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Critiques sur La femme gelée (37)
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Sociolitte
  23 avril 2019
Des aspirations de l'enfance pour l'aventure et la curiosité, aux élans de l'adolescence pour la passion et la liberté, une fois mariée, elle devra les délaisser, car l'homme travaille et veut manger, dans une maison propre et bien rangée, avec des enfants calmes et bien élevés. C'est une femme gelée.

Élevée à Yvetot, au coeur de la Normandie, Annie Ernaux garde une image particulière des femmes de sa vie. Loin du modèle urbain de la petite fée du logis, ces femmes des champs ne ressemblent en rien aux images de papier glacé des magazines qu'elle dévore avidement. Ce ne sont « pas des femmes d'intérieur, rien que des femmes du dehors ».
Très tôt assignées aux travaux des champs, trop tôt engrossées. Trop vite « la marmaille » : six, sept, huit, dix mômes. « Un truc de pauvres », dont elle prendra conscience plus tard, peu à peu. Annie Ernaux vient d'un milieu modeste et paysan, avant que ses parents ne deviennent ouvriers, puis commerçants.

La petite fille apprend ses leçons : « papa-part-à-son-travail », « maman-reste-à-la-maison », « elle-fait-le-ménage », « elle-prépare-un-repas-succulent ». Des phrases rabâchées, qu'elle apprend par coeur comme toutes ses leçons, mais qui ne correspondent en rien à la réalité qu'elle connaît, car son père ne part pas au travail, mais sert au café et à l'alimentation et fait même la vaisselle ainsi que la cuisine. Quant au ménage, sa mère s'en occupe quand elle a le temps, c'est-à-dire pas souvent.

Ses parents travaillent d'arrache-pied pour se sortir de leur condition et accompagner leur petite fille vers une vie meilleure. Loin encore du modèle social bourgeois de la femme au foyer, qui tient sa maison au carré, élève ses enfants, et laisse son mari travailler.
Protégée du rôle d'aide-ménagère que connaisse déjà ses camarades, sa mère veillera à toujours lui laisser le temps de s'épanouir dans la curiosité et la découverte artistique, persuadée qu'elle est que seule la connaissance et la pensée libérée l'amèneront vers une bonne situation et lui permettront de se soustraire au « pouvoir des hommes ».

« Je suis allée vers les garçons comme on part en voyage. Avec peur et curiosité. ». Annie Ernaux ne cache rien de ses émois physiques ni de ses passions intellectuelles pour mieux appréhender sa condition de femme telle qu'elle l'a vécue. Car évidemment, l'idéal dont elle rêvait ne se réalisera pas avec le premier et grand amour, malgré les points communs, les fous rires partagés en changeant le premier bébé. La vie de couple une fois entérinée, le mariage une fois prononcé, ramènera vite dans le droit chemin l'homme tant aimé vers le modèle qu'on lui a aussi enseigné. Son rôle de mâle ingurgité, il lui recrachera à la figure une fois sa situation professionnelle stabilisée. Désormais, il travaille, désormais il est cadre, il a réussi ce qu'il voulait. Elle n'a pas d'autre choix que de l'accompagner.
Il avait de grandes idées pourtant, rutilantes d'égalité, mais la tentation de l'embourgeoisement sera plus grande. Lui aussi veut sa femme au foyer, disponible et corvéable. À son service.

Il faut lire avec quel détail Annie Ernaux décortique chaque perte de sa liberté de femme, son « enlisement », dans ce véritable pamphlet pour l'égalité des sexes. Une condamnation sans appel au coeur du quotidien. Il faut dire que l'auteur, même si au moment de la publication de la femme gelée, en 1981, n'en est qu'à son troisième roman, son style est déjà bien affirmé : à la fois autobiographique et sociologique, dans un souci toujours charnel d'exposer les corps et les personnages : une manière de se décrire à la fois de façon personnelle et universelle.

« Papa va travailler, maman range la maison, berce bébé et elle prépare un bon repas », ce refrain entêtant de la chanson de l'école élémentaire ne cessera de l'indigner, car désormais sa vie est « un univers de femme rétréci, bourré jusqu'à la gueule de minuscules soucis. de solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l'entretien des choses. »

Trouvera-t-elle la force pour reprendre possession de son corps et de son destin et réaliser enfin ses rêves de liberté et d'humanité, car après tout : « que faire de sa vie est une question qui n'a pas de sexe, et la réponse non plus ».

Retrouvez la chronique sur mon blog Fnac Experts/Le conseil des libraires :
Lien : https://www.fnac.com/Le-blog..
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palamede
  20 novembre 2016
Annie Ernaux est une militante, si elle raconte son enfance, son adolescence et ses premières années de mariage ce n'est pas pour le plaisir de se remémorer des moments agréables ou pas, mais pour montrer pourquoi elle se bat pour l'égalité des hommes et des femmes.

Sa mère et son père sont les chevilles ouvrières de la femme libre qu'elle est devenue. Sa mère d'abord, qui travaille dans l'épicerie familiale et inculque à sa fille que sa place n'est pas à la maison et qu'elle doit faire des études pour être libre. Son père, ensuite, qui ne lui donne pas l'image d'un homme macho et tout puissant en s'attelant aux tâches ménagères.

Mais avant de comprendre la portée du message parental, Annie a dû faire son expérience de la domination masculine. Après une adolescence où le puissant désir de plaire aux garçons n'a pas empêché des études brillantes, elle s'est mariée, mais a réalisé rapidement qu'elle s'était piégée elle-même, - et éloignée de son idéal de liberté et d'égalité homme femme - qu'elle était devenue une femme gelée.

Avec un style direct et imagé, Annie Ernaux met en garde les filles contre les embûches d'une société patriarcale. Mariage, bébé, ménage, sans contrepartie, n'ont jamais rendu une femme libre, qu'on se le dise !
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Macha_Loubrun
  09 mai 2016
Si j'avais une fille, je lui offrirais immédiatement La femme gelée, comme une piqure de rappel sur les combats féministes. J'ai beaucoup aimé le récit assez cru d'Annie Ernaux, décrivant en détails la manière dont elle s'est construite, fille d'épiciers modestes, puis bonne élève prise en étau entre ses désirs et le poids de la société sur les femmes dans les années 60. On comprend mieux comment, insidieusement, elle est devenue une femme gelée dans tous ses élans, comme ligotée dans l'image de l'épouse et de la mère modèle.
« le minimum, rien que le minimum. Je ne me laisserait pas avoir. Cloquer la vaisselle dans l'évier, coup de lavette sur la table, rabattre les couvertures, donner à manger au Bicou, le laver. Surtout pas le balai, encore moins le chiffon à poussière, tout ce qui me reste peut être du Deuxiéme sexe. »
Elle passe en détails toutes les étapes de sa vie de femme, les contradictions auxquelles elle est confrontée quotidiennement alors que son goût pour la liberté et son appétit intellectuel la pousse vers un autre idéal de vie, plus égalitaire entre les hommes et les femmes.
Certains lecteurs sont rebutés par l'écriture un peu sèche et saccadée d'Annie Ernaux mais en ce qui me concerne je trouve que cela met une distance profitable à l'identification et à l'universalité de son témoignage. Je suis certaine que son œuvre atypique sera un jour étudiée dans les universités.
A lire absolument par toutes les filles mais aussi les fils...
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AgatheDumaurier
  25 octobre 2016
Encore une bonne pioche chez Annie Ernaux après Une femme...Oui, je me tape l'intégral " Écrire la vie"...J'espère ne pas vous ennuyer avec madame Ernaux...
C'est un écrit assez ancien( 1981), ironiquement, je suppose, dédié à son mari, Philippe...
Le style est différent de ce qu'il sera plus tard. le début, qui relate l'enfance, fait un peu penser à l'enfant, de Valles,donc ...de l'humour ( oh ! Annie! Tu rigoles ! ), des phrases un peu sautillantes teintées de parlure normande...Cela montre une enfance plutôt plaisante, entourée de femmes de caractère ( les tantes, la grand mère, et surtout la flamboyante maman) Ces femmes travaillent, elles ne sont pas des fées du logis, elles vivent dehors, cuisinent un minimum, pas le temps, les enfants en liberté dans le jardin...La mère d'Annie, Blanche Duchesne, fait partie de ces femmes, mais veut que sa fille se sorte de ce milieu ouvrier et de petit commerçant, trop précaire. Une seule solution : l'école. Tu seras quelqu'un, ma fille. le monde est à toi. Enseignement merveilleux de toute sa jeunesse, mais Annie va tomber dans quelques pièges avant de l'accomplir. Dans sa famille, on !'éleve sans lui faire remarquer qu'elle est une fille. " Travaille", ne t'occupe pas des corvées ménagères...Et son père est un homme doux, moderne, qui n'a pas peur de faire la vaisselle ou de cuisiner pour sa fille...Comment imaginer dès lors la puissance de la domination masculine ?
L'adolescence sera un premier pas vers cet apprentissage. Il faut plaire aux garçons. Et pour cela, il faut s'intéresser exclusivement à eux, leurs sujets de conversations, leurs vies. Une fille n'a pas de vie, pas de copines, pas de centre d'intérêt hormis eux...Dur apprentissage pour Annie, déchirée entre le désir d'amour et une farouche indépendance.
Quatre ans d'études à la fac sont quatre ans de liberté. Mais des filles disparaissent, peu à peu, dans le gouffre du mariage...Elles sont de plus en plus nombreuses...Annie résiste, résiste...Et puis Philippe réussit à mettre le grapin sur elle, et bienvenue au purgatoire.
Récit de 5 années de mariage à peu près. Philippe l'étudiant aux belles idées progressistes se transforme peu à peu en tyran domestique de base...En Annie, la femme se gèle... Peu de résistance apparente, mais une immense colère enfouie. A peine installée avec monsieur, et là voilà préposée au ménage, à la cuisine, à la vaisselle...Elle abandonne ses livres pour nourrir l'homme tandis que lui continue à étudier...Puis l'enfant parait...Elle en a la charge complète et monsieur l'inspecte le soir. Il livre son jugement. Aucune nuance dans l'attaque frontale d'Annie Ernaux. On s'oppose, tout s'oppose,à son existence et à son ambition d'être un individu singulier. le mari est conforté dans son comportement par toute une société profondément castratrice envers les femmes. Tous et toutes lui donnent raison. Pourtant, Annie, plus ou moins consciemment, ne lâche pas. Elle passe le Capes entre deux biberons et deux rôtis de veau, et réussit à devenir professeure. Mais son esclavage ne s'arrête pas pour autant. On le sait bien, prof, c'est facile, 18 heures de cours et basta ! Ben voyons, et je prépare mes cours en changeant le bébé, et je corrige en le faisant manger- tant pis pour les traces de régurgitation sur les copies...Hors de question que monsieur bouge son derrière...Il a beaucoup travaillé dans son bureau et mérite bien d'attendre le dîner en lisant le Monde...
Bref, j'ai rarement lu une description aussi crue et réaliste de la condition des femmes dans les années 60...Et jusqu'à maintenant même si les tâches ménagères, parait-il, se repartissent un peu mieux...Mais pas partout, je le sais. le texte est très violent dans la dernière partie ( celle du mariage) et on ne comprend plus bien à quoi celui ci rime. Plus de tendresse, pas un mot d'amour, rien. le piège s'est refermé sur la fille de Blanche...malgré tout. le texte s'arrête brutalement. Mais comme je sais - elle le dit souvent- qu'elle est restée mariée 18 ans avec Castrator, je me demande vraiment comment elle a tenu...
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Caro29
  03 mars 2015
Encore une très belle rencontre avec Annie Ernaux. Décidément, il faudrait que je relise « Passion simple », peut-être que je suis passée à côté de quelque chose…

Dans « La femme gelée », on assiste à l'évolution de la narratrice, qui était une petite fille libre et devient, petit à petit, une « femme gelée » qui finit par se taire devant l'inégalité des rôles de l'homme et de la femme au sein du foyer. « La femme gelée », c'est l'histoire d'une petite fille qui avait pour modèle ses tantes qui se « battaient l'oeil » de la poussière et du rangement et qui va découvrir que « papa va travailler, maman range la maison, berce bébé et prépare un bon repas ». le tout, en passant par une adolescente qui, « en deux ou trois ans (va) devenir une fille évidée d'elle-même, bouffée de romanesque dans un monde rétréci aux regards des autres ». Et c'est d'autant plus dur encore pour elle que ses parents, commerçants, se partagent les tâches à la maison : maman fait la compta et papa fait la « popote », épluche les patates et fait la vaisselle. Petite, Annie Ernaux ne sait pas qu'il existe une « différence » établie par la société entre l'homme et la femme. Pour elle, les deux sont complètement égaux. C'est en fréquentant des filles « filles », comme sa copine Brigitte, qui ont une maman « féminine » que la narratrice a commencé à attacher de l'importance à ce qui auparavant n'en avait pas : une femme, doit savoir tenir son intérieur, faire à manger et être féminine, le tout, pour plaire aux hommes. Heureusement, cette période ne dure pas, car après sa première expérience amoureuse, Annie Ernaux déclare : « morte la croyance que sortir avec un garçon était un aboutissement, presque risible. Fini les bêtasseries et le feuilleton. (…) Comme les problèmes de robes et de rancarts foirés paraissent mesquins ». Puis, vient le temps du mariage…

L'écriture d'Annie Ernaux est rapide, saccadée. Elle utilise des phrases courtes, souvent nominales (quoique moins que dans « La place »), montrant, comme toujours, son besoin d'aller à l'essentiel, sans détour, sans fioritures, sans éléments superflus. Et le tout, même si les choses ont évolué depuis les années 60, reste encore bien souvent d'actualité.
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besath
  16 avril 2019
Lecture bouleversante de vérité sur la condition féminine. Ce récit édité en 1981 est encore tellement actuel ... le combat des femmes pour plus d'égalité dans le couple est loin d'être terminé, malheureusement. Ce type de récit nous rappelle que nos choix sont souvent davantage dictés par la société qui nous entoure que par nos envies profondes... Rares sont celles qui arrivent à se soustraire tout à fait à ce carcan familial et sociétal et quand elles y arrivent, c'est souvent au prix de bien des difficultés ... Merci Mme Ernaux pour ce texte si intime, auquel que je m'identifie tellement, malgré notre différence d'âge!
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girafe83500
  20 mai 2013
Un livre très féminin, écrit pour les femmes. Même si on a pas été élevé comme ça, qui n'a pas ressenti un jour, la satisfaction d'une maison bien tenue, des enfants bien tenus; la satisfaction du regard approbateur de l'homme quand il rentre du travail le soir. Qui n'a pas paniqué un jour en se disant, je n'y arrive pas, maison, travail, courses, activités des enfants. Et se demander : mais comment font les autres. Défi : faire aussi bien. Egalité des sexes, égalité des chances, et pourtant le poids du bien pensant de la société, influe souvent le destin féminin. de nos jours, ceci est moins marqué et pourtant le regard de l'autre est toujours présent. A lire.
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amandine_koko
  12 octobre 2015
Il m'aura fallu du temps pour accoucher de ce billet. J'ai été tellement chamboulée que j'ai eu du mal à mettre en mots mes émotions. Je n'ai d'ailleurs pas l'impression d'y avoir vraiment réussi.

Je me suis sentie tout à la fois heureuse et triste à la lecture de ce livre. Heureuse de m'y être reconnue, d'avoir eu la sensation que ma vision de la Femme était partagée. Et triste, tellement triste de prendre encore un peu plus conscience de tout le chemin qu'il nous reste à faire, à nous les femmes, avant d'arriver à la liberté qui nous est si chère. Dieu qu'elle est douloureuse cette prise de conscience. Moi la femme libre du XXIe siècle qui concilie allègrement travail, famille et loisirs… et sourire… dans quelle mesure puis-je considérer que mes choix ont été dictés par mon libre arbitre plus que par la société qui m'entoure. Suis-je vraiment libre ?

J'ai rarement ressenti une aussi clairvoyante compréhension de la femme, de moi-femme. Annie Ernaux, c'est ma grand-mère, c'est ma mère, c'est moi… et j'espère que ça ne sera pas ma fille. De l'enfance à la maturité, je me suis retrouvée en elle, malgré l'écart générationnel qui nous sépare.

L'apprentissage du monde, des autres, la honte de se découvrir un modèle familial anormal. Puis les hommes, si différents, et la Femme. Et la supériorité masculine – discrète tout d'abord, mais qui très vite s'affiche de plus en plus ouvertement. Tout ce qui fait sombrer doucement, insidieusement, dans l'aliénation domestique. Pas de tragédie ici, pas de drame, et pourtant qu'elle est bouleversante cette histoire. Déchirante. J'ai pleuré. Pleuré sur l'auteur, sur moi-même et sur toutes les femmes, qui croient être libres et qui ne le sont pas... « Mais elle est libre, diront certains. Elle a fait des études, elle est même professeur, que pourrait-elle vouloir de plus ? » Et c'est là que c'est sournois, parce que sur le papier oui, elle a tout. Mais dans la réalité, ses besoins passent toujours après ceux de l'homme. Si lui veut prendre l'air, il sort. Elle au contraire, doit s'organiser, lui demander de s'occuper de l'enfant, faire face à son ressentiment : il avait d'autres projets, il est fatigué. Elle sortira néanmoins – elle est libre – l'esprit encombré et elle en profitera pour faire quelques courses au passage. Libre vous avez dit ?

Le fossé immense qui séparait les hommes des femmes, même s'il s'est atténué aujourd'hui, n'est pas entièrement comblé. Qu'on le veuille ou non, qu'on l'admette ou non, on en demande toujours plus aux femmes... ou peut-être sont-ce les femmes qui s'en demandent plus toutes seules... un peu des deux sans doute... On en revient alors à la question du libre arbitre et de la société, aussi existentielle que celle de l'œuf et la poule, mais tellement plus essentielle.

J'espère, non j'attends le jour où l'équité entre hommes et femmes sera devenue tellement naturelle pour la société qu'on n'en parlera plus. C'est ce jour-là que nous aurons gagné notre liberté.
Lien : http://www.labiblidekoko.clu..
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mamansand72
  22 mars 2015
Annie Ernaux retrace, dans ce roman grandement autobiographique, toute son éducation, en Normandie dans les années 60, entre une mère commerçante et un père cafetier, ses envies de petite fille, ses espoirs de jeune fille. Sa mère n'est pas une « parfaite ménagère » mais lui apprend l'importance de l'autonomie, de l'indépendance… lui donne une vision moderne des rapports homme-femme.
de fil en aiguille pourtant, elle va sombrer dans le conformisme : mariage, enfants, mère et épouse qui fait tout ce qu' ON (la société ?) attend d'elle au détriment de sa personnalité et de ses envies… le prix est cher payé !
Le ton est désabusé, amer… mais le tout pose des questions toujours actuelles : le poids de l'éducation, les préjugés sociaux qui pervertissent les relations homme-femme, l'égalité, la parité illusoire dans le couple, l'impossibilité de tout concilier : vie professionnelle, femme, mère et épanouissement individuel.
C'est un style direct, franc et percutant. Ce livre m'a fortement marqué et me restera à coup sûr en mémoire !
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ClemenceLebovic
  25 novembre 2018
Quel livre ! Avec La femme gelée je commence tout juste à plonger dans l'oeuvre d'Annie Ernaux après Les années et Une femme. Et je ne l'aime qu'un peu plus à chaque fois. Elle a tout pour me plaire. Un style. Un ton que l'on reconnaît entre mille. La seule chose que j'exige de chaque personne qui prétend écrire/peindre/jouer/chanter/être un artiste. Un point de vue sur la société tellement raccord avec le mien. Et on a 46 ans de différence d'âge.

La condition féminine. Ce vaste sujet de bataille. Toujours présent. Ce qu'elle décrit dans La femme gelée n'est même pas une question de droits des femmes. C'est une question de point de vue sociétal sur ce qu'est le rôle de la femme. C'est consternant de lire que dans le fond, rien ne change. La charge mentale sur laquelle des mots n'ont été mis que trop récemment est déjà au coeur de ce qu'Anne Ernaux dit. Comment est ce qu'une jeune femme élevée par des parents d'un milieu modeste, mais avec des rôles non traditionnel dans leur couple, va devenir ce qu'elle abhorre. Une femme au foyer qui se doit d'offrir le foyer le plus harmonieux et bien tenu à un homme sur lequel elle c'est trompée.

Ce qu'écrit Annie Ernaux me donne encore plus envie de tout lire d'elle que je ne le voulais déjà. Il ne me reste plus qu'à choisir le prochain !
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