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Isabelle Rosselin (Traducteur)
EAN : 9782742766994
487 pages
Éditeur : Actes Sud (01/03/2007)
3.96/5   109 notes
Résumé :
Ce livre dévoile la vie de James Cook, le grand explorateur anglais.

Au printemps 1775, sa femme Elizabeth a trente-quatre ans. Seule depuis déjà trois ans, elle attend le retour prochain de son époux.

Alors qu’elle se prépare à l’accueillir, qu’elle s’imagine à l’aube d’une vie nouvelle, d’une relation conjugale et familiale véritable, l’angoisse l’étreint. Déroulant le fil de sa mémoire, Elizabeth revisite ses longues années de solitu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Malivriotheque
  21 février 2021
James Cook, célèbre explorateur du 18ème siècle, était marié à Elizabeth qu'il a laissée avec leurs enfants de très nombreuses années pour faire ses divers tours du monde. Anna Enquist nous raconte les années de séparation aussi bien que les années de retour avant la mort de Cook lors du dernier voyage, ainsi que la vie marquée par les nombreuses pertes de son épouse...
Mais que ce livre était interminaaaaable !!! le premier défaut vient du synopsis au dos du livre qui ne dit pas en fait qu'on va suivre la vie d'Elizabeth jusqu'au bout, bien après la mort de son mari James à Hawaï. Comme on nous vend la problématique des allers-retours/longues absences et leurs conséquences sur le couple, on a du mal à comprendre l'acharnement de l'auteure à aller plus loin après le tragique décès du capitaine, alors qu'il reste encore 200 pages au compteur. Si la maison d'édition avait été plus claire dès le départ, la frustration d'infinité du schmilblick ne ferait pas partie de l'équation et le lecteur se sentirait peut-être moins floué sur la marchandise. Au fur et à mesure que les pages suivantes se tournent, on comprend qu'Elizabeth est vraiment la figure maîtresse de cet ouvrage car elle a vu toute sa famille et tous ses amis, y compris ses six enfants, disparaître bien avant elle, subissant ainsi pertes sur pertes, certaines plus marquantes et traumatisantes que les autres, la répétition presque annuelle de l'expérience la rendant vers la fin quasi stoïque face à la mort.
Le deuxième énorme défaut qui rend ce livre bien long s'exprime dans la répétition constante des pensées et sentiments d'Elizabeth, qui au cours de sa vie et au fil des voyages de James et de la perte de ses enfants ressent tout le temps la même chose et nous le partage bien sûr. Ses sentiments sont assurément légitimes, rien à redire à ça, mais c'est tellement redondant et ancré dans un courant de conscience hyper féminin que c'en est très vite lassant. Ne nous méprenons pas : je suis une femme, moi aussi j'ai une quantité de pensées et sentiments qui doivent être répétitifs quand je réfléchis à la partie relationnelle de ma vie. Mais là, j'ai personnellement trouvé que c'était trop, voire étouffant et sans doute sur-stéréotypé (alors que l'auteure est elle-même une femme !!). Certes, notre personnage principal non fictif est une épouse de marin du 18ème siècle que la société de l'époque n'autorise pas à travailler et laisse uniquement s'occuper de ses enfants et parader aux bras de son époux le mâle tout puissant qui la met enceinte dès qu'il met pied à terre lors d'évènements. On nous dresse donc le portrait d'une femme qui se charge de tout au sein de la maison et ne sait plus comment gérer la présence de son homme dans le quotidien basé sur l'absence. Mais toutes ses pensées tournent autour de ça, de la mort de ses enfants, et... voilà. Même en suivant son flot de sentiments, on n'en apprend pas plus que ça sur la femme en elle-même. Oui, elle aime la vérité. Ok, elle a des qualités de correctrice et éditrice. Elle a un mini-flirt jamais consommé ni assumé. Et à part ça ?
C'est vraiment dommage parce que ce qui était attirant dans cette histoire, c'était bien le développement de la dynamique de la relation entre James et Elizabeth qui vivent au final deux vies complètement différentes en parallèle et n'arrivent jamais vraiment à se retrouver sur la même longueur d'ondes quand James revient à Londres. Il faut savoir que sur leurs 17 ans de mariage, ils n'en ont passé que 8 physiquement ensemble, années de présence pendant lesquelles James était à chaque fois très occupé par la préparation de ses trois voyages... C'est cet aspect-là qui est le plus intéressant. Mais que c'est long... Tout... Pour ce que c'est... Et uniquement du point de vue d'Elizabeth, quel manque flagrant dans l'histoire ! L'auteure tente de nous tenir jusqu'au bout en ne nous révélant le mystère entourant la mort de James qu'à la toute fin, mais on a tellement décroché bien avant que l'interprétation de sa mort (comme une délivrance programmée par James lui-même avec la complicité des insulaires) nous parvienne, d'autant plus que cette dernière a de quoi faire froncer les sourcils.
Au final que retenons-nous de cet ouvrage ? le destin terrible d'une femme constamment éprouvée par la vie, forte d'avoir accompagné en même temps qu'enduré les ambitions de son mari. Une succession de morts horribles. Une accumulation de tristesse, de retenue dans la communication, deux vies unies sur le papier uniquement, le tout dans un récit embué par une suite sans fin de sentiments stéréotypés loin de tout modernisme et féminisme vrai et un style narratif souvent ponctué de phrases nominales banales et d'un rythme saccadé parfois saugrenu. C'est un hommage à la femme derrière le scientifique de renom qui n'a du coup pas fait mouche de mon côté.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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myriampele
  14 juin 2020
A quoi peut ressembler la vie d'une femme de marin au XVIIIème siècle? Et quel marin!
Pas moins que James Cook en personne.
Le récit de la vie d'Elizabeth Cook ( décédée à l'âge de 94 ans) remarquablement écrit par Anna Enquist m'a vraiment conquise.
Entre les longues années d'attente, les grossesses, la perte des enfants, Elizabeth construit sa vie sur l'amour qu'elle porte à James, et celui qu'elle voue à ses enfants, particulièrement à Elly, sa petite fille trop vite partie, et à Nathanaël, le doux petit garçon qu'elle aurait voulu garder près d'elle.
Ce récit est formidablement documenté et avec James Cook on navigue périlleusement ,on aborde des terres nouvellement connues, tandis qu'avec Elizabeth on découvre la vie à terre, la société londonienne.
Un beau portrait de femme.
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spleen
  12 août 2012
Que l'on soit femme de marin ou femme de capitaine, la vie des épouses est rythmée par l'attente du retour.
Mettre au monde les enfants, les porter si souvent en terre encore nourrissons ou déjà grands, ces événements ,elles les assument la plus part du temps seules sans leur mari .
Le Retour est ,autour de la vie du navigateur James Cook, l'histoire romancée de sa femme Elisabeth, femme au tempérament volontaire mais fragile, marquée au plus profond de son être par le décès accidentel de sa fille, et par la mort prématurée de ses fils.
Elle a cru en la promesse de son époux de rester définitivement à terre après son deuxième voyage mais James, entouré d'honneur , couvert de gloire et célébré comme un héros repartira pour un voyage dont il ne rentrera pas.
Elisabeth n'aura alors de cesse de chercher à comprendre ce qui s'est réellement passé lors de l'echauffourée ayant entraîné la mort de son époux, et de ce qui s'en suivit,elle découvrira aussi la sombre face, violente et cruelle du capitaine adulé mais redouté, souvent injuste envers ses marins et les indigènes.
A travers la vie quotidienne d'Elisabeth et la narration des voyages de James, le souci du navigateur de la santé de ses marins en particulier son combat contre le scorbut,la recherche de nouveaux passages, la présence à bord de scientifiques et de botanistes, la découverte de peuplades aux moeurs parfois déroutants, l 'évolution de la cartographie, c'est une chronique agréablement écrite de cette époque de la fin du XVIII ème siècle.
Seule l'amitié ambigue d'Elisabeth et de Palliser apparait peu crédible et sans véritable intérêt , il y a peu de longueurs et le récit est écrit de façon simple sans s'apesantir sur les états d'âme des personnages.
Bonne lecture.
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Streala
  04 mars 2020
Roman envoûtant,l épouse du navigateur James Cook est au centre de ce magnifique roman.
J étais réticente en m informant sur cet ouvrage ,l idée de lire le X éme journal d une "femme de..." Transpirant son pesant d ennui et de frustrations ,ne m attirait guère
C est sans compter le talent d Anna Enquist qui nous livre un roman magnifique a l écriture limpide
Cette auteure gagne à être connue ,elle illustre une fois encore la sous médiatisation des femmes écrivains,ce roman vaut certainement un Vargas Llosa,p ex ,mais qui connaît cette auteure discrete?
Il y a dans ses romans quelques thèmes récurrents ,traités avec délicatesse et retenue,la perte d un enfant est un de ces thèmes
L auteur serait musicienne et psychothérapeute...ce roman se lit d'un trait , c'est rare
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DelD
  26 janvier 2021
Nous sommes en 1775 au début du livre et le retour en question est celui, imminent, de James Cook, de son deuxième voyage dans le Pacifique qui, comme le premier, a duré 3 ans.
Sa femme Elizabeth, dont on adopte le point de vue, espère que ce retour sera définitif, que son mari va accepter une sinécure et enfin demeurer à Londres auprès d'elle et de leurs trois enfants survivants.
C'est seule qu'elle a affronté la mort de trois enfants et elle est lasse de toujours attendre, dans un climat d'entredeux.
Mais son mari pourra-t-il résister à la proposition qui lui est faite de repartir pour un nouveau voyage au long-cours, destiné notamment à découvrir le passage du Nord-Ouest qui permettrait de relier le Pacifique à l'Atlantique ?
Le suspense n'est bien sûr que psychologique, il suffit de lire la biographie de Cook pour connaître la réponse.
Cet ouvrage très introspectif m'a plutôt émue et je l'ai lu d'une traite.
Je suis cependant un peu gênée quand on prête des sentiments, des attirances et des réflexions à des personnes ayant existé dont on ignore la psychologie et la vie intime (on ne connaît pas grand-chose d'Elizabeth Cook dont on n'a conservé aucun document personnel).
Même si ces gens sont morts il y a 200 ans, qu'en auraient-il pensé ?
Pour cette raison, j'aurais préféré une pure fiction.

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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
charlottedesudermaniecharlottedesudermanie   13 mars 2014
"Je veux tendre un filet de voies navigables sur toute la terre pour qu'il n'existe plus de régions inconnues. Je dois naviguer parce que le monde est là-bas."
Il fit un geste vague en direction du fleuve. Le crépuscule tombait et le gel semblait s'intensifier. Une branche se cassa; du ciel d'un gris de plomb, de petits cristaux de neige scintillants commencèrent à tomber.
"Voilà Elizabeth. Je ne peux pas l'expliquer mieux que ça. Cela n'a rien à voir avec toi. Tu es formidable, la meilleure femme que j'aurais pu choisir. Ce n'est pas que je veuille m'éloigner de toi, je préférerais rester toujours auprès de toi, m'asseoir avec toi à table, marcher à côté de toi. Mais la mer est là. Je ne peux pas m'en empêcher. Pas à cause des honneurs, pas parce que le roi le demande, mais parce que c'est ma destinée."
Les flocons de neige devinrent plus lourds et plus gros. Ils tombaient en voltigeant sur leur tête, leurs épaules et leurs cuisses. La nuit était tombée.
"Il faut que tu comprennes. Je n'agis pas contre toi. Tu n'y es pour rien. Il y a quelque chose en moi que je ne peux désavouer. Je le sens dès que je traverse le passerelle. Quand je suis sur le pont et que je porte mon regard au loin sur la mer, quand je sens le bateau bouger sous moi et que j'entends les haubans cliqueter contre le mât, je me transforme. A ce moment-là, je deviens moi-même."
Dans le halo d'un lointain réverbère les flocons dansaient sans bruit en tout sens. Le bonnet d'Elizabeth s'alourdit sous la neige. Un amas glacial glissa le long de son écharpe dans son cou. Elle ne bougea pas.
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MalivriothequeMalivriotheque   16 février 2021
Il ne faut pas te faire du mauvais sang comme ça. Les choses sont comme elles sont, ma fille. On s'épuise à essayer de les changer. Et on est déçu, parce que tout se passe comme cela se passe et tu ne peux rien y faire. Rien.
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calisson73calisson73   07 décembre 2014
Ils laissèrent la lampe allumée. Il fallait se voir, s'imprégner de la forme des épaules et des flancs, observer la couleur de la peau, des cheveux. Les yeux. Mon corps se souviendra de lui, se dit-elle, même quand je l'aurai moi-même oublié, mes muscles et mes os se rappelleront comment il était. Sa chaleur, son poids,sa main abîmée sur ma peau.
Elle était consciente de ce qui se passait, elle était entièrement présente, tout en faisant l'inventaire de son futur manque.
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YokayYokay   01 mars 2020
Elle n’avait jamais vraiment pu partager l’amour de James pour la mer ; quand elle essayait d’y penser, elle redoutait la somptuosité et la masse d’une étendue inconcevable de cette eau, à l’échelle du monde. Pas de balises, pas de routes, pas de délimitations. Pour James, chaque partie du monde était dans l’eau et, pour elle, toute eau était liée à la terre.
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calisson73calisson73   01 décembre 2014
Tu ne peux rien y changer , dit sa mère. Ils restent des hommes, pas vrai ? Ils veulent partir.
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Videos de Anna Enquist (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anna Enquist
Depuis longtemps déjà, les romans d?Anna Enquist, publiés chez Actes Sud, ont conquis de très nombreux lecteurs français. Cette oeuvre, d?une profonde cohérence, excelle dans la peinture des mille et une nuances de l?âme humaine, de ses contradictions, grandeurs et faiblesses. Ses livres célèbrent la musique, disent le deuil irréparable, reflètent l?évolution de nos sociétés vers toujours plus d?individualisme? Et sa prose, d?une élégance toute classique, révèle la grande poétesse et pianiste qu?est également l?auteure de Contrepoint et Quatuor. Animé par Florence Noiville, le Monde des Livres.
Samedi 26 mai, Salle Molière - 33e Comédie du Livre
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