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EAN : 9782360840229
144 pages
Éditeur : Inculte éditions (15/01/2020)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Le grand-père de Jean-Michel Espitallier était cow-boy. Un vrai cow-boy d'Amérique, au bout du bout du Far West : en Californie. Dans sa jeunesse, il a quitté ses Alpes natales pour aller tenter la fortune dans ces contrées lointaines qui condensaient alors toute l'espérance et tout l'or du monde. Et puis, pour une raison inconnue, il est revenu. Il a vécu le reste de son âge dans son coin de France, au milieu de montagnards taiseux dont il faisait partie, lui aussi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
tilly
  27 janvier 2020
[parce que j'ai beaucoup aimé ce livre, qu'on en entend peu parler (moi en tout cas), et qu'il n'y avait pas encore d'avis de lecture, je dépose celui que j'ai écrit pour les Notes Bibliographiques - Culture et Bibliothèques pour tous - les-notes.fr]
Début du XXe siècle. Les frères Espitallier quittent leur village des Hautes-Alpes pour la Californie où ils sont employés dans un ranch. L'aîné épouse une Américaine et réussit en affaires. Eugène, moins ambitieux, se contente de son travail de gardien de troupeau. Vers trente ans, il revient au pays et se marie. Quand il meurt, son fils aîné n'a que dix ans. Dans la famille, on ne parle pas de l'aventure américaine d'Eugène ; le silence tombe sur sa courte vie peu ordinaire, oubliée. Jusqu'à aujourd'hui...
Jean-Michel Espitallier est le petit-fils du cow-boy Eugène. Pour faire revivre son ancêtre qui n'a pas laissé de traces, il mêle genres et styles : roman, essai, biographie, poésie. Les pages brillantes sur un quart de siècle d'histoire de l'Ouest américain marqué par la vitesse, le progrès et la brutalité, contrastent avec le parcours d'un homme simple, incompris et taiseux, qui n'oublia sans doute jamais les grands espaces entrevus et perdus. On comprend à demi-mots que l'auteur en a voulu à son propre père de ne pas lui avoir transmis la mémoire de ce grand-père hors normes. Injustice réparée dans un hommage littéraire passionnant.
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MadameTapioca
  22 juin 2020
Comment restituer ma pensée sur ce livre? mystère....
Lu il y a déjà quelques mois je n'arrive pas à trouver le bon angle pour expliquer mon ressenti.
Je vais donc faire simple.
Je crois que j'étais très enthousiaste par le fond mais que la forme m'a désarçonné. Là où j'attendais un roman sur les origines, une enquête sur le destin atypique d'un aïeul, j'ai trouvé un grand poème qui s'apparente parfois à l'exercice de style. Les listes sans fin, les interrogations sur plusieurs pages, les questions, les tâtonnements.... je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai trouvé ça génial ou facile.
Je rends hommage à la singularité de ce texte mais je regrette de ne pas y avoir été sensible.
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palir_au_soleil
  10 juin 2020

Comment contourner ce qui ressemble curieusement à un secret de famille ?
.
En y mettant les mots, la forme et quelques tours de lasso.
Ce que fait Jean-Michel ESPITALLIER pour évoquer son grand-père Eugène , parti réaliser le rêve californien à l'aube du XXe siècle, devenir cow-boy, en revenir 15 ans plus tard pour ne plus jamais y retourner. A part ces grandes lignes, rien de crousti à se mettre sous la dent. Que des grands blancs qu'il faut combler.
Tandis que l'auteur échafaude des hypothèses sur l'histoire de cet homme aux contours flous, il nous invite en parallèle à une traversée du continent américain, géographique et historique, c'est le Nouveau Monde qui se construit dans toute son immensité, avec ses mythes et légendes, ses cow-boys et ses indiens, la naissance des villes, ses pionniers, le Far West, le vrai.
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Charybde2
  21 juin 2020
Des Hautes-Alpes à la Californie – et retour, le parcours imaginé d'un cow-boy bien réel du début de notre siècle, et ce qui s'ensuivit.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/06/21/note-de-lecture-cow-boy-jean-michel-espitallier/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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critiques presse (1)
LeMonde   17 janvier 2020
Souvent, les lecteurs demandent aux écrivains d’où leur vient l’inspiration – comment ils créent des personnages et des aventures, bref comment de la page blanche naît tout un livre. Ils trouveront dans Cow-boy de Jean-Michel Espitallier une réponse éblouissante.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   21 juin 2020
Les voici au Havre.
Les voici au Havre après deux jours de train et une nuit dans un hôtel du quartier de la gare Saint-Lazare à Paris. Eugène et Louis embarquent sur un paquebot plein à craquer de la Compagnie générale transatlantique, traversent l’océan d’est en ouest en feuilletant peut-être distraitement le dépliant qu’on leur a remis au départ – la carte des États-Unis et de précieux renseignements sur les conditions de vie, notamment en Californie -, débarquent à Ellis Island neuf jours plus tard – bousculades, contrôles, visite médicale, mesures, pesée, inspection, questionnaires, formalités, et, pour régler, tout ça, ils passent une ou deux nuits sur des châlits de salle commune à chercher le sommeil dans un fouillis de reniflements, pleurs, toux, prières, engueulades et chuchotements. Ils sont venus ici pour garder le bétail mais, pour l’instant, on dirait bien que c’est eux, parmi ces milliards de pauvres exténués qui piétinent, dociles, en file indienne, sous le regard méfiant et peu amène des contrôleurs, des flics et des médecins.
Toute la misère du monde vient s’échouer ici pour y tenter sa chance, fuir les persécutions, la pauvreté, l’ennui, les ennuis. On dit qu’en Amérique, il y a de la terre pour tous, et le pays a besoin d’agriculteurs, d’ouvriers, de commerçants, d’inventeurs. Il a besoin de bras et de cervelles. On dit qu’ici, il suffit de faire. On dit qu’il suffit de se baisser pour ramasser les cailles qui, paraît-il, tombent tout cuit du ciel. On fit qu’en Californie, la terre est tellement fertile que lorsqu’on plante une graine dans le sol, il faut immédiatement faire un bond de côté pour éviter de se faire empaler par la pousse.
Tout ceci est sûrement très exagéré, mais voilà qui donne une indication.
En tout cas, ce genre de chose fait naître de grandes belles idées qui activent des réflexes d’appétit féroce et de revanche sur la vie – laquelle, jusque-là, n’a pas toujours été une partie de plaisir… Quand on se souvient d’où l’on vient, quand on n’a pas oublié ce à quoi l’on a échappé, on devient vite assez nerveux sur ce qui semble soudainement améliorer les existences honteuses. Alors, tout ce beau monde de loqueteux et de petites gens se presse au portillon, tête baissée devant les autorités, soumis encore, mais, je vous jure, pas pour longtemps, montrant les dents, définitivement désolidarisés des autres pauvres qui leur sont comme un miroir dans lequel ils n’ont certainement pas envie de se voir passer. Et comme les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, ces immigrants, une fois installés, montreront peu d’entrain à laisser la porte ouverte aux suivants. Dans peu de temps, l’autodéfense leur sera une hygiène morale et la propriété privée une cause inaliénable. Ce réflexe-là court dans toutes les têtes mais, comme on sait, en Amérique, tout est toujours plus grand. Les immigrants sont des miraculés. Quiconque bénéficie d’un miracle n’est jamais prêt à s’en laisser dessaisir. Avec ça vont toutes sortes de mentalités. « Le bon sens est agricole », comme disait l’autre. En Amérique non plus, la terre ne ment pas.
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Charybde2Charybde2   21 juin 2020
Dans ce bout du monde, les lointains sont tellement lointains qu’ils n’existent même pas en rêve. C’est à peine si Eugène, peut-être, se souvient d’avoir regardé à l’école communale les gravures édifiantes du manuel d’histoire-géographie : Savorgnan de Brazza, le glorieux débarquement de Sidi-Ferruch, Montcalm à la bataille des plaines d’Abraham. Abstrait. Les lointains sont des linogravures et c’est tout. Ça n’est pas l’imagination qui lui manque, à Eugène – « quand on voit, on n’imagine plus », comme il est rapporté dans le livre fameux -, c’est l’imagination d’imaginer. C’est aussi l’ambition d’imaginer. L’ambition d’imaginer qu’il pourrait avoir de l’ambition. Une tout autre ambition.
Or, voici qu’un beau jour, quelqu’un – ce premier rôle de toutes les histoires dont on ne sait rien -, quelqu’un donc leur met une idée dans la tête, aux deux frères ou à leurs parents. Le genre d’idée plus-c’est-gros-plus-ça-marche, à tel point qu’elle passe comme une lettre à la boîte. Il faut dire qu’à l’époque, cette idée plus-c’est-gros-plus-ça-marche semble comme qui dirait partagée par pas mal de gens. Beaucoup ont déjà eu l’idée d’avoir cette idée-là, cette idée plus-c’est-gros-plus-ça-marche, cette idée si immense, si folle et si simple à la fois. Cette idée-là, cette idée plus-c’est-gros-plus-ça-marche, cette idée flambant neuve a beau être immense, et folle, et immensément folle, elle se résume assez bêtement à un tout petit verbe du troisième groupe : partir. Autrement dit se faire la malle et aller voir ailleurs. Voilà comment le monde continue son histoire, voilà comment il se défriche et se déchiffre. C’est en tout cas ce que l’on apprend à l’école de la République. On pourrait dire qu’il y a là comme une loi naturelle à quitter son pays si son pays ne vous donne plus de quoi vivre et semble donc ne plus vouloir de vous. Mais en ces temps de conquête et d’expansion s’ajoute à cette nécessité universelle comme une petite démangeaison au fond du crâne, qui passe dans un certain nombre de crânes, et qui se nomme l’appel de l’inconnu. Le genre de chose qu’on ne sait pas trop ce que c’est – d’ailleurs, c’est marqué dessus. Le genre de chose qui donne des frissons bizarres où se mêlent joie folle et peur immense. Le genre de chose avec vapeurs-soleil, cargos-sirènes et casques coloniaux. Dans le Champsaur, Dieu sait pourquoi, on ne partait pas en Alabama, ni au Mexique, ni au Brésil, ni en Pennsylvanie, on partait bien plus loin. À l’autre bout du monde. À l’autre bout du Nouveau Monde. Dans le Champsaur, en général, on partait en Californie.
Alors Eugène et Louis sont partis en Californie.
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Charybde2Charybde2   21 juin 2020
Great Granddad
(Cow-Boys’ Song)

Great Granddad, when the land was young,
Barred the door with a wagon tongue,
For the times was rough and the redskins mocked,
And he said his prayers with his shotgun cocked.

Twenty-one children came to bless
The old man’s home in the wilderness,
They slept on the floor with the dogs and the cats,
And they hunted in the woods in their coonskin caps.

Great Granddad was a busy man,
Cooked his grub in a frying pan,
He picked his teeth with his hunting knife,
And he wore the same suit all his life.

Je ne suis pas sûr que le cow-boy qui va maintenant nous occuper ressemble au cow-boy de la chanson, qui est le cow-boy de la conquête. Le vrai cow-boy des westerns. Le vrai vieux cow-boy des histoires de cow-boys qui plâtrent nos imaginaires. Celui qui fermait sa porte avec la barre d’attelage du chariot, se curait les dents avec son couteau de chasse et faisait la prière, son flingue à portée de la main. Celui quand le pays était jeune. Mais le cow-boy solitaire et loin de chez lui dont à présent je vais tenter de raconter l’histoire, je me le suis un peu façonné à l’image de ce granddad.

Eugène est mort dans les années 1930. C’est loin. De son histoire, je ne sais rien. Remplir ce vide avec des choses fabriquées, des jeux de piste et des empilements.
« Tu n’as jamais vu de ports de mer ?
– Non. »
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Videos de Jean-Michel Espitallier (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Michel Espitallier
Mardi 6 août 2019, dans le cadre du banquet d'été "Transformer, transfigurer" qui s'est déroulé à Lagrasse du 2 au 9 août 2019, Jean-Michel Espitallier et Laurie Laufer se sont prêtés au jeu de la double voix, sous le thème : "Le temps et les fantômes"
L?événement de la mort est un toujours-présent: ça ne cesse pas de ne pas cesser. Ni le temps ni le corps ne permettent de coaguler cette hémorragie. Incorporel, infinitif, impersonnel serait le mode d?être de celui qui est traversé par la mort. La question est de savoir quelle forme peut prendre ce qui remettra du temps dans ce toujours-présent, du corps dans cet incorporel.
+ Lire la suite
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