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EAN : 9782246547518
295 pages
Éditeur : Grasset (11/05/2005)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Le 2 juillet 1816, à la tête d'une mission chargée de reprendre le Sénégal aux Anglais, la frégate La méduse, commandée par un vieil officier incompétent et alcoolique, échoue au large de la Mauritanie, sur un haut-fond pourtant bien connu des marins. Cent cinquante hommes qui ne pourront prendre place dans les embarcations du bord construisent un radeau de fortune, que les chaloupes remorqueront quelques milles, avant de l'abandonner en pleine mer, avec son fardeau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
domisylzen
  25 janvier 2018
Que reste-t-il de cet événement tragique ?
Un tableau ! Et quel tableau ! le radeau de la méduse peint par Géricault entre 1818 et 1819. Un monument. de par ses dimensions (5m de haut sur 7m de large) et sa notoriété acquise au fil des années.
L'histoire, elle, s'estompe tout doucement, finira par une légende … peut-être.
Jean-Baptiste Savigny vient de perdre sa compagne, la belle Gabrielle aux fesses rebondies. Alors il noie son chagrin dans de sombres tripots. Aviné il se rend à peine compte qu'il signe pour s'enrôler pour l'Afrique, il suit la troupe toute aussi imbibée. Diplômé de l'école de médecine de Rochefort il intègre le service sanitaire à bord de la Méduse, direction le Sénégal, pour le reprendre aux Anglais.
Le commandant complétement à côté de la plaque et alcoolique invétéré dirige, enfin semble-t-il, la frégate. le bateau s'échouera au large de la Mauritanie sur un haut-fond : la Méduse git comme un cachalot crevé. Les officiers et leurs accompagnants embarqueront dans les canots, pour le reste un radeau est construit. Remorqué puis laissé à l'abandon le rafiot erre pendant quinze jours : des 147 embarqués ils ne sont plus qu'une quinzaine à être sauvés par l'Argus.
C'est au travers des yeux de Savigny que nous suivons ce désastre de la marine française. L'auteur à un réel don de conteur. Dans la première partie il nous présente les protagonistes avec un début de voyage bien sympathique. Puis dans la deuxième le drame et le sauvetage. Enfin dans la dernière la controverse qui a lieu suite aux scènes de cannibalisme auxquels les rescapés se sont livrés. Bref un tour d'horizon complet sur le sujet.
Divers événements décrits sont à la limite du soutenable mais force est de constater qu'Eric Emptaz maîtrise sa narration. Aucun temps mort, tout le livre se lit sur un rythme soutenu. L'écriture, quant à elle est tranchante décrivant sans retenue toute l'horreur de la situation.
Un livre complet pour ne jamais oublier.
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belette2911
  12 mars 2016
Chronique d'un naufrage annoncé… Celui de la frégate, pas du roman qui lui, tient les flots et la barre haute. Hissez haut !
Pourtant, c'était pas un pédalo, la Méduse ! Non, c'était une belle frégate qui faisait 47 mètres de long, 12 mètres de large, avec la coque renforcée par des plaques de cuivre, monsieur ! 44 canons en sus.
Et si cette belle frégate royale a coulé, c'est parce que celui qui maniait le gouvernail était un imbécile, un crétin diplômé, un connard fini qui avait dû avoir son brevet de navigation dans un paquet Bonux !
Ou alors, il avait été à la même école qu'un certain commandant de Costa Croisières.
Et comme toujours, dès que des incapables ont des responsabilités, ce sont les subalternes qui trinquent.
D'ailleurs, on sent venir la chose, tant les deux personnages qui sont à la tête du navire sont des magouilleurs, des imbéciles, des fats, des menteurs, des flagorneurs, des sourds à tout bon sens… Ils t'auraient fait couler un canard en plastique dans une baignoire, ces deux là !
Le récit se lit d'une traite, les yeux passant de bâbord à tribord, descendant la grande vergue et finissant au gouvernail, manié par le crétin de vicomte Hugues de Chaumareys, capitaine de frégate commandant La Méduse au nom du roi et qui n'a plus navigué depuis au moins 20 ans.
Jean-Baptiste Savigny, jeune marin à bord de la Méduse, commence par nous conter un beau voyage vers le Cap Vert avec un arrêt qu'ils feront au Sénégal (Saint-Louis) car ils ont pour mission de reprendre le pays aux Anglais, et ça se termine empalé, non pas dans un iceberg, mais dans un ban de sable connu de tous les marins.
Les femmes et les gradés dans les canots, les autres – les soldats et une partie du petit personnel – sur un radeau. 150 hommes sur un grand radeau qui prend l'eau. Jean-Baptiste Savigny nous racontera leur misères sans jamais sombrer dans le pathos.
Les pauvres gars sur le radeau seront lâchés ignominieusement en pleine mer, comme un chien abandonné sur le bord de l'autoroute, le jour du départ en vacances, les autres occupants des canots n'ayant pour eux qu'un pauvre regard du genre « Oh, l'amarre a cassé ».
Nous partîmes 150 sur le radeau et, par un prompt renfort de la Mort, nous fûmes bientôt 15 à survivre, obligé d'arriver à des extrémités que je ne puis condamner, la survie en dépendant.
Ce qui m'a le plus foutu en rogne, c'est l'attitude condescendante des gradés – le commandant Chaumareys et le colonel Julien Désiré Schmaltz, commandant les établissements français du Sénégal. Imbus d'eux même, persuadés qu'ils sont qu'ils ont agis pour le bien de tous, incapables de se remettre en question – surtout Chaumareys.
Et ce gros porc de Schmaltz qui fait des beaux discours en se mettant en avant, défiant les survivants de parler, sinon, il balance ce qu'ils ont fait sur le radeau pour survivre…
À force de se le répéter, il finira pas y croire, comme il en fut avec sa non-présence dans le fort Penthièvre à Quiberon, lors de la bataille… Mais dont il a réussi à se persuader que si, il y était !
Certes, les 150 sur le radeau se sont mis eux-mêmes à la flotte et dans les bras de la Mort en se bagarrant ou en s'enivrant dans des beuveries monumentales. Pas un pour relever l'autre, sur ce bout de bois, mais tout de même.
Un récit qui se lit tout seul, comme une aventure, même si l'on sait déjà que la frégate coulera, on dévore le récit de Savigny, jeune gars qui a signé un jour où il était rond et déprimé pour entrer dans la marine.
Une écriture qui roule comme les vagues, pourvues de quelques jolis mots de vocabulaire, un style pas « simpliste » mais facile à lire et qui ne sombre jamais dans le pathos, car il aurait été facile de s'y vautrer lorsque nous étions sur le radeau.
Malgré tout, ce ne fut pas une partie de plaisir sur le radeau et avec peu de mots, de phrases, l'auteur arrive très bien à nous faire comprendre que ça n'a pas rigolé !
Des personnages bien tranchés, un faible pour Savigny et quelques uns de ses compagnons de misère, un récit double puisque nous aurons une partie de ce qu'il se passait à Saint-Louis, des bons mots, des répliques acérées et l'envie folle de pendre à la grande vergue le commandant Chaumareys, ce commandant qui a tout du célèbre capitaine de croisière dont je parlais plus haut…
Comment est-ce déjà son nom ? Allez, si, celui qui aimait un peu trop se frotter aux côtes avec son gros bateau ! Crétino ? Stronzo ? Sketbatô ? On me signale dans l'oreillette que c'était Schettino ! Celui qui, comme avant Chaumareys, quitta le navire dans les premiers au lieu d'être le dernier.
Et bien, au commandant Chaumareys, on lui dirait bien "Vada a bordo, CAZZO !!! "

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Amnezik666
  02 mars 2016
Si le tableau est mondialement connu, l'Histoire de la Méduse l'est moins… et quand on voit le nombre de cafouillages, lâchetés et autres ratés on peut comprendre que les manuels d'Histoire ne se vantent pas de cet épisode qui a de quoi faire honte à l'histoire navale française. Pour nous faire vivre le naufrage et la survie à bord du radeau l'auteur nous place dans la peau de Jean Baptiste Savigny, assistant chirurgien à bord de la Méduse et surtout rescapé du radeau, qui co-signera un livre témoignage accablant.
Je suppose que, pour les besoins de son roman, Erik Emptaz fait cohabiter les faits historiques avérés avec quelques improvisations qui donnent plus de poids et plus de vie au récit. Je ne suis en général pas fan des romans historiques mais force est de constater que j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir ces quelques pages.
Le moins que l'on puisse dire c'est que d'entrée de jeu Savigny ne sent pas ce voyage pour lequel il a signé par dépit amoureux et quelque peu imbibé : « Funeste idée que celle d'affubler une frégate d'un symbole si peu aimable ! L'évocation de ce monstre mythologique à la chevelure infestée de serpents ne me plaît guère. Et il ne me paraît pas du meilleur augure : on dit que cette créature transformait quiconque la regardait en pierre ! Quant à la version gélatineuse et urticante de l'animal qui s'échoue mollement sur les rivages, sacré modèle pour un bateau ! J'espère qu'il est solide, au moins !« .
De ce drame je retiendrai surtout que les pertes humaines et matérielles sont avant tout le fait de l'incompétence chronique du commandant de bord, Hughes de Chaumareys, un parvenu doublé d'un alcoolique chronique. Après le naufrage, l'auteur prêtera ces mots sans appel à un des marins : « La Méduse s'est échouée sur un haut-fond, le banc d'Arguin qui est indiqué sur toutes les cartes marines comme une zone à éviter. Et que pour planter un bateau ainsi : « Faut vraiment être une bourrique qu'a la cataracte ou un borgne des deux yeux ! »« .
Plus que les conditions de survie rudimentaires (genre Koh Lanta à la puissance 1000) c'est la connerie humaine qui aura fait le plus de victimes sur le radeau. Entre la vinasse qui coule à flot, les bastonnades en tout genre et le désespoir les occasions de tirer sa révérence avant l'heure ne manquaient pas. le périple des rescapés aura duré deux semaines, un délai de privation qui ne justifie en rien que seuls un dixième d'entre eux aient été encore en vie au moment où ils ont été sauvés (sur les 15 survivants, 5 mourront avant d'atteindre les côtes). A croire que le genre humain trouve plus de réconfort à s'entre-tuer plutôt qu'à s'entraider…
Un roman relativement court (moins de 300 pages) qui se lit comme un récit d'aventures, on en viendrait presque à oublier que les horreurs décrites ont été bien réelles. Après cette lecture il est clair que je ne regarderai plus le tableau de Géricault du même oeil ; de fait quand on peut mettre un nom sur les personnages représentés et que l'on sait ce qu'ils ont vécu l'oeuvre prend une toute autre dimension.
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Julitlesmots
  01 avril 2016
En plongeant dans cette lecture, je pensais bien apprendre pas mal de choses sur cet évènement.
J'ai reçu une claque!
Grâce au témoignage de Jean-Baptiste Savigny, jeune chirurgien de vingt-sept ans engagé suite à une déception amoureuse et une bonne nuit d'ivresse, on suit la Méduse en juin 1816. le capitaine Hugues de Chaumareys, n'a été déclaré compétent qu'en raison de sa filiation, fait s'échouer le navire sur un banc de rochers près de la Mauritanie. Plusieurs canots sont jetés à la mer, réservés aux nobles et aux membres de l'équipage. Pour les autres, ce sera le radeau construit à la hâte, qui sera remorqué par les canots. Les 150 passagers du radeau ont été des victimes, au nom des ambitions politiques de certains et de la lâcheté d'autres.
L'auteur, qui a respecté l'histoire telle que rapportée par les historiens, nous parle de ces hommes livrés à eux-mêmes, de la privation et de leur souffrance psychologique, immergés jusqu'aux genoux, avec l'espoir qui diminue au fur et à mesure que les jours s'égrènent et que leurs compagnons décèdent les uns après les autres.
Folie, bagarre, faim, chaleur, tout est réuni.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
domisylzendomisylzen   11 janvier 2018
J'ai bu du vin, du rhum et du tafia comme un vrai marin triste et je me suis soûlé comme un saligaud. J'ai offert force pichets à tous les soiffards de l'endroit pour les remercier d'écouter mes lamentations. Solidarité de comptoir, compassion du litron.
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domisylzendomisylzen   02 juillet 2018
Le "seul maître à bord après Dieu" n'entend pas le matelot qui ajoute dans son dos : Un marin qui fait confiance à la mer, c'est comme un pendu qui ferait confiance à la corde pour le tirer d'affaire.
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belette2911belette2911   06 mars 2016
Chaumareys donnerait ses galons pour un fond de flacon.
Pourtant, il a dû sacrément batailler avant de les gagner.

Pour en arriver là, il en a fallu des interventions, des suppliques, des flagorneries, des pressions plus ou moins amicales entrecoupées d’évocations appuyées de son oncle, l’amiral d’Orvilliers, et de son amitié avec le comte d’Artois, frère du roi.

Chaumareys a su vaincre en les contournant tous les obstacles. Rien ne l’a arrêté. Il est même allé jusqu’à se rajeunir pour ne pas tomber sous le coup de la limite d’âge qui empêchait les officiers royalistes revenus d’émigration de reprendre du service après 50 ans.

Cinq années de moins, un combat de plus, à la guerre la stratégie compte autant que la bataille elle-même !
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belette2911belette2911   06 mars 2016
Angèle s’agenouille à même le sol, levant très haut son cul somptueux et rieur. Et Charbonnier s’enfonce en elle en se délectant de ces prières qu’il lui a apprises.

Dans le tintement des perles, il s’active à grandes embardées, passant de l’infinie douceur à la brutalité : « C’est ta faute, c’est ta faute, c’est ta très grande faute…»

L’abbé ahane. Son teint de cire a viré au cramoisi.

Il agrippe maintenant les seins d’Angèle et en pince les bouts, « Foutredieu, moricaude, tu vas l’avoir, ta pénitence…» et il ne tarde pas à gicler presque douloureusement. « Ite missa est… ! »
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domisylzendomisylzen   16 février 2018
Pour planter un bateau ainsi : Faut vraiment être une bourique ou borgne des deux yeux.
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Vidéo de Erik Emptaz
Le Canard enchaîné, c'est 100 ans d'articles et de dessins, le "Roman du Canard" sort au Seuil. Le rédacteur en chef du journal satirique est l'invité d'Alexandra Bensaid sur France Inter (31 oct. 2016).
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