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ISBN : 2070407152
Éditeur : Gallimard (02/02/1999)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 318 notes)
Résumé :
J'ai toujours eu envie d'écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d'autrui insoutenable. Mais quelle honte pourrait m'apporter l'écriture d'un livre qui soit à la hauteur de ce que j'ai éprouvé dans ma douzième année. A.E.
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  28 décembre 2018
Honte : « Sentiment pénible excité dans l'âme par la conscience d'une faute commise et la confusion, le trouble qu'on en ressent ».
Premier livre d'Annie Ernaux que je lis et mes impressions sont mitigées, à l'image de cette confusion entre ce que je m'attendais à lire et ce que j'ai lu. L'auteure se souvient d'une drame survenu dans sa maison familiale en juin 1952, j'aurai imaginé que la suite allait tourner dans la honte de cette image mais l'auteure part dans les souvenirs des années cinquante. Elle pointe du doigt les us et coutumes de cette époque sans lien apparent avec le 15 juin 1952. Quelque chose m'échappe et me dérange dans ce récit. Où est la honte d'avoir habité une époque et de la voir évoluer, grandir avec son temps. Il n'y a pas vraiment de jugement, juste une suite de moralité, de bonne conduite, de schéma propre à ces années. Chaque temps a ses avantages et inconvénients. le tout est d'avoir le recul nécessaire pour vivre en accord avec soi-même.
En conclusion, je n'ai pas compris où voulait en venir Annie Ernaux, honte à moi! Quant à la plume, elle m'a plutôt laissée de marbre, je n'ai pu m'attacher au récit ni aux images, une espèce de litanie en arrière sans réel rapport avec la honte telle que je la définis moi personnellement.
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myriampele
  11 janvier 2014
C'est un livre tout petit, tout modeste et que j'ai apprécié et dévoré très rapidement, trop sans doute car je pense reprendre cette lecture en réfléchissant à tout ce qui y est dit. La honte, c'est ce sentiment que beaucoup d'entre nous ( génération 50/60) connaissent, quand on a été élevé par des parents très moralistes, et dans des institutions où le "péché" occupe la plus grande place: Honte de son corps, honte de la modestie de ses parents, honte des faits dont on est témoin et qui ne nous sont pas expliqués au moment où cela devrait être. Cette "honte" a fait très rapidement place à la culpabilité... Annie Ernaux s'en fait le porte parole. un très beau livre.
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rabanne
  12 novembre 2016
Deuxième lecture de Annie Ernaux, et encore un sentiment mitigé.
J'ai trouvé le texte parfois décousu, mais les émotions plus palpables et touchantes que dans "La place".
L'on retrouve une impression de récit-miroir, l'auteure exprimant encore une difficulté à incarner ses souvenirs, à les croire vraiment réels à l'heure où elle les couche sur le papier.
Pourtant, de cette année 52 où elle a 12 ans, elle nous en livre par bouquets, par vagues, et ils sont plutôt précis (noms, lieux, paroles).
Des souvenirs résultant de cette mémoire sélective, plus ou moins consciente, que nous possédons tous, celle intrinsèquement liée à nos émotions.
Surtout, une date marquante pour elle, un tournant, un avant et un après, la fin brutale d'une insouciante innocence (l'enfance), de confiance et de crédulité.
Ensuite, un sentiment de honte tenace, de gêne, de ne pas être à sa place : les prémices d'une émancipation annoncée ?...
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Drych
  08 mars 2014
Une chronique de l'année 1952 vue par une petite fille provinciale de 12 ans de milieu modeste. Un récit touchant de justesse, qui me rappelle mes propres souvenirs, même si j'ai une dizaine d'années de moins que l'auteure. Je suis d'autant plus touché que le pays De Caux a aussi bercé ma jeunesse, le temps des vacances chez ma grand-mère, et que je viens de lire ce livre après une promenade dans Yvetôt. Et pourtant, je suis gêné par ce sentiment de honte un peu méprisante que je ne comprends pas. Cette époque a permis de formidables opportunités d'ascensions sociales dont l'auteure, comme moi même, avons profité, et dont nos parents étaient fiers. Bien sûr, les petites vexations sociales de l'époque pouvaient laisser un goût amer, mais ne sont elles pas encore plus frustrantes aujourd'hui où l'espoir d'une condition meilleure a plutôt régressé. L'auteure s'est sans doute effectivement sentie elle même méprisée, mais elle donne aussi l'impression de s'être complue de cette situation. Je remarque aussi qu'elle ne fait pratiquement pas état de celles qui étaient moins bien loties qu'elle. Je suis curieux de lire le retour à Yvetôt, que je vais emprunter dès que possible, espérant y trouver une analyse plus critique et la réaction des habitants de cette petite ville si décriée par l'auteure. Un livre qui m'a donc laissé â la fois enthousiaste pour les souvenirs qu'il me rappelle et très critique pour l'interprétation qui en est donnée. A vous de vous faire une idée par vous même.
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Herve-Lionel
  13 août 2016
La Feuille Volante n°1063– Août 2016
LA HONTE – Annie ERNAUX - Gallimard.
C'est bizarre les livres. On leur donne vie après les avoir portés longtemps, ils mûrissent, nous vieillissons et il finissent par sortir, parfois un peu malgré nous, souvent à notre grand étonnement et le point final se met comme de lui-même. Pour eux on sollicite la mémoire, l'imagination, le travail, la documentation et ce souffle un peu bizarre qu'on nomme inspiration sans vraiment êtres capables de le définir. Souvent on fait appel à son histoire personnelle qui se raccroche à des photos, comme ici, la traditionnelle communion solennelle, un voyage en famille, une carte postale. A l'époque de la jeunesse de l'auteure qui est aussi un peu la mienne, les photos étaient en noir et blanc sur papier glacé, avec un rebord dentelé, un cadre blanc et on écrivait souvent au dos, une date ou un lieu… C'était le temps des messes en latin, avec des prières qu'on récitait par coeur sans les comprendre, de la communion reçue à jeun depuis la veille, des dizaines de chapelet ânonnées pour tout et n'importe quoi et dont on finissait par être persuadés qu'elles étaient indispensables à la bonne marche du monde...
L'auteur, fille unique d'une famille de petits commerçants provinciaux, catholiques, conservateurs, a une mère dominatrice et un père soumis mais qui, un jour de colère, menaça de la tuer. Nous sommes en 1952, elle a douze ans et cette scène violente se grava dans sa mémoire au point que, bien des années après, elle en rechercha la trace dans le journal local, vainement évidemment. Poussée par l'envie d'écrire, elle relate cet événement avec une grande économie de mots mais aussi se livre à une étude topographique, sociologique, linguistique, une étude des expressions et comportements sociaux de cette petite ville de Y. qui, au sortir le la guerre, se relève lentement du conflit, de ses bombardements...L'auteure insiste sur ce quartier populeux, à la limite de la campagne, avec sa population ouvrière, ses usages, ses tabous, son rythme de vie pour se concentrer sur la boutique familiale de « l'épicerie-mercerie-café ». Elle y détaille la conduite qui est propre à un petit commerce relative à la discrétion, à la manière de se comporter, de l'image qu'on donne de soi pour éviter la perte de clientèle génératrice de faillite infamante. Dans un autre chapitre elle détaille sa scolarité à l'école privée, ce qui était un privilège à l'époque, puisque payante, où se conjuguaient religion et savoir dans un rythme et des rites immuables, ses interdits, sa hantise de vivre en état de péché mortel, la malédiction de l'école laïque, mais aussi ses hantises de fille, ses règles qui ne viennent pas assez vite, un corps de femme qui prend du retard sur celui des autres… Cela c'était avant, avant cet épisode familial, repris d'ailleurs par un cousin qui a roué de sa tante de coups, un peu comme si quelque chose s'effondrait dans ce décor si bien agencé qu'on eût dit que rien ne pouvait venir le déranger. En même temps, la toute jeune fille qu'elle est encore, regarde le monde extérieur avec des yeux curieux et même un peu envieux. Chez elle aussi les choses changent, les goûts s'affirment qui ne correspondent pas exactement à ce qu'on lui a enseigné à l'école de Dieu, cet établissement que l'élite sociale dont elle ne fait pas vraiment partie, est censée fréquenter. Ainsi la honte tissée dans cet épisode familial se double-t-elle d'une d'une décision, celle de renier un peu ses parents, anciens prolétaires devenus petits commerçants, et la menace que cette honte dure toujours et qu'elle s'impose à elle dans sa permanence [« Il y a ceci dans la honte : l'impression que tout maintenant peut vous arriver, qu'il n'y aura jamais d'arrêt, qu'à la honte il faut encore plus de honte encore. » ]
Il y a cet aspect documentaire intéressant et qu'il ne faut surtout pas négliger dans un tel contexte, surtout vu à travers les yeux d'une petite fille qui découvre le monde. Après ce qui avait introduit ce court roman et qui était bien de nature à traumatiser gravement une enfant de son âge, je me suis interrogé sur le long développement sur son éducation religieuse, sur la vie quotidienne à Y , sur ce qui se faisait et ce qui ne se faisait pas à cette époque, me demandant si elle ne s'écartait pas du sujet. Je m'attendais, légitimement peut-être, à un développement sur la honte comme le titre semble l'indiquer et pourquoi pas sur la culpabilisation si ancrée dans cette société d'après-guerre inspirée par le judéo-christianisme où il fallait se sentir coupable de tout ainsi que le curé de la paroisse le serinait chaque dimanche dans son sermon. Cette honte revient cependant à la fin, d'une manière assez inattendue cependant, à travers l'écriture qui non seulement lui permet de solliciter sa mémoire mais surtout de parvenir peut-être à exorciser le passé, ses mauvais moments surtout. le temps souvent long qui passe entre ces deux épisodes, celui où l'on vit l'événement et celui où on l'écrit, prend sa vraie signification dans les mots qu'on trace sur la feuille blanche. Pourtant quelque chose m'attire chez cette auteur découverte par hasard, cette faculté particulière qu'elle a de raconter au « premier venu » qu'est le lecteur son vécu, son espoir, son intimité, ses phobies, ses fantasmes…Elle peut sans doute éprouver une certaine honte à écrire mais celle-ci ne sera jamais aussi grande que celle qui l'a envahie lors de cet épisode familial.
Cela dit, j'aime son style, cette phrase fluide, agréable à lire.
© Hervé GAUTIER – Août 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
ides60ides60   31 août 2010
En juin 52, je ne suis jamais sortie du territoire qu'on nomme d'une façon vague mais comprise de tous, "par chez nous", le pays de Caux, sur la rive droite de la Seine entre le Havre et Rouen. Au-delà commence déjà l'incertain, le reste de la France et du monde que "par là-bas" avec un geste du bras montrant l'horizon, réunit dans la même indifférence et inconcevabilité d'y vivre. Il semble impossible d'aller à Paris autrement qu'en voyage organisé, à moins d'y avoir de la famille susceptible de vous guider. Prendre le métro apparaît comme une expérience compliquée, plus terrifiante que monter dans le train fantôme de la foire et nécessitant un apprentissage qu'on suppose long et difficile. Croyance générale qu'on ne peut aller quelque part sans "connaître" et admiration profonde pour ceux ou celles "qui n'ont pas peur d'aller partout".
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fanfanouche24fanfanouche24   03 janvier 2014
Etre crâneuse est un trait physique et social, détenu par les plus jeunes et les plus mignonnes qui habitent le centre-ville, ont des parents représentants ou commerçants. Dans la catégorie des pas crâneuses figurent les filles de cultivateurs, internes, ou demi-pensionnaires venant à vélo de la campagne avoisinante, plus âgées, souvent redoublantes. Ce dont elles pourraient se vanter, leurs terres, leurs tracteurs et leurs commis, n'a, comme toutes les choses de la campagne, aucun effet sur personne. Tout ce qui ressortit à la "cambrousse" est méprisé. Injure : "Tu te crois dans une ferme" ! (p.92-93)
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FRANGAFRANGA   12 mai 2012
Tout de notre existence est devenu signe de honte. La pissotière dans la cour, la chambre commune - où, selon une habitude répandue dans notre milieu et due au manque d'espace, je dormais avec mes parents -, les gifles et les gros mots de ma mère, les clients ivres et les familles qui achetaient à crédit. A elle seule, la connaissance précise que j'avais des degrés de l'ivresse et des fins de mois au corned-beef marquait mon appartenance à une classe vis-à-vis de laquelle l'école privée ne manifestait qu'ignorance et dédain.
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PiertyMPiertyM   14 août 2015
Corriger et dresser les enfants, réputés malfaisants par nature, était le devoir des bons parents. De la "calotte" à la "correction" tous les coups étaient autorisés. Cela n'impliquait ni dureté, ni méchanceté, à condition de s'efforcer de gâter l'enfant par ailleurs et de ne pas dépasser la mesure. Souvent un parent terminait le récit de la faute d'un enfant et de son châtiment par un "je l'aurais laissé sur place !" plein d'orgueil : d'avoir à la fois infligé une juste correction et résisté à l'excès fatal de colère qu'aurait pourtant mérité tant de malfaisance.
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LadybirdyLadybirdy   28 décembre 2018
Être comme tout le monde était la visée générale, l’idéal à atteindre. L’originalité passait pour de l’excentricité, voire le signe qu’on a un grain. Tous les chiens du quartier s’appelaient Miquet ou Boby.
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