AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Bernardine Evaristo (Autre)Françoise Adelstain (Traducteur)
EAN : 9782211307826
400 pages
Éditeur : Globe (02/09/2020)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Imaginez un choeur polyphonique réunissant douze femmes dont un homme trans, âgées de 19 à 93 ans, presque toutes noires, chantant leur(s) expérience(s) britannique(s) dans une scénographie multipliant décors et points de vue de Newcastle à Cornwall en passant par Londres et dans une chronologie s'étendant du XXe siècle aux trébuchements d'un XXIe siècle remodelé par les mouve-ments #metoo et #Blacklivesmatter.

Cela donne Fille, Femme, autre, un roman... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
sylire
  26 septembre 2020
Je viens de finir cette lecture et je me sens orpheline de ces femmes qui m'ont accompagnée durant près de quinze jours. Onze femmes et une personne "non genrée" se succèdent et se croisent pour se présenter à nous. Ces personnes sont fortes et courageuses mais ne cachent pas leurs faiblesses. Noires ou métis dans une Angleterre où la couleur noire n'est pas celle du désespoir, elles prennent (ou ont pris autrefois) leur destin en main. Certaines commencent leur vie, comme Yazz, d'autres vivent avec leurs souvenirs, comme Hattie . S'il est beaucoup question de race dans l'ouvrage, toutes les femmes peuvent s'y retrouver car de multiples autres thèmes sont abordés : le féminisme, le couple, la parentalité, le monde du travail...
Le style de cette oeuvre est absolument inclassable. Poétesse et femme de théâtre, l'autrice a inventé une forme nouvelle qui mélange différents genres. J'ai eu peur au départ de ne pas m'habituer à la ponctuation fantaisiste mais au bout d'une trentaine de pages, j'étais totalement absorbée par l'histoire, appréciant ce style qui fait corps avec le texte. Je ne me suis pas offusquée des phrases sans point qui partent à la ligne comme bon leur semble.
Amma, homosexuelle, est la première à ouvrir la danse. Elle est au centre du roman. Ce soir, c'est la première de sa nouvelle pièce, au National theatre. Autour d'elle gravitent ses proches et des connaissances. Nous les retrouverons au fil des pages. le lien avec Amma ne saute pas toujours aux yeux mais il faut être patient, tout se met en place à la fin du roman. Parfois dans le présent, d'autres fois dans le passé, nous naviguons d'un milieu à un autre, d'une époque à une autre.
Chaque destin est passionnant et forme une histoire qui se tient, à la manière d'une nouvelle. Mon personnage préféré est la femme la plus âgée, Hattie, quatre-vingt treize-ans. Nous remontons le temps et découvrons ses origines mais aussi sa descendance, qui réserve quelques surprises. Hatie est ouverte d'esprit, courageuse et riche des valeurs qui l'ont construite.
Je ne peux que vous conseiller ce roman. Si vous vous laissez tenter, surtout lisez-le sans impatience. En cette période de rentrée littéraire, les tentations sont grandes. Il serait dommage de ne pas donner à ce roman le temps qu'il demande.

Un ouvrage riche et passionnant. Un incontournable de cette rentrée, assurément.
Lien : http://www.sylire.com/2020/0..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
antigoneCH
  16 septembre 2020
Je ressors de cette lecture un peu sonnée et ébahie, sans être certaine réellement de la nature de ce que j'ai lu, ni de comment je vais bien pouvoir en parler. Fille, femme, autre… est un roman ambitieux, et qui s'avère à la lecture magistral, quoique dense et exigeant. Déjà, dès les premières lignes, on remarque sa structure particulière, sans majuscules de début de phrases, ni de points. Car ce livre est un chant. Il chante des femmes, presque toutes noires, de 19 à 93 ans, et qui racontent comment elles ont vécu leur vie sur le sol britannique. Il faut un peu s'accrocher, pour être honnête, pour retenir les prénoms de toutes ces femmes, les liens qui les unissent les unes aux autres. Mais s'accrocher vaut le coup, vraiment, car Bernardine Evaristo brosse en fait, et avec talent, toutes les manières possibles d'être humaine sur cette terre, lorsque l'on est une femme, de surcroît noire, mais aussi lesbienne, autonome et forte. Comment alors aborder l'amour, la perte de l'amour, le désir d'amour et sa blessure ? Comment grandir, faire sa place dans le monde, ne pas rester à sa place, dépasser les préjugés, s'exprimer ? Comment s'imposer, et ne pas laisser filer le bonheur ? Dans ce roman choral aux multiples rencontres, elles vont se battre mais aussi laisser fondre en elles l'amour quand il advient, car il a parfois été depuis longtemps désiré ou depuis longtemps perdu. J'ai aimé faire connaissance avec toutes ces personnalités, leurs faiblesses et leurs secrets. Bernardine Evaristo a été fière d'être la première femme noire à remporter le Booker Prize pour ce livre. C'est cette même fierté qui émane aussi de son récit, en donnant à ses protagonistes, plus habituées à l'ombre en littérature, un rôle de premier plan, symbolisé par cette pièce de théâtre, qu'Amma monte durant tout le roman, et qui met en scène des amazones africaines.
Lien : https://leslecturesdantigone..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Olivia-A
  09 septembre 2020
Vraiment, j'aurais essayé, titillée par la mention « Man Booker Prize 2019 » apposée sur la couverture de ce roman, décidément pas comme les autres. Je serais arrivée à la page 394 avant de me dire que, vraiment, c'est pas très agréable d'avoir la sensation de se forcer à lire. Pour une fois, ce n'est pas le fond qui aura manqué de saveur mais la forme que je n'aurais pas su apprécier, dompter, apprivoiser. Pendant un temps, je me suis habituée, et puis ce matin, en m'y remettant, pas moyen, mes yeux défilaient sur la page, incapables d'accrocher les mots, de trouver un sens à la vie de Hattie et Grace, ces deux héroïnes que j'ai finalement délaissées. D'autres m'ont plus convaincues, il faut le dire : Yazz, Amma, Carole, Bummi, notamment, Megan/Morgan, aussi dont le récit de vie ne manquait pas d'intérêt. J'ai apprécié les nuances que l'autrice a mises dans ces récits, ces vies de femmes noires, métis ou blanches, confrontées au patriarcat, au racisme, à la pauvreté aussi. Ici, pas de manichéisme, la complexité de la vie est rendue dans son intégralité, pas de jugement possible, chacun.e a ses torts et ses raisons, à nous de réfléchir pour nous-mêmes à ce que nous voulons en tirer. Quel dommage que le style d'écriture m'ait si peu convaincue, cette couche de complexité littéraire sur la complexité philosophique et psychologique a achevé de me perdre, je n'avais pas de prises dans cette lecture, et la lutte contre le texte m'a empêchée de l'apprécier à sa juste valeur. C'est un exercice de style, une expérimentation littéraire que certains apprécieront probablement, ça n'a pas été mon cas et j'en suis profondément triste, j'étais convaincue que ce livre me plairait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
ledevorateur
  31 août 2020
Fille, femme, autre (Girl, Woman, Other) est le dernier roman de l'autrice britannique Bernardine Evaristo, récompensée pour ce livre du Booker Prize 2019. C'est un roman choral, c'est à dire que dans chaque chapitre un personnage différent narre son histoire. Des filles, des femmes, une personne non-binaire, le plus souvent racisées, et dont on entend encore trop rarement les histoires. C'est le moment de les lire.
Je dois bien l'avouer, j'ai ressenti une légère déception quand j'ai compris que le roman suivait 12 personnes a priori sans lien entre elles. J'aime les romans, les histoires. Et justement. Très rapidement, cette déception a fait place à un intérêt grandissant pour la vie de chaque personnage. Puis à une véritable frénésie de lecture, emporté que j'étais par le rythme du texte, l'intelligence de l'écriture, la prouesse de Bernardine Evaristo. Parce que ce livre est puissant, bien plus puissant en laissant s'exprimer Dominique, Carole, Morgan et toutes les autres qu'en bricolant un roman dans lequel les histoires personnelles auraient été diluées. C'est un livre magistral, qui fait autant sourire que pleurer, et qu'on a du mal à lâcher.
Lien : https://ledevorateur.fr/fill..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11
Oinichba
  22 août 2020
De mon côté, j'ai adoré ce roman, la voix de ces femmes de générations différentes et milieux sociaux différents, par lesquelles on perçoit ce que c'est d'être de couleur noire au Royaume Uni. Les combats identitaires, l'affirmation de soi, ... toutes différentes mais toutes unies par un lien. et l'écriture est très rythmée.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Olivia-AOlivia-A   09 septembre 2020
si seulement la première avait déjà eu lieu, sous les acclamations et estampillée cinq étoiles, c'est très important parce que c'est elle Yazz qui en bavera si la pièce est éreintée par la critique et que Mum explose en transports de rage pendant des semaines - ces critiques qui sabotent sa carrière avec leur absence totale de connaissance intime de la vie des femmes noires et ce coup-ci c'est la grande rupture après quarante années de boulot acharné blablabla et que s'ils n'ont pas piffé la pièce c'est parce qu'elle ne parle pas des travailleurs humanitaires en Afrique, des adolescents perturbés, des dealers, des seigneurs de la guerre africains ou des chanteurs de blues afro-américains, ou des Blancs qui sauvent des esclaves noirs
et devinez qui sera au bout du fil pour ramasser les morceaux ?
elle, l'infirmière des émois de Mum, qui l'a toujours été et le sera toujours
tel est le fardeau de l'enfant unique, surtout si c'est une fille
par nature et forcément plus affectueuse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Olivia-AOlivia-A   09 septembre 2020
quand elle quitteront l'université avec une énorme dette sur le dos et la perspective de la course délirante aux boulots, et le prix scandaleux des loyers qui signifie que leur génération devra retourner habiter chez ses parents pour l'éternité, ce qui les poussera à désespérer encore plus de l'avenir sans compter la merde de cette planète avec le Royaume-Uni qui va se séparer de l'Europe qui elle-même dévale la voie de la réaction et redonne du lustre au fascisme et tout ça est si cinglé que l'ignoble milliardaire éternellement bronzé a tellement abaissé le niveau intellectuel et moral en devenant président des Américains et fondamentalement tout ça veut dire que l'ancienne génération a TOUT DETRUIT et que la nôtre est condamnée
à moins qu'on arrache aux aînés leur autorité intellectuelle
le plus tôt sera le mieux
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Olivia-AOlivia-A   09 septembre 2020
le féminisme c'est tellement grégaire, lui a dit Yazz, franchement, même être une femme c'est dépassé aujourd'hui, à la fac nous avions une activiste non-binaire, Morgan Malenga, qui m'a ouvert les yeux, je pense que nous serons tous non-binaires à l'avenir, ni mâles ni femelles, qui sont d'ailleurs des prestations sexo-spécificistes, ce qui signifie que ta politique féminine, m'man, deviendra obsolète, et tant que j'y suis, que je te dise, je suis humanitaire, ce qui se situe à un niveau beaucoup plus élevé que le féminisme
as-tu même l'idée de ce que ça signifie ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : racismeVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Bernardine Evaristo (3) Voir plus




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
999 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre