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Henri Jean-Baptiste Grégoire (Éditeur scientifique)Jules Meunier (Éditeur scientifique)Jackie Pigeaud (Éditeur scientifique)
EAN : 9782251799322
102 pages
Les Belles Lettres (15/10/2002)
3.97/5   72 notes
Résumé :

Dionysos est là. Il arrive depuis toujours. Il vient d'ailleurs, mais il est partout ; c'est qu'il est le dieu du théâtre. La tragédie qu'il met en place sera plus tragique qu'une autre, puisqu'il s'agit de lui. Il lui faut un homme qui lui résiste, à qui il puisse faire la chasse pour le prendre dans les filets du délire. Les Bacchantes sont la pièce du délire qui finit mal. Ce n'est pas l'auteur et ce qu'il a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Voilà une tragédie d'Euripide que je n'ai vraiment pas appréciée. Loin, très loin du niveau de celles qui savent encore faire mouche de nos jours et que je prends plaisir à lire.
Ici, il nous rebat les oreilles avec un même et unique leitmotiv tout au long de la pièce, à savoir, le devoir d'allégeance aux dieux. Certes, ce thème est plutôt courant dans la tragédie grecque, je pense notamment à l'Ajax de Sophocle, mais qui lui jouissait d'une épaisseur allant bien au-delà de cette seule dimension.
Le titre doit vous donner une indication sur le dieu qui présentement se sent offensé, j'ai nommé Dionysos (Bacchus pour les Romains), le dieu du pinard, fils de Zeus et ayant grandi au creux de sa cuisse (pas besoin d'être sorti de la cuisse de Jupiter pour savoir ça).
Et donc, v'là t'y pas que le vilain Penthée, tout roi de Thèbes qu'il est, refuse de célébrer la gloire du dieu des pochetrons, lui dénie son statut de dieu, interdit qu'on se rende à sa fête (les bacchanales) et menace même explicitement les femmes (les bacchantes) qui oseraient braver l'interdiction de culte, et bla, bla, bla…
… et beaucoup de bla, bla, bla plus tard, le dieu, il est le plus beau le plus fort, l'outrecuidant, il est trucidé, la famille du roi, elle est bannie, et vous autres, ne vous avisez surtout pas de ne pas faire allégeance au dieu de la bibine, sans quoi, il vous en cuira.
Super ! quel puissant message d'édification des foules monsieur Euripide ! Pour le coup, les pédagogues grammairiens d'Hadrien qui se sont permis de faire disparaître plus de 80 % des tragédies de Sophocle, Eschyle et Euripide auraient bien pu la faire passer à la trappe celle-là car j'imagine qu'ils en ont sabrées d'autrement plus savoureuses.
Mais voilà, l'histoire est l'histoire et elle a ceci d'agaçant qu'on ne peut pas la refaire. Donc nous voilà avec ces Bacchantes entre les mains, une pièce, il est vrai, pas si fondamentalement différente des autres tragédies qui nous sont parvenues, mais dont le thème et la portée revêtent à mon sens un très faible intérêt de nos jours, sauf à titre paléo-ethographique.
Le seul point annexe qui m'a paru digne d'être mentionné est la raison pour laquelle Dionysos n'est pas de suite reconnu comme un dieu véritable. Certes il est issu d'une simple mortelle, mais là ne me semble pas être la principale cause de sa relative exclusion. Il est aussi et surtout étranger, originaire de l'actuelle Turquie, alors que nous sommes en terre grecque.
Intéressant d'un point de vue de la constitution de l'arsenal mythologique grec qui ressemble à une mosaïque de croyances issues des différentes parties de la zone hellénistique et qu'on s'est efforcé de faire concorder dans un ensemble (presque) cohérent. D'où également les divers noms dont sont affublés les dieux. Ici, Dionysos (aussi nommé Bacchos, Pyrigénès ou Pyrisporos) semble bien être l'héritier d'une tradition et d'un culte asiatique bricolé et intégré tardivement à la mythologie fondatrice grecque.
Donc pour en finir avec ces Bacchantes, si vous souhaitez lire une tragédie d'Euripide, je ne vous conseille en aucun cas celle-ci, à moins que vous ne fassiez une thèse sur la tradition viticole dans le bassin méditerranéen au premier millénaire avant notre ère, en tout cas, c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
Pardon Euripide d'être née vingt-trois siècles trop tard pour pouvoir apprécier votre pièce à sa juste valeur.
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Une très bonne pièce qui nous montre jusqu'où peuvent aller les pouvoirs et la sournoiserie d'un dieu.

Le dieu en question est Dionysos. Un petit rappel, réalisé d'ailleurs dans la pièce, sur sa naissance. Il est fils de Zeus et de Sémélé, fille de Cadmos le fondateur de Thèbes où se passe l'action. Héra, déguisée et toujours dévorée de jalousie, parvient à convaincre Sémélé enceinte de demander à Zeus de se révéler à elle dans toute sa splendeur. Elle est littéralement grillée par la splendeur divine. Mais l'enfant s'en sort et termine sa gestation dans la cuisse de Zeus. Adulte il voyage beaucoup en Orient, y développant son culte, un culte extatique essentiellement féminin et potentiellement violent.
Il finit par revenir à Thèbes pour y installer son culte. Il est accompagné des Ménades qui sont ses adoratrices venues d'Orient et qui font office de choeur. Au début de la pièce, les thébaines devenues Bacchantes se sont éloignées de la ville pour se lancer dans une bacchanale échevelée qui ferait passer nos rave-party pour des thés dansant. Les videuses ne laissent pas passer les hommes.

Euripide sort des sentiers battus en utilisant Dionysos comme un véritable acteur de la pièce, déguisé en chef des Ménades. Il affronte la colère du roi de Thèbes, Penthée, révulsé par les excentricités orgiaques dans lesquelles la bacchanale entraine les thébaines (dont sa mère et ses tantes) et décidé à ramener l'ordre. L'auteur lance le dieu dans une manipulation mentale du roi de toute beauté. le pauvre mortel n'a aucune chance.
Pourtant Penthée est sûr de son droit. Il veut ramener l'ordre et la tradition. Il n'estime pas faire un sacrilège dans la mesure où il ne croit pas que Dionysos soit vraiment le fils de Zeus. Ne pas voir sa cité partir en vrille est un objectif légitime. Mais son incroyance est un risque mortel en l'occurrence. Dionysos va d'abord prouver sa force en faisant s'effondrer le palais. Puis – toujours déguisé – montre plus d'esprit collaboratif auprès du roi et lui propose d'aller discrètement jeter un oeil à cette bacchanale. En fait il le manipule, instillant une curiosité perverse en lui. La transition dans le texte est brutale ; on a l'impression qu'un autre homme occupe le corps de Penthée.

La tragédie arrive à son terme. Perdues dans l'illusion béate, les bacchantes repèrent Penthée qui les observe (Dionysos y veille) et le déchiquettent en morceaux. Sa propre mère Agavé rapporte sa tête à Thèbes sans même se rendre compte de ce qu'elle a fait.
Dois-je considérer le message d'Euripide comme un avertissement envers ceux qui manquent de piété ? Que la raison et l'ordre ne doivent pas primer sur le culte ? C'est un message que je ne suis pas prêt à accepter (mais l'auteur ne s'adressait pas à un homme de mon temps). Si le message est de montrer la puissance divine comme quelque chose d'incommensurablement supérieur à l'imagination humaine, je suis en revanche assez d'accord. Si le message est de se méfier des manipulateurs et des populistes, j'adhère tout autant.
On le voit, on peut débattre sur les implications de cette pièce. Ceci dit, abordez simplement le texte pour lui-même et appréciez. Cela vaut déjà la peine.
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Peut-être la dernière pièce de l'auteur, représentée après sa mort, elle pourrait avoir été écrite en -406.

Nous sommes à Thèbes, patrie de Sémélé, mère de Dionysos. le jeune dieu vient d'arriver dans la ville de sa mère, décidé à se venger de la famille maternelle. Il impute deux crimes à ses parents humains : avoir douté de la relation de Sémélé avec Zeus, dont il est le fruit, et le refus de l'honorer comme un dieu. Si Cadmos, son grand-père, et Tirésias, le devin, sont prêts à se convertir à son culte, Penthée, le fils de la soeur de Sémélé, et roi actuel de la ville, s'y oppose formellement. Dionysos a inspiré de frénésie les femmes de la ville, qui se sont transformées en Bacchantes, et qui ont fuit la ville pour s'adonner au culte du dieu ; les deux tantes de Dionysos sont du groupe. Penthée ordonne de les ramener et des les emprisonner, il commande également d'emprisonner Dionysos. Ce dernier prend l'allure d'un homme, d'un prêtre du culte. Il se laisse arrêter, tout en délivrant les Bacchantes. Il provoque Penthée, et lui fait perdre en partie l'esprit, le poussant à se déguiser pour aller épier les Bacchantes. Dionysos s'arrange pour qu'elles le découvrent, et prises de folies, le mettent en pièces, Agavé portant en trophée la tête de son fils. de retour à la ville, Agavé retrouve ses esprits et réalise l'horreur de la situation.

Pièce ambiguë, qui a donné lieu à des interprétations diverses, voire contradictoires : pour certains elle aurait marqué un retour d'Euripide vers une foi affirmée, pour d'autres au contraire, elle peut être lue comme une dénonciation de la cruauté divine.

La trame de la pièce est simple et linéaire (ce qui n'est pas toujours le cas chez Euripide), nous suivons le destin tragique de Penthée jusqu'à la catastrophe annoncé. le roi est très terre à terre, il refuse le mystère, la folie sacrée, tout ce qui pourrait être de l'ordre du désordre, un fonctionnement en dehors des lois, en dehors du raisonnable et de l'immédiatement saisissable. Quelque part, le divin.

Dionysos est une figure complexe. Déjà en prenant l'apparence d'un homme, en se dépouillant de sa divinité, pour mieux affirmer sa puissance et sa nature divine. Il s'applique, sans aucune passion apparente, à démontrer l'impuissance du pouvoir et de la raison humaine face à un dieu. Il déclenche la fureur, la folie, provoque l'aveuglement et un manque de discernement, et fait des hommes (ou femmes) eux-mêmes leurs propres bourreaux, exécutant les sentences qu'il a prononcé contre eux.

La pièce comporte aussi des aspects comiques : Cadmos, Tyrésias, et plus tard Penthée déguisés en Bacchantes par exemple. Un comique qui au final est cruel ; c'est en prenant l'apparence d'un adorateur de Dionysos que Penthée court à sa perte.

Le choeur est composé de Ménades lydiennes, il doit donc être inspiré par le dieux, le texte qu'il chante est un rituel en somme, ce qui fait revenir le théâtre à son origine religieuse, liée à Dionysos, justement. La mort de Penthée a presque le caractère d'un sacrifice, cruel, mais nécessaire à l'ordre du monde.

Un texte vertigineux.
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Evohé ! Evohé !
Crient-elles,
Les Bacchantes,
Lors des
Mystères, mystères de Dionysos
Io, Io, métamorphosée,
en génisse
Europe, Europe, enlevée,
par le père de Bacchus,
Par Zeus !
Cadmos, le frère d'Europe,
part à sa recherche
ne la trouve pas
et fonde une ville
là où se couche une génisse
Il sacrifie la jeune vache
après avoir combattu le dragon
il sème les dents,
érige les murs de Thèbes
et mène sa vie
jusqu'à la naissance de ses filles
qui deviendront
pour certaines d'entre elles
les Bacchantes.
L'une de ses filles Sémélé,
séduite par Zeus, elle aussi,
portera en son ventre Dionysos
qui sortira de la cuisse de son père.
Dionysos, fils de Dieu,
souhaite qu'on l'adore comme tel,
qu'on s'enivre, qu'on se réjouisse,
qu'on danse,
mais les tantes du dieu refusent le culte de
cette religion naissante.
Elles seront condamnées à l'adorer,
tel le veau d'or,
à la folie,
et l'une d'elles tue son propre fils lors des transes
célébrées en l'honneur du dieu,
le prenant pour un lion.
Penthée s'était pourtant réfugié en haut d'un arbre,
sur les conseils du dieu lui-même,
mais les Bacchantes ont une force herculéenne,
elles déracinent l'arbre
et démembrent Penthée
comme elles le font
avec les vaches
qu'elles déchirent à mains nues.
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On sait tous que les tragédies grecques se célébraient en l'honneur du dieu Dionysos, dieu du vin et du théâtre. C'est sous son office que les plus grandes pièces tragiques se sont déroulées et que les trois grands auteurs, Eschyle, Sophocle, Euripide se sont distingués. Ils abordent les histoires des dieux et des héros grecs dans leurs pièces. Les Atreides, les Labdacides (coucou Oedipe et Antigone) y sont présent dans une bonne partie des pièces tout comme les dieux Zeus (Promethée Enchainée), Athéna, Aphrodite, bien qu'apparaissant en deu ex machina... pourtant, il y en a bien un qui manque à l'appel et c'est le plus étrange : Dionysos ! le dieu même du theâtre n'a en effet guère d'apparition dans les oeuvres tragiques et n'est mentionné presque nulle part... sauf dans cette pièce, les Bacchantes, la seule où il tient un rôle, le plus important, la seule qui a comme sujet les rites dionysiaque. Et autant dire que connaissant le style d'Euripide, ça va saigner !
Résumons... après un prologue expliquant la conception légendaire de Dionysos (fils de Sémélé et Zeus, sorti du ventre de sa mère prenant feu par celui-ci l'ayant mis dans sa cuisse... cherchez pas, c'est la mythologie grecque) on retrouve notre dieu de retour dans sa ville natale, Thébes, après un très long voyage en compagnie de sa troupe composé de satyres et de ménades, dans le but de se faire reconnaître par ses habitants et d'y instaurer son culte. Cependant, il se heurte au roi Penthée, fils de Cadmos et d'Harmonie (les ancêtres d'Oedipe) qui ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée d'un hurluberlu qui a de longs cheveux et promeut à tout le monde l'ivresse et la fête quitte à perturber l'harmonie. Celui-ci l'enferme sans procès mais le dieu parvient à s'évader. Sa vengeance sera terrible envers Penthée, qui .aura une des morts les plus horribles de toute la mythologie grecque.
Quand on songe à Dionysos, on pense tout de suite à un dieu débonnaire, fêtard, qui entraîne les gens dans des fêtes endiablées et qui est un joyeux ivrogne, un dieu plutôt comique où plaisant. On oublie que Dionysos est un dieu sournois n'hésitant pas à abuser des mortels et qui lorsqu'on l'offense, peut se venger très cruelle. Et ce coté "sombre" de notre cher Bacchus est très bien révélée dans les Bacchantes.
Comme toute pièce d'Euripide, les Bacchantes dénotent d'une certaine originalité (après tout, c'est lui qui a inventé l'infanticide de Médée...). Outre le sujet unique dans la tragédie grecque, Euripide montre la faiblesse humaine face au délire dionysiaque, la folie procuré par l'extase festive relâchant tous les instincts primaires de l'homme et la vaine résistance de celui-ci face à l'étrange où ce qu'il considère comme étranger.
La raison contre la déraison : Penthée, le roi austère voulant réglementer le moindre travers où écart social de ses sujets contre Dionysos, un dieu venu de loin, androgyne (plusieurs fois est rappelé sa longue chevelure,) dont le culte mélange tout le monde, brisant les barrières et ne se prenant guère au sérieux. Mais le sage peut être le fou et le fou peut être sage... Penthée réagit avec excés et emportement, ce qui le conduira à sa perte, tandis que Dionysos est d'un calme olympien (oui jeu de mot facile), tout comme Oedipe le roi voyant ne sait rien et nie la vérité au contraire de l'aveugle et humble Tirésias qui lui sait.
La folie domine la piéce. Venue par le débarquement de la "troupe " de Dionysos, elle emplit Thébes, emportant ses habitants. Une folie certes sacrée, institutionnalisée, réglée... mais qui reste sauvage et qui ressort impitoyablement dans la dernière partie de la tragédie, où l'horreur pure se manifeste.
La bacchanale de la fin est une des plus éprouvantes scènes que nous offre Euripide. Bien que racontée par un tiers, la force des détails nous horrifie tant la folie s'y déploie, suivi de l'apparition de Dionysos qui exalte sa victoire. Il est vrai que dans la pièce, malgré son tempérament léger et un peu insolent, le dieu n'est pas sympathique voire agressif et que son culte est vu comme abominable (ce n'est pas étonnant, vu qu'Euripide critique la religion grecque, osant dénoncer la cruauté des dieux et de ses croyants).
Il est vrai que cependant, en dehors de Penthée et du dieu, et du cortège final, les autres personnages sont d'une faible consistance, notamment Tiresias qui est limité au simple conseiller craintif où Cadmos en vieil homme plaintif. Mais d'un autre coté, ils ne peuvent qu'être les témoins du drame atroce qui s'y produit.
Les Bacchantes est une pièce bien sous-estimée à mes yeux qui mérite d'être plus connue qu'Andromaque, Medée où Iphigénie, tant elle décrit la folie dans son paroxysme ainsi que la puissante emprise de la déraison sur l'homme.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Que dira-t-il de ces événements ? Je garderai mon calme, même s'il arrive en fureur. Le sage est toujours prêt à ne montrer qu'un front paisible.
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CADMOS: Simple mortel, je ne suis pas de ceux qui ont le mépris des dieux !
TIRÉSIAS: Et nous n'enveloppons pas les dieux dans des finasseries. Les traditions héritées de nos pères, et qui sont vieilles comme le temps, aucun raisonnement ne les jette à bas, si fines que soient les trouvailles de nos aigles d'intelligence ! : " Vieux comme tu es, tu n'as pas honte ? " Voilà ce qu'on dira, de me voir décidé à danser, les tempes chargées de lierre ! Mais le dieu n'a pas fait de distinction, qu'on soit jeune ou qu'on soit vieux, s'il s'agit de danser pour Lui.
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Deux divinités pour les mortels sont primordiales. L'une est Déméter -elle est aussi la Terre, on peut lui donner les deux noms- qui nourrit les humains des aliments solides. Vint ensuite le fils de Sémélé en apporter le complément découvert par lui, la liqueur tirée de la grappe, la boisson qui met fin aux souffrances des malheureux (dès qu'ils se sont remplis de ce jus de la vigne) et leur donne, avec le sommeil, l'oubli des peines quotidiennes.
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LE MESSAGER: Pour notre compte à nous, la fuite nous sauva d'être déchiquetés victimes des bacchantes. Mais notre bétail, lui ! Elles s'y attaquèrent à mains nues, sans couteaux... Si tu les avais vues ! L'une entre ses deux bras saisit une génisse, bête déjà laitière, et la souleva, meuglante... Et d'autres démembraient, déchiquetaient des vaches...
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Les traditions héritées de nos pères, vieilles comme le monde, aucun raisonnement ne les renversera, quelque découverte que fassent les plus profonds esprits.
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Vidéo de  Euripide
Par Chloé Delaume accompagnée de Benoist Esté Bouvot
Chloé Delaume poursuit son exploration des grandes figures mythologiques féminines en se penchant cette fois sur celle de Médée. Elle revisite ce personnage de la mythologie afin d'en convoquer toute la puissance pour faire écho aux problématiques féministes contemporaines. Médée, magicienne, amoureuse, dont le nom semble depuis toujours synonyme d'infanticide. Pourtant, celle, sans qui Jason ne serait rien, n'a pas toujours été la meurtrière de ses enfants : avant Euripide, Médée commet bien des crimes, mais pas celui-là. Ce soir elle raconte son histoire et interroge la véritable nature de sa culpabilité, elle qui durant tant de siècles ne fut écrite que par des hommes.
Dans le cadre du colloque international « Chloé Delaume : une oeuvre intermédiale » et de la résidence Lilith & Cie.
« le souci quand on est personnage de fiction, c'est qu'un tas de gens, sans cesse, vient vous écrire dessus. On se voit transformé sans le moindre recours. Quelqu'un m'a noirci l'âme, depuis je fais avec. » Chloé Delaume, « Médée avant Médée »
À lire – Chloé Delaume, Pauvre folle, Seuil, 2023.
Son : François Turpin Lumière : Iris Feix Direction technique : Guillaume Parra Captation : Claire Jarlan
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