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Christian Mouze (Traducteur)
ISBN : 2917504137
Éditeur : La Barque (12/05/2015)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Sergueï Essénine

Poèmes (1910-1925)


Édition bilingue
Traduction & postface
Christian Mouze


Ce livre est une traversée dans les poèmes de Serguéï Essénine (1895-1925), des premiers au tout dernier. Il couvre une période qui va de 1910 à 1925, année de la mort de ce poète « venu des champs », dans la nuit du 27 au 28 décembre.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
seblac
  03 mai 2016
La poésie de Sergueï Essenine se lit, mais plus encore elle se vit...Intense, lyrique, tragique, c'est un condensé d'émotions qui vous traverse de part en part à chaque vers.
La poésie d'Essenine c'est celle d'un homme déchiré dans un pays déchiré. le présent volume dirigé par le traducteur Christian Miouze met l'accent sur ces déchirures. Pour mettre en valeur cette poésie du déchirement, Christian Miouze s'est attaché à retranscrire le rythme tragique des vers d'Essenine. Peu ou pas de rimes, mais pourtant le ton, le sens et les sensations sont entièrement là.
Essenine poète déchiré. Une déchirure entre la campagne et la ville d'abord. Essenine était de ces poètes qui a chanté avec passion l'amour de sa campagne russe. Sans idéalisme mais avec un lyrisme sans égal, il n'a jamais vraiment quitté les champs et les forêts de son enfance. Une campagne qui apparaît tel un refuge pour le poète ; lui que la ville a placé sous le feu des projecteurs avec son cortège de beuveries, d'orgies, d'autodestruction...
Car la déchirure d'Essenine c'est aussi une crevasse intérieure, celle d'un jeune homme très doué dans son art mais qui n'était peut être pas prêt à assumer le succès qui fut le sien. Très vite, Essenine sera autant connu pour sa poésie que pour ses frasques diverses et variées.
Mais derrière cette façade de voyou noceur et bagarreur , comme il aime s'appeler, se cache un homme à la sensibilité exacerbée, un homme qui n'a que faire de la tiédeur, un homme bouillonnant qui souvent se brûle lui-même.
Aussi, c'est tout naturellement qu'Essenine avait placé de grands espoirs dans les révolutions de 1917. Mais très vite, le désenchantement et le désespoir le gagnent. le nouveau pouvoir ne vaut pas mieux que les autres, Essenine finit par ne plus reconnaître son pays, il s'en éloigne... mais l'herbe n'étant pas plus verte ailleurs il revient. Il revient parce qu'il ne peut vivre ailleurs. Mais tout ce qui se passe lui est insupportable. Son pays et ses campagnes sont en train d'être défigurés, ils agonisent autant sous la botte des bolchéviks que sous le joug du Tsar. Alors à quoi bon vivre...après une ultime et intense période d'inspiration poétique, Essenine est retrouvé pendu dans l'hôtel où il logeait alors.
Avec lui s'en allait l'un poète qui a le mieux incarné la beauté et la complexité de son pays. Oui quelque part il n'y a pas poésie qui incarne mieux la Russie. Hier comme aujourd'hui, il reste un des poètes les plus populaires en Russie.
Je lisais il y a quelques temps un livre de Dominique Fernandez sur l'âme russe. Pour moi, Essenine et sa poésie en sont l'incarnation. Un homme dans lequel il n'y a rien de raisonnable, juste la passion, la générosité et les marques de la désillusion qui finissent par tuer l'espoir.
Définitivement, la poésie d'Essenine se lit avec le coeur...Toute résistance est inutile, car ces vers là savent forcer les portes les mieux fermées : les mots deviennent des pieds de biches, les images des chalumeaux…Ouvrez votre coeur au poète Sergueï Essenine, ouvrez-le sinon c'est lui qui le fera...Dans tous les cas il vous possédera...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LUANA75LUANA75   02 août 2015
Une plume lyrique et flamboyante devant laquelle on ne peut rester indifférent ! Merci à vous de ce partage..

La poésie d’Essenine sent la sauvagine. Au milieu coule tant de rivières. Les arbres de sa chère Russie lui tendent la main et le consolent.
Le vent est son vieux complice, comme lui sensuel et fou, la vieille, la très vieille Russie sa mère et sa maîtresse :

J’aime immensément ma Russie.
Bien qu’en elle la rouille de la tristesse se penche en saule
Elles me sont douceur, la gueule sale des cochons
Et dans la paix des nuits la voix sonore des crapauds.
Je suis tendrement malade de souvenirs d’enfance.
La torpeur, la moiteur des soirs d’avril hantent mes songes.
.........
Je n’ai pas changé.
Comme cœur je n’ai pas changé.
En bleuets dans les blés mes yeux fleurissent dans mon visage
Étalant, paille dorée, la natte de mes poèmes...
(La Confession d’un voyou, Extraits 1920)
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seblacseblac   03 mai 2016
Je n'appelle, ni ne pleure, ni ne regrette rien,
tout passe comme brume de pommiers en fleurs
Miné désormais par l'or de défloraison
je ne connaîtrai plus la jeunesse.

Tu ne battras plus comme avant
désormais, cœur transi,
plus ne t'incitera à flâner pieds nus
la terre du bouleau et du calicot.

Esprit follet qui attisa mes lèvres comme tu te fais rare, rare aujourd'hui.
Flots d'émotion, pétulance du regard,
ô ma fraîcheur d'âme perdue.

De désirs même je deviens avare.
Ma vie ! Ou ne fut-ce qu'un songe?
Comme si par un bruissant matin de printemps
j'eusse passé au galop sur un destrier rose.

Tous en ce monde, tous sont périssables,
lentement s'écoule le cuivre de l'érable...
Béni sois-tu néanmoins dans les siècles
toi qui es venu éclore mourir.
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coco4649coco4649   08 avril 2018
Par les soirs bleus…


Par les soirs bleus, les soirs de lune,
Autrefois j’étais beau et jeune.

Et sans pouvoir s’arrêter tout est
Passé pour ne jamais revenir…

Yeux délavés, cœur refroidi…
Ce bonheur bleu ! Ces nuits de lune !
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seblacseblac   03 mai 2016
Tel arbre en silence laisse choir ses feuilles,
ainsi laissé-je choir les mots d'une chanson triste.
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coco4649coco4649   08 avril 2018
En automne crie le hibou…


En automne crie le hibou
Sur la blessure de la route.
Alors ma tête choit,
Mes cheveux blonds se fanent.

Hou ! hou ! des champs et de la steppe,
Bonjour tremble bleuté, ma mère !
Bientôt la lune, se baignant dans la neige,
S’assiéra sur les boucles de ton fils.

Bientôt sans feuilles je serai glacé,
Un tintement d’étoile à mon ouïe.
Les jeunes chanteront sans moi,
Les vieux ne m’écouteront plus.

Un nouveau poète viendra des champs,
Un nouveau sifflement dans la forêt,
Par l’automne le vent se précipite,
Par l’automne les feuilles parlent bas.
+ Lire la suite
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Vidéo de Sergueï Essenine
Confession d’un voyou , Sergeï Essénine lecture de Denis Lavant
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