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EAN : 9782815900751
304 pages
Éditeur : L'Aube (15/06/2010)
4.03/5   36 notes
Résumé :
Résumé:
Il était jeune, un peu frêle, un peu boiteux, il aimait sa cousine Catherine, ils devaient se marier... Mais Napoléon avait décidé de conquérir le monde. Et c'est par les yeux de Joseph Bertha, le jeune conscrit de 1813, que nous découvrons la face cachée, humaine et souffrante, de l'épopée napoléonienne.

Source : Pocket
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
dourvach
  14 août 2019
Diable de roman de messieurs Émile ERCKMANN (1822 [à Phalsbourg]-1899) et Alexandre CHATRIAN (1826-1890)...
Quel charmes puissants il dégage...
L'année de parution est la même que celle de leur célèbre "Ami Fritz" : 1864.
Le cinquantenaire de la fin de l'Empire et l'occasion de régler des comptes... L'Alsace n'a jamais oublié les 150.000 conscrits de 1813 : "Sur cent, on n'en voyait pas revenir un seul..."
Les bossus, les borgnes, les bigleux, les simulateurs, les boîteux... tel ce pauvre hère de Joseph Berta, amoureux de "sa" Catherine du hameau des Quatre-Vents, et logeant depuis dix ans chez son employeur, ce bon horloger de Melchior Goulden, au bonnet de coton toujours rabattu au-dessus de son sourcil broussailleux : personne ne sera "oublié" par L'Ogre...
Le brave Joseph vit et travaille (comme apprenti) à Phalsbourg et monte un jour au clocher pour remettre l'horloge à l'oeuvre : de là il découvre en plein hiver toute l'étendue merveilleuse de son pays mais aussi l'afflux des paysans et citadins venus des quatre coins du pays lire ces foutues affiches qui signent leur arrêt de mort.
On se souvient alors du merveilleux récit "Paris. Notes d'un Vaudois" (1938) de C.F. RAMUZ lorsque le narrateur décrit ses sensations vertigineuses au dernier étage de la Tour Eiffel (qui vaut celles de l'artiste acrobate Philippe PETIT [Cf. son "Traité du funambulisme"], aux prouesses excellemment mises-en-scène dans le film "The Walk" de Robert Zemeckis) ; mais aussi du souvenir purement sensoriel d'Antoine de SAINT-EXUPERY nous décrivant sa perception la plus intime d'une chambre de ferme inconnue, perdue en plein hiver, lui dans ses songes face à la mélancolie d'un feu de cheminée, dans son "Pilote de Guerre" (1942) ; puis l'odyssée triste et erratique des "Manuscrits de guerre" (2011 - posthume) ou le refuge fictionnel d' "Un balcon en Forêt" (1958) de l'ami Julien GRACQ...
"L'Avant-Guerre", justement, puis vient le temps du combat.
Sacré mégalomane de Napoléon : sais-tu au moins le prix auxquels tes satanés rêves de gloire et de "grandeur" se paieront ?
Une oeuvre exceptionnellement belle par son humilité de langage, sa sobriété descriptive et son discret humour, qui n'ont pas pris une seule ride, Dieu merci !
Grandeurs soudaines et Lumières aveuglantes du duo universaliste-"alsacien" ERCKMANN-CHATRIAN, si loin d'une supposée (sous-)"littérature" de Terroir"...
P.S. : tiens, ré-écoutons (en prenant tout notre temps) les chansons enjouées de ce bon Roger SIFFER : "Ich hab di garn", "Mad'moiselle Anne-Marie", "In Strossburi gett's ké jumpfra méh" ...
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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BVIALLET
  27 mars 2012
En 1813, à Phalsbourg (Alsace), le jeune Joseph Bertha est le compagnon horloger du brave Monsieur Goulden. Il est amoureux de la belle et tendre Catherine qu'il pense pouvoir l'épouser bientôt. Mais, Napoléon ayant subi de terribles revers en Russie, relance la conscription, cet injuste tirage au sort servant de critère à un engagement de sept ans. Malgré qu'il soit handicapé (boiteux, il marche très mal car il a une jambe plus courte que l'autre), il n'est pas réformé. Il tire même un mauvais numéro et se retrouve pris dans des marches forcées à travers l'Allemagne puis engagé dans des batailles particulièrement sanglantes. Il sera blessé à l'épaule à la bataille de Lutzen, soigné quelque temps et renvoyé au combat dans une ambiance apocalyptique...
Ce récit émouvant et magnifiquement écrit nous fait découvrir de l'intérieur la réalité de la vie de soldat dans des armées napoléoniennes en pleine débâcle. Et elle fut loin d'être aussi glorieuse que certains autres romans historiques pourraient le laisser imaginer. Tout n'est qu'un long et inutile calvaire. Il faut marcher par tous les temps sur des distances importantes, supporter le froid, la faim, la maladie (le typhus fait des ravages) et dormir n'importe où dévoré par la vermine. Les descriptions de batailles sont également fort terribles. Les techniques d'extermination systématiques n'ont pas débuté avec la guerre de 14. L'expression « les horreurs de la guerre » convient parfaitement à cette histoire que l'on dirait écrite par un survivant alors que le duo n'était pas né à l'époque et n'a publié ce texte, qui eut un grand succès, qu'en 1864. Surtout connus pour le charmant « Ami Fritz », les deux écrivains alsaciens, romanciers de terroir avant l'heure, sont un peu tombés dans l'oubli aujourd'hui et c'est bien dommage parce qu'un livre comme celui-ci vaut largement le détour.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Vestia
  16 avril 2021
"Histoire d'un conscrit de 1813" et "Waterloo" (la suite)
Joseph Bertha est un jeune horloger en apprentissage chez M. Goulden à Phalsbourg (Lorraine). Celui-ci l'aime comme son fils. Joseph souhaite épouser Catherine mais la conscription va l'en empêcher…
Il doit partir. Il participe à la bataille de Leipzig et rentre très mal en point. Bien entouré et guéri, il se marie enfin et goûte au bonheur retrouvé. Mais Napoléon Bonaparte revient (les cent jours) et Joseph doit repartir se battre! Bataille désastreuse de Waterloo. Il en réchappe et revient au pays.
Le lecteur suit pas à pas ce héros malgré lui.
C'est passionnant de vivre l'Histoire (avec sa terrible grande hache) du point de vue de l'homme du peuple (et non du point de vue des grands hommes). Emile Erckmann et Alexandre Chatrian excellent à ce jeu-là avec leur style simple, chaleureux, humain.
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CharlesEdouard
  27 juillet 2018
Napoléon que beaucoup vénèrent encore comme un grand homme.. Que les écoles enseigne de lui ses campagnes, ses défaites, mais est-il question aussi de l'atrocité de tout ceci, du martyre, voient-ils cela au programme ?
Savent-il que par exemple lors de la campagne de Russie plus de 300 000 hommes ont péris ? Que même après cela il força encore plus d'homme à rejoindre les troupes.
Tout cela "pour sa gloire ainsi que celle de ses frères" comme le dit un homme dans le récit.
C'est donc l'histoire d'un homme parmi tant d'autre que ce livre conte,
un apprenti horloger qui ne demandait qu'à vivre sa vie avec son élu Catherine. Mais que le destin lui fit prendre un autre chemin.
La guerre est une chose terrible, toutes ces gens qui vont à l'abattoir dans un souci de "servir la nation."
Le jeune homme pense même à déserter, mais il aurait été "mal vu", pris comme un déserteur, etc.
J'ai lu ce livre avec beaucoup d'attention, j'ai été pris dans l'histoire.
Comme il est écrit dans la préface d'Yves Berger :
"avec La Conquête du courage", de l'Américain Stephen Crane, l'"Histoire d'un conscrit de 1813" est l'un des grands livres que la guerre ait inspirés.
Je vous le recommande sans soucis.
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Chasto
  01 mai 2019
Tirage au sort d'une vie pour un autre avenir de plus d'aventures et d'imprévus.
Dix neuvième débutant, classes sociales verrouillées dans leurs carcans féodaux ou se débat encore une jeunesse de questions et de révoltes.
L'un empereur, l'autre société muette et tremblante face à des privilèges encore subsistant d'un autre temps.
Un appel, une liste et un autre départ vers un nouvelle ailleurs avec ses chimères et ses dragons qui se feront expériences pour l'avenir.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   12 août 2019
" Alors je regardai dans la nuit grisâtre, et je vis, à cinquante pas devant moi, le colporteur Pinacle, avec sa grande hotte, son bonnet de loutre, ses gants de laine et son bâton à pointe de fer. La lanterne pendue à la bretelle de la hotte éclairait sa figure avinée, son menton hérissé de poils jaunes, et son gros nez en forme d'éteignoir ; il écarquillait ses petits yeux comme un loup, en répétant : "Qui vive !" [...] "

[ERCKMANN-CHATRIAN, "Histoire d'un conscrit de 1813", 1864, chapitre III – page 26 de la collection "la Petite Vermillon", Editions de la Table Ronde]
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dourvachdourvach   28 septembre 2019
" Mais ce qui me frappa le plus, au milieu de tous ces capitaines qui faisaient trembler l'Europe depuis vingt ans, c'est Napoléon avec son vieux chapeau et sa redingote grise ; je le vois encore passer devant mes yeux, son large menton serré et le cou dans les épaules. Tout le monde criait : "Vive l'Empereur ! " – Mais il n'entendait rien... il ne faisait pas plus attention à nous qu'à la petite pluie fine qui tremblotait dans l'air... "

[ERCKMANN-CHATRIAN, "Histoire d'un conscrit de 1813", 1864, chapitre XVIII – pages 178-179 de la collection "la Petite Vermillon", Editions de la Table Ronde]
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HulotHulot   29 mars 2021
Tout leur grand génie et toutes leurs grandes idées de gloire ne sont rien, car il n'y a qu'une chose pour laquelle un peuple doit marcher, c'est quand on attaque notre Liberté, comme en 1792 ; alors on meurt ensemble ou l'on gagne ensemble.

la victoire n'est pas pour quelques uns , elle est pour tous. Voilà, la seule guerre juste, toutes les autres sont honteuses.
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HulotHulot   27 mars 2021
Ceux que tu n'as pas vus revenir sont morts, comme des centaines et des centaines de mille autres mourront car l'Empereur n'aime que la guerre.
Il a déjà versé plus de sang pour donner des couronnes à ses frères, que notre grande Révolution pour gagner les Droits de l'Homme.
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DiomedeineDiomedeine   21 février 2019
« Enfin, me dit Zébédé, nous avons tout contre nous : le pays, les pluies continuelles et nos propres généraux, las de tout cela. Les uns sont ducs, princes, et s’ennuient d’être toujours dans la boue, au lieu de s’asseoir dans de bons fauteuils ; et les autres, comme Vandamme, veulent se dépêcher de devenir maréchal, en faisant un grand coup. Nous autres, pauvres diables, qui n’avons rien à gagner que d’être estropiés pour le restant de nos jours, et qui sommes les fils des paysans et des ouvriers qui se sont battus pour abolir la noblesse, il faut que nous périssions pour en faire une nouvelle ! »


Je vis alors que les plus pauvres, les plus malheureux ne sont pas toujours les plus bêtes, et qu’à force de souffrir on finit par voir la triste vérité.
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