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ISBN : 2203177233
Éditeur : Casterman (05/09/2018)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 34 notes)
Résumé :
1939, Afghanistan. Autours d'un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d'une archéologue. Cette nuit-là, les deux femmes l'apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate.2016, Berlin. Karsten, jeune Allemand qui se passionne pour l'Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s'éprend, malgré leurs différences.A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d'amou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Bouvy
  08 septembre 2018
Karsten est un jeune allemand, un peu taciturne et solitaire. Il fréquente une bande d'amis berlinois. Ils ont l'habitude de passer des soirées chez une amie commune, Elke, qui est aussi la confidente de Karsten, pour discuter de tout et de rien. A la fin de la soirée, Karsten qui est passionné par l'île Moyen Orient, emprunte un livre à son amie Elke. le titre est « Pendre Refuge ». le livre raconte l'improbable rencontre de l'aventurière et écrivaine suisse Annemarie Schwarzenbach qui voyageait en Afghanistan accompagnée par Ella Maillart (Voyage raconté par Ella Maillart dans son livre La VoieCruelle) et de Ria et Joseph Hackin, alors célèbre archéologues français qui travaillaient sur le site des Bouddhas de Bâmiyân. Karsten participe alors a une kermesse en vendant des hot-dog et rencontre une jolie Syrienne, Neyla. Neyla est perdue à Berlin. Elle est réfugiée et tente d'apprendre l'allemand. Elle est ingénieure astronome, a un doctorat mais son statu d'étrangère et la barrière de la langue font qu'elle est sans emploi. Karsten tombe sous le charme de la jeune femme et décide de lui venir en aide pour apprendre l'allemand et s'intégrée à Berlin. Entre deux rencontres, Karsten continue la lecture du livre. Annemarie et Neyla sont attirée mutuellement et deviennent amoureuses. Amour éphémère. La guerre gronde, Hitler s'apprête à envahir la Pologne. Neyla, quant à elle, fait de rapides progrès en Allemand. Karsten et elle se rapprochent de plus en plus mais Neyla souffre du mal du pays. Annemarie et Ria aussi vont devoir se séparer car la guerre est déclarée et l'Europe s'apprête à vivre cinq année d'horreur. Neyla fait le rapprochement entre Berlin détruite pendant la seconde guerre mondiale et sa ville, Alep, qui n'est plus que ruine face à la folie des hommes qui ont perdu leur humanité…
Ce livre est surprenant. Il commence par une fête frivole et anodine, puis le récit est coupé par l'histoire des deux femmes aventurières de 1939. Au début, j'a été un peu déstabilisé par ce chassé croisé entre aujourd'hui et le passé. Un fil rouge : la guerre et la folie des hommes. Un symbole fort, les Bouddhas de Bâmiyân, pourtant classés au patrimoine de l'UNESCO et détruits par les Talibans en 2001. Un autre fil rouge : l'amour. Amour rendu compliqués par la situation violente de l'époque, celle de la seconde guerre mondiale mais aussi celle de notre époque, qui provoque un afflux exceptionnel de migrants avec tous les drames humains que ça crée. Si je commençais par le graphisme. Il semble naïf, épuré, simple. Pas de couleur, pas de nuance, du noir, du blanc. le graphisme ainsi épuré, l'absence de détail vous laissent vous concentrer sur les deux histoires parallèles. le texte aussi est dépouillé. Pas de légende, juste des dialogues minimalistes. J'avoue qu'au début, j'avais du mal à accrocher à cette histoire mais tout en douceur, les auteurs épicent le récit d'émotions, de sentiments. Ils traduisent de façon efficace le drame des réfugiés, sans tomber dans la mièvrerie. L'absence de nouvelle des familles restées dans le pays en guerre, sous les bombes, l'isolement, la barrière de la langue, le choc des cultures, le regard méfiant des autochtones qui vous voient comme d'étranges étrangers. (Pour faire référence au si beau poème de Prévert). En quarante aussi, l'amour semble compliqué. Juste celui d'un instant, entre deux femmes, dont une mariée. Amour interdit. Attention, la rencontre d'Anne-Marie et de Ria est romancée. Et la guerre qui sévit. La première victime des conflits ne serait pas l'amour ? C'est ce que semble nous dire ce livre. Il nous apporte un autre regard sur le drame des réfugiées que trop d'entre nous voient comme de simples envahisseurs. Non, ils ne sont pas là pour leur plaisir mais pour survivre avec comme principale ambition de retourner vivre chez eux, un jour, quand enfin, la paix se sera de nouveau installée. A la fin, les auteurs dessinent la destruction des Bouddhas. L'ouvrage monte graduellement en émotion et c'est touché, presque boulversé, que j'ai terminé ce magnifique, sensible et humaniste livre. Lu en format KINDLE. La numérisation est bonne mais ne permet pas de profiter des doubles pages, petit bémol. Peut-être que si je l'avait téléchargé sur IZNEO ou iTunes, j'aurais pu en profiter. Si vous avez cette expérience, soyez gentils, faites le moi savoir.
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jamiK
  17 septembre 2018
Deux histoires d'amour s'entremêlent, l'histoire que lit Karsten, celle d'une rencontre en Afghanistan, d'une écrivaine et d'une archéologue, et celle de sa rencontre avec une réfugiée syrienne. J'ai été surpris, de la part d'un auteur de Romans, Mathias Enard, que l'histoire soit racontée avant tout par les dessins et non par les mots, et c'est même précisément là que se situe la force de ce livre. le dessin de Zeina Abirached est en noir et blanc, tout en aplats. C'est constitué de moments saisis, impromptus, poétiques, de petits riens qui se télescopent, un ciel étoilé, une soirée entre amis, des visages qui se rapprochent... C'est un livre de rencontres, celle des histoires d'amour confrontée à celle de cultures différentes, des rencontres qui restent incomplètes, jamais abouties et pourtant très riches. le titre fait référence au bouddhisme, et s'accorde au rythme et à l'ambiance du récit, plein de sagesses. C'est beau, un peu langoureux, mélancolique. Ce livre peut être lu et relu, à des rythmes différents, en continu ou par bribes. Un livre qui peut trôner dans les étagères du salon avec les recueils de poésie...
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Elodieuniverse
  24 septembre 2018
C'est la première fois que je lis ce genre d'ouvrage et je ne suis pas déçue. J'avoue tout de même avoir été déroutée au début car ce n'est pas un genre auquel j'ai l'habitude. Entre la BD et le roman, ce livre laisse place à l'interprétation c'est à dire qu'il y a peu de mots et on trouve notre ressenti de lecteurs à travers les dessins. le regard, les gestes, les expressions de visage... J'adhère complètement au parti pris du noir et blanc, il n'y a pas besoin de plus. Ce bel ouvrage imposant (oui il faut le dire) nous parle d'amour, d'amitié, de la guerre, des réfugiés... N'être bien nul part lorsque l'on est chassé de son pays, devoir se battre, ne pas avoir le choix et abandonner ceux qu'on aime le plus.. Bref, c'est un roman graphique spécial et original qui est plein de poésie et de mélancolie. (...)
Ma page Facebook Au chapitre d'Elodie
Lien : http://auchapitre.canalblog...
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Under_The_Moon
  14 novembre 2018
Destins croisés entre l'Orient et l'Occident, en 1939 et aujourd'hui.
Si les destins des personnages sont distincts, ce sont les situations politiques des pays est qui est mis en avant. Et le lien entre les deux époques ? Un livre bien sûr !
Dans l'Afghanistan de 1939, une exploratice suisse découvre émerveillée les bouddhas afghans alors que l'Europe est sur le point de s'enliser dans un conflit meurtrier dont chacun ignore l'ampleur.
Aujourd'hui, en Allemagne, une réfugiée syrienne essaie de s'adapter à la vie européenne, sans pour autant briser les liens qui la rattachent à la Syrie, où certains des siens sont restés, dans un conflit dont elle ne voit pas la fin.
Dans ces deux payx, ces deux époques, la rencontre entre deux personnes très différentes se réduit grâce au regard langoureux de cet autre dans lequel chacun essaie de prendre refuge pour échapper à la réalité brutale du monde.
Beaucoup de subtilité, de douceur et de sensualité se dégagent de ces planches grâce aux graphismes minimalistes mais efficaces de Zeina Abirached, où un détail rend soudain la scène très dynamique.
C'est un roman graphique très sensoriel aussi : entre onomatopées et silences qui rythment les histoires et d'où émergent l'essence de ce récit.
Malgré cela, ce récit que j'attendais avec tant d'impatience n'a pas eu l'effet escompté. Je ne l'ai pas trouvé aussi abouti que j'aurais espéré.
Cette histoire aurait sans doute fait un bon roman...
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Kmye
  18 septembre 2018
J'avais des appréhensions à commencer ce roman graphique, car je n'avais pas aimé Boussole de Mathias Enard. Étant une grande fan du style et des thèmes abordés par Zeina Abirached, il fallait de toute façon que je le lise. Je ne suis pas entièrement convaincue par le récit, mais toujours autant subjuguée par l'univers graphique magnifique. Parfois très remplies, les pages savent aussi se dédoubler en un ciel épuré et délicat.
Dans le Piano oriental, Zeina Abirached mettait en parallèle des questions d'identité liées au langage et le langage musical en lui-même ; fidèle à ses comparaisons qui étonnent et finalement convainquent, elle propose avec son complice deux histoires d'amour tabous à deux époques différentes, pour des raisons différentes.
Ces récits parlent également de guerre, de déracinement, d'exil et des relations complexes entre Occident et Orient. le récit dans le passé se concentre sur deux occidentales qui trouvent leur place en Orient, tandis que celui dans le présent traite d'une orientale qui ne trouve pas la sienne en Occident. le tout empreint d'une grande poésie, tout en délicatesse. Prendre refuge est moins radieux et flamboyant que le Piano oriental, mais ne manque pas de faire passer ses messages pour autant.
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critiques presse (3)
BoDoi   06 novembre 2018
Certes, le dessin, gorgé de motifs, ne déçoit pas : l’autrice manie aisément le noir et blanc, charge ses pages sans les rendre illisibles, crée des rythmes et des sons qui servent le propos. Mais celui-là même, justement, est un peu poussif.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Auracan   19 octobre 2018
De page en page, on va ainsi de surprise en surprise, tant les audaces et trouvailles graphiques sont nombreuses. Et on s'y attarde avec plaisir pour profiter et apprécier pleinement cette approche hors du commun.
Lire la critique sur le site : Auracan
BDGest   02 octobre 2018
Minimalisme de haute intensité, psychologie de haut vol et introspection aux ressorts universels, Prendre Refuge ne peut pas laisser indifférent. À lire d’urgence.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BouvyBouvy   08 septembre 2018
- J’ai acheté des draps pour me sentir chez moi. Enfin… ça va.
- Moi, je n’en peux plus. Berlin est trop froide pour moi. Tout est froid ici. Les gens… les immeubles et ils t’engueulent ! Et puis ils manquent de t’écraser en vélo… AKH ! Je hais les cyclistes !
- Oui, c’est sûr qu’ils ne sont pas toujours aimables surtout à vélo mais il y a aussi des gens charmants. Ceux de l’association du quartier, par exemple. Il y en a un…
- D’accord ! D’accord !Mais pour leur langue, mon dieu ! On y comprend rien ! Trois mois de cours et j’arrive à peine à dire bonjour !
- Hm
- Et puis, avec mon voile… j’ai l’impression qu’ils me prennent pour une terroriste… ! (Soupir) J’hésite à faire comme toi, l’enlever.
- Ne te décourage pas ! Moi, je parle déjà plutôt bien allemand, je peux discuter avec les gens… et me faire des amis. C’est important ! Tiens, par exemple, l’autre jour… hm … ce n’est pas une question de langue les amis.
- Par chance, à Spandau, il y a beaucoup de Syrien, on peut parler un peu dans la rue, on va chez les unes, chez les autres, on fait de la pâtisserie, on emmène les enfants au parc… tu devrais venir !
- Impossible ! Ça me rendrais folle, j’aurais l’impression d’être enfermée ! Il faudrait que j’essaye de trouver du travail mais sans parler parfaitement allemand ou anglais, c’est impossible. Je pourrais donner des cours d’arabe ou de russe mais apparemment, ici le russe n’intéresse plus personne depuis la chute du mur.
- Mais tu es ingénieure ! Et docteur ! Tu devrais pouvoir trouver quelque chose…
- Tu sais, c’est bien joli l’astronomie mais ce n’est pas très répandu et une spécialiste syrienne des planètes… formée en Russie… J’ai contacté tous les anciens collègues, on va voir … à la grâce de dieu.
- Au moins on est ici… et pas sous les bombes… oh ! Il est déjà 17 H ! Je suis désolée Neymar, je dois y aller… Sawissan m’attend ! Je lui ai promis de l’aider à préparer le repas de vendredi. Tu viendras ? Au fait… tu as des nouvelles de ta famille ?
- Non… aucune nouvelle depuis 79 jours.

(Plus qu’une citation, je publie ce long extrait d’une conversation de deux « migrantes » car je trouve que ce dialogue traduit merveilleusement bien la détresse des réfugiés qui, pourtant, suscitent tant de polémiques dans cette Europe de plus en plus cloisonnée et qui, dramatiquement, vire de plus en plus à la droite de la droite.)
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   12 novembre 2018
-Ce paysage vous prend aux tripes. Vous retourne d'un coup. Efface l'Europe.
- Presque. L'Europe nous pousse en avant, comme des bêtes fuyant l'orage. Il faudra sans doute faire face. Rentrer, pour résister.
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LaurenebLaureneb   16 septembre 2018
J'ai voulu prendre refuge en toi. Mais mon pays perdu bat en moi. Je ne sais pas vivre ici. Je ne sais pas aimer ici. Je ne sais pas t'aimer ici. Laissons-nous continuer notre chemin chacun de son côté du ciel.
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ConfidencesLitterairesConfidencesLitteraires   30 septembre 2018
- En arabe, on dit « Alep la grise ».
- A cause de la guerre ?
- Non. Non. Bien plus tôt ! Gris de… Gris de cheveux gris.
- C’est beau. Gris de cheveux gris.
- Gris de barbe. Aujourd’hui, gris de feu éteint. Comment dit-on ?
- Cendre.
- Voilà. Alep. Centre. Gris.
- Cendres grises…
- Oui. Centre gris. Neiges grises. Béton gris. Ciel absent. Astres tombés.
- Astres tombés ?
- Étoiles… évanouies… disparues.
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LaurenebLaureneb   16 septembre 2018
Neige grise
Centre gris
Béton gris
Ciel absent
Effroi
Neige grise
Douleur
Ciel absent
Astres tombés
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Videos de Mathias Enard (82) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mathias Enard
Extrait de la table ronde autour du livre «Bourlinguer» : des mémoires qui sont des mémoires sans être des mémoires. Avec Myriam Boucharenc, Pierre Ducrozet, Mathias Enard, Jean-Carlo Flückiger, Hélène Gaudy, Elodie Karaki. Les Rencontres de Chaminadour sont des rencontres littéraires qui ont lieu tous les ans à Guéret, dans la Creuse. Elles ont été créées par l'écrivain Pierre Michon et Hugues Bachelot. En 2016, une réalisatrice est venue filmer quelques aspects des rencontres et en a tiré un film documentaire de 23 minutes : Sur les Grands Chemins. Cette page propose une version coute de ce film ainsi que quelques extraits. Qui permettent de sentir ce que ces Rencontres ont d'unique en leur genre. Les Rencontres de Chaminadour sont des rencontres littéraires qui ont lieu tous les ans à Guéret, dans la Creuse. Elles ont été créées par l'écrivain Pierre Michon et Hugues Bachelot. En 2016, une réalisatrice est venue filmer quelques aspects des rencontres et en a tiré un film documentaire de 23 minutes : Sur les Grands Chemins. Cette page propose une version coute de ce film ainsi que quelques extraits. Qui permettent de sentir ce que ces Rencontres ont d'unique en leur genre.
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