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ISBN : 2352702062
Éditeur : Non Lieu (26/02/2015)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Poésies.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Tandarica
  15 février 2015
Dans « Les pièges de l'histoire, l'élite intellectuelle roumaine (1930-1950) », la traductrice déclare dans sa note n° 2 de la page 56 : « Intraductibles, les poèmes de Mihai Eminescu ont pourtant de nombreuses traductions, toutes insuffisantes. Nous préférons ici le rendu littéral de ces quelques mots ». Il s'agit de la citation suivante : « Du Dniestr à la Tisza/Tout Roumain se plaint/De n'avoir plus de place/De tant d'étrangers/... Qui les aime tant/Que les chiens dévorent son coeur... ». Il s'agit des quatre premiers vers du poème Doïna, ainsi que de deux autres, plus éloignés : « De la Nistru pân' la Tisa/Tot Românul plânsu-mi-sa/Că nu mai poate străbate/De-atâta străinătate. » Je vous propose de comparer avec la traduction d'Elisabeta Isanos en 1993 : « De Nistrou jusqu'à Tissa/Plaintes roumaines ne cessent pas,/Car les chemins nous sont coupés/Par la foule des étrangers ». Je note que la rime est bien présente et que les différences de sens ne sautent pas aux yeux, c'est le moins que l'on puisse dire. Pour juger de la suite : « Cine-au îndragit străinii/Mânca-i-ar inima câinii » ou bien : « Qui chérit tous ces païens,/Que son coeur nourrisse les chiens ». Je suis simplement reconnaissante envers Elisabeta Isanos, dont le courage de s'attaquer à l'intraduisible et le dur labeur nous rendent accessible ce poète hors normes.
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Francharb3
  05 novembre 2014
La traduction de la poésie est déjà chose suffisamment délicate (c'est-à-dire qu'entre autres, il faut que ça rime et il éventuellement compter les pieds...) mais là il s'agit pour les Roumains du génie national. S'y attaquer est donc loin d'être une mince affaire. Je me garderai donc bien d'une prise de position quelconque et me contente de constater qu'il existe une traduction, qui est en même temps une sélection de poèmes d'Eminescu et que c'est déjà un grand mérite, dans la mesure où sans cela son oeuvre me serait en grande partie inaccessible.
Que rajouter : comme souvent dans ce type d'anthologie, c'est un peu une succession de morceaux de bravoure, l'unité n'est pas évidente. Mais il faut aussi relever que l'édition est bilingue, donc lorsque le français rend mal la musicalité originale, il est toujours possible de se référer au roumain. Pour le reste, Dieu sait que tout cela méritait en effet d'être traduit. Pour ceux qui réussiraient à trouver ce livre (car cela non plus n'est pas chose aisée), commencer par la fin : "Mai am un singur dor" (Un seul désir me reste), la dernière poésie est un si ce n'est le grand classique du génie national, à lire absolument.
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evemartignac
  08 août 2015

Très belle traduction de l'écrivain emblématique de la littérature roumaine , Mihai Eminescu, enfin réellement accessible en français.
le volume publié par les Editions Non Lieu est en tous points remarquable: finition impeccable, présentation passionnante de textes de très grande qualité.
Il faut le lire et le faire découvrir.
Les Editions Non Lieu se distinguent par des ouvrages de haute tenue qui nous révèlent des textes littéraires roumains inconnus ou méconnus. C'est le cas de Miss Roumanie de Cezar Petrescu et d'Esclaves sur Uranus.
Editions à suivre dans leurs recherches et leurs parutions
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
EspritRoumainEspritRoumain   23 septembre 2016
Je n'ai qu'un seul désir

Je n'ai qu'un seul désir:
Sous le couchant d'éther
Qu'on me laisse mourir
Près du bord de la mer
Que mon sommeil soit doux
Et le vieux bois voisin,
Que mon ciel soit serein
Dessus les eaux partout.
Je ne veux de drapeaux
Ni de riche cercueil,
Mais seul un lit de feuilles
Fait de jeunes rameaux.

Que personne après moi
Ne pleure à mon chevet:
Seul l'automne m'envoie
Le chant de sa forêt.
Quand tombent cristallins
Les ruisseaux qui bruissent
Que l'or de lune glisse
Aux cimes des sapins
Que la clochette franche
Pénètre le vent froid
Que le tilleul sur moi
Secoue sa sainte branche

Et comme à l'avenir
Ne serai plus errant
Me couvrira le temps
Aux flots des souvenirs.
L'étoile qui surgit
De l'ombre des mélèzes,
Sourira bien aise
Comme éternelle amie.
Gémira l'âpre chant
Que soulève la mer...
Je ne serai que terre
Dans mon trist néant.

*Une mention: traduction realisée par Elena VELICU
http://www.estcomp.ro/eminescu/seuldes.html
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evemartignacevemartignac   08 août 2015
D’ici à l’étoile qui paraît…

D’ici à l’étoile qui paraît
Le chemin est si long à franchir
Qu’il a fallu bien des années
À sa lumière pour venir.
Elle s’est peut-être éteinte avant
Dans le bleu profond des lointains
Tandis que son rayon ne vient
Briller à nos yeux qu’à l’instant.
L’image de l’étoile entrevue
Doucement monte au loin.
Vivante on ne la voyait point,
Lorsqu’on la voit, c’est qu’elle n’est plus.
De même, lorsque notre amour meurt
Et qu’il se perd dans la nuit,
La lumière de notre amour mort
Lui survit et nous poursuit.

De ce nu-mi vii ?

Vezi, rândunelele se duc,
Se scutur frunzele de nuc,
S-aşază bruma peste vii –
De ce nu-mi vii, de ce nu-mi vii ?
O, vino iar în al meu braţ,
Să te privesc cu mult nesaţ,
Să razim dulce capul meu
De sânul tău, de sânul tău !
Ţi-aduci aminte cum pe-atunci,
Când ne plimbam prin văi şi lunci,
Te ridicam de subsuori
De-atâtea ori, de-atâtea ori ?
În lumea asta sunt femei
Cu ochi ce izvorăsc scântei…
Dar, oricât ele sunt de sus,
Ca tine nu-s, ca tine nu-s !
Căci tu înseninezi mereu
Viaţa sufletului meu,
Mai mândră decât orice stea,
Iubita mea, iubita mea!

Tu ne viens pas, pourquoi, pourquoi ?

Tu vois, les hirondelles fuient,
Les feuilles tombent des noyers,
Les vignes rousses ont gelé,
Tu ne viens pas, pourquoi, pourquoi ?
Reviens te glisser dans mes bras,
Mes yeux ont tant besoin de toi,
Et mon visage de se sentir
Contre ton sein, de s’y blottir !
Est-ce qu’il te souvient d’autrefois,
Quand nous allions par champs et bois ?
Quand je te prenais dans mes bras,
Tout contre moi, tout contre moi ?
Il y a des femmes ici-bas
Dont les regards vous ensorcellent…
Aussi séduisantes soient-elles,
Tu es plus qu’elles, tu es toi !
C’est toi qui éclaircis le ciel,
Souvent troublé, de mes pensées,
Aucune étoile n’est plus belle,
Ô mon amour, ma bien-aimée !

Târzie toamnă e acum,
Se scutur frunzele pe drum,
Şi lanurile sunt pustii…
De ce nu-mi vii, de ce nu-mi vii ?

L’automne doucement s’éteint,
Les feuilles jonchent les chemins,
Les champs brusquement se sont tus,
Tu ne viens pas, tu ne viens plus ?
+ Lire la suite
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evemartignacevemartignac   08 août 2015
Hors des vagues du temps…

Hors des vagues du temps, mon amour, tu surgis,
Tes bras blancs sont de marbre et tes longs cheveux blonds,
Tes joues ont la couleur de la cire jaunie
Et de tendres douleurs y tracent leurs sillons.
De ton sourire si doux tu caresses mes yeux,
Femme entre les étoiles, étoile entre les femmes,
Penché sur ton épaule ton visage est heureux,
Le bonheur me sourit mais il pleure dans mon âme.
Comment donc t’arracher à l’insondable nuit,
Te prendre contre moi, mon bel ange chéri,
Et poser sur ta joue mon visage, en pleurant,
Aspirer ton haleine de mes baisers ardents,
Saisir ta main de glace et, pour la réchauffer,
La prendre sur mon coeur et la poser, tout près ?
Mais tu n’es rien, hélas, rien qu’une ombre qui passe,
Une ombre qui se perd dans des brumes de glace,
Je suis seul à nouveau et mes bras n’ont saisi
Que le souvenir pâle d’un rêve évanoui…
Vers ton ombre qui fuit vainement je les tends,
Je ne puis te tirer hors des vagues du temps...
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modelemodele   29 juillet 2015
Très belle anthologie des plus beaux poèmes d'Eminescu en édition bilingue, roumain-français.
Voilà un livre à lire absolument et à offrir à toute personne intéressée par la littérature authentique.
Les éditions Non Lieu nous proposent sous une forme particulièrement réussie l'une des plus remarquables voix poétiques européennes, inaccessible jusque-là aux lecteurs français.
Elles ont fait ce qu'aucune autre maison d'édition n'avait eu le courage et la lucidité de faire pour le plus emblématique des écrivains roumains.
Sylvie Modele
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modelemodele   29 juillet 2015

GLOSE
Le temps s'en va, le temps s'en vient,
Tout est nouveau, tout est ancien.
Ce qu'est le mal, ce qu'est le bien,
A toi de le savoir enfin;
N'aie plus d'espoir et n'aie plus peur,
Ce qui est vague, vague meurt;
A tout appel, à tout appât,
Reste insensible, reste froid.

A méditer sans modération…

Sylvie Modele
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Videos de Mihai Eminescu (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mihai Eminescu
Première Épitre, Mihai Eminescu in Les Cing Epitres de Mihai Eminescu
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