AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2841115399
Éditeur : Editions Nil (03/03/2011)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.66/5 (sur 275 notes)
Résumé :
Livre audio, lu par l'auteur

Yvetot, un dimanche d'août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors, au soleil, sur le chemin caillouteux de la rue de l’École. Sa mère sort de l'épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d'elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d'une confidence inouïe se gravent à jamais dans la mémoire d'Annie. Avant sa naissance, ses parents avaient eu une autre fille. Elle est mort... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  19 juin 2014
Lecture ancienne faite en juillet 2011...
Un bref récit poignant de l'auteure qui se remémore la violence d'une nouvelle entendue par inadvertance, l'été de ses 10 ans. se croyant fille unique... elle découvre qu'une petite soeur a existé avant elle, décédée toute petite...
Annie Ernaux relate avec finesse le poids des secrets, des non-dits sur l'avenir des individus...l'influence ultérieure sur la construction de son existence, en précisant qu'en plus, dans les années 50, il était interdit implicitement d'interroger ses parents...
Une phrase m'a profondément frappée: "Je n'écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j'écrive, ça fait une grande différence." (p.35)

"D'après l'état civil tu es ma soeur. Tu portes le même patronyme que le mien, mon nom de "jeune fille", Duchesne. Dans le livret de famille des parents presque en lambeaux, à la rubrique Naissance et Décès des Enfants issus du Mariage, nous figurons l'une au-dessous de l'autre.
Toi en haut avec deux tampons de la mairie de lillebonne (Seine-Inférieure), moi avec un seul- c'est dans un autre livret officiel que sera remplie pour moi la case décès, celui qui atteste de ma reproduction d'une famille, avec un autre nom.
Mais tu n'es pas ma soeur, tu ne l'as jamais été. Nous n'avons pas joué, mangé, dormi ensemble. Je ne t'ai jamais touchée, embrassée. Je ne connais pas la couleur de tes yeux. Je ne t'ai jamais vue. Tu es sans corps, sans voix, juste une image plate sur quelques photos en noir et blanc. Je n'ai pas de mémoire de toi. Tu étais déjà morte depuis deux ans et demi quand je suis née. Tu es l'enfant du ciel, la petite fille invisible dont on ne parlait jamais, l'absente de toutes les conversations. le secret. " (p.13)
Un récit qui prend "aux tripes", car il parle du deuil, du manque indéfinissable provoqué par des non-dits familiaux, de la séparation... d'une des multiples nécessités de l'écriture... là en l'occurence, une sorte de "réparation", rendre "la vie" à un être de sa fratrie...
"Evidemment ,cette lettre ne t'est pas destinée et tu ne la liras pas. Ce sont les autres, des lecteurs, aussi invisibles que toi quand j'écris, qui la recevront. Pourtant, un fond de pensée magique en moi voudrait que , de façon inconcevable, analogique, elle te parvienne comme m'est parvenue jadis, un dimanche d'été, peut-être celui où Pavese se suicidait dans une chambre de Turin, la nouvelle de ton existence par un récit dont je n'étais pas non plus la destinataire. Octobre 2010" (p.78)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          382
YvesParis
  03 mars 2013
A la fin des années 90, j'avais découvert et m'étais pris de passion pour l'oeuvre d'Annie Ernaux.
Je l'avais dévorée en quelques mois.
La tâche n'était pas si herculéenne : Annie Ernaux est l'auteur d'une douzaine seulement de courts romans autobiographiques. Elle y décrit ses origines modestes, dans la petite ville normande d'Yvetot, son avortement à la fin des années 60, l'échec de son premier mariage, l'accession à une forme d'indépendance financière et sexuelle ....
Dans son dernier livre, qui se présente sous la forme d'une lettre ouverte, elle s'adresse à sa soeur morte à l'âge de six ans, en 1938, deux ans avant sa naissance. Ses parents lui en avaient caché l'existence et elle la découvrit par hasard alors qu'elle était encore enfant. Cette soeur morte à un âge innocent fut longtemps sa concurrente : elle était "gentille" alors que la jeune Annie, déjà turbulente et indépendante, l'était si peu.
René Féret, qui avait vécu la même histoire, en a fait un très beau film méconnu "Baptême"
Plus bref encore que ses précédents livres qui l'étaient déjà beaucoup, "L'autre fille" semble marquer l'épuisement d'une oeuvre narcissique. Depuis quarante ans, Annie Ernaux ne réussit pas à parler d'autre chose que d'elle-même, de sa famille, de son parcours. Bien sûr l'angle de vue est chaque fois différent. Mais elle n'évite pas le ressasement ni la répétition (on retrouve le père violent évoqué dans "La place" ou la déchéance de la mère racontée dans "Je ne veux pas sortir de ma nuit"). A plus de 70 ans, elle a peut-être atteint les limites de sa démarche.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          362
milado
  20 octobre 2012
Découvert en audiolib dans le cadre du Prix Grandes Tartines 2013 organisé par les bibliothèques locales.
Un sujet très intime, comme souvent avec Annie Ernaux : une lettre à sa soeur ainée, morte de la diphtérie à 6 ans, avant même sa propre naissance, elle ne l'a donc pas connue, elle a appris sa naissance par hasard des années plus tard et n'a jamais osé en parler avec ses parents. Bien sûr, c'est très touchant, très fort émotionnellement mais tellement intime, surtout lue par l'auteur elle même, c'est assez troublant, déstabilisant.
Du coup je ne juge pas de l'écriture mais ce sera plutôt une critique du livre audio, il y a longtemps que je voulais essayer, je suis content de l'avoir fait mais je crois que ce n'est pas pour moi. On se retrouve avec une oeuvre où le rythme est imposé, difficile de ralentir, d'accélérer , de faire une pause sur une plage d'une dizaine de minutes en moyenne, difficile de prendre des notes pour qui ne connait pas la sténo. Difficile aussi pour moi de rester tranquille, concentré sur cette voix ( à moins peut être de s'allonger ? ), difficile de ne pas faire autre chose en même temps...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          301
jovidalens
  13 juillet 2014
En 2010, les Editions NiL lancent une nouvelle collection "Les Affranchis" qui propose à des auteurs de rédiger LA lettre qu'ils n'ont jamais écrite. Fiction ou réalité ? peu importe.
Un des premiers ouvrages de cette collection est "L'Autre Fille" d'Annie Ernaux.
En 2010, l'auteure écrit une lettre à sa soeur décédée plusieurs années avant sa naissance et dont elle a appris l'existence par une conversation surprise entre sa mère et une autre mère un été de 1950.
C'est le premier ouvrage que je lis de cette auteure ; découverte de son écriture, simple, agréable à lire et d'un style rageur, plein de souffrance et...plein d'un fiel (le plus amer), celui de la rancoeur que l'on peut éprouver à l'encontre de ceux qui nous sont les plus proches, ceux qui ont la capacité de mieux nous blesser.
Son père, sa mère, ne sont pas nommés, ils ne sont évoqués que par un pronom personnel - ou plutôt, dépersonnalisé ! de sa soeur, elle apprendra le prénom par une cousine. Elle s'appelait Ginette, prénom quelle ne peut évoquer sans malaise : "Encore maintenant, j'éprouve un malaise, une vague répugnance à l'entendre. Je le dis rarement. Comme s'il m'était interdit.". Quelle mise à distance !
Même si elle a vécu soixante-dix ans avec cette absence, la douleur est toujours là. Elle s'est sentie instrumentalisée par ses parents et s'est construite contre cette soeur, a respecté le silence de ses parents. Mais au fond, n'était-ce pas la meilleure façon de la protéger, de lui laisser tout un espace pour se développer, s'épanouir, sans la confronter à cette ainée rendue si parfaite par le souvenir ; c'est peut-être grâce aussi à ce silence qu'elle est devenue auteure.
Ce livre entre tout à fait en résonance avec ce qu'écrit Nancy Huston dans "L'espèce fabulatrice" : "Le soi est une donne chromosomique sur laquelle sont accrochés des fictions". Or l'oeuvre littéraire d'Annie Ernaux est presque complètement construite à partir de sa biographie, dont elle peaufine, "fictionne " les événements de sa vie.
Le titre est finement choisie "L'autre fille" ; laquelle ? L'enfant décédée à six ans, où celle qui écrit aujourd'hui ?
Et puis, est-ce que cette Collection "Les Affranchis" n'a pas été le prétexte, l'opportunité de jeter sur le papier tout ce non-dit, tout ce silence qu'elle, la seconde née avait accepté. Même avec sa révolte, elle n'a jamais osé aborder ce sujet avec ses parents. Et pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué.
Le passage qui m'a le plus émue est celui où elle raconte le jour où elle présente son premier né à son père « et il s'écrie « la petite fille est arrivée !» Ce lapsus -dont je mesure aujourd'hui toute l'étendue, y compris de beauté – j'aurais voulu ne pas l'avoir entendu. »
Troublante cette lettre-confession ! Un peu trop...égocentrique tout de même.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Herve-Lionel
  14 août 2016
La Feuille Volante n°1064– Août 2016
L'AUTRE FILLEAnnie ERNAUX - NIL - Les Affranchis.
Si on en juge par le texte préliminaire, cette courte oeuvre a été écrite à la demande de l'éditeur sur le thème« Écrivez une lettre que vous n'avez jamais écrite ». L'auteure a choisi une sorte de monologue adressée longtemps après à sa soeur Ginette, morte avant guerre de la diphtérie et qu'elle n'a pas connue. Il ne s'agit donc pas là d'un roman, ce serait une sorte d'exercice de style, un travail de commande ou quelque chose d'approchant. Pourquoi pas après tout, un écrivain écrit par définition et on peut lui demander d'exercer son art. Avec l'amour et la vie, la mort a beaucoup inspiré les auteurs, mais quand même, le décès d'un proche a une dimension différente et l'écriture, si elle ne vient pas spontanément, n'a pas forcement cette action apaisante. Cela deviendrait donc un banal témoignage, une occasion de se retourner sur le passé familial.
Parler d'un mort est une chose difficile, surtout quand on ne l'a pas connu qu'on n'a pas parlé ni vécu avec lui parce que le destin ne l'a pas permis. Ginette est sa soeur, mais pour l'état-civil seulement, un nom sur le livret de famille mais aucun souvenir entre elles, aucune complicité, rien que des photos, traces muettes d'un petit visage sur papier glacé, fantôme de cette « autre fille », morte à six ans alors qu'Annie n'était pas encore née. La mort est un sujet tabou, et dans cette famille pleine de préjugés et de bondieuseries, c'est le silence et le déni qui prévalent puisqu'on ne fleurit jamais sa tombe. On ne parlait jamais de Ginette et ce mutisme n'a été rompu pour Annie qu'au hasard d'une conversation entre sa mère et une cliente du magasin [s'est souvent par les femmes que passe ce genre de révélation] et qui ne lui était pas destinée. Comme le trépas sanctifie tout, parce qu'on ne dit jamais de mal d'un mort, on la pare de toutes sortes de qualités qu'elle n'avait peut-être pas. C'est tout juste si on ne regrette pas ouvertement le choix du destin tout en essuyant ses larmes. Voilà donc Annie devenue enfant unique, porteuse de l'espoir de ses parents, presque enfant de remplacement parce qu'une vie peut en remplacer une autre et qu'il ne faut pas rester sur sa douleur. On atténue l'injustice de la perte d'un enfant par la certitude, au moins proclamée quand on est croyant, que la petite défunte est devenue un ange, une véritable sainte, et voit maintenant la Vierge et Jésus, consolation bien moindre au regard du chagrin qui durera tant que durera la vie et dont les vivants ne se relèveront jamais. Pourtant l'auteure, dans sa tête, n'a jamais été cette enfant unique, il y avait toujours, comme à contre-champ, une présence sortie du néant et dont elle était l'héritière, un peu comme si tout l'amour qu'on donnait à l'enfant vivant n'était finalement destiné qu'à l'absente. Il y a même une une sorte de dédoublement quand la maladie rapproche Annie de la mort. Elle a seulement eu plus de chance que sa soeur entre sérum anti-tétanique et eau de Lourdes mais c'est une autre injustice que la mort de cette petite sainte et la vie de ce démon d'Annie. de cela naît une culpabilité amplifiée par le silence et la volonté de vivre de cette survivante.
Parce que le livre est bien souvent un univers douloureux, ce qui n'était au départ d'une invitation intellectuelle devient une quête intime, une interrogation face à cette mémoire parcellaire, une volonté de faire revivre cette silhouette, l'écriture servant de prétexte à ce cheminement intérieur. J'en reviens au texte préliminaire. Écrire sur un sujet éminemment personnel n'est pas sans risque et on n'en ressort jamais indemne. C'est le résultat d'un long travail de maturation. Au début, j'ai eu l'impression qu'entre Annie et sa soeur il n'y avait que le silence puis, petit à petit elle prend conscience que sa vie s'est nourrie de la mort de sa soeur et du vide qu'elle a laissé, qu'elle n'a vécu que par une sorte de procuration, qu'elle a une manière de dette envers Ginette, devenue ainsi une sorte d'ange protecteur. Ce qu'elle veut c'est la ressusciter par l'écriture parce que, sans peut-être le savoir, elle porte en elle ce vide d'une vie interrompue. Elle est bien consciente cependant que ce « tu » employé lors de cette sorte d'interpellation est de circonstance, que cette intimité entre elles est artificielle, imaginaire, que cette lettre est un leurre un peu comme jadis on nous demandait d'offrir à Dieu nos souffrance pour les autres. Ici elle offre ses renoncements pour faire revivre Ginette mais, ce faisant, elle a bien conscience de courir après une ombre, de la faire en quelque sorte « remourir ». Cette quête est finalement vaine et débouche sur la négation, sur une sorte d'échec « Pour être, il fallait que je te nie », « Je n'écris pas parce que tu es morte, tu es morte pour que j'écrive, ça fait une grande différence ». Reprenant le cours de son récit et évoquant la mort de ses parents , c'est donc la vie qui prévaut et elle devient pour eux « l'autre fille », celle qui s'est enfui loin d'eux et qui ne reposera pas à leur côté pour l'éternité.
Le texte préliminaire invitait des auteurs à « s'affranchir d'une vieille histoire », à y mettre un point final. Pour cela l'écriture possède ce pouvoir d'apaiser celui qui la pratique et cette manière d'interpeller quelqu'un, même fictivement dans une lettre qui ne sera jamais envoyée et jamais lue par son destinataire est un paradoxe. L'auteure a accepté ce principe, un peu comme un défi, sans peut-être en connaître le véritable motif et destine finalement ce texte fort bien écrit et émouvant au lecteur par définition inconnu. En a-t-elle conçu pour autant un apaisement ?
© Hervé GAUTIER – Août 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   21 février 2012
[ Incipit ]

C'est une photo de couleur sépia, ovale, collée sur le carton jauni d'un livret, elle montre un bébé juché de trois quarts sur des coussins festonnés, superposés. Il est revêtu d'une chemise brodée, à une seule bride, large, sur laquelle s'attache un gros nœud un peu en arrière de l'épaule, comme une grosse fleur ou les ailes d'un papillon géant. Un bébé tout en longueur, peu charnu, dont les jambes écartées avancent, tendues jusqu'au rebord de la table. Sous ses cheveux bruns ramenés en rouleau sur son front bombé, il écarquille les yeux avec une intensité presque dévorante. Ses bras ouverts à la manière d'un poupard semblent s'agiter. On dirait qu'il va bondir. Au-dessous de la photo, la signature du photographe - M. Ridel, Lillebonne - dont les initiales entrelacées ornent aussi le coin supérieur gauche de la couverture, très salie, aux feuillets à moitié détachés l'un de l'autre.
Quand j'étais petite, je croyais - on avait dû me le dire - que c'était moi. Ce n'est pas moi, c'est toi.
Il y avait pourtant une autre photo de moi, prise chez le même photographe, sur la même table, les cheveux bruns pareillement en rouleau, mais j'apparaissais dodue, avec des yeux enfoncés dans une bouille ronde, une main entre les cuisses. Je ne me souviens pas avoir été intriguée alors par la différence, patente, entre les deux photos.

Aux alentours de la Toussaint je vais au cimetière d'Yvetot fleurir les deux tombes. Celle des parents et la tienne. D'une année sur l'autre j'oublie l'emplacement mais je me repère à la croix haute et très blanche, visible depuis l'allée centrale, qui surmonte ta tombe, juste à côté de la leur. Je dépose sur chacune un chrysanthème de couleur différente, quelquefois sur la tienne une bruyère, dont j'enfonce le pot dans le gravier de la jardinière creusée exprès, au pied de la dalle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
YukoYuko   14 juin 2012
D'après l'état civil tu es ma soeur. Tu portes le même patronyme que le mien, mon nom de "jeune fille", Duchesne. Dans le livret de famille des parents presque en lambeaux, à la rubrique Naissance et Décès des Enfants issus du Mariage, nous figurons l'une au-dessous de l'autre. (...)
Mais tu n'es pas ma soeur, tu ne l'as jamais été. Nous n'avons pas joué, mangé, dormi ensemble. Je ne t'ai jamais touchée, embrassée. Je ne connais pas la couleur de tes yeux. Je ne t'ai jamais vue. Tu es sans corps, sans voix, juste une image plate sur quelques photos en noir et blanc. Je n'ai pas de mémoire de toi. Tu étais déjà morte depuis deux ans et demi quand je suis née. Tu es l'enfant du ciel, la petite fille invisible dont on ne parlait jamais, l'absente de toutes les conversations. Le secret.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
LabyrinthiquesLabyrinthiques   15 octobre 2011
Naturellement, je l'adorais. On disait qu'elle était une belle femme et que j'étais
de son « côté ». Je m'enorgueillissais de lui ressembler. Je la détestais parfois et je levais le poing devant la glace de l'armoire en souhaitant qu'elle meure. T’écrire c'est te parler d'elle sans arrêt, elle la détentrice du récit, la profératrice du jugement, avec qui le combat n'a jamais cesse, sauf a la fin, quand elle était si misérable, si perdue dans sa déraison et que je ne voulais pas qu'elle meure.

Entre elle et moi c'est une question de mots.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
luocineluocine   15 avril 2011
tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. D écrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture.

Commenter  J’apprécie          120
Herve-LionelHerve-Lionel   14 août 2016
Tu n'as d'existence qu'au travers de ton empreinte sur la mienne. T'écrire, ce n'est rien d'autre que de faire le tour de ton absence. D'écrire l'héritage d'absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d'écriture.
Commenter  J’apprécie          70
Videos de Annie Ernaux (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annie Ernaux
Le choix des libraires vous invite à la rencontre de Ariane Herman, la propriétaire de la librairie « Tulitu » à Bruxelles. Avec elle, partagez ses coups de c?urs et ses auteurs favoris comme Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar ou encore Joséphine Bacon.
autres livres classés : lettreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Connaissez-vous vraiment Annie Ernaux ?

Où Annie Ernaux passe-t-elle son enfance ?

Lillebonne
Yvetot
Bolbec
Fécamp

10 questions
161 lecteurs ont répondu
Thème : Annie ErnauxCréer un quiz sur ce livre
.. ..