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EAN : 9782080708564
361 pages
Flammarion (01/01/1999)
3.17/5   3 notes
Résumé :
Euripide n'est pas le fossoyeur de la tragédie antique dénoncé par Nietzsche. Au contraire, l'objet de cette traduction nouvelle est de rendre justice à la force et à l'originalité du dramaturge qui s'est ingénié à exploiter toutes les possibilités de la scène tragique ; de découvrir le penseur qui, ayant pressenti la fin du monde des cités, lieu de naissance de la tragédie athénienne, a su mettre en scène une nouvelle forme du tragique humain ; de rendre hommage, e... >Voir plus
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   23 février 2019
ANDROMAQUE
Ô mon chéri, ô mon enfant comblé d'honneurs,
tu vas mourir sous les coups ennemis, laisser ta mère désolée,
C'est la noblesse de ton père qui provoque ta mort,
celle qui pour tant d'autres fut source de salut :
la grandeur de ton père ne t'a pas porté chance !
Ô mon lit malchanceux, et mes noces
qui me firent jadis venir dans le palais d'Hector !
L'enfant de mes couches ne devait pas être immolé aux Grecs
mais régner sur l'Asie abondante en semailles.
Ô mon enfant, tu pleures ? comprends-tu tes malheurs ?
Pourquoi t'agrippes-tu à moi, pourquoi t'accroches-tu à ma robe
comme un petit oiseau se pressant sous mes ailes ?
Hector ne viendra pas, il ne saisira pas sa glorieuse lance
pour surgir de la terre et te porter secours,
ni la parenté de ton père, ni la puissance des Phrygiens.
Un saut atroce, sur la nuque te précipitera
de haut, impitoyable, t'arrachera brutalement le souffle.
Ô petit corps caressé et chéri de ta mère,
ô l'odeur délicieuse de ta peau ! c'est donc pour rien
que mon sein t'a nourri quand tu étais dans les langes ;
En vain le mal que je me suis donné, les peines qui m'épuisaient
Là, pour la dernière fois, viens embrasser ta mère,
serrer celle qui t'a donné le jour, mets tes bras
autour de mon cou, ta bouche sur la mienne.
Ô Grecs qui avez inventé la barbarie du mal,
pourquoi tuez-vous cet enfant qui n'est coupable en rien ?
Et toi, rejeton de Tyndare, je dis, moi, que tu n'es pas
la fille de Zeus mais de bien d'autres dont tu tiens :
la Vengeance, d'abord, et le Ressentiment,
le Meurtre, la Mort, toutes les plaies que la terre nourrit.
Jamais je n'approuverai la présomption qui fait de Zeus ton père,
de toi qui fut la Kère de tant de Grecs et de Barbares !
Je te maudis : tes beaux yeux n'ont servi
qu'à perdre dans la honte nos campagnes célèbres de Phrygie.
Allez ! emmenez, emportez, précipitez, si votre décision est de précipiter !
Festoyez de ses chairs ! puisque les dieux
nous perdent et qu'il est impossible d'éviter
la mort à mon enfant ! Recouvrez mon corps misérable,
précipitez-le dans vos navires. Ah le bel hyménée qui
m'attend, après que j'ai livré mon enfant à sa perte !

Les Troyennes 725-779
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michelekastnermichelekastner   20 février 2019
HECUBE

Ô ma fille, je ne sais plus lequel de mes malheurs considérer,
tant ils se pressent ; si je m'attache à l'un d'entre eux,
il ne me lâche plus ; mais de là-bas me sollicite
une douleur nouvelle qui enchaîne malheur après malheur.
A l'instant, c'est toi : comment ne pas pleurer ton sort ?
je ne pourrais l'effacer de mon coeur.
Et pourtant tu m'as épargné le trop plein quand j'apprends
ta noblesse. N'est-ce pas étrange : la terre,
même mauvaise, dès que les dieux la favorisent, porte de beaux épis ;
la bonne, privée du nécessaire,
donne de mauvais fruits ; les humains, eux, ne changent pas.
L'homme de rien ne peut être qu'un lâche,
le valeureux que valeureux ; même dans le désastre
il garde intacte sa nature, sa qualité ne change pas.
Est-ce l'hérédité qui fait la différence, ou bien l'éducation ?
La bonne éducation comporte sans nul doute
l'apprentissage du bien : pour peu qu'on l'ait suivi,
il suffit, pour connaître le mal, de se régler sur les normes du bien.
Mais ce sont là des traits que mon esprit décoche à vide...
Toi, va là-bas, fais savoir aux Argiens
que personne ne me la touche, qu'on écarte la foule
de ma fille ; je sais, dans une immense armée,
que la foule est incontrôlable, l'indiscipline des marins
plus forte que le feu : mauvais qui ne fait pas le mal.
Et toi, de ton côté, toi, ma vieille servante, prends un vase,
plonge-le dans la mer, rapporte-le ici,
que je donne à ma fille son dernier bain,
à l'épousée sans époux, la vierge sans virginité,
et puis l'expose - selon son mérite ? avec quoi ?
c'est impossible ; alors, selon mes moyens (où en suis-je !).
Pour la parer, je vais faire le tour des captives
qui vivent avec moi à l'intérieur
de ces baraques et rassembler ce que peut être, à l'insu
de leurs maîtres nouveaux, elles ont volé dans leur propre maison ;
Fastes de mon palais, ô ma maison jadis heureuse,
ô Priam comblé des plus grands biens et des plus beaux
enfants, et moi, ici, la vieille mère de ces enfants,
quel néant est le nôtre aujourd'hui, dépouillés que nous sommes
de notre ancienne fierté ; et nous trouvons encore à nous enfler d'orgueil,
l'un pour sa demeure opulente,
l'autre pour ses titres d'honneur auprès de ses concitoyens !
Néant que tout cela ! Vanité, tous les projets de nos pensées,
et les éclats de notre langue ! La plus grande félicité,
c'est qu'il n'arrive, jour après jour, aucun malheur !

HECUBE, 585-628
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michelekastnermichelekastner   18 février 2019
Ô mon enfant, moi qui t'ai mis au monde pour t'épargner la mort,
je descends dans l'Hadès ; si tu échappes à ce destin,
souviens-toi de ta mère, de ce que j'ai souffert avant de périr ;
et à ton père, au milieu des baisers,
en versant des larmes et en le serrant dans tes bras,
dis tout ce que j'ai fait. Pour tous les humains, les enfants, c'est la vie ; celui qui, sans en avoir l'expérience, les dénigre, souffre moins sans doute, mais son bonheur n'est qu'infortune.

Andromaque, 413-421
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Videos de Euripide (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Euripide
EURIPIDE — La voix des femmes au glas des désastres historiques (France Culture, 1988) Une réunion des cinq émissions des "Chemins de la connaissance", par Patricia Reich et Raymond Oster, diffusées du 25 au 30 janvier 1988 sur France Culture. Présence : Claire Nancy.
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