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Édouard Jimenez (Traducteur)Jacques Rémy-Zéphir (Traducteur)
ISBN : 2070379477
Éditeur : Gallimard (26/02/2009)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 201 notes)
Résumé :
Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L'amour de la vie est exalté dans ces pages d'un style joyeux... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
liliba
16 août 2011
Ce roman est un régal !
Il nous narre l'histoire de la vie de Tita, dernière née de la famille de la Garza, dans le Mexique du début du siècle, plongé en pleine révolution. Déjà, dans le ventre de sa mère, le bébé semblait différent de ses deux soeurs aînées :
On raconte que Tita était tellement sensible que, dans le ventre de mon arrière-grand-mère, elle pleurait quand celle-ci hachait des oignons. Elle pleurait si fort que Nacha, la cuisinière à moitié sourde de la maison, n'avait pas à tendre l'oreille pour l'entendre. Un jour, à force de hoqueter, elle déclencha l'accouchement. Mon arrière-grand-mère n'eut pas le temps de dire ouf ! Tita arrivait dans ce bas monde avant l'heure, sur la table de la cuisine, dans les odeurs d'une soupe au vermicelle, du thym, du laurier, de la coriandre, de lait bouilli, de l'ail et de l'oignon. Vous devinez que la traditionnelle tape sur les fesses fut inutile. Tita était née en pleurant. Peut-être se doutait-elle que son sort était fixé, que, dans cette vie, le mariage lui serait refusé. Voilà comment Nacha racontait l'irruption de Tita sur terre : elle fut projetée dans un torrent de larmes formidable qui inonda le sol de la cuisine. L'après-midi, la frayeur était passée et l'eau évaporée par les rayons du soleil. Nacha ramassa le résidu des larmes sur le carrelage rouge. Avec ce sel, elle remplit un sac de cinq kilos qu'on utilisa longtemps pour cuisiner.

Alors que son père vient de décéder peu de temps après sa naissance, et que sa mère rejette le bébé, Tita est élevée par Nacha, la cuisinière, et passera toutes ses jeunes années dans les odeurs des plats cuisinés, apprenant de la vieille femme les secrets des saveurs et de la cuisson de tous les plats traditionnels de son pays.
Mais Tita, étant la dernière des filles, ne peut pas se marier car elle doit rester au ranch pour subvenir aux soins de sa mère, la terrible Mamá Elena. Sauf qu'un jour, lors d'un dîner, son regard croise celui de Pedro, et qu'ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Rien ne pouvant faire plier cette mère froide et méchante de sa volonté, Pedro accepte d'épouser la soeur aînée de Tita, Rosaura, se disant qu'ainsi il restera auprès de sa bien-aimée. Mais la mère veille au grain et le seul moyen que trouve Tita pour communiquer avec l'homme qu'elle aime est de cuisiner, de lui transmettre à travers les aliments coupés et cuits avec amour tout ce qu'elle ressent pour lui.

Elle se souvenait parfaitement des sons et des odeurs, du frôlement de sa robe neuve sur le sol fraîchement ciré, du regard de Pédro sur ses épaules... Ce regard ! Elle s'avançait vers la table, un plateau de crèmes caramel dans les mains quand elle le sentit, ardent, lui brûler la peau. Elle tourna la tête et ses yeux croisèrent ceux de Pedro. Elle comprit ce que ressentait un beignet au contact de l'huile bouillante.

La construction originale du roman est totalement dépaysante et tout à fait charmante. de fait, chaque chapitre énonce une recette dans ses moindres détails, en liant l'accomplissement du plat aux pensées et à la vie de Tita. Ainsi, nous apprenons à faire des tortas à l'oignon et au chorizo, à préparer viandes et soupes, de même que les desserts dont la tradition s'est perdue au fil des temps. Nous découvrons aussi, dans ce texte extrêmement poétique, et drôle tout à la fois, que les plats peuvent transformer les hommes qui les hument ou s'en délectent : l'oignon fait pleurer des rivières qui inondent la maison, la rose émancipe hommes et femmes qui ne veulent plus que s'aimer au plus vite... et certains plats ont parfois également des effets dévastateurs...

Tout au long des douze recettes, au fil de longues années et après moultes aventures, l'amour de Tita et Pedro perdurera, jusqu'à exploser pour cause de trop grande passion amoureuse.

Un roman comme un conte de fées, mais dans lequel les fées seraient cachées au fond des marmites... A déguster pour l'originalité, l'écriture fine, les descriptions des personnages dont les caractères sont souvent caricaturaux, mais justes, les recettes qui font saliver, et cette petite part de folie, d'improbable, qui nimbe chaque page. Un roman qui vous permet de vous évader et de rêver, et qui fait saliver : délicieux !

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Nahe
12 décembre 2012
Un très joli roman que ce chocolat amer : il mêle avec bonheur chronique familiale, recettes de cuisines et amour interdit. Sans oublier une pointe de magie...
Tita et Pedro s'aiment mais Tita est, par tradition, tenue de rester célibataire pour veiller su sa vieille mère. La mort dans l'âme, elle voit donc celui qu'elle aime épouser sa soeur et est cantonnée à la cuisine. le temps apporte-t-il un espoir aux amoureux...
Une histoire prenante et grinçante, aux douces saveurs de cuisine... Un régal !
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MissG
23 septembre 2014
Tita pourrait presque être une cousine de la merveilleuse et clairvoyante Clara de "La maison aux esprits" d'Isabel Allende, sauf qu'elle, c'est en cuisine que sa magie s'exprime.
Dès son plus jeune âge, Tita s'est révélée être une cuisinière hors pair, la meilleure de sa génération : "Tita était le dernier maillon d'une chaîne de cuisinières qui s'étaient transmis, depuis l'époque préhispanique et de génération en génération, les secrets de la cuisine. Elle était considérée comme la meilleure représentante de cet art merveilleux, l'art culinaire.".
Tita tombe amoureuse de Pedro, mais comme elle n'est pas l'aînée, son sort est de rester célibataire pour s'occuper de sa mère jusqu'à sa mort, et c'est donc sa soeur qui épouse Pedro.
Mais la cuisine de Tita est magique : lorsqu'elle aime elle met tout son amour dans ses plats et distribue ainsi l'amour autour d'elle, mais lorsqu'elle est triste ou contrariée elle pourrait empoisonner quiconque goûte sa nourriture.
Et qu'à cela ne tienne que son Pedro soit marié, cela ne va pas les empêcher de s'aimer des yeux et par l'esprit, et qu'en plus de Pedro, Tita va s'attacher à son fils et lui vouer à lui aussi un amour sans borne : "Quel que soit son destin, tant qu'elle pourrait garder cet enfant, plus à elle qu'à quiconque, rien ne lui importait. Elle exerçait le rôle de mère sans en avoir le titre officiel. Pedro et Roberto lui appartenaient : elle n'avait besoin de rien d'autre dans la vie.".
Le destin de Tita aurait pu être triste, c'est finalement le portrait d'une jeune femme aimant la vie et apprenant à faire fi de tous les obstacles que brosse Laura Esquivel.
Ce récit est fortement imprégné de la patte littéraire sud américaine, avec un mélange entre le réel et l'imaginaire sur fond de vérité historique.
Que la cuisine de Tita soit ensorcelée de ses émotions cela n'est pas choquant, c'est au contraire l'une des forces de ce livre, et comme chez Isabel Allende, il y a un fond de vérité historique et ce côté surnaturel permet d'en adoucir les atrocités.
Dans ce roman où chaque chapitre commence par une recette de cuisine, l'auteur s'est attachée à raconter les moments phares de la vie de Tita et de son amour plus fort que tout envers Pedro.
Un livre sentimental, à n'en pas douter, mais qui évite le piège de tomber dans la mièvrerie et la facilité.
Ici, point de descriptions à l'eau de rose et de scènes larmoyantes, c'est une Tita bravant les obstacles que le lecteur découvre, une jeune femme se laissant porter par son amour et par son talent en cuisine.
Car il faut bien reconnaître que ce livre met en appétit.

"Chocolat amer" de Laura Esquivel est une formidable recette de cuisine sous forme d'épopée littéraire dans un Mexique révolutionnaire qui émoustille les sens et les papilles, et dont le succès est amplement mérité.
La curiosité me pousse désormais à voir l'adaptation cinématographique qui en a été faite.
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sofy74
01 mars 2013
Beaucoup de mystère dans ce roman, de saveurs , de senteurs et d'amour.
Un amour maternel inexistant, un grand amour impossible... Ce roman se voudrait triste mais pourtant il ne l'est pas.
Une très belle écriture pour une belle histoire, ce qui en fait un bon titre.
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Biblio87
08 juillet 2013
J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture ! C'est une très très belle découverte ! D'ailleurs, j'aimerais bien voir l'adaptation dont Laura Esquivel a elle-même écrit le scénario :).
Dès les premiers mots, nous faisons un plongeon en plein coeur du Mexique, pays dont j'ai grandement apprécié découvrir un morceau à travers l'histoire de Tita.
Durant les 248 pages que compte ce roman, j'ai été immergée dans la vie de cette jeune fille, personnage qui m'a tout de suite beaucoup plu et qui m'a touchée. Beaucoup touchée. Son histoire est horrible et très belle à la fois mais il y a beaucoup à en tirer... Que ce soit pour la toute fin du roman ou pour nous, lecteurs.
J'ai trouvé le contenu de ce livre puissant : il se passe énormément de choses dans un "espace" (comprenez, le nombre de pages) assez petit et l'auteure parvient à nous imprégner d'une atmosphère familiale, à nous offrir de connaître un peu les traditions d'un pays qui m'était jusqu'alors inconnu, à nous faire connaître une jeune fille très attachante et le tout, sans rien survoler. Les détails sont là mais il n'y a rien à jeter, il n'y a pas de blablas inutiles même si lors de quelques passages, je me suis sentie un peu perdue face à la multitude de personnages et de faits qui nous sont présentés.
Le livre est découpé en 12 chapitres, chacun a pour thème une recette associée à un évènement de la vie de la famille de Tita. Les ingrédients pour chaque recette sont indiqués à part mais la marche à suivre est "enfouie" dans l'histoire. Nous passons donc par des passages expliquant comment procéder pour passer sans aucune transition à l'histoire en elle-même et ce, à plusieurs reprises dans chaque chapitre. Les recettes ne sont pas toutes réalisables, et quand bien même, je ne suis pas attirée par ce type de cuisine. N'empêche que cela apporte de l'exotisme au récit et j'ai adoré.
Le tout est mêlé à un soupçon de merveilleux, à une écriture belle mais crue et le résultat est... exquis !
Si je mets un jour la main dessus, ce sera avec plaisir que je découvrirais les autres romans de Laura Esquivel. Et si je ne relis pas souvent mes livres, je pense que celui-ci sera une exception, que je le ressortirai de ma bibliothèque avec beaucoup de plaisir lorsque j'aurai quelques années de plus !
En quelques mots
Dans ce livre, vous trouverez une histoire très belle mais terrible mêlant amours, cuisine et famille, et ayant pour résultat une lecture aux saveurs délicieusement épicées et dépaysantes.
Lien : http://books-all-around.blog..
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
FleurCannibaleFleurCannibale27 juillet 2010
Elle se leva, courut chercher l'énorme couvre-lit tissé pendant ses nuits de solitude et d'insomnie et le tira sur elle, recouvrant en même temps les trois hectares et demi de la ferme. Elle prit la boîte d'alumettes offertes par John dans le tiroir de sa table de nuit. Son corps avait besoin de beaucoup de phosphore. Elle commença à manger les alumettes une par une. Tout en mastiquant, elle fermait les yeux très forts et s'efforçait de retrouver ses souvenirs les plus émouvants avec Pedro. Le premier regard échangé, le premier frôlement de leurs mains, le premier bouquer de rose, le premier baiser, la première caresse, la première relation intime. Et elle parvint à ses fins. Lorsque le phoshore entrait en contact, dans sa bouche, avec cette image lumineuse, il prenait feu. Sa vision s'éclaircit et le tunnel réapparut. A l'entrée se tenait la resplandissante silhouette de Pedro; il l'attendait. Tita n'hésita pas. Elle se laissa aspirer et tous deux se fondirent dans une longue étreinte. Atteignant un nouvel orgasme, isl partirent ensemble vers l'eden perdu. Ils ne seraient plus jamais séparés.
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missmolko1missmolko110 janvier 2011
Elle tourna la tête et ses yeux croisèrent ceux de Pedro. Elle comprit ce que ressentait un beignet au contact de l'huile bouillante.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel28 janvier 2016
Tita sentit dans sa propre chair pourquoi le contact du feu transforme les éléments, pourquoi un morceau de pâte devient une galette, pourquoi une poitrine non exposée au feu de l’amour est inerte, une boule de pâte sans utilité.
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luocineluocine21 juin 2010
Si Tita ne pouvait ni se marier ni avoir d’enfants, qui donc la soignerait sur ces vieux jours ? Quelle était la solution judicieuse dans ce cas ? Ou bien ne s’attendait-on pas à voir les filles qui étaient restées pour s’occuper de leur mère survivre longtemps au décès de leur génitrice ?
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luocineluocine21 juin 2010
Si c’est pour demander ta main, qu’il s’en dispense. Il perdrait son temps et me ferait perdre le mien. Tu sais parfaitement qu’étant la plus jeune des femmes, c’est à toi de veiller sur moi jusqu’au jour de ma mort.

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