AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782207139196
240 pages
Denoël (03/05/2018)
2.9/5   24 notes
Résumé :
La Maison de la Beauté est un luxueux institut de la Zona Rosa, l’un des quartiers animés de Bogotá, et Karen l’une de ses esthéticiennes les plus prisées. Mais son rôle dépasse largement l’art de la manucure et de la cire chaude. Ses clientes lui confient leurs secrets les plus intimes. Un petit massage avant l’épilation… et Karen apprend tout sur leurs implants mammaires, leurs week-ends à Miami, leurs divorces ou leurs amourettes.
Un après-midi pluvieux, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
2,9

sur 24 notes
5
1 avis
4
4 avis
3
5 avis
2
3 avis
1
1 avis

fanfanouche24
  23 août 2019
Une lecture -découverte offerte par un ami, grand lecteur... souhaitant partager cette dernière lecture, en me prévenant au préalable (connaissant mes réticences !)de ne pas me fier au genre"Policier" affiché sur la couverture...Plutôt un roman sociétal, dans une veine de belle qualité ...
Je l'ai débuté aussitôt... Ce fameux "salon de la beauté" est dirigé par une patronne peu commode et exigeante, pour ce luxueux institut de Bogota... Mais la narratrice principale de ce roman sera Karen ,une jeune mère métis célibataire, esthéticienne très belle et professionnelle... qui vit seule, se bat pour envoyer de l'argent à sa mère afin qu'elle puisse vivre et élever son petit fils, Emiliano, qu'elle a dû lui confier...Karen est la confidente privilégiée de ses nombreuses clientes...
Un jour, une adolescente, Sabrina, vient se faire belle pour une rencontre amoureuse... et le lendemain , elle est retrouvée morte... Karen ira en cachette à son enterrement, pendant ses heures de travail et s'interrogera sur ce qui a pu arriver à cette toute
jeune fille!!
Un univers de femmes, quasi exclusivement, se racontant, mais qui raconte aussi le monde extérieur, la société colombienne très violente, et corrompue, où la misère d'un trop grand nombre les pousse au désespoir, aux solutions extrêmes, comme la prostitution...!Une lutte âpre pour survivre, sortir de la misère...
"Je hais cette habitude d'appeler "indiens" tous ceux qui, selon elles, se situent au bas de l'échelle sociale.
Je hais cette façon de n'utiliser le vouvoiement que pour s'adresser aux domestiques. Je déteste l'obséquiosité des serveurs qui, au restaurant, s'empressent de venir dire aux clients "Et que désire Monsieur ?" ou "Tout ce que Madame voudra" (...) Il y a tant de choses que je hais, que je déteste, tant de choses que je trouve injustes, stupides, arbitraires et cruelles, et je les hais encore plus quand je me hais moi-même d'appartenir à cette réalité inévitable. (p. 12)
Après une agression sordide de son propriétaire et du vol de ses économies (pour faire venir son petit garçon), Karen devient le soir, en plus de son travail d'esthéticienne, escort-girl !!
C'est une "battante" notre Karen , mais que d'épreuves, d'obstacles, d'agressions subissent la population féminine, au quotidien, dans cette grande ville de Bogota... !
Il ne fait pas bon être une "femme seule "en Colombie !!!
"(...) Les gens n'y habitaient plus à cause de l'insécurité. Dans cette ville, il n'y a pas d'espace où rester entre la rue et à l'intérieur de chez soi. Il faut mettre des obstacles, des limites, des barrières de protection. Un gardien, voire plusieurs, une grille, si possible électrifiée, un chien féroce..."( p. 88)
La narration se fait par le biais de plusieurs personnages: Karen, notre esthéticienne; une de ses clientes... et le récit alternatif de la courte vie de Sabrina, assassinée, après être passée au salon de beauté , auprès de Karen...
Ce qui est très intéressant c'est la virulence des observations sociales, la dénonciation de cette
société colombienne corrompue, où la misère des uns sert des potentats machistes, et mafieux, l'insécurité généralisée, les injustices sociales criantes . Texte très vivant... mais cette société colombienne fait froid dans le dos!!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          444
Pecosa
  30 juillet 2019
Une jeune adolescente, Sabrina, est retrouvée morte. Sa famille ne croit pas à son suicide. La dernière personne a l'avoir vue vivante est Karen, une ravissante esthéticienne de la Maison de la Beauté, institut haut de gamme implanté dans les quartiers huppés de Bogotá.
Melba Escobar construit son polar non pas autour de cet homicide maquillé en suicide, mais autour de la personnalité de la belle Karen, métisse issue des quartiers pauvres, mère célibataire contrainte de travailler pour les femmes riches de la bonne société colombienne.
Les narratrices se succèdent, les points de vue également, l'intrigue se ramifie: assassinat, corruption politique, prostitution… Melba Escobar multiplie les pistes, les faits, les personnages, sème les indices… et demerdez-vous avec. A chacun de se faire son opinion, ou de revenir en arrière pour relire certains passages.
Ajoutez à cela une touche de psychanalyse finale pour compliquer l'intrigue ambiance La Maison du docteur Edwardes ou Sang chaud pour meurtre de sang froid, et vous finissez par vous demander si ce roman est brillant ou complètement bancal.
Etrangement, malgré une construction qui pêche par son manque de rigueur dans la construction , et de profondeur dans la description des liens qui unissent les trois principales protagonistes, j'ai trouvé le salon de beauté très plaisant à lire.
Le roman noir fonctionne lorsqu'il est social. Et la critique sociale est là, féroce, rendue plus criante encore lorsqu'on l'inscrit dans l'univers ouaté et sensuel des cabines d'esthétique.
A travers ce gynécée miniature qu'est le salon de beauté, Melba Escobar dresse un portrait sans concession d'une partie de la société colombienne, violente, corrompue, et d'autre part de la condition féminine confrontée au machisme le plus animal qui broie toutes les femmes, pauvres comme riches.
Elles sont toutes esclaves de leur image, dans un monde où la tyrannie de l'apparence, de la jeunesse, les poussent à tous les sacrifices. Les femmes pauvres sont violées, exploitées, soumises aux désirs des hommes, les plus intelligentes constatent désabusées que leurs capacités intellectuelles, au mieux ne valent rien, au pire, sont pillées par les hommes, les laides, souffrent et n'existent pas. Les noires et les métisses sont au bas de l'échelle, soumises au diktat des cheveux lisses et du mépris de caste. Faire d'un salon de beauté raffiné où les femmes s'abandonnent, se confient, se dévoilent, le centre névralgique de la société colombienne est donc le principal atout de ce roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          436
Ziliz
  07 août 2019
Femme (du monde, ou bien putain, qui bien souvent êtes les mêmes ♪♫), tu t'épileras dans la douleur, tant qu'il y aura des hommes pour préférer les te-cha, SL et jambes glabres... Et aussi, tu lisseras tes cheveux, siliconeras ta bouche et ta poitrine, porteras des vêtements et accessoires de luxe pour étinceler au bras de ton mari/compagnon/amant.
Voilà le genre de clientèle de la Maison de la Beauté, à Bogotá. Dans ce salon de luxe, on croise des femmes de ministres (et de mafieux) qui viennent se faire épiler, masser, etc. Les employées sont priées de s'écraser, et avec le sourire, s'il vous plaît, quelle que soit la manière dont on les traite. Toute familiarité entre clientes huppées et esthéticiennes est malvenue, chacune doit rester à sa place. Malgré cette règle, la jeune, douce et jolie Karen a tendance à se confier à Claire, une psy qui fréquente le salon. C'est ainsi qu'elle lui parle d'une adolescente retrouvée morte, probablement assassinée.
Séjour instructif et agréable - quoiqu'effrayant - en Colombie où les corrompus règnent et s'entretuent, où on te fait vite passer de vie à trépas via quelques trous de balles au coin d'une rue.
L'intrigue est intéressante, avec une semi mise en abyme pas toujours très claire autour de Claire, justement.
Hélas, la fin de ce roman policier donne l'impression d'être bâclée. On assiste à un premier revirement étonnant de la narratrice (on ne sait alors plus très bien où on en est), suivi d'un autre.
Encore une fois, je m'empresse d'oublier les dernières pages du livre pour ne retenir que le meilleur.
___
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=MJcUMKGCdrY
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
diablotin0
  12 juillet 2020
J'étais contente de me retrouver en Colombie et de passer du temps dans un salon de beauté ce qui ne m'arrive jamais, mais alors quel ennui. Je me suis complètement perdue avec toutes ces voix. Si certains passagesm'ont fait sourire, ils sont rares et s'il est vrai que l'on en apprend sur la société Colombienne, les informations sont noyées dans une histoire à laquelle je n'adhère pas. J'ai alors voulu aller voir les critiques de babelio et lorsque j'ai vu (merci zilliz) que la fin était à oublier, j'ai compris ce qu'il me restait à faire. La critique de Pecosa à appuyer ma décision. J'ai lu plus de la moitié et je n'ai aucun plaisir je ressors donc de ce salon de beauté et je n'y reviendrai pas.
Commenter  J’apprécie          290
missmolko1
  23 janvier 2021
Le salon de beauté est une belle surprise et si je me suis tournée vers ce roman c'est par nostalgie. Mon premier métier, de mes 18 a 22 ans, a été d'être esthéticienne. J'ai raccroché mon uniforme, il y a bien longtemps mais pourtant certains jours cela me manque. J'ai donc voulu y retrouver l'ambiance au fil de ces pages, et j'ai pu découvrir un excellent roman.
On fait la rencontre de trois femmes : Karen, esthéticienne, Claire, psychanalyste et cliente de Karen et Lucia, une amie de Claire. Autour d'elle, une sombre histoire de meurtre, une jeune adolescente qui est venue se faire épilée avant un rendez-vous avec son petit ami est retrouvée morte. Que s'est-il passé pour qu'elle perde la vie ?
Au-delà de l'enquête qui au final n'est présente qu'en arrière-plan, c'est toute la société colombienne qui nous est décrite et le constat n'est pas forcement très beau : corruption, violence, viol, drogue, meurtre… Bref, il n'est pas facile d'être une femme dans un pays comme celui-ci. En dehors de cette description de la société, on constate également que l'enquête est inexistante ou très bâclée sans le payement de pot-de-vin et sans argent donné aux bonnes personnes. C'est parfois tellement révoltant. Et la fin, le prouve. J'ai lu beaucoup de critiques où les lecteurs étaient déçus et pourtant, je l'ai trouvé fidèle à tout ce qui nous a été présenté au fil des pages. Est-ce que le roman aurait pu finir autrement, honnêtement je ne pense pas.
J'ai aimé le dépaysement et le voyage dans ce pays tellement fascinant. C'est une destination qui me fait rêver mais aussi extrêmement peur et après ma lecture, ce sentiment est encore plus présent. C'est dommage car il doit y avoir des choses tellement belles et une culture tellement riche à découvrir mais en même temps le pays semble terriblement dangereux.
Enfin, j'ai beaucoup apprécié nos trois héroïnes. Karen est peut-être la plus complexe, celle qui est la plus difficile à cerner par ses choix ou ses actions mais au final toutes ses décisions sont compréhensibles vu sa situation difficile. Claire est attachante et Lucia m'a fait beaucoup pitié par son attachement à un homme qui n'en valait vraiment pas la peine.
J'ai retrouvé avec plaisir l'univers de la beauté et des instituts : l'étroitesse des cabines et les confidences des clientes, l'ambiance parfois difficile entre les collègues féminines, les soins et les odeurs des produits. C'est une vraie réussite car tout est très bien décrit.
C'est en tout cas, une bonne découverte et j'espère que d'autres romans de l'auteure seront traduits dans le futur.

Lien : https://missmolko1.blogspot...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250


critiques presse (1)
Telerama   06 août 2018
Penchant tantôt vers le thriller, tantôt vers le polar politique, voici une œuvre caracolante et tragique qui se tourne aussi vers le roman d’apprentissage de haute qualité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   10 janvier 2021
Comme la thérapeute ou le confesseur, l'esthéticienne doit faire vœu de silence.
Le fauteuil de soins tient du divan. Le corps de la femme y est sans défense dans une posture de don de soi. Obéissant à l'injonction "Détendez-vous, éteignez votre téléphone portable", elle entre en cabine, prête à déconnecter un moment. Pendant quinze minutes, une demi-heure, parfois plus, elle s'isole du monde, se connecte a son propre corps, au silence, et souvent a une intimité qui l'encourage à confier des choses qu'elle n'avoue a personne, pas même ses proches.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
fanfanouche24fanfanouche24   14 août 2019
Je hais cette habitude d'appeler "indiens" tous ceux qui, selon elles, se situent au bas de l'échelle sociale. Je hais cette façon de n'utiliser le vouvoiement que pour s'adresser aux domestiques. Je déteste l'obséquiosité des serveurs qui, au restaurant, s'empressent de venir dire aux clients "Et que désire Monsieur ?" ou "Tout ce que Madame voudra" (...) Il y a tant de choses que je hais, que je déteste, tant de choses que je trouve injustes, stupides, arbitraires et cruelles, et je les hais encore plus quand je me hais moi-même d'appartenir à cette réalité inévitable. (p. 12)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
ZilizZiliz   06 août 2019
- A quoi bon s'efforcer de vivre une vie qui n'est pas la sienne ?
(…)
Elle pensait à toutes ces femmes qui avaient la sensation d'avoir gâché leur vie en voulant contenter quelqu'un d'autre, en faisant les choses davantage pour être vues en train de les faire que par envie ou par besoin. Peut-être que beaucoup d'hommes étaient dans le même cas, mais de ceux-là, elle ne savait rien.
Commenter  J’apprécie          110
fanfanouche24fanfanouche24   16 août 2019
Si Lucia ne pensait pas que j'appartenais à cette catégorie de femmes, elle pensait en revanche que j'avais fui une société que je jugeais fermée, pour gagner un pays où je m'étais toujours sentie étrangère. J'étais un oiseau sans arbre, mais malgré tout, je me portais bien. Cela dit, je n'étais pas non plus tout à fait heureuse. comme il est difficile de trouver la juste mesure pour se donner. Se donner à l'autre sans se perdre soi-même. (p. 219)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
ZilizZiliz   03 août 2019
On lui attribua la cabine n° 3, où elle pratiquerait des soins du visage, des massages et des épilations. Sa beauté, associée à sa discrétion et à son professionnalisme, la rendit très populaire, notamment pour les épilations. Elle ne fut pas longue à s'apercevoir que les Bogotanaises ne venaient jamais de leur propre chef pour se faire un maillot intégral. Mais parce que leur mari, leur fiancé ou leur amant leur avait demandé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80

autres livres classés : littérature colombienneVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura




Quiz Voir plus

Les classiques de la littérature sud-américaine

Quel est l'écrivain colombien associé au "réalisme magique"

Gabriel Garcia Marquez
Luis Sepulveda
Alvaro Mutis
Santiago Gamboa

10 questions
313 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature sud-américaine , latino-américain , amérique du sudCréer un quiz sur ce livre

.. ..