charnel, qui ne trouve selon Emerson, son accomplissement que dans l'amour supérieur, parfait, total, l'amour de Dieu.
Dans le cinquième il situe la place du scepticisme à mi-chemin entre les deux extrêmes le matérialisme qui ne croit qu'en l'utilité immédiate et au fini d'une part, , et l'idéalisme qui ne croit qu'au abstractions et à l'infini. le scepticisme risque de conduire au cynisme mais peut aussi produire les Essais de Montaigne qui constituent un florilège des meilleures pensées d'un homme connaissant et aimant par dessus tout les variations et l'imprévisibilité de la vie.
Tout celà écrit, comme toujours avec Emerson, dans une langue fraiche, simple et directe qui va droit au coeur du sujet et du .. lecteur souvent.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
gigi55gigi55   18 décembre 2010
Le langage :
Les mots sont des signes de faits naturels. L'utilité de l'histoire naturelle est de nous offrir une aide pour comprendre l'histoire surnaturelle ; l'utilité de la création extérieure, de nous offrir le langage qu'il nous faut pour les êtres et les changements de la création intérieure. Si l'on remonte à sa racine, chaque mot utilisé pour exprimer un fait moral ou intellectuel s'avère être emprunté à quelque apparence matérielle. Juste signifie droit ; faux signifie tordu. L'esprit signifie le souffle, transgression signifie le franchissement d'une ligne ; hautain correspond à un haussement du sourcil. Nous disons « cœur » pour exprimer l'émotion, «tête» pour signifier la pensée; pensée et émotion sont des mots empruntés au domaine des choses sensibles et convenant désormais à la nature spirituelle. Une grande partie du procédé par lequel cette transformation s'opère est cachée à nos veux, remontant à l'époque lointaine de la formation du langage ; mais on peut observer la même tendance chez les enfants. Les enfants et les êtres primitifs n'emploient que des noms, ou des noms d'objet, et les convertissent en verbes qu'ils utilisent pour désigner l'acte mental correspondant.
2) Mais cette origine de tous les mots qui expriment une portée spirituelle fait tellement évident dans l'histoire de la langue — est la moindre de nos dettes à l'égard de la nature. Ce ne sont pas seulement les mots qui sont emblématiques ; les choses sont emblématiques. Tout fait naturel est un symbole d'un fait spirituel. Toute apparence dans la nature correspond à un état d'esprit et cet état d'esprit ne peut se décrire qu'en présentant cette apparence naturelle comme son image. Un homme courroucé est un lion, un homme rusé, un renard, quelqu'un de solide est un roc, un savant, un flambeau. Un agneau symbolise l'innocence ; un serpent, la malveillance subtile ; les fleurs expriment à nos yeux les affections délicates. La lumière et les ténèbres sont nos expressions familières pour désigner la connaissance et l'ignorance ; et la chaleur, l'amour. Les distances visibles que nous mesurons derrière nous et devant nous correspondent respectivement à l'image que nous avons de la mémoire et de l'espoir.
Lequel d'entre nous, à l'heure de la méditation, peut regarder un fleuve sans l'associer à l'idée de l'écoulement de toute chose ? Jetez une pierre dans le courant, et les cercles qui sont propagés illustrent avec beauté le type même de toute influence.
P; 36
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gigi55gigi55   13 décembre 2010
L'homme est frileux et timoré ; il ne se tient plus droit ; il n'ose pas dire « je pense », « je suis », mais il cite tel ou tel, saint ou sage. Il a honte devant le brin d'herbe ou la rose qui s'ouvre. Ces roses sous ma fenêtre ne font aucune référence à des roses antérieures ou à des roses plus belles ; elles sont pour ce qu'elles sont ; elles existent avec Dieu aujourd'hui. Pour elles le temps n'est point. Il y a simplement la rose ; elle est parfaite à chaque instant de son existence. Avant qu'un bourgeon de feuille ne soit ouvert, toute sa vie est à l'œuvre ; dans la fleur épanouie il n'y a rien de plus ; dans la racine sans feuille il n'y a rien de moins. Sa nature est satisfaite et elle satisfait la nature à chaque instant de la même manière. Mais l'homme renvoie à plus tard ou se souvient ; il ne vit pas dans le présent mais le regard tourné en arrière, regrette le passé ou, sans prêter attention aux richesses qui l'entourent, se dresse sur la pointe des pieds pour apercevoir l'avenir. Il ne pourra pas être heureux et fort tant qu'il ne vivra pas lui aussi, en accord avec la nature, au présent et au-dessus du temps.
p. 106
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MirajMiraj   18 septembre 2018
Si nous ne pouvons dans l'immédiat nous élever jusqu'à la sanctification d'un état d'obéissance et de foi, résistons au moins à nos tentations ; entrons en guerre et dans nos coeurs, réveillons Thor et Odin, c'est à dire courage et constance. En ces temps sans relief, cela doit se faire en disant la vérité.
Réprime ton geste d'hospitalité et d'affection mensongères. Ne vis plus selon ce qu'attendent les êtres déçus et décevants avec qui nous conservons. Dis-leur : "Père, mère, épouse, frère, ami, jusqu'ici j'ai vécu avec vous selon les apparences. Désormais j'appartiens à la vérité. Que chacun sache bien que, désormais, je n'obéis à aucune loi si ce n'est la loi éternelle. Je ne veux point de contrats mais des liens de parenté. Je m'efforcerai d'être le soutien de mes parents, de nourrir ma famille, d'être le chaste époux d'une unique épouse_ mais j'assumerai ces relations d'une manière nouvelle et sans précédent. J'en appelle à vos coutumes. Je dois être moi-même. Je ne peux continuer à me briser pour tel ou tel. Si vous pouvez m'aimer pour ce que je suis, nous n'en serons que plus heureux. Si vous ne le pouvez point, j'essaierai pourtant de faire en sorte que vous le puissiez et de le mériter. Je ne cacherai point mes goûts et mes aversions. J'aurai une telle confiance dans le fait que ce qui est profond est saint, que sous le soleil comme sous la lune je ferai avec vigueur ce qui intérieurement me réjouit et ce que le coeur désigne.
Si vous êtes noble, je vous aimerai; si vous ne l'êtes point, je ne vous heurterai point, et ne me heurterai point par des attentions hypocrites. Si vous êtes sincères mais ne partagez point ma vérité, restez avec vos compagnons ; je chercherai les miens.
Cela, je ne le fais point avec égoïsme mais avec humilité et dans la vérité. Quel que soit le temps pendant lequel nous avons vécu dans le mensonge, il en va de votre intérêt comme il en va du mien et de celui de tous les hommes de vivre dans la vérité. Cela parait-il trop dur aujourd'hui? Bientôt vous aimerez ce qui est dicté par votre nature, tout comme pour la mienne, et si nous suivons la vérité, à la fin, cela nous sauvera.
Mais, agissant ainsi, peut être causerez vous du chagrin à vos amis. Certes, mais je ne peux marchander ma liberté et ma puissance contre leur sensibilité. En outre, tous les êtres sont à certains moments doués de raison quand ils scrutent le domaine de l'absolue vérité ; alors ils me rendront justice et feront de même.
La masse des gens pense que rejeter les critères reconnus par la foule équivaut à rejeter tous les critères et que ce n'est qu'une attitude de contradiction ; et le sensualiste audacieux usera du nom de philosophe pour parer ses crimes de poudre d'or. Mais la loi de la conscience demeure.
Il y a deux sortes de confessionnal, dans l'un ou l'autre nous devons être absous. Vous pouvez accomplir la ronde de vos devoirs en vous affranchissant soit par l'action directe, soit par l'action indirecte ou réfléchie. Demandez-vous si vous avez rempli votre devoir dans vos rapports avec les vôtres : père, mère, cousin, voisin, votre cité, votre chat ou votre chien. Demandez vous si l'un d'eux peut vous adresser des reproches. Mais je puis également négliger ce critère d'action indirecte et m'absoudre moi même. J'ai la la rigueur de mes propres exigences et je sais la perfection du cercle qui dénie le nom de devoir à maints services qualifiés comme tels. Mais si je puis m'acquitter de ces dettes, cela me permet de ne pas tenir compte du code de la morale courante. Si quelqu'un imagine que cette loi manque de fermeté, qu'un jour il en observe les commandements.
Et vraiment cela exige quelque chose de divin en celui qui a rejeté les motivations communes de l'humanité et s'est risqué à se prendre pour maître et à se faire confiance comme tel. Que son coeur soit plein d'élévation, sa volonté constante et son regard lucide afin qu'il puisse, avec ardeur, être pour lui même doctrine, loi, société, et qu'un simple objectif soit pour lui aussi fort qu'une nécessité de fer l'est pour les autres.
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grisettegrisette   25 août 2010
La confiance en soi est le premier secret du succès.
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kolteeskoltees   25 septembre 2013
Votre bonté doit avoir quelque tranchant - autrement ce n'est plus de la bonté.
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Vidéo de Ralph Waldo Emerson
Ralph Waldo Emerson and The Psychology of Self-Reliance. By Academy of Ideas, on YouTube.
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