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ISBN : 2906266264
Éditeur : Alidades (01/01/2002)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Trois poèmes : "L'inonie", "Octoèque", "L'homme noir"
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
seblac
  02 mai 2016
« Sergueï Essenine (1895-1925) est le poète du dissentiment d'avec soi et d'avec son temps ». Nul phrase que celle de Christian Mouze dans la préface de cet ouvrage, ne semble mieux résumer la poésie du poète russe suicidé en 1925.
Ce court et très beau recueil bilingue propose quelques poèmes illustrant ce dissentiment. le premier intitulé Octoèque (chant d'église à huit voix) chante le pays natal, cette campagne féconde qu'Essenine a tant célébrée :
« Ô pays natal, heure
Infinie de bonheur !
Il n'est pas de meilleur,
Pas de plus beau regard
Que tes yeux bovins.
A toi et à tes brumes
Aux moutons de tes champs,
Je porte, gerbe d'avoine
Le soleil entre mes bras.
Une campagne qui devient monde enchanteur sous la plume d'Essenine, une campagne enracinée aussi dans ses croyances, sa foi ardente en Dieu et à ses saints, un monde peuplée d'icônes, d'images.
A cet Essenine des champs, fasciné par les croyances religieuses va très vite s'opposer un Essenine des villes : attiré par des idées révolutionnaires qui le dépassent, un Essenine voyou, noceur invétéré, un Essenine blasphémateur même.
Tel est le visage qui se développe dans les poèmes l'Inonie et le voyou. L'inonie qui donne son titre a ce recueil est le poème central de l'ouvrage. On y découvre un Essenine se voyant comme le prophète d'un nouveau monde, accomplissant son oeuvre révolutionnaire :
« Je n'aurai pas peur de la mort,
Ni des lances, ni des pluies de flèches
Ainsi parle selon la Bible
Sergueï Essenine, le prophète »

Un poème sur le ton du blasphème ou l'ange aux cheveux d'or défie et terrasse Dieu. Un poème qui confine à l'hallucination, à la possession où le verbe déploie sa puissance, sa brutalité même. Un poème qui a une portée révolutionnaire finalement... pas tant parce qu'il célébrerait quelques idées politiques mais par cette volonté que ne meurt pas cette Russie éternelle, cette Russie rurale.
Dans le voyou, c'est un Essenine pénitent qui se livre à son pays, sa bien aimée. Un Essenine conscient de ses fautes, de ses contradictions. Des contradictions qui confinent à un dédoublement de la personnalité dans le dernier poème l'homme noir. Un poème où le poète rêve que son double, « un homme noir, un homme noir noir » se tient près de lui pour le tourmenter et le mettre face à sa vie.
En quelques poème, voilà disséquée une partie de la vie de cet enfant terrible de la poésie. En quelques vers, voilà cernés les principaux traits de caractère de ce poète extraordinaire par la fulgurance de ses images poétiques. Un choix des plus pertinents, servi par une très belle traduction de Christian Mouze. Un petit recueil donc mais dense, très dense, un des rares à livrer dans son intégralité ce très beau poème intitulé l'inonie.
Une fois de plus un très beau travail de ces petites éditions Alidades.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
seblacseblac   02 mai 2016
Je vois en songe : une route noire,
Un blanc palefroi, le pied tenace.
Et sur ce cheval
Mon aimée vient vers moi.
Elle vient, elle vient la très chère,
Seulement je l’aime mal.

Hélas bouleau russe !
Route étroite
Retiens tes branches,
Comme de mains adroites,
Cette bien-aimée, songe
Qui me captive.

La lune brille. Ombre et somnolence.
Le cheval claque ses sabots.
Lumière d’un tel mystère,
Comme pour l’unique – celle
En qui est la même lumière
Et qui n’est pas de ce monde.

Je suis un voyou, un voyou.
Imbécile et ivre de vers
En dépit de ce diable au corps
Mon cœur ne peut se glacer et
Dans la Russie des bouleaux
Je m’unis à la mal-aimée.
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stekasteka   07 novembre 2012
Dans les anses bleues de mes lacs lointains
Je me reflète.
Je te vois, Inonie,
et les toques d'or de tes monts.
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seblacseblac   02 mai 2016
Le buisson de ma tête s’est fané,
Ensevelie ma chanson de captif !
Au bagne des sens je me suis condamné
A tourner la meule de mes poèmes.

Mais toi, ne redoute rien, vent qui délire
Tranquille, crache tes feuilles sur les prés.
Ne me blesse aucunement le nom de poète
Dans mes chants, comme toi, je suis mauvais sujet
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Videos de Sergueï Essenine (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sergueï Essenine
Confession d’un voyou , Sergeï Essénine lecture de Denis Lavant
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