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Critiques sur Des gens ordinaires (6)
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Kirzy
  03 octobre 2019
°°° Rentrée littéraire #26 °°°

Cela fait quinze jours que j'ai achevé cette lecture ... et je ne sais toujours pas si j'ai aimé ou si je me suis ennuyée. En fait, je pense que c'est un peu des deux.

Diana Evans nous plonge dans la vie domestique et intime de deux couples de quadragénaires de la classe moyenne, issus de l'immigration, tous deux au bord d'une rupture, d'une révolution ou d'un nouveau départ, jusque cela bascule dans un sens net.

Ce que j'ai le plus apprécié, c'est l'écriture au scalpel qui décortique avec beaucoup de délicatesse et d'acuité les rapports homme – femme ainsi que les ressorts d'un couple.Elle dit très bien l'effacement de soi dans le couple lorsque l'enfant parait, la charge mentale, les frustrations de voir ses rêves d'accomplissement personnel s'engluer dans la réalité du quotidien. Difficile de ne pas se reconnaitre à un moment donné dans ses propres compromis.

le personnage de Melissa est à ce titre de loin le plus intéressant car c'est celui dont le mal-être tranche le plus avec l'acceptation affichée des autres, le seul à dériver vers autre chose qu'une léthargie linéaire, le seul en révolte. le récit quasi surréaliste de son accouchement ou celui de sa paranoïa à sentir la présence d'un fantôme pour symboliser son malaise sont vraiment très réussis.

J'ai également apprécié les descriptions inscrivant ce roman dans une urbanité très contemporaine : le panorama d'un Londres agité et multiple, son énergie frénétique, la torpeur de ses banlieues, les trajets pendulaires pesants du travail au domicile conjugal.

Il n'empêche que cette intrigue faite d'anecdotiques détails conjugaux a fini par m'ennuyer un peu, alors que le parti pris de s'affranchir des conventions du trop-plein de rebondissements me paraissait fort intéressant. Sur le dernier quart, les belles phrases amples m'ont semblé bien verbeuses et m'ont fait quelque peu décrocher. Ce n'est pas facile de rester en équilibre sur une crête faite de petits drames familiaux purement banals. le titre est à ce titre très justes, des gens ordinaires qui peuvent nous toucher ou pas selon que l'on est en recherche de transcendance ou pas.

Reste de beaux passages comme celui-ci :
« Parfois dans la vie des gens ordinaires, il y a une étape décisive, une révélation, un grand changement. Il survient sous un ciel bas, jamais lumineux. Jamais quand tout va bien. Vous marchez sur une route défoncée. le bitume s'effrite sous vos pieds et vous commencez à boiter, vous portez des haillons, un vent mauvais vous souffle au visage. Vous avez l'impression de marcher depuis très longtemps. Vous perdez espoir. Vous ne savez plus pourquoi vous marchez et la seule chose qui vous maintient en vie, c'est cet instinct têtu, tellement humain, qui vous pousse à agir. Soudain, devant vous, quelque chose apparaît. Quelque chose d'éblouissant, complètement extérieur à votre vie. Cette lueur est si vive qu'elle vous oblige à plisser les yeux. Vous la regardez. Vous plissez les yeux. Et vous vous arrêtez."

Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020 ( n°10 )
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MadameTapioca
  06 octobre 2019
Diana Evans a écrit un roman sur des gens ordinaires, ça pourrait être vous, ca pourrait être moi.

Elle a choisi deux couples noirs de la classe moyenne londonienne, des presque quadra qui sont pris entre les rêves qu'ils avaient autrefois - avoir une vie indépendante, mener une carrière, écrire un roman, s'amuser, voyager - et la réalité - avec ses exigences et ses nuisances quotidiennes -
qui les oppresse, les empêche de faire ce qu'ils aimeraient faire.
Des gens ordinaires qui en plus de rêver de la vie qu'ils pourraient avoir, commencent à se demander s'ils ont choisi le bon partenaire et finissent par ne plus savoir ce qui les entrave le plus: la routine ou leur conjoint. Ils sont en dehors de leur vie, spectateurs, incomplets.

C'est une histoire sur la façon dont la monogamie, l'éducation des enfants, les besoins divergents dans un couple, peuvent vous étouffer, vous aliéner.
Une analyse très fine de la vie à deux, une étude très originale de l'identité qui va au-delà des lieux communs d'un classique roman conjugal. Diana Evans dissèque l'architecture de l'amour, la quête perpétuelle d'un bonheur idéalisé. Un portrait intime qui se fond dans une étude sociologique de notre époque.

Intelligent, lucide, contemporain, urbain, poétique... Voilà un gros coup de coeur.
C'est d'une simplicité trompeuse mais c'est une expérience littéraire de premier ordre.

Lien : https://www.instagram.com/p/..
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claraetlesmots
  27 septembre 2019
Londres. Après la naissance récente de son deuxième enfant, Melissa a quitté son emploi pour travailler en free-lance. Avec son compagnon Mickael, ils viennent d'aménager dans leur nouvelle maison. Tout pourrait être rose ou devrait d'être mais non. L'équilibre est devenu une illusion pour Mélissa qui jongle entre les enfants et les tâches domestiques. Chez leurs amis Damian et Stephanie, habitants dans la campagne londonienne, Damian est englué dans son quotidien sans pouvoir l'expliquer depuis la mort de son père. Sa femme Stephanie le pousse à se ressaisir mais c'est en vain.

Les deux couples, solides en apparence, s'effritent. Les ambitions et les aspirations se voient désormais étouffées par une envie de changement et la lassitude. Seule Stephanie dont le bonheur de ses enfants passent avant tout semble maintenir son cap. Si on est plongé dans les affres et les tourments de ces deux couples ordinaires de la classe moyenne, l'auteure y ajoute subtilement une autre équation celle des origines sans que ce se soit le socle de ce roman. Quelles sont les aspirations de ses personnages à la peau de couleur alors que Barak Obama vient d'être élu ? Damian, enfant, a baigné dans les discours engagés de son père tandis que Mickael rêve d'une plus grande égalité.

Ce roman fourmille de détails sans saouler le lecteur est comporte des réflexions très intéressantes sur la crise identitaire, le couple et le mariage. Avec des pointes d'un humour acéré et une écriture qui m'a littéralement aspirée par sa vivacité, Diana Evans radiographie le couple moderne avec beaucoup de nuances et c'est très, très bien vu.
Lien : https://claraetlesmots.blogs..
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antigoneCH
  11 septembre 2019
Voici un livre de rentrée littéraire qui arrive sur les étals avec sa personnalité toute particulière et son prix du Meilleur livre du New yorker 2018… et je suis heureuse d'en parler aujourd'hui, car il mérite amplement que l'on s'y intéresse. J'ai été personnellement séduite par le pitch de l'éditeur qui donnait à penser qu'il s'agissait d'une simple histoire de couples quarantenaires au bord de la rupture. Ce genre de résumé fonctionne toujours avec moi… et parfois la déception est au bout de la lecture. Mais rien de tout cela avec ce roman qui est bien plus qu'une histoire banale de crise de quarantaine. En réalité, lorsque Mélissa et Mickael emménagent dans leur nouvelle maison, juste après la naissance de Blake, dans ce quartier de Londres appelé « Paradis », tout se met très vite à dérayer. Mélissa, qui a quitté son travail de journaliste pour devenir pigiste et s'occuper des enfants, constate très vite que vivre dans cette maison n'est pas sans conséquences. Il faut dire que la propriétaire précédente semblait très pressée de vendre. Des rayures étranges apparaissent dans la cage d'escalier, leur fille Ria se met à boiter, quand elle ne parle pas au fantôme d'une petite fille. Et est-ce que par ailleurs la naissance de Blake peut expliquer la fragilité soudaine de Mélissa, le fait qu'elle repousse sans cesse Mickael ? Ou est-ce encore un effet de la maison ? Difficile de l'expliquer. Chez leurs amis, Damian est aussi en plein doutes, contrairement à sa femme Stéphanie, qui manage leur famille d'une main ferme. Il a perdu son père il y a peu et le vide est immense. Pourtant, ce défenseur virulent de la cause noire n'était pas forcément agréable à vivre, et Damian se souvient avec peine du manque de présence féminine dans l'appartement qu'ils partageaient. L'intrigue commence alors que Barack Obama vient d'être élu, et le décès de Mickael Jackson intervient en cours de récit. Et c'est grâce à ces références là, aux plats parfois confectionnés, et aux quelques allusions à la couleur de peau des protagonistes que l'on devine de quelle origine ils sont. Mais c'est ce que j'ai aimé dans ce roman intelligent, Diane Evans n'en fait absolument pas un élément déterminant. Elle préfère s'immiscer dans l'intimité de ces couples, en ausculter les déboires amoureux, les ambitions déçues, les pensées secrètes, et donner ainsi une photographie de cette génération moins préoccupée par l'intégration que par les perspectives limitées d'une classe moyenne en perte de repères. Il faut aimer prendre son temps, aimer se perdre dans un livre, aimer s'intéresser aux autres, pour apprécier la lecture de ce roman assez envoûtant dans lequel je me suis sentie tout simplement bien.
Lien : https://leslecturesdantigone..
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naimpnl
  07 octobre 2019
Woow super
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unbrindesyboulette
  06 octobre 2019
Dans « Ordinary People », vous ne trouverez pas d'intrigue, de rebondissement, du sensationnel. Non car « Ordinary People », c'est l'ordinaire qui est raconté par l'auteure, c'est la vie des personnes qui viennent d'avoir 40 ans. C'est la vie ordinaire de couple ensemble depuis plusieurs années. C'est l'histoire de Michael, Mélissa, Damain et Stephanie. Ne vous attendez pas à lire une jolie histoire avec le romanesque qui va avec. Non car « Ordinary People » vous raconte la vie, la vraie vie. Avec ses joies et ses peines, avec ses besoins et ses réflexions, avec ses envies et ses devoirs. L'auteure a su à merveille décrypter le couple, le couple après l'arrivée d'un enfant, le couple où l'on s'oublie pour être qu'un, le couple où l'accord disparaît petit à petit. « Ordinary people » est une histoire banale, de gens banaux mais cette banalité a quelque chose d'épatant quand c'est Diana Evans qui la raconte, qui y met ses propres mots. Épatant parce que cet ordinaire est celui du lecteur: chacun va forcément se retrouver à un moment du roman. Peut-être dans cette crise de la quarantaine? Dans l'arrivée d'un enfant qui bouleverse l'alchimie du couple? Dans ce besoin de reconnaissance au niveau du travail? de cette peur de vivre dans une grande ville? Dans ce besoin de plaire à une autre personne? Dans cet amour?

« Ordinary People » c'est aussi la question des origines puisque les personnages sont noirs ou métisse et selon son histoire, chacun y apporte plus d'importance que d'autre. Il y est question également du père puisque Damain a perdu son père et que cela le perturbe plus qu'il n'aurait cru. le deuil fait donc partie de cette banalité et comment faire pour pouvoir le gérer. « Ordinary People » est un livre ordinaire, écrite par une auteure ordinaire mais dont l'ordinaire en fait un roman réaliste, sensible, interrogatif, salvateur. Et puis, l'ordinaire, c'est la base de la vie de la majorité des personnes, non?
Lien : https://unbrindesyboulette.w..
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