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Annie Sabatier (Traducteur)Antoine Pingaud (Traducteur)Michel Heller (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2226002537
Éditeur : Albin Michel (17/12/1975)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Admettons. Je suis un sale bonhomme. Je remarque toutefois une chose : un homme qui, le matin, n'est pas dans son assiette et, le soir, déborde de projets, de rêves et d'énergie, ça c'est un
très mauvais homme ; mal fichu le matin, en pleine forme le soir : voilà qui ne trompe pas. Mais dans le cas contraire, s'il est plein d'allant et d'espoir le matin et complètement à plat le soir, là, c'est franchement un pauvre mec, un mesquin, un médiocre. Pour moi, c'e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  30 août 2019
"Tel vous le versez, tel vous le boirez."
(proverbe russe)
Je ne me suis jamais considérée comme une inconditionnelle de la littérature post-moderne russe, mais "Moscou-Pétouchki" ("Moscou-sur-Vodka", en français) vaut vraiment le détour. C'est une sorte de manifeste de son époque (1969), un peu comme "On the Road" de Kerouac, mais profondément et désespérément russe.
Sur les 200 pages à peine, "l'âme russe" se dévoile dans toute sa largeur, profondeur et bassesse; dans un envol métaphysique plein d'un incroyable pathos.
En général, j'aime qualifier ce type de livre de "ragoût", mais ceci est une authentique solianka littéraire agrémentée d'aneth frais. L'essence même de la Russie, envoyée par un lanceur de couteaux professionnel directement dans le coeur, pour vous épingler au mur avec la force inouïe de la Zubrovka matinale. Le vent glacial de novembre plein de vapeurs éthyliques vous mettra les larmes aux yeux, et vous privera de parole jusqu'à ce que vous réussissiez à mettre la main sur la première bouteille disponible.
Je ne sais pas comment définir ce petit livre, que je considère comme intraduisible. Prenez la souffrance contenue dans l'âme russe depuis toujours, ajoutez y un peu de mélancolie hurlante, la propension à la dépense mélangée à la misère ambiante, un brin de jovialité et la passion pour l'alcool, et secouez... Vous obtiendrez Vénitchka Erofeïev, qui discute être et non-être avec des quantités d'éthanol capables de mettre à genoux toute une armée Viking; mais lui, il ne ressent qu'une infinie tristesse dans l'âme.
Je pourrais simplifier, en disant qu'il s'agit d'un voyage dans un train de banlieue entre Moscou et Pétouchki. Mais vous ne savez pas si vous êtes en train de lire un discours incohérent d'un ivrogne, ou un texte subtil et réfléchi d'un génie hors-normes, avec un verre de "Baiser sans amour" (rebaptisé plus tard en "Nadejda Kroupskaïa") dans sa main tremblante.
Vénitchka a mal, mal, mal au corps et à l'âme; mal à cause de tout ce qui était et tout ce qui sera, il veut juste arriver sans encombre à Pétouchki, mais comment ? Pour l'amour de Dieu qui n'existe pas et pourtant si, comment, quand le trajet est parsemé de tant de pièges, tant d'alcool, tant d'arrêts et tant de voyageurs qui n'hésitent pas à partager leur fond de bouteille en abordant des sujets aussi divers que les rots et la théologie ? Comment faire un pas décidé droit devant, quand le filet avec les bouteilles est si lourd, le travail sur le chantier si fatigant, et puis ces anges qui s'en mêlent... Il faut juste réussir à descendre à la bonne station !
C'est une lecture absolument dépressive, qui vous cassera en morceaux pour remettre ensuite ces éclats d'une façon toute différente : vous ne verrez plus jamais la Russie comme avant. Bien sûr que c'est drôle, mais c'est un humour qui vous dressera les cheveux sur la tête. Je ne peux que le recommander. Ca ne va pas vous plaire, mais ce n'est pas important.
Et puis, quoi... je vous invite tous à trinquer avec "Tripe de chienne" ("Soutchiy potrokh"), une boisson qui éclipse toutes les autres.
Notez :
- Bière Jigoulovskoie, 100 ml
- Shampooing Sadko-Riche marchand, 30 ml
- Gel anti-pelliculaire, 70 ml
- Colle BF, 15 ml
- Liquide de frein, 30 ml
- Insecticide contre les petits nuisibles, 30 ml
"Laissez macérer pendant une semaine avec toutes sortes de feuilles de tabac, et servez. Ce n'est plus une boisson, c'est une musique des sphères."
Za vashe zdorovie ! Je dédie ce billet à Booky, en remerciement pour sa "Tête légère". Ceci laisse la tête lourde qui tourne... mais aussi quelque chose de plus.
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Sachenka
  30 octobre 2017
Le postmoderne et moi, c'est deux. Mais je me prête à l'exercice à l'occasion, comme pour cette oeuvre, Moscou-sur-vodka. Il s'agit d'un roman paru tout d'abord sous forme de samizdat, une sorte de feuilleton interdit. Quand on sait qu'il est impossible d'éviter la censure soviétique, il faut recourir à la publication clandestine. C'est une raison suffisante pour vouloir la lire… Et heureusement que Venedikt Erofeïev l'a fait ! Son roman satirique, sous couvert d'humour, tourne en dérision (et autodérision) les revers de la société russe. Sacrilège !
Son anti-héros, Vénitchka (double de l'auteur), déambule à moitié ivre dans les rues de la capitale russe. C'est le début du long parcours de cet intellectuel alcoolique, de la gare de Moscou à celle de Pétouchki, en passant par Karatchavoro, Tchoukhlinka, etc. Pendant ce long trajet, il ne cesse pas un instant de boire et il ne se limite pas à la vodka ! Tous les spiritueux y passent, gnôle, vermouth, etc. Il ne manque que le cocktail Molotov…
Mais Vénitchka n'est pas le seul à boire. Il vit dans un monde d'alcooliques, tous ne survivent dans ce pays difficile que grâce à la bouteille. C'est triste. Ensemble, ils se laissent aller aux confidences, à parler politique, art et littérature (Blok, Gorki, Dvorak, Marx, etc), à philosopher. En fait, ils divaguent. Surtout, tous y vont de leurs trucs pour continuer à boire. C'est pathétique. Est-ce vraiment l'image qu'Erofeïev se faisait de ses concitoyens ?
Dans tous les cas, Vénitchka est tellement bourré qu'il s'endort dans le train qui, après être arrivé à destination, fait demi-tour. le pauvre homme se retrouve là où son périple a commencé : Moscou. La finale m'a beaucoup surpris mais je la trouve appropriée. En effet, il ne pouvait que se retrouver victime d'autres alcooliques.
Mais pourquoi tout ce beau monde est ivrogne ? Il y a tant de raisons ! Certaines sont sérieuses et d'autres, moins. C'est là que le côté satirique d'Erofeïev ressort. C'est déjanté, irrévérencieux, je peux comprendre pourquoi le régime soviétique de l'époque n'aurait pas apprécié. Mais est-ce suffisant ? Original, oui. Fascinant, je n'en suis pas convaincu. Je peux comprendre que de telles oeuvres soient importantes mais, d'un point de vue strictement littéraire, je ne peux pas dire que ce soit ma tasse de thé… Pardon, ma bouteille de vodka.
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Florence94
  14 août 2012
J'ai été très déconcertée par ce livre. C'est un livre totalement inclassable selon mes critères. L'auteur (qui est aussi le héros de l'histoire) est complétement ivre du début à la fin. Il navigue totalement saoul dans un monde d'ivrognes.Le héros prend le train à Moscou pour aller à Pétouchki à quelques que 150 km de Moscou. Après de nombreuses réflexions philosophiques noyées dans l'alcool, il finit par se retrouver à son point de départ où l'attend une fin tragique. Pendant tout le périple le personnage boit et nous fait part de ses idées qui bousculent les théories généralement admises sur la politique et les « grands hommes ».C'est assez difficile à lire. Ce n'est vraiment pas toujours une sinécure de suivre le fil de la pensée de l'auteur.
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Apoapo
  04 février 2016
L'une de mes lectures les plus marquantes, pour ses qualités littéraires, pour l'originalité de ce roman postmoderne russe, ainsi que pour sa capacité de s'ériger en emblème, onirique et éthylique, du passage au post-communisme et de la désorientation de la jeune génération concernée. le voyage en train du personnage, ainsi que sa disparition sont peut-être totalement imaginaires. Seules les recettes de breuvages ont l'air réel!
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Gamardjoba
  03 juin 2018
L'originalité ne me rebute pas, le style littéraire de l'auteur, même s'il est loufoque, est d'une grande qualité.
Mais je n'ai jamais réussis à rentrer dans l'histoire.
J'ai eu beaucoup de peine à le terminer.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   28 août 2019
Elle vida ce deuxième verre du même geste machinal. Après quoi elle ouvrit toute grande la bouche et se tourna vers chacun de nous : "Et là, vous voyez ? Les quatre dents qui manquent ?
- Où sont-elles donc passées ?...
- Allez savoir ! Moi, une femme instruite, il faut que je me balade avec quatre dents en moins ! C'est à cause de Pouchkine qu'il me les a fait sauter !
Alors, quand je vous ai entendus causer littérature, je me suis dit : "Va donc t'asseoir avec eux et vider un verre, et tu leur raconteras comment Pouchkine t'a fait casser la gueule et éjecter tes quatre dents de devant... "
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pied2chienpied2chien   14 mars 2015
Mais en voici assez pour la "Larme". J'ai gardé le meilleur pour la fin. "Finis coronat opus", comme disait le poète. Autrement dit, je vous présente le cocktail "Tripe de chien", une boisson qui éclipse toutes les autres. Que dis-je, une boisson: la musique des sphères ! Qu'y a-t-il de plus beau au monde ? Lutter pour la libération de l'humanité. Et qu'y a-t-il d'encore plus beau ? Ceci (prenez note) :
-Shampooing "Nuit sur le mont Chauve" 30g
-Bière de Jigoulis 100g
-Lotion antipelliculaire 70g
-Déodorant pour les pieds 30g
-Désinfinctant antiparasitaire 20g
Vous laissez macérer pendant une semaine avec du tabac à cigares. Puis vous servez.
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Florence94Florence94   14 août 2012
- Mais enfin, qu'as-tu acheté pour finir, Vénitchka ? On aimerait bien le savoir ...
- Je vous comprends. Eh bien voilà, dans l'ordre : deux bouteilles de Koubanskaïa à deux roubles soixante-deux, soit cinq roubles vingt-quatre , puis deux demi-bouteilles de Rossiiskaïa à un rouble soixante-quatre, soit cinq roubles plus trois roubles vingt-huit égalent huit roubles cinquante-deux kopecks. Et aussi un vin rouge ... Attendez que je me rappelle ... Ah oui : un rosé corsé à un rouble trente-sept.
Une fois encore, je m'abandonnai à la vague ...
Mais je fus contrarié dans cet abandon : à peine avais-je sombré dans l'oubli que quelqu'un m'envoya un coup de queue dans le dos.
Je sursautai et me retournai : devant moi se tenait un être qui n'avais ni pieds, ni queue, ni tête.
- Qui es-tu ? demandai-je éberlué.
- Devine !
Et il partit d'un rire cannibale.
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stekasteka   18 juillet 2017
Aujourd'hui, je l'affirme solennellement : plus jamais je n'entreprendrai quoi que ce soit qui renouvelle cette triste tentative d’ascension. Désormais je reste en bas, et d'en bas je crache sur toute votre échelle sociale. Parfaitement : un crachat sur chaque échelon. Il faut être un sacré coco pour l'escalader, cette échelle ! Nerfs d'acier, cœur de pierre, volonté de fer ! ... Très peu pour moi.
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SachenkaSachenka   02 novembre 2017
- Aimer à la Tourgueniev, c'est savoir tout sacrifier pour l'élue de son coeur! [...]
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