AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2374910814
Éditeur : Quidam (04/10/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
C'est l'histoire de La Voix qui raconte son enfance : perdue dans les appartements sombres d'une famille des années 60-70 de la bourgeoisie athénienne aisée, qui voyage au gré du métier du père - en particulier en France et qui, à Strasbourg, descend à l'Hôtel Rouge.
Dans ces longs couloirs obscurs règne le silence et «pas la moindre trace de joie». Seuls quelques personnes prêtent attention à la fillette (Elli ou Lilette - ainsi la surnomment-ils).
... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
keisha
  21 janvier 2019
J'ai choisi de faire confiance à l'éditeur pour découvrir un roman grec. Merci aussi à ma médiathèque!
D'emblée la forme frappe et interroge. Interviennent Les Oreillyeux, La Voix et le souffle. La voix serait celle d'une désormais adulte incitée à se plonger dans ses souvenirs d'enfance, en dialoguant avec le souffle. Les Oreillyeux en parle à la troisième personne, 'elle'. Maria Efstathiadi étant auteur de pièces de théâtre, oui, je verrais fort bien ce livre représenté sur scène, durant ma lecture j'ai eu plus que d'ordinaire des voix dans la tête.
Les souvenirs de Elli, petite fille d'une mère froide et d'un père absent, vivant de multiples interdictions dans ses sorties et fréquentations, demeurent souvent bien flous et sujets à caution, car l'on a aussi les simulacres de la mère, du grand-père... Un certain effort est demandé au lecteur pour lier les rares fils fiables. Elli s'invente un frère (un ami?), des intermèdes se glissent. Oui, oui, du théâtre, ce serait parfait; la langue est belle, évocatrice, sensible.
Lien : https://enlisantenvoyageant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
viduite
  15 octobre 2018
Récit d'enfance fragmenté, diffusé dans la pluralité de ses perceptions et de ses substituts, Hôtel Rouge est une superposition, courte et dense, d'images et de sensations. Au-delà d'une très fine interrogation sur la matière de nos mémoires, Maria Efstathiadi transporte le lecteur dans un récit sensible, aigu, où les scènes s'imposent avec une évidence magnifique et déchirée.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
Commenter  J’apprécie          20
Charybde2
  07 octobre 2018
Une fabuleuse mobilisation poétique d'un être à facettes pour surmonter les silences de la mémoire d'enfant.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2018/10/07/note-de-lecture-hotel-rouge-maria-efstathiadi/
Lien : https://charybde2.wordpress...
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   07 octobre 2018
Le Souffle. – Et l’école, c’était aussi une chambre close ?
La Voix. – Cette école-là, la première, non, pas du tout. C’était une oasis avec ses bédouins, ses chameaux et…
Le Souffle. – Qu’est-ce que c’est, ces souvenirs ?
Les Oreillyeux. – Elle va parler du handball, du jeu de billes où elle jouait avec les deux ou trois garçons qu’il y avait à l’école de filles, du football, de son écriture déplorable et de ses fautes d’orthographe, de la rédaction sur le thème Racontez comment s’est déroulée votre excursion à Kriekouki, elle n’avait écrit qu’un seul mot sur son cahier : Bien, et elle avait eu zéro, elle va dire qu’elle était bonne en dessin et qu’un jour d’un seul coup en 6e elle a arrêté de dessiner mais elle ne dira pas pourquoi, elle va parler du grand écart et qu’elle rêvait de devenir acrobate ou contorsionniste, elle va se souvenir du loukoum à la rose, du pain au sésame et des fromages en forme de triangle, des cahiers qu’il fallait recouvrir de papier bleu et sur lesquels il fallait coller une étiquette, de ses cahiers qui étaient de vrais torchons, peut-être qu’elle va parler de Dolly et de ses premiers émois érotiques, des bonnes notes qu’elle devait rapporter en guise de monnaie d’échange, elle se souvient qu’elle courait dans la rue pour échapper à Clio qui l’accompagnait, de son opération de l’appendicite, de l’anesthésie qu’elle a adorée, de sa surprise quand elle a entendu l’écho pour la première fois, un jour, pendant une sortie scolaire, de l’exhibitionniste en face de chez elle, dès qu’elle rentrait de l’école, elle courait à la véranda pour le regarder, et de sa tristesse quand il a disparu, elle ne dira rien de ce que c’est que d’attendre que quelque chose ait lieu et que cela n’advienne pas, de son désespoir quand elle a compris qu’elle ne plongeait pas le monde dans le noir quand elle fermait les yeux, elle parlera peut-être des pages du livre de catéchisme qu’elle jetait dans les toilettes, de…
La Voix. – Stooooop, ça suffit !
Le Souffle. – Mais qu’est-ce qui t’a pris, subitement ?
La Voix. – Il m’a pris que tout ça, ce sont des inventions pour contes de fée, alors que les vrais souvenirs d’enfance, ça n’a rien d’un rêve, c’est tout le contraire.
Le Souffle. – Un cauchemar, tu veux dire ?
La Voix. – Non, non, un village lointain rempli de tours et de détours, voilà ce que c’est, sans aucune carte pour t’orienter. Une imbrication de choses dont on ne parle pas, une imbrication de nuits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Charybde2Charybde2   07 octobre 2018
Le Souffle. – Mais pourquoi ce déchaînement de rage ? Vu que de toute façon, ta vie à toi n’a jamais été comme ça.
La Voix. – Oui, mais c’est ainsi qu’ils voulaient que je sois, c’est ce qu’ils essayaient de faire de moi. Sauf lui.
Le Souffle. – Mais ils n’y sont pas parvenus.
La Voix. – Pas tout à fait, mais ils m’en ont fait voir de toutes les couleurs, ils m’ont mutilée.
Le Souffle. – Comment ça ?
La Voix. – Le résultat, ce que je suis devenue, c’est un être totalement bâtard.
Le Souffle. – Une enfance inachevée, d’un côté surarmée, de l’autre complètement désarmée.
La Voix. – Oh, comme c’est mignon ! La femme-enfant des surréalistes ! Si au moins j’avais été cette femme-là, ce pourrait être l’aspect sympathique des choses. Ce n’est pas de ça dont je parle. Pas avec ces mots-là.
Le Souffle. – Avec lesquels alors ?
Les Oreillyeux. – Un visage sans visage, vide en son centre, demeure en elle, insistant, prisme oblong, aveuglant. Un visage qui se désagrège tandis qu’elle franchit cette béance mouvante qui sans cesse les sépare et se dissout comme un nuage dans un ciel pur. Un visage de la distance qui n’occupe plus de lieu visible. Elle est de nouveau coincée. De nouveau des pensées désordonnées, confuses. Elle essaie d’en isoler quelques-unes, de les élaborer, d’en faire des mots. Révolution et irrésolution, force et lâcheté, hésitation, recul, altérité et adaptation, intégration, etc. etc. Rien de tout cela. Et toujours ce sentiment qu’une caméra espionne le moindre de ses mouvements et qu’il faut la déjouer, lui échapper.
La Voix. – Je ne sais pas, les mots me font défaut. Toutes les pensées qui ont laissé la porte à demi ouverte ou à demi fermée, peu importe, et qui ont engendré de petits monstres inadaptés.
Le Souffle. – Ne sois pas trop impitoyable avec toi-même. Pourquoi en rajouter à leur dureté à ton égard, ça ne te suffit pas ?
La Voix. – Et moi qu’est-ce que j’ai fait de tout ça, tu peux me le dire ? Je me suis rogné les ailes toutes seules et je me suis retrouvé le cul entre deux chaises, à transformer les dix-huit en vingt sur vingt sur le bulletin scolaire pour ne pas qu’ils fassent la tête et me privent de mes minables bénéfices.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Charybde2Charybde2   07 octobre 2018
Le Souffle. – Mais il y a des photos qui disent tout autre chose.
La Voix. – Tu parles. Des photos de famille harmonieuses, on en trouve même chez les monstres.
Le Souffle. – Mais ne ressens-tu pas la moindre indulgence envers eux ?
La Voix. – Tu sais, l’autre face de l’indulgence, non son contraire, c’est la haine qui n’a ni voix ni visage, qui vit, qui persiste, pourvu qu’elle s’accumule.
Le Souffle. – Et… ça te mène où, de thésauriser la haine ? Dépense-là, à la fin, partage-la.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Video de María Eustathiádi (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de María Eustathiádi
Le jeudi 11 octobre 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie de recevoir Maria Efstathiadi, en compagnie de sa traductrice Anne-Laure Brisac, à l'occasion de la parution de son "Hôtel Rouge" chez Quidam éditeur.
autres livres classés : enfanceVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr

Autres livres de María Eustathiádi (2) Voir plus




Quiz Voir plus

Couples célèbres de la litterature

Julien Sorel

Louise de Renal
Maguerite Gautier
Ariane
Camille
Celimene

10 questions
469 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , théâtreCréer un quiz sur ce livre