AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2367930155
Éditeur : L'Atalante (07/04/2014)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 477 notes)
Résumé :
Univers à première vue délirant qui trouve sa tragique explication à la fin du roman, space opera non militariste, Des milliards de tapis de cheveux est un choc. L'histoire ? De la SF apparemment classique. Les rebelles qui ont tué l'Empereur immortel - au pouvoir depuis cent mille ans ! - découvrent de bien étranges secrets. Ils s'efforcent de comprendre pourquoi une planète entière est dévolue ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  24 septembre 2017
J'ai dévoré ce livre. J'ai eu beaucoup de compassion pour ces hommes et ces femmes aux vies brisées et cadenassées par les interdits religieux, le poids insupportable de l'appareil d'état et des traditions.
J'ai pensé à un sombre voyage en Absurdie.
Car dans cette lointaine galaxie, qu'y a-t-il de plus absurde pour un homme que de tisser durant toute une vie un tapis de cheveux appartenant à ses épouses et à ses filles, d'organiser toute son existence autour de cette unique activité, et de répéter sans se poser la moindre question cette tradition millénaire jusqu'à la fin des temps ? Des tapis, figurez-vous, qui sont destinés à décorer le palais de l'Empereur. Un palais grand comme une planète, à la dimension de son immensurable empire. L'Empereur Dieu de cet extraordinaire livre de science-fiction est à l'origine de tout. Il ordonne à l'univers et aux peuples qui y vivent. Il est infiniment loin et en même temps très proche d'eux. Il est le Dieu paternel ou vengeur. Il est omniscient, omniprésent. Tous les personnages de ce roman ne sont que de pathétiques marionnettes qui lui obéissent par peur, par devoir ou pire, par habitude. Cette soumission transpire à chacune de leurs tranches de vie qui sont autant de défaites et de désillusions. le seul sourire, la seule brève éclaircie de ce livre sans concession se passe quand un officier retrouve son libre-arbitre en cachant la vérité à ses supérieurs.
Cette mission absurde et sacrée pour ces tisseurs de confectionner des milliards de tapis de cheveux est une dénonciation implacable de nos grands gourous, tous ces « Petit père des peuples », « Grand timonier », « Il Duce », « Big Brother », « Guide spirituel », « Roi Soleil », « Calife », « Lider Màximo », « El Caudillo », « Grand Prêtre »…, dont la démesure, la tyrannie, les caprices, les rêves fous, détruisent les existences des misérables insectes que nous sommes.
Un petit chef-d'oeuvre, je vous dis !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          989
Dionysos89
  26 février 2014
Ils sont beaux, mes tapis, ils sont beaux ! Tout de cheveux tissés, ils sont le but ultime de tout bon père de famille désireux d'assurer un certain train de vie à sa descendance ! Grâce à ce système social à première vue capillotracté, et pourtant diablement original, Andreas Eschbach nous tisse une histoire touffue certes, mais également moelleuse et confortable.
Tout commence sur une planète isolée, aux confins de la galaxie. Là, la tradition veut que chaque père de famille tisse pendant toute sa vie, à partir des cheveux de sa femme et de ses filles, un magnifique tapis destiné à l'empereur galactique et ayant également pour but de subvenir aux besoins financiers de sa descendance de la génération suivante. Andreas Eschbach pose ainsi, dès le départ, la problématique de l'éternel recommencement au centre de son intrigue. Et l'intrigue en effet, quelle est-elle ? D'un drame presque anodin, lié à ces tapis, de destins personnels en politiques à l'échelle d'une galaxie, l'auteur cherche surtout à nous faire ressentir le poids de la tradition et sa force dans une société établie. Pour cela, nous abordons l'ensemble des facettes d'une galerie large et variée de personnages : le vieux tisseur qui perd le fruit de toute une vie de labeur, les politiciens rebelles qui ont mis à bas l'empereur immortel, les occupants de vaisseaux explorateurs aux confins de l'Empire délabré.
Dans ce space opera non militariste, l'intérêt est ainsi plutôt sur les aspects culturalistes, puisqu'à l'image de cette branche de l'anthropologie, ce roman met clairement en évidence l'influence de la culture, de l'éducation, de la tradition organisée par la société, sur la personnalité des individus qui la composent. Devant cet état de fait, la difficulté de compréhension de certains viendra sûrement du flou chronologique engendré dans l'enchaînement des différents chapitres, mais à part ça tout cela reste plutôt lisible et vraiment prenant. Nous pouvons au milieu du roman soit que l'auteur s'est retrouvé le derrière entre deux chaises pour passer ainsi d'un planet opera centré sur le poids des tapis à un space opera trop large et trop englobant, soit que la transition entre les deux est juste trop nette au prix d'un changement de décor un peu déstabilisant. Pour autant, nous ne pouvons nous empêcher de souligner dans ce premier roman d'Andreas Eschbach une certaine poésie et un sens de l'épopée discrète, qui me fait rapprocher le style de cet auteur de celui de Jean-Philippe Jaworski, avec bien évidemment une approche différente du point de vue de l'aventure galactique.
Sans être un monument du genre, ces Milliards de tapis de cheveux laissent un souvenir des plus agréables en se fondant sur un concept vraiment original et en racontant une histoire prenante. La conclusion est lourde de réflexions sur le sens de nos vies de mortels.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          580
fnitter
  26 août 2012
Ce livre a obtenu le prix bob morane 2000 (roman étranger) et 2008 (prix spécial) ainsi que le grand prix de l'imaginaire 2001.
Un grand cru donc, d'autant que la plupart des critiques sont dithyrambiques.
Et force est de constater, que sans tomber en pamoison, j'ai passé un agréable moment avec ce roman.
Depuis des temps immémoriaux, des pères passent leur vie à tisser des tapis avec les cheveux de leur femmes et filles destinés au palais de l'empereur. Mais personne n'a jamais vu ces tapis au palais et la quantité fabriquée est telle que l'on se pose des questions.
D'autant que l'empereur, qui pourtant vivait depuis des dizaines de milliers d'années, élevé au rang des dieux, est mort, que les rebelles ont pris le pouvoir et que personne ne sait rien sur cette histoire.
Le titre et le quatrième de couverture ne rendent pas grâce à l'oeuvre. J'ai longtemps hésité avant d'ouvrir cet ouvrage, justement à cause d'eux. Mais finalement bien m'en a pris. Et effectivement il n'y avait pas d'autre titre possible, puisque tout repose sur ces tapis de cheveux.
Une énigme tout d'abord : Que deviennent ces tapis ? Que le lecteur se rassure, il aura sa réponse, aussi surprenante que logique.
Le livre se compose de scènes de vie, dont beaucoup sont situées sur une seule planète productrice de tapis, une description d'un système, instauré depuis des millénaires, de type médiéval-fantasy où les femmes sont des objets courtisés pour leur chevelure, entrecoupées de scènes plus "science-fiction" "space opera", ou doucement, les explications se mettent en place pour arriver à la révélation finale.
Les personnages, sont un peu oubliés par l'auteur. Il n'y a pas vraiment de personnage central. C'est peut être le seul reproche que j'aurais à faire à ce livre. Il manque - bien que je sois sur qu'il s'agisse d'une volonté délibérée de l'auteur de ne pas se reposer sur un personnage, mais plutôt sur une histoire ou des histoires - il manque donc à mon humble avis un personnage fil rouge, qu'on aurait pu suivre tout au long du roman.
Une histoire facile à lire, originale et pleine de poésie (je plagie honteusement le quatrième de couv) qu'il faut découvrir absolument.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          594
finitysend
  15 novembre 2012
La force d'une métaphore cinglante !
Un roman qui a beaucoup de charme et de pertinence .
Beaucoup de charme certes , mais assez clivé en qualité au grès des parties des textes qui conduisent au dénouement , selon mon humble avis .
Un despotisme démesuré a conduit un monde entier à tisser des tapis pour un empereur absent . La vie sur ce monde est intégralement subordonnée au tissage et au transport de ses tapis .
Une partie du roman explore et décrit cette réalité en nous plongeant dans un univers intemporel et « Low Tech « qui est envoutant , surtout que le style est très élégant et très soigné , avec un soin très exigeant qui est consacré à la peinture des personnages et aux modes de vie .
Cette planète entière est une métaphore qui représente le despotisme aveugle et la soumission non moins aveugle qu'il exige , réclame et obtient .
En fait il s'agit d'un recueil de nouvelles très cohérentes .
L' auteur nous entraine ensuite sur des routes spatiales pour savoir , s'il faut ou non accorder du crédit à la rumeur selon laquelle l'empereur serait renversé par des rebelles ....
Jusque le huitième texte ( inclus ) , nous tournons autour des tapis , de leur production , du tissage , des guildes et des caravanes de marchands qui collectent et expédient les tapis , de la collecte des impôts ....
Ces huit textes sont excellents , l'univers est envoutant grâce à de sobres et puissantes descriptions et par l'évocation d'enjeux densément humains , et il dégage ainsi un charme absolument entêtant. C'est un planete opera soigné et très exigent en fait .
Ensuite le lecteur embarque dans l'exploration de l'au-delà du ciel . Et là , toujours à mon humble avis , le récit débouche , du point de vue de la forme , sur un espace opéra naïf qui n'a plus rien de la puissante métaphore que constituaient les textes précédents .
On bascule dans l'espace opera naïf et classiquement convenu , sur la forme et c'est vraiment à peine au-dessus du minimum syndical . Et cela fait à peine l'effet que pourrait produire aujourd'hui , un texte du type « âge d'or de la science-fiction « ....
Si l'auteur poursuit le développement de sa pensée avec mesure et succès , le texte perd brutalement , au détour d'une page toute élégance , toute envergure et toute ampleur ...
Deux attributs que soulignons-le , il retrouvera avec une force symboliquement tragique , presque tragique en fait , et percutante surtout , dans l'ultime dénouement de cette quête de signification politique et de sens de la vie comme subordonnée au politique , que constitue finalement ce récit .
Car , comme chacun le sait , le totalitarisme engendre l'oppression et la lobotomie des consciences et il est souvent un mode de vie inscrit dans la chaire de ses victimes .
Un beau sujet , mais « un roman « clairement inégal malgré un suivi exigent et intelligent des développements thématiques .
Il ne suffit pas de disserter avec pertinence sur le totalitarisme pour se dispenser de concevoir un texte brillant sur toute la ligne mai surtout un texte égal sur toute la ligne ....
Un bon roman agréable et sympathique cependant et incontestablement .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412
Luniver
  30 juin 2013
Quelque part sur une planète oubliée de tous, la vie est rythmée par la guilde des tisseurs : chaque tisseur doit réaliser un tapis avec les cheveux de sa femme, ses filles et ses concubines, pour le vendre aux marchands de l'Empereur : la somme récoltée permettra au fils de fonder une famille et de tisser à son tour un tapis. Comme un tapis ne peut faire vivre qu'une famille, les garçons cadets sont tous éliminés.
Cependant, un jour, un homme se pose sur la planète : il prétend être un rebelle, et avoir fait partie d'un groupe qui a tué l'Empereur. Événement qui remonte déjà à plusieurs années. Personne ne le prend au sérieux et il est emprisonné pour hérésie. La vie continue comme avant, même si les marchands impériaux ne se présentent plus.
Curieux monde que nous décrit dans ce roman Eschbach : le fonctionnement de la guilde des tisseurs est tellement ancré dans les habitudes, par l'enseignement, la religion d'un empereur éternel, que la société est incapable de se transformer, et continue inlassablement, mécaniquement à produire ses tapis dont plus personne ne veut, alors que leur raison d'être a disparu depuis des années. Quand on apprend enfin à quoi servaient ces innombrables tapis de cheveux, la leçon semble encore plus cruelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          393
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   19 septembre 2017
L'étroite ruelle dormait encore. Une légère nappe de brouillard matinal planait entre les pignons des toits, se mêlant à la fumée froide qui s'échappaient des cheminées où, au cours de la nuit, les feux s'étaient éteints ; lorsque les premiers rayons du soleil vinrent caresser les faîtes des petites maisons de guingois, tout apparut plongé dans une lumière intempestive, rêveuse et doucement vaporeuse. Par endroits, dans des coins sombres, des mendiants dormaient, couchés à même le sol telles des mottes de terre, enveloppés jusqu'à la tête dans des couvertures en lambeaux. Quelques rongeurs se frayaient difficilement un passage au milieu des ordures, suffisamment rassasiés pour contourner avec indulgence les dormeurs, et certains se risquèrent en fouinant jusqu'au mince filet d'eau qui gargouillait faiblement au milieu de la ruelle.
Soudain, ils se dispersèrent et regagnèrent précipitamment leurs repaires, comme tirés par des fils invisibles, effrayés par une forme emmitouflée qui, à bout de souffle, s'approchait d'un pas rapide et trébuchant, et se glissait d'ombre en ombre en se hâtant vers la maison d'Opur, le maître flutiste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          430
Eric76Eric76   16 septembre 2017
Nœud après nœud, jour après jour, une vie durant, les mains de l'exécutant répétaient sans cesse les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les cheveux, des cheveux si fins et si tenus que ses doigts finissaient immanquablement par trembler et ses yeux par faiblir de s'être si intensément concentrés ; et pourtant, l'avancée de l'ouvrage était à peine perceptible ; une bonne journée de travail avait comme maigre fruit un nouveau fragment de tapis dont la taille n'excédait pas celle d'un ongle. Malgré tout, l'homme se tenait là, accroupi, courbé au-dessus du châssis de bois craquant sur lequel son père et le père de son père s'étaient penchés avant lui, avec sous les yeux le verre grossissant hérité de ses ancêtres et rendu presque opaque d'avoir tant servi, les bras appuyés sur une planche poli calée sous sa poitrine, et ne guidant l'aiguille qu'au seul bout de ses doigts.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
Dionysos89Dionysos89   29 novembre 2013
Je reste souvent assis des heures ici, à contempler ce qui est en mon pouvoir, dit l’Empereur. Toutes ces étoiles et toutes leurs planètes sont à moi. Tout cet espace insaisissable est mon domaine. Là où s’exerce ma volonté et où ma parole fait loi. Mais le pouvoir, le véritable pouvoir, n’est jamais celui qui s’exerce sur les choses, fussent-elles des soleils ou des planètes. Seul compte le pouvoir que l’on a sur les hommes. Et le mien ne se limite pas à celui des armes et de la violence ; mon emprise s’étend aux cœurs et aux pensées des hommes. Des milliards, des centaines de milliards d’êtres humains vivent sur ces planètes, et ils m’appartiennent tous. Aucune journée ne s’écoule sans que chacun d’entre eux pense à moi. Ils me vénèrent, ils m’aiment ; je suis le centre de leur vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          272
Dionysos89Dionysos89   28 décembre 2013
Nœud après nœud, jour après jour, une vie durant, les mains de l’exécutant répétaient sans cesse les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, des cheveux si fins et si ténus que ses doigts finissaient immanquablement par trembler et ses yeux par faiblir de s’être si intensément concentrés – et pourtant, l’avancée de l’ouvrage était à peine perceptible ; une bonne journée de travail avait comme maigre fruit un nouveau fragment de tapis dont la taille approximative n’excédait pas celle d’un ongle.

(Incipit)

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
LuniverLuniver   29 juin 2013
Nœud après nœud, jour après jour, une vie durant, les mains de l'exécutant répétaient sans cesse les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, des cheveux si fins et si ténus que ses doigts finissaient immanquablement par trembler et ses yeux par faiblir de s'être si intensément concentrés – et pourtant, l'avancée de l'ouvrage était à peine perceptible ; une bonne journée de travail avait comme maigre fruit un nouveau fragment de tapis dont la taille approximative n'excédait pas celle d'un ongle. Mais, malgré tout, l'homme se tenait là, accroupi, courbé au dessus du châssis de bois craquant sur lequel son père et le père de son père s'étaient penchés avant lui, avec sous les yeux le verre grossissant hérité de ses ancêtres et rendu presque opaque d'avoir tant servi, les bras appuyés sur une planche polie calée sous sa poitrine, et ne guidant que l'aiguille qu'au seul bout de ses doigts.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Videos de Andreas Eschbach (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreas Eschbach
Andreas Eschbach - Maître de la matière .A l?occasion des Utopiales 2013 à Nantes, Andreas Eschbach nous parle de son livre « Maître de la matière » publié aux éditions L?Atalante. Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/livres/eschbach-andreas-maitre-matiere-9782841726479.html Notes de musique : treasureseason, Return to Dope Mountain, Fjords ®
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
autres livres classés : science-fictionVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
2211 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre
. .