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Régine Mfoumou-Arthur (Éditeur scientifique)
EAN : 9782715228580
384 pages
Éditeur : Le Mercure de France (19/06/2008)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 10 notes)
Résumé :

La Véridique histoire d'Equiano est un passionnant récit d'esclave, publié à Londres en langue anglaise en 1789. De la naissance d'Olaudah Equiano en Afrique, dans l'actuel Nigeria, à sa vie de jeune garçon, nous le voyons vivre libre. Mais à onze ans, il est enlevé par des chasseurs d'esclaves. Un navire de traite l'embarque vers la Barbade où, après un voyage épuisant, il est vendu à une planta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
david19721976
  25 mai 2020
L'une des questions les plus intéressante de l'historiographie africaine contemporaine est celle de la collaboration des africains à ce trafic. Certes il y a toujours eu quelques raids ou razzias conduits par les blancs. Mais, contrairement à ce que l'imagerie populaire a longtemps voulu faire croire, les peuples de la côte disposent de modes d'organisation politique stables et élaborés: ils ne sont pas prêts à tolérer une ingérence étrangère sur leurs territoires. Aussi pour s'approvisionner en esclaves, les européens doivent-ils passer rapidement des accords avec des indigènes. Ceux-ci commencèrent par se débarrasser à bon compte des criminels et des mauvais sujets. Comme la demande se fait plus forte, il faut recourir à la violence. Les chefs africains comprennent vite qu'ils ne peuvent sans risque puiser dans leur propre vivier: l'économie en serait déstabilisée et surtout, leur peuple risquerait de se révolter. Aussi prennent-ils bientôt l'habitude de lancer des raids dans les contrées voisines, atteignant ainsi un triple but: rallier leurs propres sujets par l'appât d'une activité lucrative, affaiblir les peuples voisins, souvent ennemis, et répondre aux besoins des européens. En échanges des esclaves, les acheteurs donnent des produits recherchés, tels que les tissus européens, de armes à feu utiles pour les razzias, mais aussi des miroirs, des bijoux de pacotille et des produits manufacturés, très en vogue en Afrique et dont la possession répond davantage au besoin de paraître qu'à une réelle nécessité. On voit certains marchands accumuler chez-eux de ces richesses, qu'ils exhibent volontiers à l'état neuf. Pour les négriers européens, il s'agit là du poste de dépense le plus important, qui représente jusqu'aux deux tiers de l'investissement total, d'où la rentabilité parfois aléatoire de la traite. D'ailleurs des recherches assez récentes ont montré que les négriers pouvaient obtenir, en moyenne, 10 pour 100 de bénéfice par rapport au capital investi, un rapport comparable à celui d'autres activités économiques. À mesure que les côtes se dépeuplent...et elles se dépeuplent vite, les pilleurs entrent plus profondément à l'intérieur du continent, atteignant la boucle centrale du Niger, l'Afrique centrale et le haut Zaïre. Les guerres cèdent le pas à des razzias pures et simples. Les rabatteurs, chargés de ramener des esclaves sur la côte, organisent de grandes expéditions, au cours desquelles ils enlèvent les voyageurs, attaquent les villages, rafflent les habitants, tuent les vieillards et nourrissons invendables, brûlent maisons et les champs pour ôter à leurs captifs tout espoir de retour. On enlève sensiblement plus d'hommes que de femmes, parce que les marchés d'outre- Atlantique exigent une main-d'oeuvre masculine. En revanche les femmes sont plus demandées par les clients d'Afrique du Nord.
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lecturesdamerique
  11 février 2016
« I believe there are a few events in my life which have not happened to many. »
Cette autobiographie est un témoignage précieux qui vous touchera et qui vous captivera.
Avant de devenir une figure de la lutte pour l'abolition de l'esclavage et de la traite des noirs, Olaudiah Equiano (c. 1745-1797) naquit en Afrique, fut enlevé par des voleurs d'esclaves, vendu et revendu, déporté vers le nouveau monde et détenu par différents maîtres. Malgré son statut, il eut la chance d'apprendre à lire et à écrire, d'être initié à la navigation et put même commercer en partie à son compte grâce à son dernier maître, ce qui lui permit d'acheter sa liberté en 1766. Il s'installa finalement à Londres, en tant qu'homme libre.
D'un point de vue européen, Equiano se considère comme un homme ayant surmonté de grandes souffrances : Mais quand il se compare aux autres africains devenus esclaves, il se voit alors comme un être particulièrement béni des cieux.
Un plaidoyer pour l'abolition de l'esclavage
C'est à la demande de ses amis abolitionnistes qu'Equiano a écrit ses mémoires. Lui-même appartenait au groupe Sons of Africa, constitué d'africains de renom résidant en Grande Bretagne. Son livre aurait joué un grand rôle dans l'adoption du Slave Trade Act de 1807, qui marqua l'arrêt du commerce triangulaire pour l'empire britannique.
ce récit paru en 1789 est passionnant car il existe peu de témoignages directs sur ce commerce et notamment sur l'enfer des traversées vers l'Amérique.
Une enfance africaine
Dans le premier chapitre, Equiano décrit les us et coutumes de son peuple. L'auteur affirme être né dans la province Igbo, soit au sud du Nigeria actuel. Son père était un chef distingué et l'auteur décrit son enfance comme heureuse. Quand lui et sa soeur furent kidnappés puis vendus comme esclaves, Olaudah n'avait que 11 ans.
Un temps esclave de familles africaines, Equiano est ensuite embarqué pour la terrible traversée de l'Atlantique en direction des Caraïbes. La vision de ce bateau négrier lui fait d'abord perdre tout espoir de rentrer un jour chez lui. Comprenant à peine vers quel destin il vogue, il découvre l'horreur des corps entassés en fond de cale, les entraves, la puanteur, la maladie, le fouet et les morts balancés par-dessus bord.
S'il subsiste une controverse sur l'authenticité du récit des jeunes années d'Olaudah en Afrique, renseignements qu'il aurait pu glaner dans un ouvrage d'Antoine Benezet Some Historical Account of Guinea, Its Situation, Produce, and the General, paru en 1788, tous les autres faits relatés dans le livre ont été vérifiés par des historiens et sont très documentés. Pour ma part, j'ai trouvé cette entrée sur sa vie africaine très intéressante et convaincante. Cette ouverture culturelle a toute sa place dans un récit dont le but était d'ouvrir les yeux sur des souffrances infligées par des hommes à d'autres hommes, auxquels on refusait toute humanité.
En quoi cette autobiographie est-elle fascinante ?
La vie d'Equiano est une succession de changement de maîtres, de rencontres et d'aventures : la plantation de Virginie où il est témoin des mauvais traitements infligés aux esclaves, les années auprès de Pasquale, lieutenant de la Royal Navy, la découverte de l'Angleterre, la guerre de sept ans contre la France sur le navire de ce dernier, son retour en Angleterre, son baptême, l'apprentissage de la lecture, la déception d'être à nouveau vendu au capitaine Doran puis revendu à Robert King, négociant dans les Caraïbes. Puis la liberté.
Le ton est intimiste et très humble et l'auteur fait souvent allusion à Dieu dans son récit. Il ne dévie pas de son objectif, plaider la cause des africains victimes de la traite des esclaves.
En bref, un livre important pour mieux comprendre l'histoire des États-Unis et celle des afro-américains.
Olaudah le bien-nommé
L'auteur n'utilisait pas son nom africain d'Olaudah « celui qui parle bien et fort », duquel il signe pourtant ce livre. Sur le bateau négrier, il était Michael. Jacob chez son premier maître, un américain de Virginie. Son deuxième maître, lieutenant de la Royal Navy, lui imposa celui de Gustavus Vassa, du nom d'un roi de Suède du XVIème siècle. Il conserva ce nom par la suite, même quand il fut libre.
Son nom de naissance l'avait-il malgré tout prédestiné à ce destin politique ?
Lien : http://lectures-d-amerique.c..
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MissFantomette
  08 janvier 2021
C'est un esclavage bien particulier qui nous est relaté dans ces Mémoires, car une grande partie de la vie d'esclave d'Equiano, capturé à dix ans en 1755 dans l'actuel Nigéria, fut celle d'esclave-marin.
Nous suivrons donc le jeune homme à travers les mers.
L'auteur ne s'attarde pas longtemps sur les duretés de cette existence, dont il dira : « elles sont bien trop choquantes pour donner de la joie soit à l'écrivain soit au lecteur ».
Balotté au gré des flots et des caractères de ses maitres, -« bienveillants » ou « cruels »-, Equinao passera par des « hauts » et des « bas extrêmes »...
Economisant pièce après pièce pour racheter sa liberté, il se fera voler ses économies, recommencera... Jusqu'à l'allégresse du jour de son affanchissement, dont figure le texte intégral de l'Acte officiel daté de 1766.
La dernière partie du livre relate son insertion dans la société britannique et sa lutte contre l'esclavage.
C'est surtout à travers ses sentiments d'enfant captif que l'auteur dépeint l'esclavage : peur, incompréhension, espoirs, étonnements, joies parfois, attachements, et désespoir devant les séparations.
Si bien que la lecture est à la fois touchante et instructive.
Publié à Londres en 1789, cet ouvrage fut l'un des premiers récits d'esclave, genre qui trouvera son apogée au 19 ème siècle en Amérique.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
wiggybiswiggybis   05 mars 2017
J'avais souvent vu mon maître et Dick lisant, et j'étais fort curieux à l'idée de parler aux livres comme je croyais qu'ils le faisaient, afin de savoir comment toutes choses avaient commencé ; pour ce faire, je prenais souvent un livre et lui parlais, et le plaçais à mes oreilles, lorsque j'étais seul, dans l'espoir de l'entendre me répondre ; et je fus très déçu quand je remarquai qu'il restait silencieux.
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KingsbereKingsbere   07 septembre 2013
[...] and compel them to acknowledge, that understanding is not confined to feature or colour.
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