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EAN : 9782357661295
128 pages
Éditeur : Editions Les Echappés (02/02/2017)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 18 notes)
Résumé :
« L’homme est blanc, dominant, riche, musclé, performant sexuellement et pénétrant. La femme est blanche aussi, pauvre, pénétrée, elle attend qu’un homme la comble sexuellement (et si possible la comble aussi de cadeaux). »
Les romances érotiques se suivent et se ressemblent : la femme et l’homme répondent à des stéréotypes étriqués, leurs interactions sont autant simplistes que convenues et le désir féminin doit se cantonner à quelques clichés hyper réducte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
ChtiteEmilie
  14 mars 2019
Manon (et oui c'est le prénom que vous aurez dans cette lettre de la part de Camille, l'auteure), es-tu sûr de vouloir continuer à lire du Mommy Porn ?
C'est en tout cas la question que vous pose Camille Emmanuelle. Elle qui a écrit 12 livres de New romance, avec en pseudo un nom américain, une vie américaine, parce que c'est plus vendeur.Elle a été nègre interchangeable pour une maison d'édition. Faut bien payer les factures. Manon, il faut que tu comprennes pourquoi c'est plus possible de lire ce genre de lecture. Tout y est fake! Les personnages, les lieux, l'intrigue....tout est scénarisé selon des codes bien précis entièrement commandés par l'éditeur. Camille Emmanuelle nous raconte tout de la construction de ce genre littéraire. On savait que ça volait pas haut mais de là à faire la constatation que les héros ont la sexualité de Ken et Barbie...Enfin un vrai témoignage d'écrivain sur ce genre de littérature lisse, qui a pour seul mérite d'avoir permis démocratiser les lectures érotiques.
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l-ourse-bibliophile
  15 novembre 2017
Camille Emmanuelle dénonce le conservatisme des romances érotiques, ce genre littéraire également appelé « Mommy porn » qui a explosé suite au succès inexplicable de 50 nuances de Grey. L'autrice sait de quoi elle parle puisqu'elle-même en a écrit une douzaine parce qu'il faut bien manger et payer son loyer de temps en temps. Autant dire que ce qu'elle a découvert des coulisses de la romance a bien hérissé le poil de cette spécialiste du féminisme, du genre et de la sexualité.
« J'ai arrêté d'écrire de la littérature cucul (c'est comme ça que je nomme les romances). J'aimerais que tu arrêtes, Manon, d'en lire. Pour cela, je vais te raconter les coulisses de cette écriture. Un récit que ne te fera pas jouir, mais qui, je l'espère, te fera rire. »
Je ne lis pas de romances érotiques, c'est un genre qui ne m'attire absolument pas (et les couvertures et résumés ne m'aident pas à m'en approcher), j'avais de forts préjugés envers ces romans, mais ce que j'ai appris dans ce livre dépasse… tout.
Déjà, Camille Emmanuelle se voit attribuer une fausse biographie : elle est Américaine, ses histoires se passent aux Etats-Unis et elle remercie à la fin d'imaginaires amis américains. La personnalité de l'autrice, pourquoi faire ? Il faut pouvoir la remplacer par quelqu'un d'autre en cas de problème. de toute façon, son éditrice lui imposera moult corrections pour rentrer dans les clous. La créativité n'existe plus.
« … je suis la nègre d'une auteure qui n'existe pas. Je suis la ghost writer d'un fantôme. »
Personnages pathétiques et figés dans des tableaux Excel, intrigues interchangeables et réglées comme du papier à musique, marques de luxe citées à la pelle… le style littéraire est pauvre, voire inexistant. Ce serait un moindre mal si c'était l'unique problème posé par les romances érotiques.
Sauf que ce n'est pas le cas. Les romances ont beau parler de sexe, elles contribuent surtout à entretenir une vision sexiste et réactionnaire des relations femmes-hommes et du désir féminin. L'homme est fort, beau et riche (immensément riche, juste riche ne serait pas suffisant), mais il a une blessure secrète (et c'est pour ça qu'il est tout caparaçonné de sa virilité). La femme est… gourde. Elle est innocente, timide, faible, vierge et admirative face à l'homme. Leur sexualité est censée exciter les lectrices, mais se révèle conventionnelle et barbante. La pénétration est le but ultime (et ça tombe bien, l'homme n'a jamais de faiblesse à ce niveau-là). Bref, une vision stéréotypée et puante de la femme et de la sexualité.
« Un roman érotique n'est pas moderne parce que son héroïne mange des putains de cupcakes, il est moderne parce qu'il présente une vision nuancée, complexe, curieuse et diverse du plaisir et du sexe. »
Ces romances vantent le pouvoir de l'argent, le bonheur se trouve dans une énième paire de Louboutin. La richesse et les paillettes, voilà ce qui fait apparemment rêver. C'est tellement fade et vain. Rien de politique, rien de trop intelligent, pas de mention d'artistes qui risqueraient d'attirer l'attention de la lectrice vers une culture plus enrichissante. (Ce qui m'a fait rire, c'est que Camille Emmanuelle explique qu'il faut citer beaucoup de marques, des références qui parleront à la lectrice… Sauf que je n'en connaissais qu'une sur deux lorsqu'elle donnait des exemples. Je ne suis décidément pas la « target » idéale !)
« C'est toute une vision de la société – ultra-libérale, culturellement appauvrie et réactionnaire – qui est promue à longueur de page. Eh oui ! Manon, je n'ai pas écrit des mommy porns, mais bien des « Zemmour porns », réacs et bêtifiants. Je suis un peu la Monsanto de la littérature érotique. Et, alors que je suis une auteure féministe, j'ai contribué à délivrer aux femmes des messages extrêmement vieillots sur leur corps, leur vie, leurs rêves, leurs fantasmes. »
Le ton est drôle et sarcastique, bref, c'est juste hilarant (le lire dans le train n'était donc pas forcément l'idée du siècle). Certes, au bout d'un moment, la bêtise rétrograde de ces romances devient rageante. Franchement, pour la première fois de ma vie, j'ai eu envie de brûler des livres.
Le choix des citations a été un véritable challenge (c'est d'ailleurs pour ça que j'en ai semé partout), on pourrait citer quasiment toutes les pages tant ce livre est incisif et pertinent. La sexualité et le monde présentés dans ces livres sont tristes à pleurer et un tel succès pour cette littérature me déprime un peu. Mais en ce qui concerne Lettre à celle qui lit…, c'est à lire, c'est à relire, c'est à offrir, c'est un énooooorme coup de coeur !
(Et Camille Emmanuelle nous offre également quelques pistes pour une littérature érotique féministe. A explorer…)
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Killing79
  28 avril 2017
J'avoue, dans mes voyages livresques, je fréquente très peu les romances, surtout si elles sont mièvres. Je reconnais aussi qu'en tant qu'amoureux de littérature, je ne voyais pas le succès « 50 nuances de Grey »d'un très bon oeil. Je confesse encore que j'ai quand même essayé jusqu'à la page 100… mais ça m'a plutôt conforté dans mon choix. Et je dois reconnaître enfin que j'ai accueilli avec plaisir l'arrivée de cet essai adapté à ce thème. Je me suis secrètement réjoui de pouvoir ajouter quelques arguments utiles pour mes discussions avec les lectrices de ce genre, en toute amitié bien sûr !
A la fermeture de ce petit livre, mon appétit de mauvaise foi a été rassasié. Camille Emmanuelle nous déroule un condensé des clichés que l'auteur doit respecter dans chaque romance afin d'accrocher la lectrice. S'adressant à celle-ci comme elle le ferait à une amie, elle énumère tous les éléments, dans le fond comme dans la forme, qui sont requis dans ce genre de livres. On apprend donc que ces romances sont calibrées et contrôlées de A à Z pour plaire au jeune lectorat.
Mais plus que la critique d'une méthode programmée pour plaire, j'ai surtout découvert un métier. Camille Emmanuelle m'a ouvert les yeux sur sa profession d'écrivain à la tâche. Elle raconte la pression mise pour respecter les délais, avec des livres écrits en un mois, voire 2 semaines. Elle nous fait assister aux échanges dans lesquels les auteurs négocient de manière rocambolesques pour préserver leurs idées originales. Et elle nous recense des exemples de corrections plutôt arbitraires imposées par les éditeurs. C'est un système gangréné par le politiquement correct qui bride les écrivains et qui accouche d'oeuvres en tous points uniformes.
L'écriture de l'auteure est simple et directe avec une touche d'humour. J'ai donc trouvé cet petit essai intéressant, car sous couvert de porter une attaque acerbe aux romans érotiques, Camille Emmanuelle apporte un témoignage surprenant et instructif sur sa condition d'auteur.
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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TheOtter
  07 juillet 2017
L'auteure, journaliste, pigiste, spécialisée entre autres sur la question de la sexualité, s'est retrouvé nègre pendant un an : elle a dû fournir, sous pseudonyme, une douzaine de fictions estampillées New Romance pour une maison d'édition dont le nom est tu. En douze mois, elle a fourni douze romans. Et elle le reconnaît, dans ce cas, la productivité est bien inversement proportionnelle à la qualité.
Camille Emmanuelle reprend, chapitre après chapitre, la construction d'un livre de New Romance, la pauvreté de ce qu'il a à offrir, et les dégâts qu'il peut causer aux femmes comme aux hommes. Voir ces histoires clichées, toutes semblables et sans aucune originalité, déconstruites par quelqu'un de « l'intérieur », m'a fait beaucoup de bien. Je ne suis pas juste une râleuse. Je suis capable d'analyser correctement une oeuvre populaire, sur ce qu'elle nous dit de notre société actuelle. Camille Emmanuelle a conforté certaines des choses que j'avais remarquées, mais a également pointé du doigt d'autres faiblesses (pourquoi l'écriture est aussi insipide, comment la lectrice lambda est perçue par les maisons d'édition, etc).
Cette lettre (la flemme de réécrire le titre, je plaide coupable) commence gentiment par nous décrire les clichés des héros (les blessures internes, le physique d'Apollon et Aphrodite, la femme qui ne prend aucune décision, l'homme jamais vraiment salaud, les deux amoureusement vierges), de la vie contemporaine décrite, bien sûr de leur vie sexuelle, et la pauvreté de l'écriture qui va de paire avec le reste, qui prend les lecteurs (plutôt lectrices, of course), pour des débiles. Elle s'attarde ensuite sur ce que cela nous inculque, inconsciemment. Que si on n'a pas quatre orgasmes par rapport, nous ou la personne qui partage notre lit (plutôt un homme quand même, soyons sérieux) sommes de sérieux losers. Que si on ne nous offre pas de Louboutin ou de Jimmy Choo, on a raté notre vie (#rolex). Que la fidélité est le seule modèle qui vaille, tout comme la monogamie. Et bien sûr, bien sûr, que l'Homme est viril, fort, dominateur, pénétrant ; que la Femme est magnifique sans le savoir, qu'elle est gentille, ne prend pas d'initiative, toujours excitée, et pénétrée.
Vraiment, amateurs de romance ou non, cet essai est à découvrir, ne serait-ce que pour remettre quelques idées en place, mais aussi pour mieux voir les extrémités auxquelles sont réduites les maisons d'éditions pour nous vendre de la culture.
Lien : http://lessenslivresques.wee..
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charmant-petit-monstre
  27 avril 2018
S'il y a un petit bouquin à lire en ce moment, c'est bien celui-là : Lettre à celle qui lit mes romances érotiques et qui devrait arrêter tout de suite, est le coup de gueule de l'écrivaine et journaliste Camille Emmanuelle, spécialiste sur les questions de sexualité. Vous voulez rire (jaune) ? Vous êtes au bon endroit.
Camille Emmanuelle nous l'avoue sans détour, si elle a un jour écrit des romances érotiques pour une maison d'édition numérique spécialisée, c'était par nécessité. Temps de vache maigre et loyer en retard à payer obligent, le contrat était pas dégueu : écrire pendant un an sous un pseudonyme plusieurs romans avec à la clé une rondelette somme. Pour avoir déjà travailler sur des livres parlant cul, c'était assez easy pour Camille Emmanuelle. Or voilà, les contraintes et les directives aberrantes de la maison d'édition ont eu tôt fait de refroidir l'auteure.
Se basant sur son expérience professionnelle mais également sur sa propre réflexion sur la littérature érotique en plein essor, Camille Emmanuelle peint au vitriol avec un humour décapant cette industrie de masse très lucrative depuis le phénomène Cinquante Nuances de Grey. Une usine où les auteurs n'ont aucune marge de manoeuvre ni la possibilité d'innover.
Le constat est déplorable. Sous l'étiquette apparente féministe dont cette littérature se pare avec fierté, se cache les relents nauséabonds d'une certaine idée de la femme. Vous vous rappelez ces publicités sexistes des années 50-60 de la ménagère attendant amoureusement son mari et dont nous nous gaussons à présent ? Rassurez-vous cette représentation de la femme est toujours d'actualité. Vous voulez un exemple ? Camille Emmanuelle nous révèle la vision toute particulière du service marketing de leur lectrice type (à l'instar de l'héroïne) : c'est une gourdasse. Une petite chose fragile incapable de réfléchir par soi-même, inculte et apolitique, à qui on veut faire croire que seul le mâle peut lui procurer du plaisir ; un petit être qu'il faut chouchouter en la faisant s'évader à grand renfort de luxe, de bijoux, de jet-privés, de mariages fabuleux et de paires de Louboutin offertes par un beau milliardaire (forcément viril et dominant) cachant une blessure secrète. Enfin bref, tout ce qu'une femme normalement constituée devrait rêver…
Vous l'aurez compris, la critique de Camille Emmanuelle vise uniquement un certain genre de romans érotiques qui connaissent une publicité massive alors que leur message est puant. Car le but de l'auteure n'est en aucun cas de bannir l'érotisme, mais bien au contraire de promouvoir la modernité et le féminisme que l'on mériterait de voir plus souvent. D'ailleurs, elle ne manque pas de donner quelques titres érotiques d'auteurs « peu connus » que je me suis empressée de noter.
Dire que ce petit essai d'une centaine de pages est à lire serait un euphémisme. Outre le fait qu'il soit porté par une plume immensément drôle, l'essai de Camille Emmanuelle nous met face aux contradictions de notre société en matière de sexualité et de représentation de la femme. Bref. C'est à lire et à offrir !
Lien : https://leslecturesdumonstre..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   24 octobre 2017
Je n’étais pas une auteure qui trouvait l’inspiration à une terrasse de café de Manhattan et avait envie de faire rêver ses lectrices. Non, j’écrivais à la chaîne et étais le rouage d’une « fabrique à fantasmes ». Les romances sont quasi exclusivement écrites par des femmes. Et ces femmes, dont j’ai fait partie, sont comme celles qui, au XVIIIe siècle, aidaient les autres femmes à serrer leur corset. La femme ainsi ficelée retenait sa respiration, puis souffrait en silence toute la journée, empêchée dans ses mouvements. Elle correspondait à ce qu’on attendait d’elle. Aujourd’hui, ces corsets sont mentaux, et empêchent tout autant de respirer et de se sentir libre.
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   24 octobre 2017
C’est toute une vision de la société – ultra-libérale, culturellement appauvrie et réactionnaire – qui est promue à longueur de page. Eh oui ! Manon, je n’ai pas écrit des mommy porns, mais bien des « Zemmour porns », réacs et bêtifiants. Je suis un peu la Monsanto de la littérature érotique. Et, alors que je suis une auteure féministe, j’ai contribué à délivrer aux femmes des messages extrêmement vieillots sur leur corps, leur vie, leurs rêves, leurs fantasmes.
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   24 octobre 2017
J’ai arrêté d’écrire de la littérature cucul (c’est comme ça que je nomme les romances). J’aimerais que tu arrêtes, Manon, d’en lire. Pour cela, je vais te raconter les coulisses de cette écriture. Un récit que ne te fera pas jouir, mais qui, je l’espère, te fera rire.
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   24 octobre 2017
Un roman érotique n’est pas moderne parce que son héroïne mange des putains de cupcakes, il est moderne parce qu’il présente une vision nuancée, complexe, curieuse et diverse du plaisir et du sexe.
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Imaginez... Un soir, votre mère - qui se comporte de plus en plus bizarrement depuis que votre père est partie - s'enferme des heures à la cave et ne cuisine rien sinon de la viande presque crue... cette mère vous mord ! C'est ce qui arrive à Hippolyte...
"Ogresse", conte moderne ? Peut-être. Mais aussi et surtout un récit très contemporain, entre harcèlement et slut shaming. Je vous emmène à la découverte de ce roman d'Aylin Manço, mais aussi de la collection érotique pour ados l'Ardeur chez Thierry Magnier... et d'une ogresse de conte bien souvent oubliée !
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