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Frédéric Weinmann (Traducteur)
ISBN : 2841724204
Éditeur : L'Atalante (15/01/2009)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 95 notes)
Résumé :
Même la dernière goutte d’essence permet encore d’accélérer. Mais pour combien de temps ? L’humanité va-t-elle affronter son plus grand défi ?

La fin de l’ère du pétrole est imminente. Quand le plus grand champ pétrolifère du monde se tarit, en Arabie séoudite, des bouleversements se mettent en branle. Notre civilisation touche-t-elle à sa ruine ? Markus Westermann, lui, parie sur un miracle : il croit détenir une méthode qui permet de trouver de l’or... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Spartacus
  27 février 2010
Même la dernière goutte d'essence permet d'accélérer.
Rarement la première phrase d'un livre aura si bien reflété sa teneur, d'autant que le pavé en question compte tout de même 800 pages d'une rare qualité narrative, d'une singulière densité documentaire… Aussi inclassable que puissant, En Panne sèche aborde de front rien moins que la fin de notre monde… Ou, pour être plus exact, le douloureux passage d'une économie globalisée aveuglément basée sur le pétrole à une organisation sociale contrainte de se passer de toute énergie fossile.
Certes, on est en plein coeur d'un débat qui occupe le devant de l'actualité, mais dit comme cela, ce n'est pas très folichon, n'est-ce pas ? Détrompez-vous, la plume et la rigueur d'Andreas Eschbach sont là pour faire de ce projet démesuré un roman fleuve impétueux et impossible à quitter tant le courant y est vigoureux. S'il faut classer cette construction romanesque quelque part, parlons pour faire savant d'une uchronie, puisque le « présent » du livre est un avenir proche, donc fictif… mais articulé sur un passé bien réel, lui.
Comme souvent dans les grands romans, on entre en tâtonnant de l'orteil dans ce remous tumultueux où les personnages se multiplient, les situations se posent comme au hasard en des parages aussi divers qu'éloignés… et puis, posément, on entrevoit dans cette construction faussement hirsute un fil ténu, puis un autre, et un autre encore qui bientôt forment une trame serrée. de flash-back en projectives, c'est toute l'histoire et le devenir de la base industrielle de notre monde, au-delà même des civilisations et des cultures, qui se trouve embrassée au travers du destin indécis de Markus Westermann, jeune commercial allemand aux dents longues qui n'a qu'un rêve : réussir aux États-Unis, se plonger avec volupté dans les piscines de dollars du rêve américain.
De désenchantements en rencontres improbables, de hasards en dérives, de questions essoufflées en découvertes échevelées, le jeune homme découvre à la fois l'histoire de la découverte du pétrole, celle de sa fulgurante prépondérance dans une société industrielle naissante, celle des enjeux qui s'emparent d'une source limitée d'indispensable énergie, celles des impasses dans lesquels les appétits étatiques ou individuels vont mener l'humanité, celle des mensonges d'un aveuglement malade de sa crédulité.
Car — et Eschbach le montre avec brio — rien n'est plus paradoxal que cette industrie devenue un irréversible système global. le pétrole est partout, des milliards d'individus s'en servent chaque jour, des millions en vivent, des milliers en ont fait leur spécialité et l'étudient dans ses moindres détails… et aucune industrie n'est plus secrète, plus dissimulée, plus menteuse surtout. Un fait qu'il rappelle en passant : alors que l'équilibre du monde repose sur l'or noir, l'OPEP n'a pas publié d'état des stocks depuis 1982. Personne n'est en mesure de dire avec exactitude quelle est notre espérance de vie pétrolière. On peut noyer ce poisson sous tous les litres de pétrodollars que l'on voudra, le fait est là : nous ne savons pas quand notre terme sera échu.
Mais Eschbach, talent rare, ne se laisse pas envahir par l'ampleur de son sujet. Il sait donner vie à une foule de personnages aussi vivants, contradictoires, possédés, faibles ou inébranlables que ceux que la vie fabrique dans son creuset de vicissitudes. Et bientôt on est avide de tourner la page, de passer le chapitre pour connaître le sort de celui-là, de celle-ci, que l'on a pas revu(e) — relu(e) — depuis trop longtemps…
Je suis sorti de ces 800 pages pantois et cyniquement conscient d'une réalité pourtant sous les yeux de tous. Une lecture qui raffermit deux convictions :
— La première est que nous nous trompons de combat : lutter contre le réchauffement climatique est une imbécillité, une chimère agitée sous les truffes des lévriers pour les faire courir. Si je le savais confusément par d'autres travaux personnels (la publication prochaine de la dernière Croisade de Véronique Anger, j'ai maintenant un peu plus de moyens pour l'argumenter. Vaincre l'addiction au pétrole est l'un des moyens de sortir d'une tragique impasse…
— La seconde — mais celle-ci n'est que confortée une fois de plus — est que le roman est une bien meilleure démonstration que les essais les plus sérieux. La force de l'émotion est un levier chaque fois plus puissant que les dogmes de la raison.
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Diasphine
  10 avril 2010
Roman de Eschbach assez étonnant. le sujet pourrait faire penser au genre post apocalyptique, or il n'en est rien.
D'abord parce qu'une très (trop à mon goût) longue première partie pose le décor : le héro, Markus, ambitieux, fanatique naïf du rêve américain arrive sur le nouveau monde pour réaliser son rêve, réussir, devenir riche, être "quelqu'un".
On suit les étapes de sa progression, ses réussites, ses échecs. Au passage l'auteur égratigne la société américaine, l'envers du décor de ce "rêve américain".
Parallèlement, on suit en Allemagne le frère et la soeur de Markus dans leur vie quotidienne. Dans ce chapitre, se prépare en toile de fond le bouleversement de ce monde qui va basculer dans le deuxième chapitre.
Il y a bien une "catastrophe", mais pas de catastrophe spectaculaire et apocalyptique façon Hollywood. Notre civilisation résiste mais malgré tout s'effondre doucement. L'humanité se protège de diverses manières selon qu'il s'agit du moyen-orient ou des Amériques ou de l'Europe, jusqu'à une communauté qui choisit le repli et le fanatisme.
L'homme ne revient pas à l'état sauvage ni ne se transforme en sale mutant ou autre délire. Mais la famine et le chômage massif apparaissent, la violence et la délinquance explosent etc.
Bref, il y a là une sorte de proximité et de plausibilité très réalistes et angoissantes, qui font penser au polar, même si au final le roman est plutôt optimiste et laisse finalement le choix à l'homme de construire un monde meilleur, ou pire… Pour certains d'ailleurs cet catastrophe se révélera finalement plutôt bénéfique permettant de rétablir les liens communautaires disparus sous l'effet de la civilisation moderne.

Contrairement au réalisme de la catastrophe s'oppose l'invraisemblance de l'histoire de Markus : difficile de croire à l'aventure de cet homme ordinaire qui va se trouver mêler de près ou de loin à tous les destins et événements importants de la planète. Il y a des rebondissements d'une invraisemblance incroyable ! Au point que l'on a l'impression que les Etats-Unis sont vraiment un petit pays où l'on rencontre toujours les mêmes gens à ses quatre coins, même par hasard !
J'ai été un peu déroutée par ce choix narratif :
Est-ce délibéré ? Markus comme un personnage un peu allégorique de l'humanité occidentale avec toutes ses qualités et ses défauts. Markus effectue un vrai road movie dans ces états-unis et une partie de l'Europe.
Est-ce une simple facilité du récit ? Et alors c'est un côté un peu raté du roman. Je n'arrive pas très bien à choisir entre ces deux options.
En conclusion un gros roman dense et complexe comme une épopée feuilletonesque qui scrute et décortique les qualités et les défauts de nos sociétés de pays riches sans jamais tomber dans le militantisme ou le manichéisme. Mais il expose à la fois ce qui en fait l'humanité et la monstruosité. Roman bien documenté qui donne la chair de poule parfois en évoquant certains faits historiques et en les montrant sous leurs aspects les plus sombres, il nous fait détester le pétrole comme jamais.
Finalement l'humanité sera-t-elle capable de construire un monde meilleur après l'ère du pétrole, énergie pratique mais polluante et destructrice ?
Un roman à ne pas rater et qui une fois refermé laisse des traces durables chez son lecteur.
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Z3D
  22 mars 2016
Je suis vraiment déçu après cette lecture. Ce livre n'est pas ce que j'espérais lorsque je l'ai acheté.
J'avais dans l'idée d'une dystopie dans un futur proche montrant les conséquences de la raréfaction du pétrole. J'espérais avoir ce que j'avais eu avec Spin de Wilson. Un phénomène bouleversant le monde entier se produit et à travers différents personnages nous découvrons comment le monde apprend à gérer cela. Par exemple dans Spin, nous suivons 3 personnages après que la Terre s'est retrouvée coupée du monde dans un bulle temporelle. Les 3 personnages permettent de suivre les conséquences de ce phénomène tant au niveau scientifique, théologique que de monsieur tout le monde.Ici pas du tout et même pire, l'élément perturbateur du roman, la raréfaction du pétrole n'intervient qu'après les 2/3 du roman...
Ce très (trop) long livre se découpe en 2 partie : la première partie concerne principalement Marcus, un jeune arriviste allemand qui souhaite pouvoir s'installer aux USA pour y faire fortune. Son rêve semble pouvoir se réaliser lorsqu'il croise Block un ingénieur de l'or noir affirmant qu'il peut trouver du pétrole en grande quantité à peu près n'importe où.
La seconde partie porte sur la raréfaction du pétrole due à l'effondrement du plus grand puits d'Arabie Saoudite. Nous suivons toujours Markus à travers les USA dans sa quête des documents de Block.
Autant la première partie n'est pas trop mal même si, je le répète, ce n'est pas ce que j'espérais lire en débutant ce roman mais alors la seconde partie est totalement risible !
Tous les enchaînements sont forcées, rien n'est vraiment plausible dans la « résolution » de l'histoire. La seule explication serait que les USA font la taille de Monaco et que tout le monde se connaît ! de plus, les personnages m'ont paru assez froid, un peu déshumanisés. J'ai eu l'impression de lire une très longue nouvelle, où l'important ce sont les actions des personnages et non les personnages eux-mêmes.
Il y a tout de même 2-3 choses qui m'ont plu notamment les parties sur la soeur de Marcus Dorothea qui nous permettent de prendre conscience des conséquences d'une suppression du pétrole dans nos vies. J'y ai été assez sensible car je pense personnellement que le pétrole est l'une des causes principales des problèmes des pays occidentaux aujourd'hui. En effet, l'absence de pétrole entraînerait un retour aux commerces de proximité (comme Dorothea), à une consommation locale, à une diminution des traitements chimiques etc...le soucis majeur serait la diminution des médicaments !
Ce sont les seules parties intéressantes du livre et elles ne doivent représenter que 20% du livre. Au lieu de cela nous suivons un des membres de la famille royale saoudienne qui n'apporte rien à l'histoire sinon de donner un pseudo rôle au frère de Marcus avec l'installation de panneau solaire en Arabie Saoudite.
La seule autre note positive sur ce livre arrive en tout fin dans l'épilogue qui repose sur les recommandations scientifiques affirmant que même si il nous était possible d'extraire encore plus de pétrole, il est impératif de le laisser dans nos sous-sol sous peine de voir disparaître les conditions de vie nécessaire pour l'Homme.
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Selvegem
  18 juillet 2016
Pour avoir lu plusieurs autres livres d'Andreas Eschbach, j'étais curieuse de découvrir celui-ci !
En panne sèche nous montre la fin de l'ère du pétrole, notamment à cause du plus grand champ pétrolifère qui a atteint ses limites. En attendant que les dernières gouttes s'épuisent, toutes les nations et grandes puissances s'affolent à chercher des solutions de rechange. de son côté, Markus Westermann, jeune ambitieux cherchant à conquérir l'Amérique, pense avoir trouvé la poule aux oeufs d'or en s'associant avec un homme clamant avoir une méthode infaillible pour trouver du pétrole. Une méthode jalousement gardée, et convoitée par beaucoup. Markus va se retrouver pris au filet des machinations, mystères et autres dangers d'une société en crise.
Après avoir lu Jésus Vidéo, Des milliards de tapis de cheveux et le dernier de son espèce, j'étais déjà familière avec l'écriture d'Andreas Eschbach. A chaque fois, les thèmes qu'il aborde me touchent énormément et sont vraiment captivants. Cette fois-ci, avec En passe sèche, il est dans le thème du roman d'anticipation, presque de la dystopie. Un récit de science-fiction, certes, mais tellement bien écrit et avec des thèmes d'actualités que j'imagine très bien cette histoire se déroulait de nos jours !
(Mon avis complet sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
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Lve
  23 octobre 2014
Très bon thriller géopolitique, économique. Un style fluide. Roman en deux parties, une première de 500 pages, excellente, avec des va et vient présent passé, très bien amenés. On apprend beaucoup de choses. La deuxième ressemble plus à un long épilogue. Moins intéressante et plus centrée sur le personnage de Markus.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Diabolo44Diabolo44   13 septembre 2019
— Les pneus : plats comme du chewing-gum. Celui qui veut cette voiture devra d'abord me jurer sur la Bible qu'il va commencer par en acheter de nouveaux. Le moteur, ça va. Bon, il vous ruine, quel que soit le prix de l'essence. Il faut aimer. Par contre, pas la peine de regarder la jauge. Elle indique ce qu'elle veut : la position de la lune, les marées à Miami ou je ne sais quoi, mais en tout cas rien qui vous intéresse. (...) Quoi d'autre ? Bon, tous les porte-gobelets qui gênent quand on baise dans la voiture sont bien entendu cassés depuis belle lurette. La vitre du côté passager ne s'ouvre plus, ce qui a l'air con si vous décapotez. Ah oui et puis regardez ça – la peinture est complètement rayée. Sans doute des maris jaloux. Ou bien il traçait des petits bâtons, je ne sais pas !
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Diabolo44Diabolo44   13 septembre 2019
Voilà en effet le secret que n'apprennent jamais ceux qui rentrent chez eux pile à l'heure : le soir, quand les secrétaires, les employés de l'administration et les autres subalternes s'en vont, l'atmosphère change. Le calme se fait. Ceux qui restent sont des conjurés, les vrais héros, les battants qui luttent pour défendre les intérêts de la société contre les assauts de la concurrence. Ils apprécient d'être enfin entre eux. On desserre sa cravate. On dénoue ses chaussures. On ouvre sa chemise. Les conversations deviennent plus détendues, les voix plus chaudes. On rit. Bien que la nuit tombe déjà, on a tout le temps devant soi.
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tycostycos   16 avril 2014
- Nous ne pouvons même pas espérer que l'Arabie Saoudite passe soudain dans le camp des démocraties car, dès les premières élections, le peuple voterait à une écrasante majorité pour un gouvernement islamiste à côté duquel l'ayatollah Khomeiny aurait l'air d'un ami de Washington. [...] Voilà pourquoi nous maintenons les Saoud au pouvoir : pour que ce pays ne devienne pas une démocratie. Et ça Glen, c'est une honte pour l'Amérique.

Myers disparut à nouveau dans l'ombre de son fauteuil. Sa main attrapa le dossier, le souleva, le tint un instant d'un geste méprisant et le jeta ensuite à la corbeille, où il atterrit avec un clac métallique.

- Personne n'a envie de savoir ça aux États-Unis, Taggard. Croyez-moi, personne.
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SpilettSpilett   08 février 2010
Toute l'histoire des sciences regorge de situations dans lesquelles un seul homme avait raison et le reste du monde se trompait. La vérité n'est pas démocratique.
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BethouxBethoux   14 septembre 2009
BP a toujours été l'abréviation de British Petroleum n'est-ce pas ? Et maintenant regardez- moi ça. Ce logo en forme de tournesol vert et jaune, c'est nouveau. Et cette réclame qui vise à nous expliquer que BP signifie désormais beyond petroleum, au-delà du pétrole. On ne peut pas démontrer plus clairement, me semble-t-il, que même les grandes compagnies partent du principe que la fin approche. Et elles savent de quoi elles parlent, elles connaissent cela de l'intérieur, elles ont accès à toutes les informations !
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Videos de Andreas Eschbach (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreas Eschbach
Avec Patrick K. Dewdney, Philippe Curval et Andreas Eschbach
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