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Éditeur : (01/01/1900)
3.71/5   7 notes
Résumé :
Tragédie grecque d'Euripide composée entre 414 et 412 av. J.-c.
Remplacée par une biche au moment de son sacrifice à Aulis, Iphigénie est déposée par Artémis en Tauride. Là, elle devient prêtresse de la déesse et sujette du roi Thoas. Selon les rites du pays, il lui incombe de donner la mort à tout étranger qui s'aventure en Tauride.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
BazaR
  01 juillet 2019
Et voilà ! Encore une fois les dieux grecs font preuve de leur enfoiritude envers les pauvres humains qui les adorent.
Dans la dernière pièce d'Euripide que j'avais lue – Hélène – on apprenait donc que le carnage de la guerre de Troie s'était déroulé pour un leurre placé là par Héra, que la véritable Hélène n'avait jamais accompagné Pâris, n'avait jamais trahi Ménélas.
Et là, rebelote ! Cette fois on apprend qu'Iphigénie a échappé au sacrifice, qu'Artémis – qui avait expressément demandé ce don de soi – avait discrètement remplacé la fille par une biche au dernier moment, leurrant tout le monde au passage.
Un moment d'égarement de mansuétude de la part de la déesse ? Voire ! La « mort » d'Iphigénie incruste la haine implacable des Troyens dans le coeur d'Agamemnon, l'envie de vengeance dans celui de Clytemnestre, la volonté ensuite de venger leur père dans ceux d'Electre et Oreste. C'est à nouveau tout le carnage de la guerre et ses suites funestes qui en découlent. Artémis imite le dieu d'Abraham qui demande un sacrifice « qui fasse sens ». Mais le Dieu d'Abraham arrêtera sa main, alors qu'Artémis épargne Iphigénie en douce et se fait ainsi complice des conséquences.
La pièce elle-même ressemble d'ailleurs beaucoup à Hélène. Iphigénie a été transportée en Tauride – la Crimée d'aujourd'hui – pour être la prêtresse d'Artémis, sacrificatrice des étrangers qui échouent sur ce rivage (cocasse !). Justement Oreste, son frère, débarque avec son pote Pylade après avoir été « libéré » des Érinyes qui le poursuivaient pour son matricide. C'est Apollon qui lui a enjoint de venir. Oreste et Pylade sont faits prisonniers et mis en présence de leur bourreau : Iphigénie. Comme souvent dans ce genre de situation, l'auteur se régale à faire dialoguer le frère et la soeur sans qu'une parole ne permette à l'un d'entre eux de découvrir l'identité de l'autre. C'est toujours très fort.
Une fois la découverte faite, il s'agit de s'enfuir. Et comme dans Hélène, c'est la fille qui monte un plan capillotracté mais qui fonctionne vachement bien parce que celui qu'il s'agit de leurrer, le roi Thoas de Tauride, est un teubé fini. Il croit tout ce qu'Iphigénie lui dit. Et quand la tromperie est éventée, il s'empresse d'envoyer son armée à la poursuite… après avoir demandé à un témoin une description des événements circonstanciée de plus de cent vers, largement de quoi donner une belle avance aux fuyards.
On comprend qu'Apollon avait à coeur de « sauver » le culte de sa soeur de ces barbares et de le transporter dans un endroit civilisé près d'Athènes. Iphigénie et Oreste en ont été les instruments.
Hormis le comportement des dieux qui m'a encore fait bondir (mais sont-ils maîtres du Destin, ces zozos-là ?) la pièce s'est révélée très agréable à lire. Et j'ai été ravi de découvrir une Iphigénie différente de celle d'Aulis, plus aigrie, pétrie de haine envers Hélène (si elle savait), Ménélas, le devin Calchas et même envers Achille.
Et pour une fois tout finit bien. Même les esclaves grecques sont libérées.
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DonaSwann
  12 avril 2016
Après un procès chez les Olympiens pour statuer au sujet du dernier meurtre chez les Atrides, Apollon envoie Oreste, toujours escorté de son cousin et fidèle ami Pylade, chercher la statue de sa soeur Artémis en Tauride.
La mission est périlleuse. D'abord, poursuivi par les Erynies après l'assassinat de sa mère, Oreste a des crises de démence qui le rendent vulnérable ; ensuite, la Tauride a un sanctuaire d'Artémis qui exige des sacrifices humains pour tout étranger se présentant dans le pays. Or il se trouve que c'est Artémis qui a enlevé d'Aulis Iphigénie et l'a emmenée en Tauride pour la sauver du sacrifice auquel son père Agamemnon la soumettait. Tous la croient morte. Thoas, le roi de Tauride, capture Oreste et Pylade et décide de les offrir en sacrifice à la déesse par la main d'Iphigénie.
Or cette dernière finit par identifier son frère ; ils réfléchissent ensemble au stratagème à mettre en place pour pouvoir s'enfuir ensemble et retourner en Grèce. C'est extrêmement difficile. Heureusement, Athéna interviendra...
Les versions au sujet de ce qu'il a pu advenir d'Iphigénie (réellement morte sous le couteau paternel ? enlevée par Artémis en Tauride ?...) diffèrent. Je connaissais de nom cette tragédie et cette version et me voici mieux informée. Est-ce que la Tauride est la Crimée ? Dans cette contrée, Hérodote raconte qu'on y faisait des sacrifices humains à Iphigénie... Mais il existait près d'Athènes un tombeau d'Iphigénie et on faisait des sacrifices à Artémis Taurapole... C'est à cette toponymie que se réfère Euripide quand il écrit cette tragédie... qui finit bien !
En réalité, ce sont les faits évoqués, dans un monde de mort, où les choses semblent un double négatif du monde connu des Grecs ; j'évoque la pertinente question du choeur au sujet d'une Artémis admettant des sacrifices humains alors qu'elle est une figure pleine de sollicitude en Grèce et qui a, au premier chef, voulu sauver Iphigénie d'un sacrifice humain. Iphigénie, dont la vie s'est interrompue, ne semble pas épargnée au point de pouvoir espérer la reprendre là où elle espérait la mener (n'allait-elle pas vers ses noces avec Achille ?)... Or, Pylade, tout indiqué pour l'épouser, arrivant avec son frère, est le prétendant d'Electre. Iphigénie est sauvée mais désormais consacrée à la prêtrise.
Lien : http://aufildesimages.canalb..
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Nitocris2021
  10 juin 2021
Une des plus belles pièces d'Euripide. fine, émouvante, bouleversante, elle est vraiment de toute beauté. Iphigénie est une des plus sublimes figures tragiques mises en scène au théâtre. Mon grand regret : ne pas avoir vu la pièce jouée au théâtre. J'espère que ce sera le cas un jour. En attendant il faut que j'écoute l'opéra de Gluck.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BazaRBazaR   30 juin 2019
IPHIGÉNIE:
Mes servantes !
comme je suis vouée à gémir et gémir,
hélas ! en tristes plaintes
éloignées des accents mélodieux de lyre
où se plaisent les Muses,
las ! à me lamenter, hélas, dans mon chagrin !
Quel désastre m'accable !
Quels sanglots je répands sur la vie de mon frère,
tel que me l'ont fait voir en songe
les ombres de la nuit qui vient de s'effacer !
Je suis perdue ! perdue !
Anéantie, la Maison de mes pères !
Las, hélas ! ma race a péri !
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Nastasia-BNastasia-B   25 juillet 2013
ORESTE : Sache-le bien : ces dieux dont nous célébrons la science ne disent pas plus vrai que les songes fugaces. Dans le monde des dieux tout va à tort et à travers, aussi bien que parmi les hommes.

Second épisode.
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DonaSwannDonaSwann   12 avril 2016
Sache-le bien : ces dieux dont nous célébrons la science ne disent pas plus vrai que les songes fugaces. Dans le monde des dieux tout va à tort et à travers, aussi bien que parmi les hommes. Ce qui torture l'homme qui, dans un esprit droit, prit l'oracle pour guide, c'est de se voir perdu, ainsi qu'il l'est pour l’œil des clairvoyants.
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Augustin334Augustin334   30 août 2016
Iphigénie (à Pylade)
Dis à Oreste, fils d'Agamemnon :"Celle qui t'écrit est celle qui fut immolée en Aulide, qui vit encore, quoiqu'elle ne vive plus pour vous..."
Oreste
Où est-elle ? Après sa mort, comment a-t-elle pu revivre ?
Iphigénie
C'est elle-même que tu vois : ne m'interromps point.
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Augustin334Augustin334   30 août 2016
Iphigénie (seule)
En vertu d'une coutume antique de ce pays, j'immole tout Grec qui aborde sur cette terre. C'est à moi d'initier les victimes; à d'autres est remis le soin abominable de les égorger dans le sanctuaire de la déesse.
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Videos de Euripide (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Euripide
EURIPIDE — La voix des femmes au glas des désastres historiques (France Culture, 1988) Une réunion des cinq émissions des "Chemins de la connaissance", par Patricia Reich et Raymond Oster, diffusées du 25 au 30 janvier 1988 sur France Culture. Présence : Claire Nancy.
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