AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Édouard Jimenez (Traducteur)Jacques Rémy-Zéphir (Traducteur)
ISBN : 2070379477
Éditeur : Gallimard (26/02/2009)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 240 notes)
Résumé :
Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L'amour de la vie est exalté dans ces pages d'un style joyeux... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  14 octobre 2017
Il y a de ces livres qui constituent de belles surprises, qui font du bien et Chocolat amer en fait partie. Je dois admettre d'emblée que ce n'est pas tout à fait ce à quoi je m'attendais. Je ne sais pourquoi mais j'imaginais de jolies et sympathiques aventures autour d'un fourneau, un groupe de mères et grand-mères (des matriarches) en train de popoter autour du fourneau, réalisant des recettes transmises de génération en génération, voire des secrets de famille. Il y a de ça, oui, mais l'intrigue est remplie de zones d'ombres- heureusement !
Dans un Mexique du début du XXe siècle, troublé par les révolutions, l'autoritaire Mama Elena tient sa ferme et dirige ses trois filles d'une poigne de fer. L'aînée s'enfuit avec un général et Tita, la touchante cadette, tombe amoureuse de Pedro. Toutefois, tradition oblige, il faut marier Rosaura la seconde d'abord et, puisque Pedro est libre… La pauvre Tita se retrouve confinée à la cuisine à popoter avec la servante Nacha, qui connaît mille recettes. Évidemment, une telle situation familiale ne peut que finir par exploser…
L'histoire est un peu plus complexe, il suffit de dire que les personnages passent des moments durs, tristes et violents. Mais ils sont balancés par d'autres, délectables et jouissifs. Et que dire de cette finale, grandiose, explosive. Et ce message universel : l'amour vainc tout…
Ceci dit, ce n'est pas tant cette histoire qui est marquante mais l'atmosphère qui s'en dégage. Et c'est là tout le génie de Laura Esquivel. Les recettes et l'importance accordée à la nourriture, aux plats, n'y est pas étrangère. En fait, le roman est divisé en douze chapitres, un pour chaque mois de l'année, et mettant à profit les talents culinaires de Tita. Par exemple, en janvier, des petits pains pour Noël, en février, un gâteau Chabela, en mars, des cailles aux pétales de roses, etc. J'ai salivé à plus d'un moment. Surtout que plusieurs des recettes sont des plats typiquement mexicains donc, à mes yeux, exotiques.
L'idée d'associer un plat à un événement de la vie des personnages (et pas de façon superficiel, le plat fait partie de la vie de tous les jours et même des célébrations) était originale. Ça m'a un peu déboussolé car ça m'a donné l'impression que l'histoire ne se déroulait que sur une année mais on se rend compte assez vite que, parfois, un an au complet s'est passé entre chaque chapitre. Mais, au final, ça donne une lecture délicieuse et épicée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
deidamie
  19 août 2018
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, j'avance dans le challenge Multi-Défis avec l'item « livre dans ta PAL depuis cinq ans » avec un bouquin prévu depuis 1995. Ca va, j'ai un peu de marge, ça devrait passer fastoche.
-1995 ? Sérieusement ? Tu es capable de te souvenir d'un titre entraperçu il y a plus de vingt ans ?
-Non, je n'en suis pas capable. Je suis capable de me souvenir d'un seul titre pendant une vingtaine d'années et c'est celui-ci : depuis que j'ai vu Les épices de la passion sur une chaîne cryptée, film adapté du roman Chocolat amer, de Laura Esquivel.
Or donc Tita, benjamine d'une sororie* de trois, est vouée au célibat : une tradition familiale oblige la plus jeune fille à rester au service de la mère toute sa vie. Hélas, Tita est amoureuse de Pedro, et réciproquement. Pedro épouse alors Rosaura, l'aînée, pour rester auprès de son amante. Tita pleure beaucoup. Dès la première page, d'ailleurs. Et cuisine. Enormément. Bref, passionnant !
-Attends. Tu es en train de me dire que l'histoire de l'amour malheureux et frustré d'une jeune fille qui verse des hectolitres de larmes en remuant des casseroles, c'est passionnant ?
-Absolument. Et j'irai même plus loin : la famille de Tita est hautement toxique et prend soin de la rendre malheureuse.
-Mais quelle horreur ! je lis pas ça, moi !
-Tu as tort pour deux raisons : le drame est très fortement atténué par une narration légère, pleine d'un humour tendre pour elle et amer pour qui la tourmente. Et Tita résiste, comme elle peut, parfois sans le vouloir grâce à sa cuisine, elle n'est pas qu'une victime passive, elle se révolte avec ses moyens.
Quant à la deuxième raison, la voici : Laura Esquivel signe une chronique familiale, certes, mais sans le réalisme qui d'habitude assaisonne l'exercice. le roman est fortement empreint de fantastique. La cuisine de Tita est magique : quiconque la goûte subira les effets de son humeur ou les conséquences de ses souhaits. Elle-même n'en semble pas complètement consciente, d'ailleurs.
-Ah bon. C'est un roman fantastique.
-Oui… et non… disons que la magie s'invite dans la vie quotidienne. C'est aussi un roman culinaire et historique : de nombreuses recettes ponctuent l'action. Quand je dis « historique », ce n'est pas seulement à cause de la révolution en toile de fond, mais aussi à cause de tout l'aspect documentaire de la vie quotidienne de l'époque. J'ai adoré découvrir le travail d'une ferme mexicaine, les trucs et astuces de conservation en l'absence de réfrigérateur…
-Les recettes, c'est un peu casse-pieds, non ?
-Non. ‘Fin, je n'ai pas trouvé. Je n'aime pas beaucoup la cuisine qui pique, le piment ne me fait donc pas rêver, mais j'ai éprouvé une grande satisfaction à apprendre des mots, des recettes et des plats inconnus. J'ai admiré le travail éreintant, épuisant que représente la cuisine traditionnelle.
Et en dernier lieu, il reste quelque chose de fascinant dans ce texte : le temps.
L'histoire est découpée en chapitres : un pour chaque mois de l'année. L'on pourrait donc supposer que l'intrigue dure un an. Illusion littéraire, en réalité. La narration oscille sans cesse entre passé et présent, et le présent ne se passe pas forcément quand on le croit…
Roman triste, roman drôle, sensuel, dénonçant l'hypocrisie de règles absurdes, Chocolat amer ne m'a pas déçue, loin de là. Je regrette à vrai dire de ne pas l'avoir lu plus tôt et le relirai pour mieux m'en approprier les mots. »
*Sororie : équivalent féminin de fratrie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          242
LauraLi
  19 avril 2018
Une histoire écrite avec beaucoup de vivacité! Des aventures "épicées" qui chamboulent la vie des personnages. Les actions s'enchaînent rapidement; rythme qui plaira aux amateurs de péripéties courtes.
Laura Esquivel a concocté une petite histoire délicieuse rehaussée d'un soupçon de surréalisme. Elle agence la littérature et l'art culinaire avec tant de finesse que l'on peut sentir les fumets des plats divers et presque goûter aux desserts alléchants préparés par la talentueuse Tita. Au début de chaque chapitre, une recette est même offerte pour aromatiser le récit.
Ce livre, riche en saveurs, se déguste en quelques bouchées.
Commenter  J’apprécie          280
sylvaine
  30 mai 2018
Surprise, surprise, tout est surprise dans Chocolat amer de Laura Esquivel ! Un récit épicé haut en couleurs, parfums et saveurs aux premiers jours du XXème siècle dans un Mexique en pleine guerre civile . A chaque mois de l'année son plat . Tita la dernière fille de Maria Elena est destinée à rester vieille fille pour s'occuper de sa mère , la tradition et la mère l'exige . Cette enfant mal aimée par une mère veuve et tyrannique se voit donc séparée de Pedro , son amoureux ,au bénéfice de sa soeur . Seule échappatoire pour Tita la cuisine .....
Un chapitre par mois de l'année, une recette pour chaque occasion et toujours la magie des épices, des saveurs, des parfums , des couleurs. Magie des amours , magie des pleurs, magie des baisers, et magie de l'étincelle finale !
Laura Esquivel nous invite au voyage dans son beau pays . l'écriture est fluide agréable , les papilles et les yeux sollicités à chaque page . Une belle aventure littéraire .
Commenter  J’apprécie          263
liliba
  16 août 2011
Ce roman est un régal !
Il nous narre l'histoire de la vie de Tita, dernière née de la famille de la Garza, dans le Mexique du début du siècle, plongé en pleine révolution. Déjà, dans le ventre de sa mère, le bébé semblait différent de ses deux soeurs aînées :
On raconte que Tita était tellement sensible que, dans le ventre de mon arrière-grand-mère, elle pleurait quand celle-ci hachait des oignons. Elle pleurait si fort que Nacha, la cuisinière à moitié sourde de la maison, n'avait pas à tendre l'oreille pour l'entendre. Un jour, à force de hoqueter, elle déclencha l'accouchement. Mon arrière-grand-mère n'eut pas le temps de dire ouf ! Tita arrivait dans ce bas monde avant l'heure, sur la table de la cuisine, dans les odeurs d'une soupe au vermicelle, du thym, du laurier, de la coriandre, de lait bouilli, de l'ail et de l'oignon. Vous devinez que la traditionnelle tape sur les fesses fut inutile. Tita était née en pleurant. Peut-être se doutait-elle que son sort était fixé, que, dans cette vie, le mariage lui serait refusé. Voilà comment Nacha racontait l'irruption de Tita sur terre : elle fut projetée dans un torrent de larmes formidable qui inonda le sol de la cuisine. L'après-midi, la frayeur était passée et l'eau évaporée par les rayons du soleil. Nacha ramassa le résidu des larmes sur le carrelage rouge. Avec ce sel, elle remplit un sac de cinq kilos qu'on utilisa longtemps pour cuisiner.

Alors que son père vient de décéder peu de temps après sa naissance, et que sa mère rejette le bébé, Tita est élevée par Nacha, la cuisinière, et passera toutes ses jeunes années dans les odeurs des plats cuisinés, apprenant de la vieille femme les secrets des saveurs et de la cuisson de tous les plats traditionnels de son pays.
Mais Tita, étant la dernière des filles, ne peut pas se marier car elle doit rester au ranch pour subvenir aux soins de sa mère, la terrible Mamá Elena. Sauf qu'un jour, lors d'un dîner, son regard croise celui de Pedro, et qu'ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Rien ne pouvant faire plier cette mère froide et méchante de sa volonté, Pedro accepte d'épouser la soeur aînée de Tita, Rosaura, se disant qu'ainsi il restera auprès de sa bien-aimée. Mais la mère veille au grain et le seul moyen que trouve Tita pour communiquer avec l'homme qu'elle aime est de cuisiner, de lui transmettre à travers les aliments coupés et cuits avec amour tout ce qu'elle ressent pour lui.

Elle se souvenait parfaitement des sons et des odeurs, du frôlement de sa robe neuve sur le sol fraîchement ciré, du regard de Pédro sur ses épaules... Ce regard ! Elle s'avançait vers la table, un plateau de crèmes caramel dans les mains quand elle le sentit, ardent, lui brûler la peau. Elle tourna la tête et ses yeux croisèrent ceux de Pedro. Elle comprit ce que ressentait un beignet au contact de l'huile bouillante.

La construction originale du roman est totalement dépaysante et tout à fait charmante. de fait, chaque chapitre énonce une recette dans ses moindres détails, en liant l'accomplissement du plat aux pensées et à la vie de Tita. Ainsi, nous apprenons à faire des tortas à l'oignon et au chorizo, à préparer viandes et soupes, de même que les desserts dont la tradition s'est perdue au fil des temps. Nous découvrons aussi, dans ce texte extrêmement poétique, et drôle tout à la fois, que les plats peuvent transformer les hommes qui les hument ou s'en délectent : l'oignon fait pleurer des rivières qui inondent la maison, la rose émancipe hommes et femmes qui ne veulent plus que s'aimer au plus vite... et certains plats ont parfois également des effets dévastateurs...

Tout au long des douze recettes, au fil de longues années et après moultes aventures, l'amour de Tita et Pedro perdurera, jusqu'à exploser pour cause de trop grande passion amoureuse.

Un roman comme un conte de fées, mais dans lequel les fées seraient cachées au fond des marmites... A déguster pour l'originalité, l'écriture fine, les descriptions des personnages dont les caractères sont souvent caricaturaux, mais justes, les recettes qui font saliver, et cette petite part de folie, d'improbable, qui nimbe chaque page. Un roman qui vous permet de vous évader et de rêver, et qui fait saliver : délicieux !

Lien : http://liliba.canalblog.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   07 octobre 2017
- Je ne suis pas d'accord, dona Elena. Vous avez besoin d'un homme à la maison pour vous défendre.
- Je n'en ai jamais eu besoin, je me suis toujours débrouillée seule avec la ferme et mes filles. Les hommes ne sont pas si indispensables, mon père, insista-t-elle. Et la révolution pas aussi dangereuse qu'on le prétend. C'est bien pire de manquer de piments ou d'eau!
Commenter  J’apprécie          202
FleurCannibaleFleurCannibale   27 juillet 2010
Elle se leva, courut chercher l'énorme couvre-lit tissé pendant ses nuits de solitude et d'insomnie et le tira sur elle, recouvrant en même temps les trois hectares et demi de la ferme. Elle prit la boîte d'alumettes offertes par John dans le tiroir de sa table de nuit. Son corps avait besoin de beaucoup de phosphore. Elle commença à manger les alumettes une par une. Tout en mastiquant, elle fermait les yeux très forts et s'efforçait de retrouver ses souvenirs les plus émouvants avec Pedro. Le premier regard échangé, le premier frôlement de leurs mains, le premier bouquer de rose, le premier baiser, la première caresse, la première relation intime. Et elle parvint à ses fins. Lorsque le phoshore entrait en contact, dans sa bouche, avec cette image lumineuse, il prenait feu. Sa vision s'éclaircit et le tunnel réapparut. A l'entrée se tenait la resplandissante silhouette de Pedro; il l'attendait. Tita n'hésita pas. Elle se laissa aspirer et tous deux se fondirent dans une longue étreinte. Atteignant un nouvel orgasme, isl partirent ensemble vers l'eden perdu. Ils ne seraient plus jamais séparés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
SachenkaSachenka   12 octobre 2017
Quand Esperanza avoua à Tita que le regard d'Alex sur son corps lui avait fait le même effet que l'huile bouillante au contact d'une pâte à beignets, Tita en déduisit que rien ne pourrait les séparer.
Commenter  J’apprécie          273
missmolko1missmolko1   16 janvier 2018
Tita était née en pleurant. Peut-être qu’elle se doutait que son sort était fixé, que, dans cette vie, le mariage lui serait refusé. Voilà comment Nacha racontait l’irruption de Tita sur terre : elle fut projetée par un torrent de larmes formidable qui inonda le sol de la cuisine.
L’après-midi, la frayeur était passée et l’eau évaporée par les rayons de soleil. Nacha ramassa le résidu de larmes sur le carrelage rouge. Avec ce sel, elle remplit un sac de cinq kilos qu’on utilisa longtemps pour cuisiner.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          101
LauraLiLauraLi   19 avril 2018
Cependant, ni le feu ni les années n'ont pu effacer l'odeur pénétrante des roses qui s'exhale de l'endroit où se trouvait la douche, aujourd'hui transformé en parking d'un immeuble d'habitation.
Le souvenir de ces instants resta aussi gravé dans la mémoire de Tita et de Pedro. Un souvenir que vinrent chaque fois raviver les cailles aux pétales de rose.
Tita les préparait comme une offrande à la liberté conquise par sa sœur, et elle apportait un soin particulier à la décoration des oiseaux. Généralement, on les dresse sur un grand plat, on verse la sauce dessus et on les orne d'une rose entière au centre et de pétales tout autour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
autres livres classés : littérature mexicaineVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox


Lecteurs (468) Voir plus




Quiz Voir plus

Les nourritures livresques : la cuisine dans la littérature

Qui est l'auteur de la célèbre scène où le personnage principal est assailli de souvenirs après avoir mangé une madeleine ?

Emile Zola
Marcel Proust
Gustave Flaubert
Balzac

10 questions
284 lecteurs ont répondu
Thèmes : gastronomie , littérature , cuisineCréer un quiz sur ce livre
.. ..