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ISBN : 2913886639
Éditeur : Harpo & (01/07/2008)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Publiée primitivement en 1916 dans une revue de Petrograd, La Ravine, seule oeuvre en prose de cette envergure du poète (1895-1925) est présentée ici dans sa première traduction française.
"A qui craint de quitter cette terre, il est dit :
Tu peux emporter la Ravine entière avec toi. N'aie pas peur d'oublier quelque chose, rien du coeur ne se perd."
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
nadejda
  30 décembre 2011
Ce livre est beau tout d'abord comme objet et je remercie les éditions Harpo & que je découvre d'offrir à ses lecteurs des livres que l'on sent fait avec amour, beau papier, composition soignée auxquels s'ajoute le plaisir de devoir couper les pages, un plaisir de plus en plus rare, d'autant plus apprécié.
Il est beau également par son contenu, roman unique d'Essenine qu'il écrivit à dix-huit ans. Plutôt qu'un roman c'est une symphonie, un hymne à la nature russe sauvage, à ses traditions paysannes. Un texte sensuel, païen, douceur, poésie et brutalité mêlées, où se trament des passions brûlantes, animales. L'existence y est rude, sanglante mais aussi empreinte de merveilleux. C'est la vie colorée, variée, imprévisible, à la fois paradis et enfer. On retrouve dans ce texte les peurs ancestrales que l'on croyait oubliées comme celle d'être égaré dans une forêt et celle de la menace du loup qui rôde la nuit.
La belle présentation d'Odile des Fontenelles nous dit d'ailleurs : 
«Lisez, parce que ça les dépasse, La Ravine à vos enfants, si vous l'osez, pour enchanter leur sommeil. Ils y verront toute la vie et sa beauté. Ils y verront l'acceptation du bonheur et l'acceptation du chagrin, l'acceptation du mal et l'acceptation du châtiment, dans l'innocence primitive. Et la terre, la terre qui pardonne tout. Peut-être pleureront-ils. Peut-être pleurerez-vous.... La Ravine a l'intensité des légendes bâties avec de la vérité crue, propres à tenter peintres et musiciens : là où il y a le plus de vérité il y a le plus de poésie»
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manu113
  20 août 2019
Un incroyable mélange de poésie et de description prosaïque.
Le charme de ce petit livre tient sans doute aussi de la qualité de la traduction.
Pour moi, ce livre est un bijou.
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Elouan00
  09 août 2017
A 18 ans, Essenine vit à Moscou depuis peu de temps, lui vient d'un village dans la Russie profonde, Konstantinovo. Il écrit alors un récit sur ses origines, dans un texte où les personnages vivent "à la dure" dans un village appelé "La Ravine"... je ne sais pas dans quelle mesure Essenine s'est inspiré de ce qu'il a vécu, mais ces personnages prennent vie d'une très belle manière, c'est prégnant. Comme dans un roman de Cormac McCarthy, le récit prend forme lorsque les personnages parlent, mais ici les dialogues sont plus percutants, et à la fois ont plus de simplicité. Les descriptions sont courtes, fugaces, incroyablement efficaces et vivantes.
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Claire45
  23 juillet 2017
"Opéra de la terre russe" dit dans sa préface Odile des Fontenelles pour présenter ce roman consacré au petit village russe, la Ravine.
Dans une prose poétique, SergueÏ Essénine, jeune auteur de 18 ans, rythme dans des phrases musicales la vie de ces paysans du début du XXème. Leurs travaux, leurs occupations, leurs amours et leurs deuils sont accompagnés de vodka certes mais aussi du chant des oiseaux, du mouvement des nuages, des odeurs de la terre. On ne s'attache pas à un personnage particulier mais à tous les habitants de la Ravine qui n'échappent jamais à leur destin.
Il n'est pas trop tard pour découvrir ce poète-romancier.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   30 décembre 2011
Silencieux, Karev regardait Olimpia essuyant avec un torchon jaune les tasses de terre cuite.
Rougissante, elle lissait discrètement ses sourcils en broussaille et on aurait pu voir dans ses yeux passer des colombes.
Elle ne savait pas au juste pourquoi elle ne pouvait regarder l'étranger sans que son coeur défaille, que son sang bouillonne.
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Elouan00Elouan00   09 août 2017
Il prit un chemin où la neige était tassée, car il voulait couper au plus court. Sur un pin tordu, un pivert se nettoyait une aile rougeâtre, comme blessée.
Dans une débauche de sifflets, un bouvreuil s'envola vers un saule desséché.
Les clairières lointaines exhalaient une brume laiteuse qui drapait les tilleuls épars et solitaires.
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nadejdanadejda   30 décembre 2011
Sur les franges du marais tourbeux et moussu les loups se glissaient. Le meneur brun tendit le museau et fit claquer ses crocs. La horde, silencieuse, avait flairé la proie.
Les hurlements sourds et les appels lugubres réveillèrent le pivert acagnardé aux creux d’un pin.
Du fourré, deux lièvres renâclant débouchèrent et s’enfuirent dans un nuage de neige vers la lisière.
Un convoi grinçait sur le calicot blanc du chemin ; la sacs à fourrage ballotaient sous les licols ; soudain, les chevaux délaissèrent leur pâture et dressèrent les oreilles.
Entre les mailles des buissons, de petits tisons sinistres s’allumèrent puis disparurent.
-- Les loups, dit une grande ombre chancelante sous la lune.
-- Oui, répondirent les gorges rauques de tousseurs planqués.
Au murmure des aiguilles de pin se mêlaient les craquements inquiétants d’une fragile couche de glace...
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nadejdanadejda   30 décembre 2011
Le vent torturait les genévriers noueux et semait à la volée des mousses dans les creux frappés par le gel.
Le ciel embué affichait une couleur de merisier et la lune exsangue, brisée par la crête du coteau, s'amputait d'une moitié plongée vers le néant.
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nadejdanadejda   30 décembre 2011
Il prit un chemin où la neige était tassée, car il voulait couper au plus court. Sur un pin tordu, un pivert se nettoyait une aile rougeâtre comme blessée.
Dans une ébauche de sifflets, un bouvreuil s'envola vers un saule desséché.
Les clairières lointaines exhalaient une brume laiteuse qui drapaient les tilleuls épars et solitaires.
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Videos de Sergueï Essenine (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sergueï Essenine
Confession d’un voyou , Sergeï Essénine lecture de Denis Lavant
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