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EAN : 9782253108436
316 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (09/06/2004)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Avant, c'est la longue enfance d'Adam Weinberger dans un monde qui ne devine pas encore la menace qui pèse sur lui. Enfance d'un amoureux des illusions, qui rêve de changer le monde et de libérer ses proches du poids d'une tradition qu'il juge insupportable. Adolescence d'un jeune garçon qui ne sait comment traduire son amour pour Esther, son admiration pour son oncle, sa tendresse pour sa mère. L'impuissance d'un jeune homme qui constate que le rêve et la fiction n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
OmbreetPoussiere
  28 janvier 2019
Il était une fois, en Pologne, dans les années 1930 une famille juive comme des centaines d'autres. Elle était composée des parents, qui travaillaient sans relâche, et de leurs quatre enfants. Il y avait trois garçons et une fille aux tempéraments bien différents. Et puis, il y avait l'oncle, le frère du père, celui dont il ne faut pas prononcer le nom sous peine d'appeler le Diable. C'est au travers les yeux du plus jeune, prénommé Adam, que nous allons découvrir les évènements qui ont déferlé et bouleversé l'ordre des choses.
Après guerre, Adam, seul à Paris tente de se reconstruire au travers de ce que lui disaient les siens et les cherche. Va-t-il pouvoir écrire sa propre histoire avec cette femme qu'il a rencontrée ? Un livre qui m'a profondément émue.
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M_a_r_c
  04 novembre 2017
Oubliez Adam Weinberger est ma troisième rencontre avec Vincent Engel. Une troisième rencontre de laquelle j'attendais beaucoup après les deux premières que furent Retour A Montechiarro et La Peur du Paradis.
Alors que l'Italie avait servi de décor à ces deux romans, c'est en Pologne avant la guerre et après celle-ci en France que nous suivons Adam Weinberger.
Adam est le quatrième et dernier enfant d'un marchand de bois juif, dont nous faisons la connaissance à la fin des années 1920. Alors âgé d'une douzaine d'année, sa vie s'écoule comme celle de la plupart des jeunes garçons de son âge, même si autour de lui évolue toute une galerie de personnages hauts en couleurs. Son père, qui, à défaut d'être orthodoxe, n'en reste pas moins très attaché aux traditions de son peuple. Sa mère, qui l'aime et qu'il aime mais sans qu'aucun des deux ne parvienne véritablement à le dire à l'autre. Ses deux frères, Avner et Samuel, l'un futur rabbin, l'autre sioniste convaincu. Sa soeur, Rachel, dont il est proche mais qui a pour principale occupation de se lamenter sur son sort. Sans oublier Elisha, son oncle communiste ostracisé pour cela par le reste de la famille, ni la belle-fille de celui-ci, Esther, plus âgée qu'Adam de trois ans et dont il tombera follement amoureux.
C'est peu de dire qu'Adam a fort à faire au milieu de cette encombrante famille. La première partie du roman, « Avant », commence sur le mode de l'humour, de la truculence même. Vincent Engel nous conte avec brio les heurs et malheurs du benjamin de la dynastie, ses grandes illusions, ses déboires amoureux, ses réticences face à la religion de ses pairs. Les éclats de rire sont nombreux. Un parallèle saute aux yeux avec les romans – que j'adore – de Shalom Auslander. Mais alors que celui-ci en reste généralement à la farce et à l'irrévérence (ce qui, soit dit au passage, ne l'empêche pas de susciter la réflexion et le débat), Vincent Engel fait évoluer l'histoire d'Oubliez Adam Weinberger vers autre chose. de beaucoup moins drôle. le glissement est imperceptible au début. Comme le fut celui de la situation politique en Europe au lendemain krach de 1929. Il s'accélère ensuite, connait parfois des à-coups, des ratés, mais ne s'interrompt jamais vraiment, suivant en cela la marche funeste d'Hitler vers le pouvoir dans le pays voisin.
L'atmosphère devient de plus en plus lourde. La haine des Juifs s'installe en Pologne et y gagne du terrain année après année. La vie pour eux devient de plus en plus difficile. Jusqu'à la mort de la mère d'Adam, rongée par un cancer dans le ghetto, épisode qui referme la première partie du livre.
De la vie d'Adam pendant les années de guerre, Vincent Engel ne nous raconte rien. du moins n'en fait-il aucun récit direct, s'efforçant ainsi de respecter le souhait obstiné de son héros de ne parler à quiconque de ce qu'il a vécu « là-bas », dans les camps.
La deuxième partie du livre, « Après », débute donc en 1945, à Paris. Nous y retrouvons Adam, qui tente de survivre, mais qui n'est plus que l'ombre de celui qu'il était avant la guerre et l'extermination de sa famille. Une partie de lui semble être morte « là-bas », tandis que l'autre est restée « Avant », comme prisonnière du souvenir des siens, de sa chère mère et de sa tendre Esther.
Si Adam n'échoue pas totalement sur les rives de la folie, c'est grâce à son métier, la médecine, à sa passion, les bateaux miniatures et aussi, même s'il ne (se) l'avouera qu'aux derniers jours de sa vie, grâce à Deborah, celle qui fut un temps son épouse et au travers de laquelle il croyait fugacement revoir Esther.
Le récit que nous fait Vincent Engel de cet « Après » est terriblement sombre et désespéré, confus même, à l'instar des tourments qui hantent Adam.
Même si j'ai été assez perturbé par ce « hiatus » entre les deux parties du livre, la plume de Vincent Engel m'a une fois encore fait vibrer, elle m'a profondément remué. Peut-être parce que le sujet, même s'il n'est pas abordé frontalement, m'interpelle toujours autant et que le livre soulève de nombreuses questions. Peut-être aussi, tout simplement, parce que Vincent Engel n'est pas loin de devenir un de mes auteurs fétiches.
Qu'importe finalement… Je vous conseille en tout état de cause la lecture d'Oubliez Adam Weinberger.

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Aupaysimaginaire
  09 décembre 2017
Il y a des livres que l'on lit, et qui nous marquent à tout jamais. Il y en a d'autres qu'on est incapable de terminer tellement on les déteste. D'autres encore qu'on se force à finir pour quelque raison que ce soit. Certains nous détendent simplement. Et d'autres, enfin, se laissent lire comme on se laisse porter par une vague, sans vraiment qu'on s'y accroche ou qu'on ait des choses à en dire. On n'a pas le sentiment qu'ils nous marquent, mais pourtant, ils laissent une empreinte profonde en nous. Simplement, ils n'ont pas bouleversé notre existence, remettant en cause toutes nos certitudes.
Oubliez Adam Weinberger est l'un de ces livres. Je l'avais lu pour le cours de français lorsque j'avais seize ans, mais je ne me souvenais absolument pas de l'histoire, si ce n'est que je me rappelais la trame principale. La chose à retenir, en quelque sorte.

La première fois que j'ai tenu ce livre dans mes mains, j'ai été frappée par son titre. Qui est Adam Weinberger, me suis-je demandé, et pourquoi doit-on l'oublier ?
C'est précisément à ces questions que répond le roman. Ou plutôt, il répond à la première, laissant le soin au lecteur de répondre à la seconde, et provoquant en celui-ci une troisième question : Comment définit-on l'existence de quelqu'un ? Ou plutôt : un nom et un prénom font-ils d'une personne qui elle est ? Cette réflexion est beaucoup plus profonde que cela, c'est une réflexion sur la vie, sur le sens de l'existence, mais je n'ai pas de mots pour exprimer précisément ce que je ressens après cette lecture.

Une autre chose qui m'a marquée est la structure de ce roman : 2 parties, une Avant, l'autre Après. Mais avant quoi et après quoi ? le plus simple serait de répondre : la deuxième guerre mondiale. Mais ce serait réduire la réalité à des mots qui n'évoquent en rien cette réalité.
Comment en effet ces trois mots peuvent-ils décrire ces années qui transforment un homme ?
De cette guerre l'auteur ne parle pas. Il se contente, pour nous en montrer toute l'horreur, de nous exposer la vie avant et après d'Adam Weinberger, qui fut un Juif vivant en Pologne, et qui n'est maintenant (ou du moins après) plus que l'ombre d'un Homme.
Il montre également cette horreur dans le mutisme d'Adam, qui refuse maintenant de communiquer, il nous la montre dans sa vie sans but, sans objectif. Il la montre aussi dans le métier qu'a choisi Adam. La médecine, dans cette recherche désespérée d'éloigner la mort, de garder en vie. Il la montre dans ces bateaux que construit Adam, comme autant d'appels à l'aide que personne n'entend. Il la montre encore dans la culpabilité que ressentent Adam et Déborah, cette culpabilité d'avoir survécu alors que tant d'autres sont morts...

Que dire de plus ? Cette lecture ne m'a pas arraché de larmes, mais elle a fait ressurgir dans ma mémoire des images d'un voyage en Pologne : le quartier juif de Cracovie, sa synagogue et son cimetière, mais surtout des images d'Auschwitz-Birkenau…
Cette relecture après cette « visite » est bien plus marquante qu'elle ne l'avait été la première fois, en grande partie parce que je pouvais mettre des images concrètes sur des mots qui, finalement, ne décrivent pas, mais se contentent de relater des faits, en les dépouillant de sentiments, les rendant à la fois moins atroces mais beaucoup plus percutants…

Tout cela, sans doute, ne vous aide pas à estimer la valeur de ce roman. Mais je suis bien incapable d'en dire plus. L'essentiel pour moi réside là. Les personnages importent peu. le style également. Ce qui compte réellement est que ce que ces personnes ont vécu soit décrit avec justesse. Et c'est le cas.
Lien : https://aupaysimaginaire.blo..
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simonjean
  24 janvier 2021
L'histoire d'une vie ...celle de Adam Weinberger , juif polonais qui ,
toute sa vie durant , ( enfin.... celle " d'après" ) porte le fardeau d'avoir échappé à la mort , contrairement à tous les membres de sa famille .
Il se réfugie et s'enferme dans le non-dit et le mensonge .
Un beau livre , émouvant bien sûr , très bien écrit
mais avec quelques longueurs .
"Oubliez Adam Weinberger" , un roman sombre que le lecteur referme forcément en éprouvant un sentiment de malaise .
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Opuscules
  19 septembre 2020
Oubliez Adam Wienberger est le roman du survivant, de son droit au silence et à l'oubli. le style Engel est délicat, son propos bouleversant. Il signe avec ce texte dramatiquement brillant une oeuvre inoubliable. Chronique
Adam Weinberger est le quatrième enfant d'une famille juive, installée en Pologne. le jeune garçon a douze ans au début des années trente, il s'apprête à célébrer sa Bar Mitzvah sans grande conviction pendant que sa soeur désespère de trouver l'amour, et que ses frères se tournent, pour l'un, vers le sionisme virulent, pour l'autre vers une carrière de rabbin. La famille n'est pas des plus orthodoxes, et pourtant, le poids de la tradition pèse sur les épaules d'Adam. L'antisémitisme, aussi. D'abord latent, il se distille insidieusement dans la population, il ronge et ravage tout sur son passage.
Cette première partie du récit, cet « Avant », est malicieuse, pétillante. Vincent Engel a le talent rare de ceux qui sont restés des enfants et qui ainsi parviennent à dire tous les remous de la jeunesse insouciante. Fin psychologue, l'homme de lettres belge dépeint avec tendresse les premiers émois du coeur, les grandes espérances et les désillusions tranchantes.
Et puis, après l'avant, il y a forcément l'après. le pendant est passé sous silence, avec pudeur, et parce qu'aucun mot ne dira jamais l'horreur des camps. Et après, ce n'est plus la vie. Après, c'est Paris, en 1945. Après, c'est le silence, les mots qui ne soignent plus, les mots dans lesquels on ne croit plus. Après, c'est le silence et les fantômes qui hantent. Adam Weinberger se réfugie dans la médecine, vidé de sa substance, privé de vie.
Si la plume d'Engel était vive et insouciante dans la première partie du récit, elle se fait sèche et s'assombrit après, comme pour mieux servir le propos de son auteur. le « je » disparait au profit de la troisième personne, Adam Weinberger ne parle plus, n'écrit plus. Il a perdu sa consistance, sa condition.
Oubliez Adam Weinberger est un roman d'une grande pudeur, aussi tendre par la plume que violent par le propos. Ouvrage qui interroge en abordant la Shoah sous un angle inhabituel et pertinent, le texte de Vincent Engel est emprunt de philosophie et de sagesse. Il dit l'impossibilité de raconter l'horreur, de poser des mots sur ce qui laisse sans voix. En revendiquant le droit à l'oubli, le droit au silence, l'écrivain signe une oeuvre à mettre entre toutes les mains, un texte bouleversant et nécessaire.
Lien : http://opuscules.net/oubliez..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Phil56Phil56   09 février 2021
... mais qu'est-ce qu'un adolescent, sinon un être contraint de perdre les richesses de l'enfance pour tenter désespérément d'obtenir la reconnaissance des adultes ?
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Bookineuse_Bookineuse_   04 février 2021
Et ma mère seule sut vaincre les Allemands en s’enfuyant du ghetto avant que l’on nous en chasse. Elle a emporté son rire et ses yeux et sa main sur la mienne, alors que mon père avait perdu les planches et l’argent de celles qu’il avait vendues, et nous ne l’avons plus revue ailleurs que dans nos yeux, tout le temps, ma mère dans mes yeux que je ne voyais plus que je n’entendais plus à qui j’aurais voulu dire tant mais surtout l’écouter mais elle n’avait jamais beaucoup parlé beaucoup agi libre sauf maintenant dans le grand cri silencieux de sa mort, de la mort de sa souffrance aussi - vainqueur anéanti par sa victoire-, et elle dans mes yeux ne nous vit pas partir là dont je ne dirai rien, là dont je tairai le nom, après de longs trains noirs et gris, après le ghetto, après notre maison notre famille et notre naissance et celle de ses parents bénis soient-ils dans l’ignorance du monde où ils la projetèrent - après leur grand silence des noms effacés en lettres de feu et tant pis si vous croyez que j’ai choisi d’être juif à cette époque à cet endroit pour pouvoir exterminer ma famille et me retrouver seul - mais un romancier aussi médiocre que moi ne choisit pas le récit qu’il raconte, pas plus qu’il n’a choisi sa vie, et maintenant je me tais.
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Phil56Phil56   09 février 2021
Il est plus facile de détester quelqu'un que d'être dans l'impossibilité de l'aimer.
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IluzeIluze   26 mai 2009
A douze ans, le rêve est une profession obligatoire si l'on veut survivre à l'épreuve.
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IluzeIluze   22 mai 2009
Ce n'est que parce qu'aux yeux de tous, utopie est synonyme d'échec qu'aucune n'a jamais pu aboutir.
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