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ISBN : 2742753222
Éditeur : Actes Sud (07/02/2005)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Avril 1933. Le pilote Bill Lancaster s'envole de Lympne (Angleterre) en direction du Cap (Afrique du Sud) pour tenter de battre le record établi sur cette traversée. Peu après, au fortin de Reggane (Sud algérien), on apprend qu'un aviateur s'est écrasé dans les environs. Commence alors une course contre la montre pour tenter de retrouver l'infortuné pilote perdu dans le désert.

Sylvain Estibal a construit son roman avec une efficacité redoutable. Le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
saphoo
  24 juin 2011
Une course contre la montre pour tenter de venir secourir un homme échoué dans le désert. Lancaster, aviateur casse-cou, voulant tenter de battre le record de la traversée du désert, s'envole alors que les conditions ne sont pas optimum.
Le récit est narré en grande partie, d'une part par René à travers les lettres qu'il écrit à sa femme et d'autre part par le cahier de bord de Lancaster, où il note chaque jour sa situation, comment il tente de lutter contre cette mort qui s'approche au fil du temps, mais aussi, son amour pour Chubbie et sa mère.
C'est un véritable cri de désespérance, quand la fin s'avance à grand pas, comptant les jours ; il faut résister avec la réserve d'eau à limiter malgré cette terrible soif qui l'assaille par des chaleurs frôlant les + 60°, sans vivres et blessé, le seul espoir de voir des secours arrivé le tient suffisamment fort pour combattre au-delà du possible. Il tente d'attirer les secours en allumant des torches la nuit tombée qu'il fabrique avec la voile des ailes de son avion (n'oublions pas l'année de ce périple 1933), il pense qu'un point d'eau est proche car un oiseau et des insectes sont passés, mais il a promis à Chubbie de ne jamais s'éloigner de son engin en cas d'accident.

Toi qui as comblé la mer de flots, les dunes de sable, le ciel d'étoiles, viens me secourir - Chant nomade

Les recherches sont lancées, mais en vain, personne ne prend le risque de s'éloigner de la piste et rien ne justifie au périple d'autre vie, de tenter l'affrontement du terrible désert Tanezrouft, même les Touaregs ne s'y aventurent jamais. Une longue étendue sans fin, plate et sans vie, ni point d'eau comme un océan de sable, pierres et chaleur que l'horizon sans fin pour tout point de repère. Une folie qui tente cette aventure de traverser cette partie du désert en s'éloignant de la piste.
René est basé au fortin de Reggane, dernier lieu de décollage de Lancaster. René décrit l'évènement de cet aviateur à sa femme, puis toute son inquiétude, ses doutes, jusqu'à l'arrivée de Chubbie l'aimée de Lancaster elle-même pilote. A travers son récit, nous avons une version des faits, des secours qui ont été entrepris, et puis aussi cette vision du désert. René dit qu'il s'y ennuie mais il ne peut imaginer reprendre une vie de tout à chacun, après avoir connu cette vie, perdu dans cette immensité, il mesure sa chance d'avoir pu connaitre l'Afrique, et compte profiter de cette opportunité de vivre autrement qu'en France et se contenter d'un train-train monotone. Il demande à sa femme de venir le rejoindre après sa mission et parcourir les contrées africaine. le refus de sa femme le déçoit et ne comprend pas qu'on puisse se contenter de vivoter et ne pas profiter de cette vie si riche et pleine de découvertes et d'expériences. Il lui écrit “je ne comprends pas comment tu peux refuser l'Afrique pour quelques pintades” . Tout bascule dans sa tête, et la présence de Chubbie qui tente tout pour venir secourir son amour à ses risques et périples le bouleverse, il finit par partir avec elle.
Les articles de journaux nous donnent des informations succinctes, les lettres diverses en réponse à Chubbie qui se démène pour trouver un avion, nous dépeignent le portrait de Lancaster et nous met au fait d'un procès dont il a été le suspect numéro un.
Que ça soit sa famille, ses ennemis, Chubbie ou René, nous avons tout un ensemble de son de cloches, et sur Lancaster, seul perdu , blessé dans le désert : Lancaster qui crie sa rage de vivre et combien la vie devient importante quand on est sur le point de la perdre. Il demande à Chubbie de renoncer à l'aviation , de ne pas mettre sa vie en danger pour le ridicule d'un exploit de record. C'est toujours dans des moments ultimes, graves qu'on mesure l'importance des choses vraiment essentielles et toutes celles qui deviennent complètement dérisoires voire “du n'importe quoi”…

Jour après jour, nous vivons ce drame par le cahier de bord de Lancaster, on ressent toute son inquiétude, son angoisse, sa détermination à lutter puis sa résignation. On frémit, on le soutient, en vain :
« Je ne veux pas mourir, je veux désespérément vivre. J'ai l'amour d'une bonne maman, et papa, et une fiancée… »

Il égrène ses pensées profondes, son amour pour ses proches pour la vie et tient absolument retranscrire et transmettre ses dernies instants à Chubbie et sa mère pour qu'elles sachent qu'il a lutté jusqu'au bout de ses forces pour elles mais surtout, surtout ne rien regretter. La fin m'a émue énormément par les derniers mots de Lancaster :”Maman chérie, ceci m'a été d'un grand réconfort jusqu'à la fin. “ ces mots étaient notés au dos d'un poème écrit par sa mère que voici :
Il restera quelque part, dans un ciel de souffrances, le souvenir de ces années, une étoile presque invisible que je regarderai, car je saurai qu'elle abrite, dans la beauté de son silence, la vie que j'ai aimée… MME LANCASTER avril 1933
Lancaster sera retrouvé bien des années après cet accident en 1962, son carnet de bord retrouvé, son exploit fut-il vain, futile ou ridicule, à mettre sa vie en danger, en briser d'autres… le dérisoire de 'l'Homme à vouloir se mesurer à l'impossible rêve.

Un superbe livre qui nous invite à méditer sur le sens de notre vie, ne pas la laisser s'échapper dans un train-train monotone mais ne pas non plus la même en périple pour la gloriole qui sera vite dépassée, oubliée… Savoir trouver un juste équilibre entre sagesse et déraison. Un chant d'amour qui s'élève, une rage de combattre, un récit prenant et très touchant… Magnifique !
Le livre contient des photos, des articles de journaux amplifiant le côté dramatique du sujet, on se sent projeté en 1933 suivant le fil de l'actualité en décalé

Lien : http://lesmotsdepascale.cana..
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litolff
  14 août 2012
Le désert et la soif : c'est ce qui m'a le plus marquée dans ce livre, plus que l'histoire d'amour ou les périples de l'aviation. du début jusqu'à la fin et à l'instar du héros, le lecteur est étreint par la soif, la peur de mourir de soif...
Cette histoire véridique très légèrement romancée nous entraîne dans l'un des déserts les plus arides de la planète et l'on ne peut que partager le supplice de Lancaster.
Un beau récit où alternent coupures de presse, lettres, comptes-rendus et le journal de Lancaster, ainsi que celui du lieutenant Chauvet : très émouvant !
"Le dernier vol" avec Guillaume Canet et Marion Cotillard a été adapté du livre en 2009
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Folfaerie
  04 août 2010
C'est avec une certaine curiosité que j'ai entamé ce roman d'un auteur dont je ne connaissais que le carnet d'entretiens avec le regretté Théodore Monod, homme que j'estime et admire toujours...
Et ma foi, je n'ai pas été déçue. Quelle bonne idée d'avoir construit ce récit à l'aide de lettres, rapports, articles de presse, extraits de journaux intimes... Bill Lancaster retrouve une dimension humaine, il n'est plus ce simple fait divers. Un homme plein de contradictions et de faiblesses, cerné de zones d'ombres, mais qui, dans sa souffrance et sa dignité, parvient à susciter la sympathie et le respect.
Cette tragédie, racontée sous divers angles, nous emmène au coeur du Sahara où le pilote s'est crashé. Lancaster va s'efforcer de tenir un journal de bord tout au long de son agonie, le document étant destiné à sa maîtresse et à sa mère, les deux femmes de sa vie. C'est pour battre un record, pour retrouver son honneur et un peu de gloire, que le pilote se lance dans cette périlleuse aventure. Un de ces "conquérants de l'inutile" qui fait rêver et donne des envies de voyages et d'exploits.
Le désert meurtrier envoûte sans peine le lecteur comme les méharistes et c'est bien la principale qualité du roman d'Estibal. J'aurai aimé davantage de lyrisme ou de poésie dans ces pages, mais au bout du compte, l'auteur arrive si bien à retranscrire les émotions des protagonistes au travers des lettres, et la beauté du désert, malgré la sécheresse de certains documents, que l'on est soi-même étreint par l'angoisse (ces pages où Lancaster tente de repousser la folie et son obsession pour l'eau qu'il s'est obligé à rationner, ou encore cette course désespérée dans le désert, à dos de chameau, qui conduit le méhariste Chauvet aux portes de la mort) et ému par le caractère grandiose et sauvage de ce milieu si inhospitalier pour l'homme.
C'est enfin une belle histoire d'amour qui unit ce couple, la maîtresse de Lancaster se lançant elle-même dans les recherches pour retrouver son compagnon.
Il y a eu récemment une adaptation cinéma avec Marion Cotillard. Je ne l'ai pas vue mais il me semble, au travers de la bande-annonce, que le film insiste plus particulièrement sur cette histoire d'amour.
Une bien belle surprise en tout cas, et j'espère que Sylvain Estibal m'en réservera d'autres...

Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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Vermeer
  21 février 2017
Récit inspiré d'une histoire vraie. En 1933, Bill Lancaster, un aviateur tente de battre le record de vol en solitaire de Londres au Cap en Afrique du Sud. Le personnage n'est pas des plus sympathiques : superficiel, "bling bling" comme on dirait aujourd'hui, attiré uniquement par la gloire, le luxe, peu attentif aux autres, à ses enfants en particulier, irresponsable. Nous n'en sommes pas moins touchés par son sort tragique. En plein désert du Sahara, il décide pour gagner du temps, de ne pas survoler la piste qui permettrait de le retrouver en cas de problème. Erreur fatale car c'est là que son avion subira une avarie.
Lancaster attend pendant huit jours les secours près de son avion, écrivant des lettres pour ses proches. Attente vaine ... (on le sait dès le début). L'attente, la peur de la mort le font réfléchir et il acquiert un peu plus de profondeur. Il se rend compte de la vacuité de sa vie qu'il pensait si riche, espère jusqu'au bout, économise l'eau. Nous suivons différents points de vue : le sien, celui de sa femme, de sa maîtresse qui tente tout pour le retrouver, des militaires chargés des recherches, des articles de presse. Son cadavre, ses lettres et la carcasse de son avion finiront par être retrouvés par hasard...en 1962, soit vingt-neuf ans plus tard.
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la_chevre_grise
  02 janvier 2013
Voici un roman prêté par ma cousine il y a de cela plusieurs années. La perspective d'un déménagement m'a poussée à enfin le lire pour pouvoir le lui rendre sans le perdre. Il faut dire que l'histoire ne me tentait pas particulièrement avant de me plonger dedans et de me laisser happer : les derniers jours du pilote britannique Bill Lancaster, parti d'Angleterre en avril 1933 pour tenter de battre le record de vol en solo jusqu'au Cap.
Tout au long de son agonie, Lancaster se force à écrire. Il partage ses craintes quant à l'eau qui va inévitablement manquer s'il n'est pas rapidement retrouvé, quant à ses blessures, quant à ses hallucinations quand il croit percevoir un moineau. le lecteur comprendra, au 9e jour, en n'ayant plus de lettre de sa main, que la mort est passée par là. C'est alors les écrits de René, méhariste (qui monte un dromadaire), prennent le relais. La relation avec sa femme bat de l'aile et il est fasciné par Chubbie qui tente tout pour sauver son compagnon. Il se laisse alors entraîner à la recherche de Lancaster.
Ne nous y trompons pas, il s'agit bien ici d'un roman inspiré de faits réels. Si une partie des écrits de Lancaster peuvent effectivement lui être attribués, le reste n'est que fiction. René n'a jamais existé, Chubbie n'a jamais pu obtenir d'avion pour partir à la recherche de Lancaster.
Toute la narration est construite à partir de lettres, de rapports et de communications militaires, d'articles de presse ou encore d'encyclopédie sur les effets de la déshydratation. L'urgence de retrouver l'aviateur est alors d'autant plus pressante. Lancaster en devient humain, et plus seulement un simple fait divers, mais pas pour autant sympathique, loin de là. L'ombre d'un meurtre plane et il est clairement décrit comme égoïste et peu stable, voire naïf et casse-cou. Chubbie n'ayant que peu droit à la parole apparaît au lecteur essentiellement comme quelqu'un de déterminé. Elle met tous les moyens en oeuvres pour obtenir un avion et partir dans le désert. Quant à René, il ne prend de l'importance que dans la seconde partie du roman.
Non, le véritable personnage principal de ce roman, c'est le désert. Sylvain Estibal réalise le tour de force de nous montrer le désert et ce qu'il provoque dans l'âme de ceux qui le contemplent de leurs yeux. On se sent petit, fragile. On prend conscience du prix de la vie, que l'humain est bien peu de chose. La lumière, la chaleur, le manque d'eau, la beauté du désert et son côté meurtrier et destructeur… tout est vraiment bien décrit et pousse le lecteur à avancer dans cette histoire.
Lien : http://nourrituresentoutgenr..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   23 septembre 2012
L'âme brûlée de douleur, le coeur embrasé,
Je prie Dieu de me faire voir celle que j'aime
Pour que je ne meure pas ici de la douleur de son absence.

Chant touareg
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saphoosaphoo   24 juin 2011
Il restera quelque part,
dans un ciel de souffrances,
le souvenir de ces années,
une étoile presque invisible que je regarderai,
car je saurai qu’elle abrite,
dans la beauté de son silence,
la vie que j’ai aimée…

MME LANCASTER avril 1933

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Florence94Florence94   14 août 2012
C'est bizarre, j'ai rêvé cette nuit du pilote. J'ai rêvé qu'il attendait les secours. Je le voyais debout, sur une étendue immense, en train de faire des grands gestes.

Entends, entends le vent qui souffle,
C'est le désert qui pleure au souvenir du passé.
(Chant nomade)
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VermeerVermeer   21 février 2017
Lancaster est un pur produit de notre civilisation. Il vénère la mécanique, il ne pense qu'à la vitesse, la réussite, l'exploit, il rêve de devenir riche et célèbre et il découvre maintenant combien tout cela est fragile et dérisoire.
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litolfflitolff   27 septembre 2010
Fais de ta plainte un chant d'amour pour ne plus savoir que tu souffres.

(Proverbe touareg)
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Video de Sylvain Estibal (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvain Estibal
Bande annonce "Le dernier vol" d'après Le dernier vol de Lancaster
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