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Pierre Vidal-Naquet (Autre)Paul Mazon (Autre)
ISBN : 2070373649
Éditeur : Gallimard (25/03/1982)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 83 notes)
Résumé :
"Une sorte d'épouvante emplit Eschyle d'un bout à l'autre ; une méduse profonde s'y dessine vaguement derrière les figures qui se meuvent dans la lumière. Eschyle est magnifique et formidable, comme si l'on voyait un froncement de sourcil au-dessus du soleil"
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
KahlanAmnell
28 juillet 2014
Et voilà, enfin je les ai lues, ces 7 uniques pièces qui nous sont parvenues d'Eschyle ! Il fallait bien en passer par là un jour.
J'avais peur de ne pas aimer, que les sujets, la forme, le choeur soient des obstacles à ma compréhension et à mon plaisir.
Mais en fait, pas du tout!
J'ai pris un plaisir étonné en lisant successivement Les Suppliantes, Les Perses, Les Sept contre Thèbes, Prométhée enchaîné (ma préférée) et l'Orestie.
Eschyle est le premier des trois grands princes du théâtre grec au Ve siècle avant notre ère. Son théâtre est profondément marqué par la présence et le respect des dieux (qu'il n'hésite pas à mettre en scène !). La désobéissance à leur volonté (Prométhée enchaîné), l'hybris - l'orgueil, la démesure - (Les Perses), le parricide ou le fratricide (Les Sept contre Thèbes, l'Orestie) sont condamnés et punis par ces mêmes dieux. La piété et le respect des lois divines priment sur l'ambition et la volonté personnelles. Les Danaïdes, bien que voulant échapper à raison d'une union quasi incestueuse, ne seront pas moins punies du meurtre de leurs époux ; Laïos ayant défié l'oracle d'Appolon verra sa descendance maudite jusqu'à ce que le crime d'Oedipe soit expié - par la mort ; et la malédiction des Atrides poursuivra Oreste jusqu'à ce que non pas la mort, mais bien le pardon, lui soit accordé !
Nul n'échappe à la loi des dieux.
Ce théâtre est plus proche de nous qu'on ne pourrait s'y attendre. Les hommes sont continuellement déchirés entre leurs passions et leurs devoirs moraux. Et la justice des dieux ne concorde pas toujours avec celle des hommes, et encore moins avec leur nature.
La tragédie grecque, comme l'explique Aristote, vise la catharsis : la purgation des passions, et pour ce faire elle fait naître deux sentiments chez le spectateur : la terreur et la pitié. N'a-t-on pas en effet pitié de ce pauvre Titan de Prométhée, qui, pour avoir trop aimé les hommes, s'est retrouvé enchaîné à une montagne, son foie offert jour après jour à un aigle vorace ? Et quelle horreur que ce châtiment! Quelle terreur à l'idée d'une telle souffrance! Et être contraint par une malédiction de tuer son père et épouser sa mère ; être le fruit de cet inceste (ce mot en latin signifie "souillure") et mourir en tuant son propre frère ; et assassiner sa mère pour venger son père : voilà des destins tragiques maudits par les dieux!
Voilà la tragédie.
Et les choeurs, loin d'être barbants, sont aussi beaux qu'utiles à l'histoire. Ils éclairent sur des éléments précédents le cadre tragique, ils chantent le passé qui conduisit au présent, ils pleurent la mort et hurlent face à l'injustice. Ils servent souvent de "conscience" ou de miroir aux personnages.
La justice des hommes doit se calquer sur celle des dieux, mais les dieux ne sont pas tous d'accord, et un homme pris entre deux est un homme maudit (je pense à Oreste qui fut contraint par Appolon de tuer sa propre mère pour être ensuite poursuivi par les Erinyes avides de vengeance).
Je serais tentée de dire que ce théâtre blâme subtilement les dieux capricieux et tyranniques pour certains, mais ce serait aller trop loin car ce n'est qu'un avis personnel. Eschyle enseigne ici la terreur des divinités et la faiblesse des hommes face à leur destin.
Mais ce qui m'a le plus surprise, et touchée, c'est de constater à quel point c'est pièces vieilles de 2500 ans sont accessibles : impossible de ne pas comprendre les personnages, de compatir à leurs peines, de prendre pitié d'eux! Car au fond, les Danaïdes, et Oedipe, et ses fils, et Clytemnestre et Oreste et Electre, c'est nous! (pas en acte hein!)
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Chasto
24 mai 2017
Tel Prométhée enchaîné, “On a tout à gagner, quand on est sage, à ne point le paraître”, des sept contre Thèbes à Agamemnon, les suppliantes se font entendre et suivrent par ces lignes de plaisirs de découvertes d'un autre temps.
Voyage dans une antiquité de luttes et de découvertes à ne pas manquer.
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Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
LeyacattLeyacatt22 août 2017
On sort difficilement des enfers : les dieux souterrains savent mieux saisir que rendre leur proie.
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LeyacattLeyacatt22 août 2017
En toute entreprise, il n y a rien de plus funeste que de mauvais associés.
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LeyacattLeyacatt22 août 2017
Quand on court de soi même à sa perte, les dieux y mettent la main aussi.
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OrpheaOrphea02 février 2012
(AGAMEMNON)

Le Veilleur. -- J'implore des dieux la fin de mes peines, depuis de si longues années qu'à veiller sur ce lit, au palais des Atrides, sans répit, comme un chien, j'ai appris à connaître l'assemblée des étoiles nocturnes, et ces astres surtout qui apportent aux hommes et l'hiver et l'été, princes lumineux des feux de l’Éther, dont je sais et les levers et les déclins. Et me voici encore épiant le signal du flambeau, la lueur enflammée qui, de Troie, nous portera la nouvelle, le mot victorieux : ainsi commande un cœur impatient de femme aux mâles desseins. Mais, lorsque je suis là, sur cette couche pénétrée de rosée, qui me retient la nuit loin de chez moi, qui ne connaît point, elle, la visite des songes, -- car, au lieu du sommeil, c'est la peur qui seule s'en approche et me défend de joindre mes paupières pour un sommeil paisible -- quand je veux donc chanter ou fredonner, me faire avec des refrains un remède contre la torpeur, alors j'éclate en sanglots, déplorant le sort de cette maison, où ne règne plus le bel ordre d'antan. Ah ! puisse donc luire aujourd'hui l'heureuse fin de mes peines et le feu messager de joie illuminer les ténèbres !
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KahlanAmnellKahlanAmnell23 juillet 2014
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ

PROMÉHÉE : [...] Écoutez, en revanche, les misères des mortels, et comment des enfants qu'ils étaient j'ai fait des êtres de raison, doués de pensée. Je veux le conter ici, non pour dénigrer les humains, mais pour vous montrer la bonté dont leur ont témoigné mes dons. Au début, ils voyaient sans voir, ils écoutaient sans entendre, et, pareils aux formes des songes, ils vivaient leur longue existence dans le désordre et la confusion. Ils ignoraient les maisons de briques ensoleillées, ils ignoraient le travail du bois ; ils vivaient sous terre, comme les fourmis agiles, au fond de grottes closes au soleil. Pour eux, il n'était point de signe sûr ni de l'hiver ni du printemps fleuri ni de l'été fertile ; ils faisaient tout sans recourir à la raison, jusqu'au moment où je leur appris la science ardue des levers et couchers des astres. Puis ce fut le tour de celle du nombre, la première de toutes, que j'inventai pour eux, ainsi que celle des lettres assemblées, mémoire de toute chose, labeur qui enfante les arts. Le premier aussi, je liai sous le joug des bêtes soumises soit au harnais, soit à un cavalier, pour prendre aux gros travaux la place des mortels, et je menai au char les chevaux dociles aux rênes, dont se pare le faste opulent. Nul autre que moi non plus n'inventa ces véhicules aux ailes de toile qui permettent au marin de courir les mers. - Et l'infortuné qui a pour les mortels trouvé telles intentions ne possède pas aujourd'hui le secret qui le délivrerait lui-même de sa misère présente !
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Videos de Eschyle (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Eschyle
"Les sept contre Thèbes ou le loto tragique", conférence de Paul Demont prononcée, à l’École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, le 20 janvier 2009, dans le cadre d’un évènement intitulée « Semaine Tragédie : poésie et action ».
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature hellénique. Littérature grecque>Littérature grecque : drames (40)
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