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Citations sur L'Homme noir (1910-1925) (62)

ninamarijo
ninamarijo   28 décembre 2014
Le bonheur disait-il,
C'est une affaire d'agilité
Des mains et de l'esprit.
Les âmes maladroites, on le sait,
Sont malheureuses dans la vie.
Et peu importe que les gestes
Distordus, mensongers
Soient une source de tourments.
Dans les orages et les tempêtes,
Au coeur du quotidien fade et figé,
Dans les plus lourdes des pertes
Et quand la tristesse t'inonde,
Paraître simple et souriant
Est l'art le plus sublime au monde.
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ninamarijo
ninamarijo   29 décembre 2014
Sur le lac s'est tissé la pourpre du couchant.
Les tétras dans les bois sanglotent en tintant.

Quelque part dans un tronc c'est un loriot qui pleure.
Moi seul ne pleure pas : il fait clair dans mon coeur.

Je sais que tu viendras par le sentier ce soir,
Dans les meules fraîches nous irons nous asseoir.

Je t'embrasserai et te froisserai comme une fleur.
Méprisant les ragots car grisé de bonheur.

Et ton voile de soie tombé sous mes caresses,
Tu vas dans les buissons partager mon ivresse.

Les tétras peuvent bien tinter en sanglotant,
Joyeuse est la tristesse pourpre du couchant.
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nadejda
nadejda   18 mai 2011
Horizons dorés et si flous !
La vie brûle tous ses convives.
Et j'ai fait le porc et le fou
Pour que ma flamme soit plus vive.

Le poète griffe et caresse,
C'est son destin et son devoir.
J'ai cherché à marier sans cesse
La rose blanche au crapaud noir.

Et qu'importe que dans les flammes
Mes desseins roses aient péri.
Si des démons nichaient dans l'âme,
Les anges y vivaient aussi.
....
1923
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nadejda
nadejda   18 mai 2011
Mais nous sommes tous mortels, c'est ainsi,
Des feuilles d'érable s'écoule le cuivre...
Que soit perpétuellement béni
Ce qui est venu fleurir et mourir
1921
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ninamarijo
ninamarijo   09 juillet 2015
La pauvre n'en peut plus, elle est saisie de crampes,
Pousse une exclamation, et aussitôt enfante.

Je suis né en chansons, en couverture d'herbes,
Les aubes du printemps me langeaient d' arcs-en-ciel.

Enfant de la Saint -Jean, et devenu majeur,
La nuit envouteuse me prédit le bonheur.
...
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nadejda
nadejda   18 mai 2011
Houligan

La crotte des saules dans les prés,
Les balais de la pluie la nettoient.
Recrache, vent, tes jonchées de feuilles,
Je suis un houligan comme toi.
....
Ma Russie, ô ma Russie de bois !
Je suis ton seul héraut, ton seul chantre,
Et mes vers tristes comme des bêtes
Sont nourris de réséda, de menthe.
....
Mais ne crains rien pour mes chants, vent fou,
Recrache les feuilles calmement :
Malgré ce sobriquet de "poète",
Comme toi je reste un houligan.
1920
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Angelo2017
Angelo2017   26 novembre 2017
Noir labour, mon destin, de sueur imprégné !
Comment ne pas t’aimer, te caresser ?

Je vais au lac par le chemin bleuté,
La grâce du soir dans mon cœur versée.

Chaumières déroulées comme une toile,
Roseaux bercés par le chant qu’ils exhalent.

Trépieds sanglants où un bûcher se tord,
Lune aux blanches paupières de bois mort.

Des faucheurs, accroupis dans les rayons du soir,
Ecoutent le lent récit d’un vieillard.

Et quelque part au loin des pêcheurs chantent,
Sur un îlot, une chanson traînante.

Les prés dénudés luisent comme de l’étain…
O douleur russe, triste est ton refrain.

1914
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Angelo2017
Angelo2017   26 novembre 2017
Elle était belle Tania, la plus belle du village.
Ruche rouge sur fond blanc d’un sarafane aux pans
larges.
Vers le soir elle est allée au ravin se promener.
Dans le ciel voilé la lune joue avec les nuées.

Un jeune gars, tête bouclée, s’en vient et lui sourit :
« Adieu, ma colombe, avec une autre je me marie. »
Tania blêmit comme un linceul, plus froide que rosée.
Telle un serpent venimeux sa tresse s’est déroulée.

« O mon gars aux yeux bleus, je n’en suis pas du tout
jalouse.
Moi-même je venais te dire : c’est un autre que
j’épouse. »
Ce n’est pas l’angélus mais les carillons du mariage.
Les chariots de la noce s’élancent, les yeux se cachent.

Chant triste des coucous, la parentèle se lamente.
Tania est allongée, frappée d’un gourdin à la tempe.
Le sang a séché en couronne au-dessus du visage.
Elle était belle Tania, la plus belle du village.

1911
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