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ISBN : 1095086871
Éditeur : Inculte éditions (22/08/2018)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Tandis qu’au-dehors, à quelques centaines de mètres de chez lui, des attentats ensanglantent Paris, Jean-Michel Espitallier vit un autre drame, plus intime. Sa compagne, Marina, s’éteint, « assassinée » par le cancer. Ce livre est la chronique d’une disparition, qui enregistre – au sens musical du terme – la lente et calme approche de la mort, son surgissement, capté avec une rare acuité, puis la première année dans l’absence. Sans voyeurisme, mais avec parfois la c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Mesmotssurlesleurs
  07 juin 2019
Je savais que cette lecture allait trouver en moi une résonnance, un écho, de ceux, dangereux, qui vous serrent la poitrine. J'ai pris le risque. J'ai lu. Chaque ligne. Chaque mot. Comme des murmures à l'oreille de celle qui savait déjà.
La première année... Jean-Michel Espitallier l'écrit, s'écrit. Et moi j'ai lu, le coeur étreint, les larmes au bord des yeux.
J'ai lu toutes ces premières fois depuis les dernières. Tout ce qui fait l'absence et la souffrance.
J'ai lu son amour et sa douleur. "La présence de l'absence" par "l'absence de présence".
J'ai regardé ses jours sans elle, avec elle, avec celle qui n'est plus mais qui, à être sans cesse invoquée par le coeur, est toujours.
J'ai lu le temps qui passe et qui éloigne du temps d'avant. le difficile apprentissage du plus-jamais. La culpabilisante vie qui continue. Les dates comme point de nouveau départ, de nouvelles tristesses. le nouveau calendrier. La bulle qui se forme autour de celui qui reste et qui déforme, transforme, le quotidien et ses détails qui n'en sont plus. Finir le dernier paquet de riz. Pleurer les premières fois sans elle et tenter de retrouver les dernières. Et compter, sans cesse.
Si vous ne deviez lire qu'un seul livre sur le deuil, lisez celui-ci. Si vous cherchez un livre dont vous vous souviendrez, lisez celui-ci.
Lisez celui-ci.
Il est grand. Il est bouleversant. Ligne après ligne. Une poésie. Les mots, la mise en page, tout. Rien de ce que je pourrais écrire ne sera à la hauteur. Merci Monsieur Espitallier.
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19chantal
  25 janvier 2019
Marina meurt d'un cancer. Son mari nous raconte ses derniers instants et surtout la première année après la mort de Marina.
C'est assez bouleversant bien sûr mais finalement supportable. L'écriture est précise, méticuleuse parfois poétique, rappelant celle d'Annie Ernaux. C'est ce que j'ai aimé.
Malheureusement, il y a aussi pour moi des choses insupportables. Par exemple : "Notre lit est mon seul refuge. Tu y es tellement absente que cette sur-absence est une sur-présence ( de l'absence)." et nombre de phrases du même tonneau qui me rappellent Jacques Salomé.
Le livre reste intéressant pour mieux comprendre ce qu'a vécu le narrateur. Son témoignage est singulier, le rapport au Temps bien analysé. Un livre sur la mort, sur la vie qui continue à s'écouler...
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Antoine_Libraire
  09 décembre 2018
Voici un livre pas évident à chroniquer. Un livre comme une expérience d'alchimie, où le résultat ne serait pas la pierre philosophale mais son exact contraire, la vie dans la mort. Un journal brut et intime, une sorte d'invite à la méditation sur la mort, sur la vie avec la mort.
L'auteur ne rend pas hommage à la disparue, ne raconte pas, ou peu, de souvenirs. Il nous dit l'absence, sa nouvelle existence dans l'inexistence, le creux laissé dans le monde. Il nous dit la multitude des dernières fois, puis des premières sans l'autre, L'empreinte laissée en négatif sur ce qui arrive. Il nous raconte la mort singulière, l'événement forcément bouleversant qui chamboule tout, imprégnant la vie de ce vide.
C'est un livre touchant, poétique. Impudique aussi. Entendez qu'il ne met pas de voile sur les sentiments, les questionnements. L'auteur partage avec le/la lecteur/trice sa perception fine de l'absence , l'enseignement qu'il semble vouloir en tirer, comme on tire le vin. Il perçoit les petites vanités et les piètres ambitions. Journal d'un homme triste prenant forme littéraire.
Un livre émouvant, une incursion dans l'intimité d'un couple amputé, celui qui raconte (je) le vide incommensurable laissé par celle (tu) dont l'absence prend toute la place.
Bouleversant.
Lien : https://bonnesfeuillesetmauv..
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critiques presse (1)
LeMonde   31 août 2018
A l’articulation subitement impossible de l’intime et du social, ce qui s’élabore sous les yeux du lecteur n’est pas le livre fossile que serait le « tombeau » de ­Marina, clos sur lui-même dans un temps refermé, mais le processus de fossilisation lui-même, à jamais en mouvement.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   30 juin 2018
Le début de la vie sans toi….


Extrait 2

14 février. Encore un jour qui te prive de vivre. Un jour de punition (ta
punition me punit).

Ce matin, au réveil, j'ai eu une crampe au mollet droit. Ter¬rible, très
douloureuse. Tu avais des crampes aux mollets. Terribles, très douloureuses. Aux mains. Terribles, très douloureuses. Aux pieds. Terribles, très douloureuses. Alors cette crampe fulgurante, terrible, très douloureuse, me procure un court instant de communion avec toi. Je porte ma croix. Je t'aide à porter la tienne.

Début du temps photographique. Je passe ces premières journées de grand vide à fixer des photos de toi. C'est mon unique occupation. Mais au fil des jours, les photos s'interposent au souvenir pourtant si proche que je conserve de toi avant l'agonie. C'est bien là toute la limite de la photographie, qui fait écran au réel et l'englue dans son fixateur en cherchant à le reproduire (pas de son, pas d'odeur, pas de goût, aucune sensation physique, point de chaleur du soleil sur le bras, point de bruits du ferronnier dans la médina, à Tanger, aucun parfum de coriandre flottant dans l'air poivré du marché de la rue de l'Amérique-du-Sud, temporalité vitrifiée). Or, la vie n'est qu'un enchaînement de vitesses à régimes variables, timbres et sons éparpillés, angles de vue changeants, panoptiques ou ébréchés, mouvements brouillons, pelotes d'odeurs et de parfums, nœuds d'impressions, miroirs sans tain, désordres, flous, plis, faisceaux de temporalités, tuilages. Par exemple, sur cette photo prise dans les jardins de la Mandoubia, à Tanger, en février 2012, nous ne pouvons voir à quoi tu penses ni ce que tu ressens, et la température de l'air ne nous est donnée qu'approximativement (ciel bleu, mais tu es en manteau). Et rien ne transparaît des souffrances occasionnées par un chapelet d'aphtes qui torturent ta bouche. Dans son immobilité, sa temporalité figée, son silence, toute photo n'est qu'une paresseuse évocation, un rappel (la valeur
d'un post-it). Dépourvue de tout ce qui fait que l'on est en vie.
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coco4649coco4649   30 juin 2018
Le début de la vie sans toi….


Extrait 5

Une heure cinquante-huit : tu ne respires plus. Un événement. L'événement. Le gigantesque événement. Le plus grand événement du monde. Le son de ta mort.

Ta mort a arrêté le temps. Désormais un temps nouveau s'est installé et c'est le temps de notre éloignement. Le temps de ta disparition.

Le temps qui devrait, à ce qu'on me dit, cicatriser ma plaie, est donc un temps d'espoir. Mais comment espérer quand chaque seconde qui m'entraîne vers cet apaisement m'éloigne de toi ? Me sépare de nous ? Repousse ma désormais ancienne vie ?

Si j'écris que tu es ailleurs, si je dis que tu es absente, je te fais exister dans cet emploi du verbe « être » au présent de l'indicatif. Mais ce que je fais exister de toi est, à jamais, ta non-existence.

16 février. Aujourd'hui, le seul événement est : encore un jour sans toi.
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BazartBazart   04 mars 2019
Ou est il, le lieu de notre mort? Familier ou étranger, il nous attend quelque part. Ces deux question,s aujourd'hui posées sans peur, sans crainte, parce que ta mort me soigne de la peur de la mort : comment vais je mourir et quand?
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coco4649coco4649   30 juin 2018
Le début de la vie sans toi….


Extrait 4

Puissance invasive de la catastrophe. État de maladie, fièvre, handicap lourd. Une cécité. Un poids de nuit. D'obscurité. Habiter le temps en ses franges (dissout vers ses franges), sa lisière (ses zones grises). (Relisant plus tard cette phrase, je ne sais précisément quel sens lui donner. Cette imprécision a du sens.)

Même la petite boîte métallique de pastilles à la menthe que je découvre au fond de ton sac est d'une belle élégance. Je peux encore récupérer des traces tangibles de tes derniers moments de vie, chercher dans tes poches, y trouver un kleenex, une pièce de monnaie, un reçu, un petit scoubidou qui racontent des épisodes aisément identifiables, datables, les traces de micro-événements, les dernières semaines d'avant la catastrophe. D'avant l'interruption. Par leur action (par l'action de leur inaction), ces indices te font disparaître de la vie, de ta vie si proche encore et déjà si lointaine. Ils fixent ta vie récente dans le temps éternel de l'avant. Ces apparitions sont des disparitions.

Des pellicules de vie en dépôt. En suspens.
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coco4649coco4649   30 juin 2018
Le début de la vie sans toi….


Extrait 3

J'écris pour une raison similaire. Fixer et préciser des événements avant qu'ils ne s'estompent et sombrent dans l’oubli. Au risque ici aussi d’en essuyer la buée qui les auréole, leur donne toute leur épaisseur, leur relief, leur flouté.
Leur poids de vie.

Sur la plupart des photos, ton sourire éclatant laisse apparaître tes jolies
dents. Dans mon cauchemar, j'imagine qu'elles ont dû brûler, au crématorium, comme le reste de ton corps, attaquées par les flammes, agressées sans ménagement, massacrées, réduites en cendre.

Comme tes beaux yeux marron (je disais « tes yeux écureuil ») ont dû fondre dans les 85o degrés du four crématoire.

Mon insondable tristesse enroulée dans mon incommensurable épouvante.

J'écoute beaucoup de musique parce que la musique c'est du temps (tempo), du temps qui passe (un passe-temps) et que l'on a sur ce temps-là le pouvoir de le rejouer, de le recommencer, de (se) le repasser.
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Videos de Jean-Michel Espitallier (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Michel Espitallier
Dimanche 4 novembre 2018, dans le cadre du banquet d'automne intitulé "Histoires du moi, histoires du monde" qui s'est déroulé du 2 au 4 novembre 2018, Jean-Michel Espitallier et Jean-Michel Mariou s'entretenaient autour de la Première année.
Une visite guidée dans l?univers de Jean-Michel Espitallier, son cabinet de curiosité, son atelier, ses sources d?énergie, ses salles d?archives, sa gare de triage et ses géographies. Ou comment (et pourquoi !) travaille cet écrivain inclassable.
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