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Minh Nguyen-Mordvinoff (Traducteur)
ISBN : 2070415511
Éditeur : Gallimard (22/11/2000)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Dans les dix nouvelles qui composent ce superbe recueil, on retrouve les thèmes qu'inlassablement Endô a étudiés et approfondis sa vie durant : le péché, enfoui au fond de la mémoire, l'obsession du rachat, le silence de Dieu, et la question essentielle qui tortura toute son existence : la souffrance, morale ou physique, a-t-elle un sens ? Au fil des pages surgissent des personnages que nous connaissons déjà : le prêtre défroqué qui cache sa honte, le parjure que le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
CVolland
  11 mai 2019
Une femme nommé Shizu est un recueil de dix nouvelles classées par ordre chronologique.
Comme à son habitude, Endo intègre des éléments autobiographique à ses histoires dont il est impossible de connaître le degré de véracités. On retrouve ses thèmes de prédilections qui sont le catholicisme, les hôpitaux, la maladie, la Mandchourie, la guerre, l'écrivain etc
Les dix nouvelles sont :
Les derniers martyrs : qui est peut être une esquisse de silence? écrit plusieurs années avant. Cela parle des Chrétiens persécutés au Japon, mais cette fois durant la période Meiji (19eme siècle)
Les Ombres : L'histoire d'un prêtre occidental défroqué par amour pour une Japonaise
Un homme de 50 : raconte l'histoire d'un homme au prise avec la maladie, la sienne, celle de son frère et celle de son chien.
Adieu : Un étudiant Japonnais séjourne à Lyon chez un couple âgé et malade.
Le retour : L'histoire d'un écrivain qui souhaite faire enterrer son frère dans le caveau familial. Pour cela il doit faire exhumer le corps de sa mère. Il y est aussi question d'un chien battu.
La vie : est le récit de l'enfance d'un individu en Mandchourie, il y est questions d'injustices et de sanctions.
Un homme de 60 ans : Un écrivain de 60 ans raconte sa vie en proie à des pulsions.
Le dernier souper : Un psychiatre doit traiter un patient alcoolique dont le trouble est lié à des souvenirs douloureux de la guerre. On aborde le thème de l'anthropophagie.
La boite : Dans une brocante un écrivain fait l'acquisition d'une boite contenant une bible et des photos. Il mène l'enquête pour retrouver l'origine de ses objets, se qui le renvoi à des souvenirs de la guerre.
Une femme nommé Shizu : Un homme est captivé par la pièce de théâtre auquel il assiste, il lui revient en mémoire des souvenirs de son enfance en Mandchourie en relation avec la pièce.
Ces histoires sont d'un intérêt inégal, mais nous plongent bien dans l'univers de Shusaku Endo.
à noté que 3 d'entre elles (le dernier souper ; le retour ; les ombres) été publié sous le titre le dernier souper en folio à 2 euros.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   11 février 2019
Je me précipitai et trouvai le vieillard, accoudé à la table, la tête entre les mains.
"J'ai de nouveau mal à la tête. C'est horrible !"
Le sang lui était monté à la tête et il était écarlate. Des veines bleuâtre battaient sous les rares cheveux blancs de son crâne presque chauve. En face de lui était posée une tasse avec des traces qui ressemblaient à du rouge à lèvres. D'un seul coup d'oeil je compris qu'il avait bu du vin pendant l'absence de sa femme.
"Ça ira mieux dans une seconde !" dit-il en plaquant un sourire forcé sur ses lèvres. "Pourriez-vous prendre la bouteille de vin sur le sol et la ranger dans le placard ? Sinon, elle saura."
Je saisis la bouteille. En ouvrant le placard, je remarquai, dans un coin, deux flacons remplis de comprimés bleus et blancs, rangés près de l'huile d'olive et du ketchup. Je les connaissais : le médecin m'avait demandé de les acheter à la pharmacie. Il ne manquait pas une seule pilule. La femme ne donnait pas les médicaments à son époux.
Je suis incapable de décrire ce que je ressentis à ce moment-là. Semblable à un enfant qui découvre avec horreur un insecte étrange, je restai un long moment devant le placard béant, fixant les flacons d'un oeil vide.
"Que se passe-t-il ? Vous pouvez la poser là, c'est bon !"
Le ton impérieux du vieillard me fit revenir à la réalité.
La femme rentra à la maison. Vêtue de noir, un sac à la main, elle aperçut de la porte d'entrée son mari la tête entre les mains et s'écria d'une voix tremblante : "Bernard !"
Quand il fut endormi dans sa chambre, elle vint dans la mienne et se répandit en lamentations avec des yeux humides.
"Il a bu du vin pendant mon absence. Oui, j'ai compris ! J'ai beau lui dire d'arrêter, il ne m'écoute pas. Ça a toujours été ainsi. Dès que je ne suis pas là, il fait n'importe quoi. Si je meurs la première, j'ignore ce qu'il va devenir."
Brusquement, alors que j'écoutais ses jérémiades, les deux flacons de médicaments aperçus auparavant dans le placard dansèrent devant mes yeux. Pourquoi ne donnait-elle donc pas les remèdes à son époux ? Elle n'avait aucune raison de le haïr. J'étais le témoin de ses attentions quotidiennes à son égard et je ne pouvais vraiment pas imaginer qu'elle me mentait tandis qu'elle se plaignait, avec des larmes dans les yeux. Pourtant elle nourrissait son époux avec des aliments gras, interdits par le médecin, et ne lui administrait pas ses médicaments. On aurait dit qu'elle faisait en sorte que son mari se rapproche chaque jour de la mort.

Extrait de "Adieu"
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OsmantheOsmanthe   17 février 2019
C'est ainsi que la quatrième persécution commença à Uragami. Quand les femmes, les enfants et les invalides furent relâchés, trente-huit hommes, jeunes et vieux furent jetés dans une cellule si étroite qu'il était presque impossible de respirer. Dans ce groupe se trouvaient Kanzaburô, Zennosuke et le grand Kisuke, dont il est inutile de décrire l'état de panique intense.
Les jours suivants, plusieurs prisonniers furent appelés au tribunal. Ceux qui refusèrent de "se coucher" reçurent la torture du nom de dodoi : les pieds, les bras étaient enserrés dans des cordes et le tout était attaché derrière le dos. Puis on hissait le corps sur une croix pendant que des gendarmes, placés en dessous, le frappaient violemment au moyen de fouets ou de bâtons. Ensuite on l'arrosait d'eau. Les cordes, qui absorbaient l'eau, se gonflaient, pénétrant davantage dans la peau des prisonniers. Ceux qui étaient restés dans la cellule entendirent, venant du tribunal, des cris semblables à des hurlements de bêtes sauvages, ponctués par les insultes des bourreaux.

Extrait de "Les derniers martyrs"
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OsmantheOsmanthe   11 février 2019
Une fois à la maison, elle discuta avec maman qui me consola en disant : "A la différence de ton frère, tu es un tardiflore. Ce sont des personnes qui s'améliorent avec l'âge. Ton frère a de bonnes notes maintenant, mais toi, tu deviendras excellent plus tard." Elle hocha énergiquement de la tête. "C'est comme ça, cela ne fait aucun doute."
Le lendemain après-midi, alors que je sortais en compagnie du voisin pour faire du patin à glace, je lui déclarai : "Moi, je suis un tardiflore !"
Mon copain Yokomizo, dont le père était pâtissier, renifla et dit : "Hmm !"
Comme moi, il ne comprenait pas le sens de ce mot difficile et devait s'imaginer qu'il s'agissait de la rougeole ou de la coqueluche.
A l"endroit où nous faisions du patin à glace, que nous avions surnommé l'étang miroir, nous vîmes d'autres enfants de notre connaissance. En enfilant mes patins, je m'écriai : "je suis un mardiflore !" Tardiflore s'était transformé dans ma tête en mardiflore.
"Hmm !" firent les autres. Je me demande s'ils comprenaient de quoi il s'agissait.
A la fin de l'hiver, la glace de l'étang miroir fondit et les nombreuses spirées de Dalian commencèrent timidement à bourgeonner. Au printemps, toutes les fleurs jaillissaient d'un coup, semblables à une fontaine. Puis le mois de mai arrivait et bientôt les rues étaient égayées par les fleurs rouges des acacias dansant dans le vent.
Même quand j'étais enfant, les fleurs printanières me remplissaient d'allégresse. Pendant que nous marchions dans le parc, au milieu des allées bordées de spirées d'une blancheur immaculée, ma mère m'avait appris une chanson, Les fleurs des orangers sont écloses, et j'étais heureux. Elle m'avait enseigné toute une série de chants et j'avais composé ma propre version fantaisiste.

Maman m'a acheté 10 caramels,
J'en ai mangé 3 et donné 1 à Pochi.


Extrait de "Une femme nommé Shizu"
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OsmantheOsmanthe   13 février 2019
De son vivant, mon frère s'était tenu entre la mort et moi, mais maintenant qu'il était parti, j'avais l'impression que la Grande Faucheuse se dressait sinistrement devant moi. Mes parents avaient divorcé quand j'étais petit, et ma mère et mon frère constituaient le seul lien qui me reliait à la vie. Tous deux avaient disparu et je fus pris d'un violent sentiment de solitude et d'abandon.

Extrait de "Le retour"
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OsmantheOsmanthe   11 février 2019
Pendant que je jouais avec le chien, ma tante s'appuya contre la fenêtre et contempla le ciel printanier, où flottaient des nuages semblables à du coton.
"Que regardes-tu ? lui demandai-je.
- Le Japon.
- Le Japon ?"
Comme j'habitais à Dalian depuis l'enfance, j'ignorais tout de ce pays. D'après mes livres de classe, j'imaginais une contrée magnifique et irréelle.
"Oui, le Japon. Un ami va bientôt venir de ce pays.
- Un bon ami ?
- Oui, un ami cher à ta tantine."
Me tournant toujours le dos, elle regardait les nuages par la fenêtre. J'ignorais si le Japon se trouvait dans cette direction, mais, vue de dos, elle semblait aussi heureuse que moi.

Extrait de "Une femme nommée Shizu"
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Video de Shûsaku Endô (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Shûsaku Endô
Silence (film, 2016), réalisé par Martin Scorsese, d'après Silence de Shūsaku Endō, avec Liam Neeson, Andrew Garfield. Bande annonce.
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