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Critique de Nastasia-B


Nastasia-B
  13 juillet 2016
Pendant toute ma lecture de Passion Simple d'Annie Ernaux, je me suis dit que cela ferait un épisode croustillant des Boloss des Belles Lettres. J'imagine des formules taillées au sécateur dans les buissons foisonnants des métaphores argotiques. Quelque chose dans le genre :

« C'est l'histoire d'une bourgeoise qui s'est fait motoculter par un alien venu de l'est. Le hussard, il lui a fait le coup de l'Orient-Express, tu vois, par-dessus le mur de Berlin en misant sûrement tout sur son cierge… Mais la pouliche, elle le kiffait tellement grave qu'elle en mouillait ses serviettes Tena rien qu'à se remater le making of.

La meuf elle est plus trop fraîche, tu vois, du genre date limite courte, et elle se tape des soirées bridge avec des as de la cafetière, des mannequins qui chauffent du bulbe mais pas tellement de la braguette. Or voilà qu'elle est tombée sur un James Bond roumain, tchèque ou ruskof — on sait pas trop — avec la devanture d'Alain Delon dans Les Aventuriers.

Ça l'a fait chavirer la gonz, tu penses bien, en plus il est pas de la même promo qu'elle, facile dix rouleaux de moins dans l'almanach, et même s'il siphonne autant que Boris Eltsine, il pète la calamine mieux que Pop'eye, il est sapé Armani et il se la joue BMW. Toutes les bergères, elles le passent aux rayons X, tu penses, et voudraient bien se faire presser le pamplemousse mais lui il préfère la vioc pour le changer de sa routinière.

La nana avec son bic et ses crayons de rimmel, elle se doute bien qu'il finira par lui lâcher le compotier un jour ou l'autre, mais elle se projette pas trop dans son planning. Alors, entre deux petits coups de polish, elle carpe diem tout son flouze dans les boutiques Nelcha, elle champollionne des mots croisés en regardant Roland Garros ou se fait tirer la courte paille dans l'horoscope du Figaro madame. » Etc., etc.

Bref, nul besoin de pousser plus loin la contrefaçon. Tout ceci pour dire que j'ai eu la sensation qu'Annie Ernaux s'écoute penser et se regarde écrire, en nous contant une amourette de midinette à l'âge de la ménopause.

Elle est tombée amoureuse ? Ouais, pas banal. C'était juste pour le cul ? Ouais, pas banal non plus. Elle y repensait tout le temps et n'arrivait pas à faire autre chose au début ? Ah, c'est original. À vue de nez, il ne doit pas y avoir plus de trois milliards de femmes en ce moment dans le monde qui ont vécu des choses comme ça mais en mieux.

Bon, mais c'est vrai que c'est très, très bien écrit… euh… qu'est-ce que je raconte moi ?… euh… bah, non… c'est toujours son écriture plate, quoi. Donc, si vous aimez bien ce style, vous aimerez encore celui-ci mais si comme moi vous n'aimez pas… enfin, vous m'avez comprise.

En somme, pour moi, une lecture d'un vibrant manque d'intérêt mais, comme je le dis toujours, ceci n'est que mon simple avis sans passion, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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