AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
3,82

sur 74 notes
5
3 avis
4
7 avis
3
0 avis
2
0 avis
1
0 avis
A lire le titre, je me suis senti légèrement piteux, et c'était même moins une lettre…Parce que, vraiment, si tu cherches bien mon grand, n'as-tu jamais de ta vie laissé tomber une gentille fille ? Hein ? Donc, c'est avec un léger sentiment de culpabilité que j'entamai la lecture de ce roman, histoire de lire, enfin, le célèbre et original Shûsaku Endô. Original parce que de confession chrétienne, ce qui au Japon est une rareté. S'il a largement exploité ce thème dans ses romans les plus connus, Silence, et le Fleuve sacré, La Fille que j'ai abandonnée, qui au départ ne semble pas aborder cette thématique, va finalement y venir puissamment.

L'histoire se déroule au sortir de la seconde guerre mondiale, pour l'essentiel dans l'agglomération de Tokyo. Le Japon vaincu est occupé par l'armée américaine, l'économie est exsangue, beaucoup de gens sont miséreux. Yoshioka est un étudiant qui vit en co-location avec un ami dans un logement miteux qu'ils ne font rien pour rendre propre. Outre leur rêve d'ascension sociale, ils ne pensent qu'à découvrir les filles. Yoshioka va passer une petite annonce (papier bien sûr, avant l'ère des sites web de rencontres !). Ce profil d'étudiant est valorisant, et va attirer la petite ouvrière Mitsu. Elle est plutôt laide, laborieuse, d'une générosité désarmante (elle ne peut s'empêcher de donner le peu qu'elle gagne aux pauvres et aux faibles), trop aux yeux de Yoshioka qui la trouve idiote de sensiblerie et n'a pensé qu'à une rencontre unique pour profiter d'elle sexuellement (bon, un one-shot, quoi !). Mitsu a le coup de foudre, lui fait son affaire, mal et à la va-vite, non sans avoir remarqué que Mitsu a une curieuse tache rouge au bras. le jeune homme disparaît ensuite sans plus penser à cette souillon. Il trouve un bon boulot, y noue une idylle avec Mariko, la fille du patron, dont il découvre rapidement qu'elle travaillait à l'usine avec Mitsu à l'époque de leur rencontre. Yoshioka éprouve peu à peu un vague sentiment de culpabilité à l'égard de Mitsu. Qu'est-elle devenue ? Il va tenter de la retrouver. S'il y parvient assez vite, elle qui l'aime toujours est anéantie : elle se pense gravement malade…et si le destin de Yoshioka va poursuivre sa linéarité, devenu jeune cadre dynamique, il épousera Mariko, celui de Mitsu, qui donnera encore tout son coeur pour les faibles, va se retourner à plusieurs reprises et de manière inattendue.

J'ai trouvé ce roman assez bouleversant. Il témoigne de la misère, et des épidémies qu'un pays peut connaître lorsqu'il est détruit par la guerre. La pauvre Mitsu est une fille pleine de naïveté, qui se dévoue pour les autres en s'oubliant, en se privant de tout, et le sort s'acharne sur elle. Elle est une invisible, qui a renié sa famille, voudrait aimer la terre entière quand elle ne reçoit d'amour de personne. On a envie de crier à l'injustice. Yoshioka et elle se partagent le statut de « tête d'affiche », mais souvent dans leurs vies parallèles, eux qui n'ont pas la même destinée sociale. Un très bon roman, souvent émouvant, jamais larmoyant, duquel, des deux personnages aux caractères plus complexes qu'il n'y paraît, s'impose en majesté la figure de Sainte Mitsu.

Ce roman se lit avec plaisir, le style est agréable. Il m'a paru assez occidental, et moderne. Point de folklore ici, c'est une histoire universelle. Car ce qui m'a touché ici, c'est le rejet de l'autre, l'exclusion parce qu'on est pauvre, moche, gros, handicapé, malade, ou étranger, bref, un sujet qui est et sera toujours d'actualité dans tous les pays du monde (et qui malheureusement se décline aujourd'hui en d'autres fractures de toutes sortes). Ce rejet de la différence commence à l'enfance, et provoque des souffrances indélébiles. Et puis évidemment cette terrible fatalité, ce traître destin qui peut nous faucher demain au coin de la rue, et qui fait douter de Dieu lorsqu'il frappe d'abord les Justes. Je ne suis pas croyant, et pourtant, le message de l'auteur, dont la foi déborde du livre, m'a d'abord touché par son humanité.
On pourra éventuellement s'étonner que le romancier ait lancé des pistes d'inflexion du scénario sans finalement les exploiter, inexplicablement. Par exemple, Yoshioka sortant avec Mariko, ne peut s'empêcher d'aller une fois aux prostituées, se fait surprendre par un collègue, qui commence à lui faire du chantage...Yoshioka pense comme nous avec angoisse que Mariko va l'apprendre, et puis finalement non, tout s'arrête. Et je pense encore à deux points précis, assez cruciaux, mais que je ne citerai pas, de peur de trop en dire !

Un dernier point important : l'auteur a écrit ce livre en 1964, et au soir de sa vie, trente ans plus tard, il signe une postface dans laquelle il dit s'être inspiré de l'histoire vraie d'une femme pour le personnage de Mitsu. Il affirme également : "Dans La fille que j'ai abandonnée, j'ai tenté d'esquisser un parallèle entre Mitsu et Jésus, abandonné lui aussi, par ses disciples d'abord, et par nous tous ensuite, dans notre vie quotidienne. Mitsu n'a pas cessé, depuis, de revivre en moi."
Il faut aussi avoir en tête que l'auteur a été de santé fragile durant toute sa vie. Atteint de tuberculose, il a beaucoup tiré de son expérience personnelle pour écrire sur la maladie et les hôpitaux.

L'oeuvre de Shûsaku Endô est assez restreinte en quantité, mais apparemment elle n'est faite que de grands livres. De quoi poursuivre la découverte de cette voix à part, mais d'une portée immense dans la littérature japonaise.
Commenter  J’apprécie          528
Yoshioka, jeune étudiant paumé a 2 objectifs : l'argent et les filles. Sans réels sentiments et seulement le besoin d'assouvir son désir, il décide de séduire une jeune fille simple, Mitsu. Après avoir eu ce qu'il voulait obtenir, il abandonne Mitsu qui s'est totalement épris de lui et l'oublie pour se consacrer à la réussite de sa vie.
Un roman bouleversant sur une courte rencontre, entre ces deux jeunes gens raconté de chacun des côtés, qui laissa tout de même une trace indélébile dans leur vie. D'autres sujets sont abordés dans l'histoire, je vous laisse les découvrir...
Commenter  J’apprécie          280
Avec ce roman, J'ai le souvenir du japon sordide de l'après-guerre où se rencontrent un jeune homme un peu perdu et une jeune fille de la province venue à Tokyo dans l'espoir de jours meilleurs. La première nuit passée ensemble, il la laissera tomber, mais pris de remords, il finira par la retrouver, atteinte de la lèpre...
Livre d'une grande justesse de sentiments ayant pour cadre cette période où le pays est complètement exsangue.
Sortez vos mouchoirs !
Commenter  J’apprécie          170
Yoshioka, un jeune étudiant désinvolte a une aventure d'une nuit avec Mitsu une jeune fille naïve. Plusieurs années après, il entend parler d'elle et veut savoir ce qu'elle est devenue.

C'est un roman à la tonalité sombre sur le destin de deux jeunes gens que tout oppose, condition, niveau intellectuel, caractère. Mitsu est particulièrement touchante et parfois pathétique. Elle est d'une naïveté et d'une gentillesse déconcertantes, victime idéale de moquerie et de méchanceté. Rudement éprouvée par la vie, le choix qu'elle fait à un certain moment ne m'étonne pas car elle a de la ressource et du coeur.
Commenter  J’apprécie          90
Dès les premières pages, le mot est lancé. Mitsu, la fille abandonnée est une sainte ! Celui qui la considère ainsi c'est Yoshioka, qui lui n'est pas un ange loin de là. C'est l'archétype du macho, cynique, salop avec les femmes et qui est bien décidé à jouir sans entraves. Comment vas évoluer cet homme pour prêter de si fortes pensées envers cette fille qu'il avait abandonnée comme on abandonne un chien au bord d'une route ?
Encore une fois Sûsaku Endô maîtrise le sujet. Il commence doucement, on croit lire une historiette sans grande envergure et puis c'est un crescendo d'intensités qui nous fait sentir que l'on est en train de lire un roman bien plus ambitieux que se qu'il laissait paraître au début. C'est une des caractéristiques de l'auteur. Comme dans là plupart de ses romans il y à une référence au christianisme. Dans celui ci, elle vient assez tardivement même si on l'à sent venir dans le personnage de Mitsu, sorte de Marie de Magdala extrême oriental, pécheresse et sainte à la fois, une dualité que l'on retrouve dans les deux personnages principaux.
L'égoïsme contre l'altruisme qui gagne à la fin ? La encore rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir...
Commenter  J’apprécie          82
Dans le Japon d'après-guerre, un étudiant répond à la petite annonce d'une jeune fille simple pour l'utiliser. le destin de celle-ci est tragique alors qu'en apparence, la vie de l'étudiant, qui fait preuve de la pire vilenie, n'est que succès. La fin de l'histoire est inattendue ; Un conte qui rend un vibrant hommage aux personnes simples et douées.

Un superbe roman que j'ai lu d'une traite et qui mérité d'être connu
Commenter  J’apprécie          70
Dans le Japon des années 60, Yoshioka est étudiant et a deux priorités dans la vie : "Du fric et des Nanas". le premier n'est pas facile à gagner et les secondes sont difficiles à séduire. En effet, Yoshioka est atteint d'une légère infirmité qui le rend mal à l'aise. Un jour, il parvient à convaincre une jeune fille crédule, Mitsu, de lui offrir sa virginité. Naïve, elle se laisse convaincre par les mots d'amour maladroits du jeune homme mais surtout par son aspect miséreux et son infirmité. Ainsi, par compassion ou par pitié, elle se donne à lui pour une nuit.
Froidement, il la repousse ensuite mais le souvenir de la jeune paysanne le hante et il se sent coupable d'avoir abusé de sa gentillesse. Elle reste amoureuse de lui et vit en rêvant de le retrouver. Et puis un jour, les médecins diagnostiquent la lèpre à la jeune fille et elle est envoyée dans un hôpital spécialisé.

Avis personnel
J'ai lu ce livre très rapidement, 2 ou 3 jours. J'ai tout aimé. Il ne s'agit pas d'un roman à l'eau de rose comme on pourrait le penser au premier abord mais d'un roman d'initiation. Mitsu trouve sa voie au fil de ses expériences pendant que Yoshioka, lui, reste malgré tout mauvais.
Les chapitres alternent les points de vue de Yoshioka et de Mitsu, le début du récit est surtout consacré au point de vue de l'étudiant et la seconde partie à celui de la jeune fille. Les rapports de force s'inversent à mesure que les personnages se découvrent.
Commenter  J’apprécie          50
'est une histoire vraiment bouleversante, une histoire qui n'a l'air de rien : un homme sans sentiments qui souhaite être aux cotés d'une fille pour de simples plaisirs charnels. Pour Yoshioka cela ne représente rien, mais pour Mitsu cette rencontre va bouleverser sa vie…

Lire la suite : http://www.vaovan.fr/post/2006/07/11/4-shusaku-endo-la-fille-que-jai-abandonnee
Commenter  J’apprécie          20
Une espèce de conte philosophique dans le Japon d'après guerre.
On peut trouver cette histoire un peu datée ou trop japonisante, mais j' ai été "attrapé" par l 'auteur que je découvrais à l' occasion et j 'ai beaucoup aimé.
Commenter  J’apprécie          00
A travers ce roman nous découvrons le Japon d'après guerre. C'est un jeune homme qui part à la découverte de la gente féminine sans parfois penser aux conséquences de ses actes...
Commenter  J’apprécie          00


Lecteurs (189) Voir plus



Quiz Voir plus

Les mangas adaptés en anime

"Attrapez-les tous", il s'agit du slogan de :

Bleach
Pokemon
One piece

10 questions
886 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , littérature japonaiseCréer un quiz sur ce livre

{* *}