AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Daniel Loayza (Traducteur)Marie-Joséphine Werlings (Éditeur scientifique)
EAN : 9782081249790
208 pages
Éditeur : Flammarion (04/05/2011)
3.42/5   18 notes
Résumé :

Le meurtre du grand roi a eu lieu. C'est le sujet d'Agamemnon, la première pièce de la trilogie d'Eschyle que depuis vingt-cinq siècles nous appelons L'Orestie. Lui succèdent les deux pièces réunies dans ce volume, Les Choéphores, ou " Les Verseuses de libations ", et Les Euménides ou " Les Bienveillantes ". L'une célèbre la vengeance rituelle d'un meurtre horrible par une exécution scandaleuse, qui d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bernacho
  10 juillet 2016
La tragédie antique, ce ne serait pas un peu comme Superman ? Répéter encore et toujours la même histoire ? Plusieurs reboots au cinéma, une foule de séries animées, des séries filmées, des séries live, et bien sûr les comics. Dans la tragédie grecque aussi, il y a deux grandes familles de personnages : les Atrides (DC Comics) et les Labdacides (Marvel). Dans la tragédie grecque, on sait qui va mourir, quand, où, et de la main de qui. Avec les super-héros, c'est bien pire on sait qu'ils ne vont pas mourir (si seulement un scénariste miséricordieux pouvait nous faire disparaître les quatre fantastiques...)
Je me demande bien jusqu'où pousser l'analogie. Pour éviter un ennui profond, les majors semblent avoir choisi de réunir tous leurs personnages en sociétés, et jouer sur l'interaction entre eux. Les tragédiens antiques devaient recourir à d'autres procédés. Peut-on envisager que la dramaturgie se soit développée pour contrer l'ennui du spectateur sur des histoires sans surprise ? Il faudrait en souffler un mot à Hollywood.
Pour le vérifier, nous avons un témoin : Electre. Les trois grands tragédiens du siècle de Périclès : Eschyle, Sophocle et Euripide, ont en effet abordé tous les trois ce sujet dans leurs pièces. Ce n'est pas le seul sujet, mais le temps ayant sacrifié la plus grande partie de leur oeuvre, c'est le seul dans ce qui nous en reste.
Lisons donc les trois tragédies, dans l'ordre : l'Electre d'Euripide après l'Electre de Sophocle, mais d'abord les Choéphores d'Eschyle.
L'histoire d'Electre était sensée être connue des spectateurs. Si vous la connaissez, vous pouvez zapper le texte masqué.

Avoir recours à une histoire connue permettait aux tragédiens de gagner du temps. Les pièces était représentées pendant une heure environ. Mais on en donnait quatre à la suite (trois, plus une tragédie satyrique), qui pouvaient être liées thématiquement, comme ici les Euménides (que je n'ai pas lu) suivant les Choéphores.
Les choéphores, ce sont les porteuses de libation qu'on faisait sur le tombeau d'un mort - ici celui Agamemnon -, un rituel religieux.
Eschyle ne s'embarrasse pas de fioriture morale, ni de grand épanchement émotionnel, ne s'écarte pas du mythe, va droit au but. Entre l'oracle qu'il n'est pas question de défier, sa soeur remontée à bloc, le choeur des choéphores elles-mêmes qui sont à fond pour la vengeance, et le rêve prémonitoire sans ambiguité de Clytemnestre, Oreste suit la voix tracée sans que l'on se pose trop de question, et subit son châtiment sans broncher. Ce sont les dieux, même s'ils ne sont pas incarnés dans cette pièce, qui pilotent tout ça. Les personnages suivent leur destin. C'est expédié rondement.
Des trois versions, la pièce d'Eschyle est peut-être la plus pure, suivant le modèle classique de la tragédie, mais me semble aussi la moins intéressante.
Comment Sophocle et Euripide traitent-ils le sujet ? le suspens est insoutenable. Restez sur radio Bernacho pour connaître la suite après une page de réclame !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          54
kenkuro
  06 août 2011
Du théâtre antique...ouais je vois venir le truc, plein de dialogues étranges truffés de noms propres improbables et depuis longtemps oubliés par tous ou presque. Par dessus le marché ils passent leur temps à se massacrer là dedans. Voilà à peu de choses près mon état d'esprit au commencement de l'oeuvre.
Effectivement, ils passent leur temps à se tuer les uns les autres. Dans les Choéphores, Oreste tue sa mère pour venger son père, qu'elle même avait tué avec pour complice celui qui deviendra son mari et qu'Oreste éliminera aussi histoire de faire bonne mesure.
Mais l'intérêt des Choéphores et des Euménides se situe justement ici. Eschyle se sert de cette intrigue très "grecque" pour décrire, de manière étiologique, la naissance de la justice, ou plutôt la transition entre une justice de loi du talion et une justice plus "démocratique".
La lecture reste cependant difficile, les références sont nombreuses et pas toujours connues du lecteur, pourtant, si l'on y voit une occasion de mieux connaître la mythologie, on prend goût à cette lecture.
Les Choéphores m'a semblé moins intéressant, cette partie est nécessaire puisqu'elle met en place le matricide autour duquel il sera débattu dans les Euménides. Cette deuxième pièce met en effet en place un procès hors du commun qui voit s'affronter Oreste, aidé d'Apollon en personne, aux divinités vengeresses. Cela sous l'oeil d'Athéna. Ce procès inédit voit s'échanger des répliques croustillantes de dieu à dieu et donne lieu à une réflexion philosophique sur les fondements de la justice.
Pour toutes ces raisons ces deux pièces sont intéressantes, mais ne nous méprenons pas, elle sont "seulement" (mais c'est déjà beaucoup) intéressantes. Il ne faut pas, à mes yeux, s'attendre à une lecture extrêmement plaisante, non qu'elle soit désagréable, mais difficile.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ninon16
  06 mai 2015
ayant lu de nombreux textes tournant autour du myhte d'Electre (5 ! ça commence à me donner la nausée...), j'étais curieuse de connaître la suite de ce mythe en ce qui concerne Oreste, suite écrite ar Eschyle. Ce qui aurait été très intéressant, ç'aurait été que Giraudoux par exemple réecrive aussi Les euménides, pour que la comparaison entre les deux oeuvres puisse continuer ! Bref.
J'ai été un peu déçue par ce livre car je l'ai trouvé beaucoup moins compréhensible que Les Choéphores et, pour tout vous dire, mon esprit vagabondait assez souvent dans une autre direction, donc par moments je ne me rappelaient plus du tout ce que je venais de lire. Cependant c'est un livre assez court et intéressant à lire dans la mesure où on connaît l'issue du procès d'Oreste et ce que vont devenir les Érinyes, c'est-à-dire devenir des Euménides, d'où le titre.
Je reste donc assez sceptique devant ce texte malgré la note que je lui ai mise car j'aurais aimé... Autre chose. Si vous étudiez le mythe d'Electre, savoir qu'Oreste est acquitté par Athéna et que les Erinyes, frustrées car elles veulent son sang, se transforment en Euménides après une proposition avantageuse d'Athéna.
Lien : http://livresdecoeur.blogspo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   25 juin 2014
ORESTE : J'ai offert une boucle de mes cheveux à l'Inachos, qui m'a nourri. En voici une autre que j'apporte en offrande à tes mânes... Car je n'étais point là pour déplorer ta mort, ô mon père, et je n'ai pas étendu le bras sur ton cadavre, quand on l'emporta de la maison.

LES CHOÉPHORES.
Commenter  J’apprécie          130
mathilde08mathilde08   11 février 2013
ELECTRE
[...]
Ma vie est celle d'une esclave, et privé de ses biens
Oreste est en exil, tandis que ce couple arrogant
jouit sans retenue du fruit de tes épreuves.
Commenter  J’apprécie          30
mathilde08mathilde08   11 février 2013
ORESTE
La terreur de ton rêve était un bon prophète.
Ton meurtre était interdit, à toi d'en souffrir l'horreur.
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Eschyle (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Eschyle
30 avril 2013
«En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. le reste est facultatif.» Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.
+ Lire la suite
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Titres d'oeuvres célèbres à compléter

Ce conte philosophique de Voltaire, paru à Genève en 1759, s'intitule : "Candide ou --------"

L'Ardeur
L'Optimisme

10 questions
810 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature française , roman , culture générale , théâtre , littérature , livresCréer un quiz sur ce livre