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EAN : 9782070301690
75 pages
Gallimard (15/09/2003)
3.52/5   234 notes
Résumé :
C'est une femme qui raconte, en même temps qu'elle se raconte. Tragédie banale s'il en est, son amant, W., l'a quittée. Enfin presque quittée. Ils continuent de se voir, tandis que W. réserve désormais sa passion et son sexe à une inconnue, professeur d'histoire à l'université de Paris III. Pourquoi écrire, qu'écrire alors ? Sans doute, et la narratrice le reconnaît elle-même, les mots ont-ils une vocation cathartique, qui permet de réduire en l'exprimant le trop-pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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palamede
  10 décembre 2016
Après la lecture de ce deuxième épisode de la vie amoureuse d'Annie, je note qu'Annie a une préférence pour les hommes plus jeunes qu'elle. Annie a bon goût.

Proust est, sans aucun doute, celui qui a le mieux disséqué la jalousie. Lire Un amour de Swann c'est connaître exhaustivement les effets de ce sentiment un peu honteux que nous avons forcément tous ressenti. Alors Annie peut-elle avec 76 pages apporter quelque chose de neuf à ce qu'a écrit magistralement le grand Marcel ?
Je réponds oui sans hésitation. Car Annie est une femme et Marcel pas (si, si), ses préoccupations, son ressenti sont ceux d'une femme, et si amour et jalousie concernent autant les hommes que les femmes, ils sont vécus différemment selon que l'on soit l'un ou l'autre.
D'où l'intérêt de ce livre qui creuse, cherche, avoue pourquoi et comment une femme, amoureuse (ou pas), ne souffre pas que l'homme qu'elle a délaissé s'intéresse à une autre. Je trouve cela très féminin et pas du tout masculin. Peu d'hommes, qui plaquent une femme, se préoccupent de qui leur succède, ils ont souvent trop de mal à rompre (avec leurs habitudes) pour regarder en arrière quand ils y parviennent.
Je continue avec plaisir la découverte de l'oeuvre d'Annie E, probablement parceque j'aime la liberté et l'impudeur cathartique de son double littéraire, qualités précieuses à mes yeux, moi qui suis un peu empêtrée.
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diablotin0
  20 octobre 2017
Si j'ai beaucoup apprécié les livres d'Annie Ernaux comme "la place" ou encore "les armoires vides", je suis en revanche très déçue par "l'occupation" qui , pour moi, n'apporte rien.
Elle relate ce qu'elle vit et ressent lorsqu'elle apprend que son ancien amant, qu'elle a quitté, refait sa vie.
Elle décrit les faits de façon crue, abrupte ce qui m'a laissée de marbre. La jalousie qu'elle ressent est tristement banale et comme elle a pris le parti de ne pas analyser mais simplement d'exposer les faits, je n'ai trouvé aucun intérêt à ce livre. Suis-je passé à côté ? ou est-ce uniquement un livre ego centré ?
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FleurDuBien
  11 mai 2022
Encore un petit texte mais très important pour comprendre le mécanisme littéraire lors d'une rupture amoureuse. Son mécanisme qui l'a enfermée mais aussi sauvée.
L'occupation ; celle de sa tête malade et folle de douleur après une séparation.
Mais ce qui est incroyable, (fichu cerveau...) c'est que c'est depuis que l'homme, l'Autre, lui apprend qu'il a rencontré une femme, qu'elle devient folle, littéralement.
C'est depuis l'annonce de la rencontre avec cette femme qu'elle devient obsessionnelle.
Et c'est là que le titre choisi, l'occupation, prend tout son sens. Car elle est possédée, folle (thème récurrent chez Ernaux), et devient le jouet bringuebalant d'une histoire qui n'est plus la sienne. Elle est occupée, ses pensées sont délirantes, et cette occupation lui prend tout son temps. Elle est quelque part rattachée à cette inconnue.
N'omettons pas une grande souffrance, douleur et jalousie morbides.
Alors qu'elle vivait sa rupture bien tant que mal, elle souffre le martyr, et n'a qu'une obsession : connaître tous les détails, physiques mais aussi intellectuels de cette femme.
Pour cela, elle usera de stratagèmes, de pièges, et de moyens limite adolescente, pour apprendre comment est cette femme.
Comme à chaque fois chez Ernaux, je suis époustouflee par son honnêteté intellectuelle, sa lucidité sur elle mais aussi chez les autres. Il n'y a pas de fiction, non, c'est la réalité crue qu'elle nous offre avec ce livre.
Elle a été pénétrée, occupée un certain moment et puis, comme souvent chez elle, elle guérit grâce à l'écriture.
Décidemment, cette femme est une grande amoureuse en fait, une passionnée.
Bienvenue au club.
PS : je vais peut-être me faire étriper par les "fans" de ma chère Duras, mais plus je lis Ernaux, plus je retrouve des formes d'écriture semblables à toutes les deux. Des thèmes identiques également.
Du coup, je suis doublement heureuse ; et de lire Ernaux et de relire Duras.

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cicou45
  04 juin 2012
Le titre d'un ouvrage est parfois, et ici, nous en avons un exemple parfait, trompeur quant à son contenu. le lecteur qui ne lirait que ce dernier sans savoir de quoi cela parle pourrait s'attendre à un ouvrage sur la guerre ou tout autre chose...tout sauf le sujet précis de ce livre-là, à savoir celui de la jalousie excessive, obsédante, voire même étouffante.
La narratrice, bien que ce soit elle qui ait pris le décision de quitter son compagnon, W., devient excessivement jalouse le jour où elle apprend qu'il a rencontré une autre femme, plus âgée que lui et qu'il a est bien décidé à refaire sa vie avec cette dernière. Mais la narratrice, elle ne l'entend pas de cette façon. Plus qu'une chose ne l'intéresse à présent, connaître le nom de celle qui l'a remplacé dans la vie et dans le coeur de W. Pour cela, elle ne recule devant rien et n'hésite pas à untiliser tous les moyens, même les plus vils, pour connaître l'identité de l'Autre, l'autre femme. Même si elle entretient toujours des relations cordiales et amicales avec W., ce dernier refuse de lui révéler ce qu'elle désire tant savoir.
Un roman extrêmement bien écrit, très vite lu, mais qui m'a par moments lassée, pour ne pas dire même ennuyée. Les sentiments humains, et féminins il faut bien le reconnaître, y sont extrêmement bien décrits et analysés mais j'ai trouvé que le roman manquait parfois de piquant, d'où mon manque d'enthousiasme et le fait que j'ai un avis partagé sur cette lecture que je conseille néanmoins, puisque c'est ma belle-mère qui me l'a moi-même conseillé...peut-être n'ai-je pas encore une assez grande expérience ou n'ai-je pas une assez grande estime de moi pour l'avoir apprécié à sa juste valeur. Qui sait...A vous de voir !
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Herve-Lionel
  08 octobre 2016
La Feuille Volante n°1073 – Octobre 2016
L'OccupationAnnie Ernaux – Gallimard.
C'est bien le hasard qui m'a fait prendre ce court roman sur les rayonnages de la bibliothèque. Je n'avais aucune idée de ce que pouvait être le thème traité et le titre lui-même me donnait à penser à bien autre chose, la guerre par exemple.
La narratrice, Annie Ernaux elle-même, raconte un épisode de sa vie où, après sa rupture avec W., l'amant avec qui elle avait vécu six ans sans pour autant parvenir à accepter une vie commune que lui appelait de ses voeux, est informée le plus simplement du monde par cet homme qu'il vit avec une autre femme. Dès lors, sans même la connaître, la narratrice ressent-elle un sentiment inattendu : la jalousie. A vrai dire c'est assez étonnant puisque c'est elle qui était à l'origine de cette rupture et que finalement ils étaient restés en bon terme, se téléphonant et de rencontrant comme de vieux amis. D'ordinaire, cette jalousie naît de la tromperie, de l'adultère mais ce n'est pas la cas ici. C'était donc tout naturel que W. lui annonce que dorénavant il allait partager la vie d'une autre femme, c'est à dire qu'il allait vivre avec elle ce que Annie lui avait toujours refusé. Dès lors Annie va être envahie au sens propre par cette présence inconnue , au point d'être complètement occupée par elle, le titre du roman prend donc tout son sens. Elle veut en effet savoir tout d'elle bien que W. soit, et on le comprend, très laconique sur les renseignements qu'il lui donne. de guerre lasse, il lâche quelques informations qui aussitôt provoquent chez Annie une recherche frénétique, la jalousie qu'elle ressent devenant obsédante et même étouffante. Si j'ai bien compris, Annie est exclusive et même outrageusement possessive, non seulement elle a refusé à W. la vie commune qu'il espérait avec elle mais en plus elle l'a quitté alors que leurs relations étaient, de son propre fait à elle, basées sur le sexe. Ce qu'elle ne supporte pas c'est que maintenant il vive avec une autre femme même si, dans ce contexte, elle n'a aucune raison objective pour réagir de la sorte. C'est un peu comme si elle se considérait comme maîtresse du jeu au point d'avoir le droit de lui imposer ses vues, ses voeux et de lui contester tout droit au bonheur. Devant cette impossibilité elle en conçoit une véritable souffrance, « tombe jalouse » comme on « tombe amoureux », même si, comme lecteur, je n'ai pas senti qu'elle ait vraiment conçu de l'amour passionné pour son ex-amant. Tout au plus n'admet-t-elle pas qu'une autre femme puisse être aimée par lui et qu'elle le rende heureux. Cette jalousie est paralysante, quelque chose entre la paranoïa et l'obsession. C'est, pour elle, la prise en compte d'une page qui s'est tournée quand elle décidé de le quitter, qu'elle ne fait plus depuis partie de sa vie, mais c'est pourtant elle qui en a pris l'initiative, qu'elle a purement et simplement été remplacée alors qu'elle aurait préféré qu'il restât seul et sans doute qu'il la suppliât.
Petit à petit, au fil de mes lectures, je découvre l'oeuvre d'Annie Ernaux et il me semble qu'elle a fait de sa propre vie le thème de ses nombreux romans. Elle se met en scène elle-même faisant du solipsisme le moteur de sa démarche créatrice comme c'est souvent le cas chez les écrivains. J'ai personnellement longtemps réfléchi sur une des fonctions de l'écriture qu'est la catharsis. Écrire une épreuve aide-il à la surmonter, à l'exorciser ? Après moult expériences dans ce domaine, je n'en suis plus très sûr. D'ailleurs, tout pendant que dure la recherche de cette femme, Annie tient son journal intime c'est à dire tente d'exorciser par l'écriture cette douleur née ce l'incertitude et de l'ignorance sur l'identité de cette femme, et n'y parvient pas. Elle avoue elle-même que l'écriture est un pis-aller dans sa quête au point qu'elle renonce à pousser investigations à leur terme « Écrire c'est d'abord ne pas être vu », (une façon de se cacher derrière des mots), une manière d'entretenir cette douleur, une sorte de masochisme. A la fin de son roman elle prétend que l'écriture l'a aidée. C'est peut-être vrai mais j'attribue cet apaisement à autre chose, au temps qui passe, à la réalité qu'elle finit par accepter, à elle-même peut-être qui a appris à mieux se connaître dans cette épreuve...Il m'a semblé qu' il y avait, au départ, une affirmation du « moi » de l'auteure, opposé à cette femme qui reste sans nom et même sans visage et que le roman se termine par une sorte de dissolution de cette individualité. Tout ce qu'Annie avait connu avec W. dans le passé n'est plus qu'un lointain souvenir. Et puis elle se console comme elle peut, se dit que W., plus jeune qu'elle, aime les femmes matures puisque sa nouvelle conquête à l'âge d'Annie et y voit donc la preuve qu'il n'éprouvait pour elle aucun amour particulier. Elle va même jusqu'à imaginer que l'autre femme apprend qu'elle rencontre toujours W. et en conçoit ainsi de la jalousie ! Elle va jusqu'à imaginer d'improbables situations qui seraient de nature à altérer cette liaison et provoquer son retour auprès d'elle.
Se faire larguer est une chose difficile à vivre et accepter cette réalité n'est pas aisé. Ici ce n'est pas exactement la cas d'Annie qui fait montre d'une jalousie un peu trop possessive. Même si lire un roman de cette auteure me fait passer de bons moments tant son style est fluide et agréable, je dois dire qu'ici je me suis un peu ennuyé, non pas tant à cause du tabou qu'elle lève, ce dont je lui sais gré, mais peut-être la manière peu convaincante dont elle traite ce sujet bien humain. Ce roman est peut-être tout simplement pour l'auteure l'occasion de se raconter ?
© Hervé GAUTIER – Octobre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Lucie16Lucie16   03 juin 2012
Écrire, c’est d’abord de pas être vu. Autant, il me paraissait inconcevable, atroce, d’offrir mon visage, mon corps, ma voix, tout ce qui fait la singularité de ma personne, au regard de quiconque dans l’état de dévoration et d’abandon qui était le mien, autant je n’éprouve aujourd’hui aucune gêne – pas davantage de défi – à exposer et explorer mon obsession.
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cicou45cicou45   04 juin 2012
"Donner un titre aux moments de sa vie, comme on le fait à l'école pour les passages littéraires est peut-être un moyen de la maîtriser ?"
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CalamityJahCalamityJah   06 août 2015
Pour la première fois, je percevais avec clarté la nature matérielle des sentiments et des émotions, dont j'éprouvais physiquement la consistance, la forme mais aussi l'indépendance, la parfaite liberté d'action par rapport à ma conscience. Ces états intérieurs avaient leur équivalent dans la nature : déferlement des vagues, effondrements de falaises, gouffres, prolifération d'algues. Je comprenais la nécessité des comparaisons et des métaphores avec l'eau et le feu. Même les plus usées avaient d'abord été vécues, un jour, par quelqu'un.
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ManyothManyoth   27 mars 2022
Dans la conversation, il jetait parfois incidemment, « je ne t’ai pas dit ? », enchaînant sans attendre la réponse le récit d’un fait survenu dans sa vie les jours précédents, l’annonce d’une nouvelle concernant son travail. Cette fausse question m’assombrissait aussitôt. Elle signifiait qu’il avait déjà raconté cette chose à l’autre femme. C’est elle qui, en raison de sa proximité, avait la primeur de tout ce qui lui arrivait, de l’anodin à l’essentiel. J’étais toujours la seconde – dans le meilleur des cas – à être informée. Cette possibilité de partager, dans l’instant, ce qui survient, ce qu’on pense, et qui joue un si grand rôle dans le confort du couple et sa durée, j’en étais dépossédée. « Je ne t’ai pas dit ?» me plaçait dans le cercle des amis et des familiers qu’on voit épisodiquement. Je n’étais plus la première et indispensable dépositaire de sa vie au jour le jour. « Je ne t’ai pas dit ? » me renvoyait à ma fonction d’oreille occasionnelle. « Je ne t’ai pas dit ? » c’était : je n’avais pas besoin de te le dire.
Pendant ce temps je vivais en poursuivant inlassablement le récit intérieur, tissé de choses vues et entendues au fil des jours, qu’on destine à l’être aimé en son absence – la description de mon quotidien qui, je m’en rendais vite compte, ne l’intéressait plus.
 
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ManyothManyoth   27 mars 2022
Qu’entre toutes les possibilités qui s’offrent à un homme dans la trentaine, il ait préféré une femme de quarante-sept ans m’était intolérable. Je voyais dans ce choix la preuve évidente qu’il n’avait pas aimé en moi l’être unique que je croyais être à ses yeux mais la femme mûre avec ce qui la caractérise le plus souvent, l’autonomie économique, une situation stable, la pratique acquise, sinon le goût, du maternage et la douceur sexuelle. Je me constatais interchangeable dans une série. J’aurais pu aussi bien retourner le raisonnement et admettre que les avantages procurés par sa jeunesse avaient compté dans mon attachement pour lui. Mais je n’avais aucune envie de m’efforcer à la réflexion objective. Je trouvais dans l’allégresse et la violence de la mauvaise foi un recours contre le désespoir.
 
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Sans artifice, l'écrivaine Annie Ernaux raconte son passage d'un monde à un autre. L'histoire d'une transclasse dont s'est emparé le monde entier.
#FranceCulture #AnnieErnaux #sociologie _____________ Retrouvez l'intégralité de l'entretien ici : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/transfuges-de-classe-a-l-origine-etait-annie-ernaux-4751566
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