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Louis Méridier (Traducteur)Danielle Jouanna (Éditeur scientifique)Corinne Verdié (Collaborateur)
ISBN : 2218737795
Éditeur : Hatier (05/09/2001)

Note moyenne : 3.09/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Admète est roi de Phère, en Thessalie (région septentrionale de la Grèce). Alceste est son épouse, Phérès son père. Héraclès est un demi-dieu (fils d’Alcmène et de Zeus).

Le sujet de cette tragédie est le sacrifice d’Alceste qui accepte de mourir pour sauver son époux (Admète).

Admète est destiné à mourir prochainement. Comme il est encore jeune, il obtient de son protecteur Apollon la permission de se faire remplacer : c’est une autre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nastasia-B
  13 mars 2015
Alceste est probablement l'une des pièces où la fonction civique, morale et sociale du théâtre antique grec apparaît le plus clairement (parmi celles qui nous sont parvenues, bien entendu).
Les aspects soulevés ici sont (comme presque toujours) la déférence devant les dieux, mais aussi les règles d'hospitalité, l'observance et le respect des rituels religieux, les obligations héréditaires et conjugales (avec, pour le coup, une réponse assez ambiguë d'Euripide) et probablement quelques autres qui m'auront échappés vu la complexité des croyances ou des règles sociales et la distance qui nous en sépare aujourd'hui.
Cependant, l'axe phare de cette pièce est bien évidemment celui du sacrifice.
Posons le décor : Admète est un roi de Thessalie, bien dans ses baskets, aimé du peuple, de ses proches et choyé par les dieux. Son père, toujours en vie, lui a légué un royaume qui fonctionne bien et ne fait pas d'histoires. le problème (parce qu'il faut bien qu'il y ait un problème dans une tragédie) c'est que les vilaines Parques, célèbres fileuses du destin des hommes, ont décidé que c'en était fini de la pelote d'Admète et qu'elles voulaient son trépas.
Heureusement celui-ci s'est fait un copain d'Apollon, lequel a su user de ses charmes auprès des Parques (l'histoire ne dit pas s'il les a " pelotées ") pour qu'elles admettent qu'Admète (je sais, les calembours foireux commencent à s'accumuler, c'est le dernier, promis) offre la vie d'un de ses proches en échange de la sienne. Manque de chance, Admète, qui lorgnait secrètement du côté de ses deux vieux parents, n'a jamais pu obtenir d'eux qu'ils acceptent de casser leur pipe à sa place.
C'est donc sa charmante épouse Alceste qui s'y colle, devant l'enthousiasme de l'assistance, acceptant, pour la bonne cause de rejoindre le royaume souterrain d'Hadès. Alceste, jeune, belle, bonne, secourable, admirable, maternelle, fidèle, pieuse, (et puis beaucoup d'autres qualités encore, mais bon, vous voyez le tableau), se prépare, la tête haute, à périr pour sauver son roi de mari et à abandonner aux tristes griffes du sort ses deux bambins chéris.
Euripide fait grincer les violons à pleins tubes, du lacrimosa à l'entrée, au fromage et au dessert sans oublier une double portion en plat de résistance : « Attention ! c'est elle qui va mourir, alors qu'elle était jeune, qu'on l'aimait bien et que les affreux vieux jojos avec leurs trois chicots et leurs cheveux blancs auraient bien pu se sacrifier pour sauver leur fils unique quand même » (vous aurez compris que ceci n'est pas une citation exacte du langage fleuri d'Euripide mais une traduction nastasiesque dudit passage).
À cet égard, le passage selon moi le plus intéressant de la pièce est la confrontation entre Admète et son père Phérès, dont les arguments pour rester en vie sont loin d'être ridicules et donnent lieu à un vrai dilemme philosophique.
Cela dit, rien n'y fera, la malheureuse sera du convoi dont on ne revient pas…
Mais ce serait sans compter sur un petit coup de théâtre (à peine téléphoné, fin comme baobab, léger comme une dolmen), car, comme si le chagrin du deuil ne suffisait pas en la demeure d'Admète, qui est-ce qui vient se taper l'incruste pour le gîte et le couvert ? Je vous le donne en mille : Héraclès. Quel toupet cet Héraclès ! Mais bon, c'est Héraclès, quand même, sait-on jamais, on peut toujours avoir besoin d'un grand costaud…
Je vous laisse découvrir la fin de la pièce au cas où vous ne la connaîtriez pas. Une tragédie incontournable du répertoire classique, dont l'une des répliques (« Être et ne pas être passent cependant pour bien différents. ») est probablement à l'origine de la plus fameuse réplique shakespearienne dans Hamlet.
Et j'en finirai en vous confessant qu'elle n'est peut-être pas ce que j'aime le mieux dans le théâtre antique, loin s'en faut, mais qu'elle se laisse lire sans trop de déplaisir même si la mécanique est lourde et insistante par moments. Au demeurant, ceci n'est que mon avis du jour, et que vaudra-t-il mon misérable petit avis dans vingt-cinq siècles ?... pas grand-chose !
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Epictete
  08 janvier 2014
Une tragédie, une comédie, je sais que le débat existe. Je me garderai bien d'y entrer. La seule chose dont je suis sur, c'est qu'on ne rigole pas à la lecture de ce classique.
Cela fait partie de nos oeuvres incontournables, mais quand même , je me pose beaucoup de questions quant à la pertinence de la pièce en dehors du contexte historique.
Je sais que je vais choquer plein de puristes, qui ont le droit de dire que je n'ai rien compris. Il ont peut être raison.... Peut être que moi aussi !
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Augustin334
  28 janvier 2017
Non, Alceste n'est pas misanthrope. Elle aime le genre humain, et surtout son mari, au point de se sacrifier pour qu'il puisse vivre. Comme Nastasia-B, mon passage favori est la rencontre entre Admète et son père Phérès. le débat revêt ici un caractère philosophique qui se traduira par : Peut-on TOUT demander à ses proches, et en particulier de mourir à notre place ? le sarcastique papa conseille à son fils de n'épouser que des femmes prêtes à se sacrifier pour qu'il puisse vivre éternellement, au lieu d'impliquer les membres de sa famille dans ses arrangements avec les dieux. Cette pièce m'a rappelé "La balade de Narayama", un film superbe qui pose la question de la place des "vieux", oups... des anciens ! dans nos sociétés. Si Héraklès rend Alceste à son mari, l'oeuvre d'Euripide peut, à la rigueur, être qualifié de tragicomédie, mais certainement pas de comédie. Thanatos n'est pas Rosine, loin de là...
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Chasto
  20 décembre 2015
Vivre ou mourir ? Dilemme d'instants, de sentiments.
Confrontation de réalités et d'attentes.
La vérité bafouée vengée par l'honneur ?
A lire et méditer.....
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   05 décembre 2012
À en croire les vieilles gens, ils appellent la mort, leur âge les accable, ils ont vécu trop longtemps. Ce ne sont que des mots ! Dès que la mort approche, nul ne veut plus s'en aller, et l'âge a cessé d'être lourd.
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Nastasia-BNastasia-B   13 janvier 2013
Être et ne pas être passent cependant pour bien différents.
(N. B. : l'ombre de Shakespeare planait-elle déjà à l'époque d'Euripide ?)
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Nastasia-BNastasia-B   24 octobre 2012
Tous ne sont pas si attachés aux rois qu'ils leur restent fidèles jusque dans le malheur.
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NiratremNiratrem   03 février 2016
Nous devons, mon fils, honorer le corps de celle qui est morte pour sauver ta vie, qui ne m'a pas laissé sans enfant, et n'a pas voulu que je me consume tout seul dans une vieillesse douloureuse ; elle a fait honneur à toutes les femmes par cet acte si généreux. O toi qui as sauvé mon fils, toi qui nous a relevés de notre chute, adieu : dans la demeure d'Hadès sois heureuse. J'estime que de tels mariages sont utiles aux mortels, sinon mieux vaut ne pas se marier.
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Nastasia-BNastasia-B   16 janvier 2013
Le mariage apporte bien plus de peines que de joies.
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Videos de Euripide (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Euripide
La tragédie grecque au IVe s. av. J.-C. : Le Rhésos attribué à Euripide
Conférence donnée par le professeur Vayos Liapis, invité par le labex TransferS et le Département des Sciences de l’Antiquité de l’ENS, dans le cadre d'un séminaire sur La tragédie grecque au IVe s. av. J.-C.
Vayos Liapis est professeur en Sciences du théâtre à l'Open University de Chypre.
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