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EAN : 9782070392827
106 pages
Éditeur : Gallimard (03/03/1995)
3.43/5   135 notes
Résumé :
De 1985 à 1992, j'ai transcrit des scènes, des paroles, saisies dans le R. E. R. , les hypermarchés, le centre commercial de la Ville Nouvelle, où je vis. Il me semble que je voulais ainsi retenir quelque chose de l'époque et des gens qu'on croise juste une fois, dont l'existence nous traverse en déclenchant du trouble, de la colère ou de la douleur.
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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sur 135 notes
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Marti94
  11 juin 2021
Ce livre est un recueil de chroniques écrites au fil de l'eau par Annie Ernaux entre 1985 et 1992. le "Journal du dehors" porte bien son nom, il contient peu de propos philosophiques mais des scènes de la vie quotidienne prises sur le vif.
Les seuls commentaires sont les réflexions d'Annie Ernaux qui s'interroge sur le sens de ces prises de notes, la réalité comme source de création littérature ou miroir de ce que l'on est.
Elle habite la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, prend les transports en commun, va chez le coiffeur, fait les courses et regarde les gens qu'elle croise. Ce quotidien est le grand mérite de cet ethnotexte.
J'ai connu ces années centrées ici sur 1986 (qui occupe un tiers du recueil) et je trouve que ces notes sonnent juste : les gens n'ont pas de smartphone, il y a déjà pas mal de personnes qui font la manche, dans les transports notamment (dure réalité !) etc.
J'ai noté un changement important, caractéristique de l'époque : la disparition des ramasseurs de caddies dans les grandes surfaces qui ont été remplacés par des chariots à pièces.
Ce journal a un intérêt sociologique et ethnologique. Et comme dit Annie Ernaux, regarder des personnes anonymes peut parfois nous apprendre des choses sur nous-même.

Challenge Riquiqui 2021
Challenge XXème siècle 2021
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Herve-Lionel
  28 octobre 2016
La Feuille Volante n° 1080
JOURNAL DU DEHORS et LA VIE EXTÉRIEURE - Annie Ernaux – Gallimard.
De 1985 à 1992, puis de 1993 à 1999, Annie Ernaux a choisi de livrer à son lecteur tout ce qu'elle a vu dans son quotidien à Cercy où elle habite. Ce sont des instantanés , des scènes, des paroles, saisies dans le RER, dans les gares, dans les supermarchés, dans la ville. Bref de courts textes qui peignent une ambiance, des impressions fugaces que le quotidien citadin nous assène sans même que nous nous en rendions compte. Je ne suis pas vraiment familier des romans de cette auteure mais il me semble qu'elle a fait de sa vie personnelle et même intime la nourriture de sa création littéraire. Ici, c'est certes sa vie avec parfois ses vieux démons obsessionnels qui ressortent qu'elle évoque mais surtout ce qu'elle voit, l'extérieur qui contraste quelque peu avec les récits qu'elle nous donne à lire ordinairement. Elle laisse traîner un oeil attentif, parfois voyeur, parfois inquisiteur, avec alternativement indifférence, compassion, méchanceté ou détachement, comme un témoin muet et parfois lointain qui ne voudrait pas prendre parti mais qui se contente de percevoir ce qui se passe autour d'elle et d'en rendre compte avec des mots. C'est soit le quotidien banal des petites gens, des quidams, les relations avec leur famille ou ce qu'il reste de ceux qu'on appelle, souvent à tort, les grands de ce monde, parce que, leur pouvoir évanoui, il ne reste plus rien que des souvenirs qui contrastent avec tout ce qu'ils disaient vouloir faire ; ils se sont constamment cachés derrière des apparences et elle dénonce leur mépris et leur imposture.Elle évoque le monde du travail, ces petits boulots qui permettent de survivre et surtout ceux qui tendent la main parce que la richesse ou la sacro-sainte croissance les ont oubliés ou encore ceux qui aussi ont choisi de leur faire un pied de nez, ceux qui n'ont pas la bonne couleur de peau ou la bonne manière de s'habiller et qui ne répondent pas aux codes de la société. Elle concentre son regard sur leurs yeux, parfois vides, parfois artificiellement enjoués parce l'humour est aussi une arme et qu'on peut rire de tout, même de la misère. Elle lit les graffiti qui fleurissent sur les murs ou sur les trottoirs qui sont le témoin de la peur ou du désir, ils sont autant d'aphorismes philosophiques qui invitent à la réflexion sur une vérité qui dérange, l'égoïsme ordinaire, le mépris ou à la passivité des passants pressés. Ce sont des visions fuyantes d'un monde ordinaire, bien banal où il ne passe rien que de très dérisoire, avec ses erreurs, ses fantasmes, ses apparences trompeuses, des scènes d'un théâtre où la comédie le dispute à la tragédie surtout quand le métro est ensanglanté par des attentats. C'est vrai que, contrairement à tout ce qu'on va racontant, le destin est injuste, la vie n'est pas belle quand elle s'habille de sang et de crasse, que cela se passe à Paris ou à Sarajevo, elle est bien plus souvent déprimante, dure et sans merci . Parfois l'auteure conclut par un apophtegme bien senti, genre philosophe désabusée, cherchant un sens partout et n'en trouvant pas toujours. Elle note, écoute, laisse aller son regard vers l'extérieur, dit que l'émotion que lui prêtent les gens du quotidien. J'ai lu ces deux ouvrages avec une impression de solitude et de peur qui caractérisent nos sociétés occidentales et ce malgré le « vivre ensemble » dont on nous rebat les oreilles, malgré toutes ces manifestions publiques de solidarité...
Le «  Journal du dehors » (publié en 1993) rend compte des impressions de l'auteure de 1985 à 1992 et « La vie extérieure » (publié en 2000) reprend le même thème, mais pour les années 1993 à 1999, gommant, selon elle, certaines omissions, avec cette remarque qu'elle a l'impression que ce n'est pas elle qui les a écrits alors que, plus que tous les journaux intimes, ces scènes lui ressemblent et paraissent dessiner sa propre histoire. Ce dernier recueil est présenté sous forme d'éphéméride et insiste davantage sur la vie qui change les choses et les gens, le temps qui passe, le tout au quotidien où elle vit à Cergy, en banlieue. le style, toujours fluide et agréable procure un bon moment de lecture.
Ces textes, courts et en prose sont comme des clichés photographiques pris au hasard de la vie. Ils me rappellent les poèmes de Georges-Léon Godeau qui savait si bien rendre ce qu'il voyait en y mettait un zeste ce sensibilité personnelle. En lisant les textes d'Annie Ernaux, il me vient aussi à l'esprit une citation de Victor Ségalen « Voir le monde et, l'ayant vu, dire sa vision ».
© Hervé GAUTIER – Octobre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com
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madameduberry
  25 novembre 2013
Annie Ernaux s'astreint à transcrire des moments, des fragments de dialogues, des gestes, des situations qu'elle frôle ou traverse au cours de ses déplacements urbains: transports en commun- si mal nommés, où tout transport est absent et où la communauté se réduit à la promiscuité-, les hypermarchés, les files d'attente.... Elle restitue des instantanés de la vie contemporaine dans ces néo- villes. Elle nous livre aussi comment ces brefs moments s'inscrivent brièvement en elle et la travaillent. Colère, émotion, surprise, rien n'est analysé, mais tout est consigné, si bien que le lecteur participe aussi, au bout de la chaîne qui relie l'extérieur à notre être le plus intime. Souvent dérangeantes, ces saynettes décrivent aussi le caractère protéiforme de la solitude.
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Nebulas
  18 janvier 2016
D'abord, après avoir lu le premier cinq, six pages, on se demande pourquoi continuer la lecture ? le livre se compose de petits morceaux de textes. Ce sont des petites scènes, des descriptions de petits événements isolés, « un homme assidu dans le métro », « un enfant qui joue »... L'auteur explique que les textes reflètent les gestes, les attitudes et les paroles de gens qu'elle rencontre pendant ses occupations quotidiennes. Elle ne parle pas avec les gens, elle « les regarde et les écoute seulement ». Elle décrit les émotions qu'ils se laissent, elle cherche « quelque chose sur elle à travers eux ».
Tous les textes sont courts, ils comprennent seulement quelques phrases, peut-être un alinéa ou une page. Les textes ne sont pas liés ; en effet, ils n'ont rien en commun.
Cependant, après avoir lu quelques pages de plus, on commence à s'amuser grâce aux observations et commentaires de l'auteur. Ces observations sont amusantes et, de temps en temps, elles sont très sèches et même aigres. Donc, le livre offre quand même une bonne lecture.
Lien : http://nebulas-nl.blogspot.n..
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julienraynaud
  12 mars 2017
Malgré une fin un peu décevante, c'est vraiment réussi (mention spéciale aux séquences chez le boucher, qui valent un cours de sociologie). On a envie soi-même d'écrire un tel journal, mais on sait qu'on ne le fera pas aussi bien.
J'ai été surpris que l'auteur juge ce qu'elle décrit, car sans doute à cause de la préface, je pensais que ce serait plus objectif. Mais à la réflexion, c'est mieux ainsi.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
Marti94Marti94   11 juin 2021
1988
Allez, rentre à la maison ! L'homme dit cela au chien, tête basse, rasant le sol, coupable. La phrase millénaire pour les enfants, les femmes et les chiens.
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Marti94Marti94   11 juin 2021
1987
Aucune description, aucun récit non plus. Juste des instants, des rencontres. De l'ethnotexte.
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Marti94Marti94   11 juin 2021
1986
Le ramasseur de caddies des Linandes n'est plus là. Maintenant il y a des chariots à pièces.
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marina53marina53   15 juillet 2014
Quand je suis au dehors, ma personne est néantisée. Je n’existe pas. Je suis traversée par les gens et leur existence, j’ai vraiment cette impression d’être moi-même un lieu de passage. Et ce Journal est une tentative de dire l’extériorité pour exprimer l’intériorité. C’est un journal intime extérieur. Je crois très fortement que c’est dans les autres que l’on découvre des vérités sur soi.
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FRANGAFRANGA   06 juin 2012
Le Président de la République a parlé à la télévision dimanche. Plusieurs fois il a dit "beaucoup de petites gens" (pensent ceci, souffrent de cela, etc), comme si ces gens qu'il qualifie ainsi ne l'écoutaient ni le regardaient, puisqu'il est inouï de laisser entendre à une catégorie de citoyens qu'ils sont des inférieurs, encore plus inouï qu'ils acceptent d'être traités ainsi. Cela signifiait aussi qu'il appartenait, lui, "aux grandes gens".
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Videos de Annie Ernaux (46) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annie Ernaux
C'est au Studio Ferber à Paris que notre journaliste a rencontré Clara Luciani. Un lieu mythique qui a vu passer des légendes de la musique telles que Juliette Gréco, Serge Gainsbourg ou encore Alain Bashung. Une atmosphère unique dans laquelle Clara a fait éclore son dernier album, Coeur, sorti le 11 juin dernier. Quel bonheur ! Tout au long du podcast, elle revient sur la fabrication de ce disque, mais aussi sur sa perception d'elle-même, ses envies, ses doutes… en deux mots, tout ce qui a contribué à faire d'elle une artiste à l'univers incomparable. Au détour d'une anecdote, Clara ose se confier. Il est alors question de son enfance solitaire, de son passage accéléré à l'adolescence, de son manque cruel de la scène et de ses inspirations. Françoise Hardy, Jacques Demy, Nico du Velvet Underground ou Annie Ernaux sont ainsi convoqués pour ce moment de partage intimiste, touchant et rieur ! Coeur, son deuxième opus, est un petit chef-d'oeuvre réalisé dans le contexte particulier de la crise sanitaire. Elle aborde d'ailleurs ce thème dans Au revoir, un titre poignant qui imagine la fin des concerts et l'arrêt de sa carrière… En toute sincérité, elle nous raconte aussi la petite larme versée lors de l'enregistrement de cette chanson, sa préférée dans cet album. “Plus que du temps, ce dont on a besoin pour créer, c'est de la liberté”. Une phrase qui pourrait résumer à elle seule cette infusion. Branchez votre casque, mettez vos écouteurs, allumez votre enceinte, augmentez le son et profitez ! Infusion Fnac est un podcast entièrement dédié à la création artistique. Entrez au coeur du processus de création, glissez dans l'esprit des artistes pour comprendre leurs idées, leurs inspirations, leurs façons de travailler. Infusion Fnac vous fait découvrir un·e artiste par épisode, que ce soit en littérature, en cinéma, en musique, en photo… Toutes vos passions dans une infusion. Découvrez tous les podcasts Infusion Fnac sur la plateforme dédiée de la Claque Fnac : https://www.laclaquefnac.com#bl=YTFnac Cet épisode est également disponible sur votre plateforme d'écoute préférée : Spotify : https://open.spotify.com/episode/0L5dey1lMSzFFkOZmqpyh9?si=GYMdfuHTQCqQt2n-j-NSaw&dl_branch=1 Deezer : https://deezer.page.link/483FMgZQiU1xM4br9 Apple Podcast : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/infusion/id1537962472?l=en&i=1000524971033 Découvrez également d'autres épisodes de notre podcast Infusion, avec : Mathieu Sapin https://www.youtube.com/watch?v=q-S1n71tcUw Florence Aubenas https://www.youtube.com/watch?v=U_14GQ0zdN4&t=203s Alejandro Jodorowsky https://www.youtube.com/watch?v=6E9VEDMVUWA
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