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Françoise Adelstain (Traducteur)
EAN : 9782266313155
576 pages
Éditeur : Pocket (19/08/2021)
4.21/5   87 notes
Résumé :
Amma, Dominique, Yazz, Shirley, Carole, Bummi, LaTisha, Megan devenue Morgan, Hattie, Penelope, Winsome, Grace.

Il y a dans ce livre plus de femmes noires que Bernardine Evaristo n’en a vu à la télévision durant toute son enfance. La plus jeune a dix-neuf ans, la plus âgée, quatre-vingt-treize.

Douze femmes puissantes, apôtres du féminisme et de la liberté, chacune à sa manière, d’un bout du siècle à l’autre, cherche un avenir, une mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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motspourmots
  07 décembre 2020
Si je devais trouver une image à laquelle comparer ce livre, je choisirais celle d'une symphonie orchestrée avec une impeccable maîtrise. Une partition à douze instruments qui sont autant de femmes, noires, dont les destins se croisent, s'entremêlent sur plusieurs décennies dans un Royaume-Uni oscillant entre intégration et rejet. Chacune joue sa petite musique, certaines se répondent, d'autres s'enchaînent, les mélodies s'agrègent, se complètent, s'enroulent pour former un seul et même chant, celui de la quête de liberté et de l'affirmation de soi. C'est impressionnant. Les jurés du Man Booker Prize ne s'y sont pas trompés qui l'ont couronné en 2019.
Elles sont nées filles et noires, dans des nuances plus ou moins foncées. D'origines africaines, caribéennes, arrivées sur le territoire britannique pour diverses raisons et par différents moyens. Sous lesquels affleure le passé colonialiste et esclavagiste. Chacune a son histoire, souvent douloureuse. Complexe. Des parcours pleins d'obstacles. Il est ici question d'émancipation, de découverte de soi, de détermination à vivre selon ses aspirations. Sexuelles, de genre, ou professionnelles. Seules ou accompagnées. Plusieurs générations se croisent, les chaînes viennent de loin, les initiatives pour les scier également. Courageuses, plus discrètes ou carrément militantes. La plupart des personnages sont contemporains mais grâce à des incursions dans le passé, l'auteure donne de l'ampleur au tableau qui se dessine. Une histoire du monde en quelque sorte.
Il n'y a presque pas de points. Un seul par chapitre avant de passer au suivant. Mais ce n'est pas un caprice, cela donne un rythme au récit, comme dans une farandole qui entraîne petit à petit tous ceux qui sont à portée de main. Et cela ne gêne en rien la lecture, bien au contraire, comme si le lecteur était lui aussi attiré dans la ronde. Tous ensemble. Les uns à côté des autres. Contre, tout contre. Si différents et pourtant si semblables. Amma, Dominique, Yazz, Bummi, Pénélope... et nous. C'est à la fois moderne, très libre et ancré à la source de l'humanité. le ton m'a souvent fait penser à Chimamanda Ngozie Adichie par sa liberté, sa façon assez directe de constater sans couper les cheveux en quatre.
Surtout, la construction est remarquable. D'une précision horlogère. Chaque élément venant se glisser comme par magie aux côtés des autres, façon puzzle en trois dimensions, sans jamais déranger la fluidité d'un récit dans lequel je me suis immergée avec bonheur. L'étayant au fur et à mesure. Créant des liens entre les personnages, bien au-delà des évidences ou des a priori. Jusqu'au final, magistral.
Et dire que c'est un livre qui me faisait peur et que j'hésitais à lire. Heureusement, une précieuse amie a eu l'heureuse idée de me l'offrir pour mon anniversaire. le plaisir n'en est que plus fort.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Celkana
  23 septembre 2021
Ce livre est une divine surprise, touchant, parlant, émouvant, puissant, cru aussi parfois mais comme toutes les femmes présentes dans ce roman, qui sont certes femmes noires mais tout autant filles, mères, soeurs, aïeules, amies et tant d'autres choses....
Tout est finement écrit car au fil de chaque histoire se croisent les destins de chacune parfois ou se rejoignent à d'autres moments mais elles ont toutes un bien commun ces femmes, c'est de vouloir avancer malgré les préjugés, le racisme, la bonne société ou les obstacles que la vie prend plaisir à mettre sur leur chemin.
Mais c'est aussi une histoire commune finalement de combats pour la tolérance, l'émancipation, de compréhension de soi et de sa personnalité, de faire sa propre place dans une société lente à accepter, avec fracas pour certaines, avec patience pour d'autres mais toujours avec ténacité pour toutes. Ce sont des histoires douloureuses souvent, apprenantes toujours, et balayant des générations de femmes qui ont vécu selon leur caractère des moments compliqués mais qui les ont construites.
Une construction particulière car sans majuscules ni réels paragraphes, le récit ressemble à une longue phrase continue qu'il faut suivre avec attention mais qui emmène justement le lecteur dans un rythme formidable car c'est comme une mélodie en fait et franchement, j'ai trouvé cela très plaisant.
Perdez vous dans ces femmes noires et vous verrez défiler des moments d'humanité et vous prendrez un réel plaisir de lecture.
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Olivia-A
  09 septembre 2020
Vraiment, j'aurais essayé, titillée par la mention « Man Booker Prize 2019 » apposée sur la couverture de ce roman, décidément pas comme les autres. Je serais arrivée à la page 394 avant de me dire que, vraiment, c'est pas très agréable d'avoir la sensation de se forcer à lire. Pour une fois, ce n'est pas le fond qui aura manqué de saveur mais la forme que je n'aurais pas su apprécier, dompter, apprivoiser. Pendant un temps, je me suis habituée, et puis ce matin, en m'y remettant, pas moyen, mes yeux défilaient sur la page, incapables d'accrocher les mots, de trouver un sens à la vie de Hattie et Grace, ces deux héroïnes que j'ai finalement délaissées. D'autres m'ont plus convaincues, il faut le dire : Yazz, Amma, Carole, Bummi, notamment, Megan/Morgan, aussi dont le récit de vie ne manquait pas d'intérêt. J'ai apprécié les nuances que l'autrice a mises dans ces récits, ces vies de femmes noires, métis ou blanches, confrontées au patriarcat, au racisme, à la pauvreté aussi. Ici, pas de manichéisme, la complexité de la vie est rendue dans son intégralité, pas de jugement possible, chacun.e a ses torts et ses raisons, à nous de réfléchir pour nous-mêmes à ce que nous voulons en tirer. Quel dommage que le style d'écriture m'ait si peu convaincue, cette couche de complexité littéraire sur la complexité philosophique et psychologique a achevé de me perdre, je n'avais pas de prises dans cette lecture, et la lutte contre le texte m'a empêchée de l'apprécier à sa juste valeur. C'est un exercice de style, une expérimentation littéraire que certains apprécieront probablement, ça n'a pas été mon cas et j'en suis profondément triste, j'étais convaincue que ce livre me plairait.
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MadameTapioca
  05 décembre 2020
Sororité
Après avoir beaucoup entendu parler de ce roman, co-lauréat du Man Booker Prize, j'étais impatiente de le lire et je n'ai pas été déçue.
« Fille, femme, autre » est un magnifique roman d'une portée et d'une ambition étonnantes.
Bernardine Evaristo nous présente 12 voix, principalement des femmes racisées, toutes différentes. Horizon, âge, racines, classe sociale, profession, famille, région et sexualité.
C'est une Grande-Bretagne contemporaine qui apparaît, rarement lue, nous donnant un aperçu du passé, présent et futur du pays.
C'est un récit féministe sans faille qui va et vient dans le temps, avec une structure non conventionnelle, une prose poétique et un mépris réjouissant des conventions de ponctuation.
C'est une lecture émouvante, magnifiquement écrite, ingénieuse, si sensible et si humaine que l'on a l'impression, quand on referme le livre, d'avoir écouté un long chant et d'avoir vécu mille vies.
Brillant.
Traduit par Françoise Adelstain
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kathel
  03 avril 2021
Elles sont douze, douze femmes de 19 à 93 ans, presque toutes noires ou métisses, femmes ou sans genre défini, hétéro ou homosexuelles, qui apparaissent les unes après les autres, à la suite d'Amma. Amma est dramaturge, elle monte une pièce de théâtre à Londres, pièce sur les dernières Amazones du Dahomey. Elle réussit enfin à faire le théâtre qu'elle a toujours eu envie de faire, celui qui parle de femmes noires, qui fait fi de la suprématie blanche mâle.
On croise ensuite Dominique, qui s'engagera dans une histoire d'amour toxique, Carole la femme d'affaires et Bummi sa mère, femme de ménage, Shirley qui enseigne à des collégiens, Penelope qui ne connaît pas ses parents, Megan qui devient Morgane, et d'autres encore.
Bernardine Evaristo, auteure britannique d'une soixantaine d'années qui est pour la première fois traduite en français grâce au Man Booker Prize reçu en 2019, imagine la vie de douze femmes britanniques, donc, car il s'agit d'un roman, n'imaginez pas autre chose.
Chacune de ces femmes ressent, plus ou moins, le besoin d'affirmer son identité, d'aller à l'encontre des préjugés, de combattre souvent le racisme, le sexisme, et le plus souvent les deux à la fois. Certaines ont vécu des moments très difficiles, d'autres ont rencontré des personnes, hommes ou femmes, qui les ont aidé à avancer. L'action n'est pas seulement contemporaine, les plus âgées des femmes font remonter des souvenirs d'époques révolues et permettent au lecteur de voir la situation évoluer, en bien ou en mal. La diversité des situations ne conduit pas du tout vers une succession de thèses ou de cas de figures figés. Au contraire, une grande chaleur émane de ces portraits !
Et la forme, alors ? Les chapitres se succèdent sans donner l'impression de lire des nouvelles, car les protagonistes sont liées entre elles, et reviennent toujours à un moment ou à un autre. Les descriptions sont très vivantes. J'ai l'impression que c'est une manière de présenter des personnages qu'on retrouve souvent dans les romans anglais, qui consiste à les décrire par leurs actions et par leurs discours, plutôt qu'à transcrire leurs pensées intimes. En tout cas leurs actions montrent de fortes femmes, à l'esprit aussi acéré que la langue.
Quant au style lui-même, avec une quasi absence de points et de majuscules et de nombreux retours à la ligne, on pourrait penser à des vers libres, c'est d'une grande liberté en tout cas, mais parfaitement lisible. Cette forme particulière peut déconcerter mais pour moi n'a pas été du tout un frein dès lors que l'intérêt pour les personnages s'est éveillé, c'est-à-dire très rapidement. La forme et le fond se complètent et se renforcent l'un l'autre, et procurent un véritable plaisir de lecture !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   29 décembre 2020
C’est un vibrant chœur de femmes que met en place Bernardine Evaristo (Eltham, 1959) dans ce qui est son huitième livre. Ses personnages apparaissent chacun à leur tour, les fils se nouant sous les yeux du lecteur : lien de parenté, professeur et élève…
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   03 novembre 2020
Couronné du Man Booker Prize, ce huitième roman de l'autrice britannique Bernardine Evaristo est un monumental appel à la tolérance et au respect des différences.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   30 octobre 2020
je dis toujours à Mum qu’elle a épousé un patriarche

regarde les choses autrement, Amma, me répond-elle, ton père est né homme au Ghana dans les années 1920 et toi femme à Londres dans les années 1960

et alors ?

tu ne peux pas attendre de lui qu’il « te pige » comme tu dis

je lui répète qu’elle fait l’apologie du patriarcat et se rend complice d’un système qui oppresse les femmes

elle répond que les êtres humains sont complexes

je lui dis de ne pas le prendre de haut »
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BazartBazart   30 octobre 2020
" et n’allez pas croire que l’enfant qu’elle a élevée est du genre à s’affirmer féministe plus tard"

Le féminisme c’est tellement grégaire, lui a dit Yazz, franchement, même être une femme c’est dépassé aujourd’hui, à la fac nous avions une activiste non-binaire, Morgan Malenga, qui m’a ouvert les yeux, je pense que nous serons tous non-binaires à l’avenir, ni males ni femelles, qui sont d’ailleurs des prestations sexo-spécifistes, ce qui signifie que ta politique « féminine », m’man, deviendra obsolète, et tant que j’y suis, que je te dise, je suis humanitaire, ce qui se situe à un niveau beaucoup plus élevé que le féminisme

As-tu une idée de ce que ça signifie ? »
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MadameTapiocaMadameTapioca   08 décembre 2020
Mum travaillait huit heures par jour comme salariée, a élevé quatre enfants, tenu son foyer, veillant à ce que le diner du patriarche soit sur la table tous les soirs et ses chemises repassées tous les matins
pendant ce temps il était dehors en train de sauver le monde
sa seule tâche ménagère consistant à acheter la viande du déjeuner du dimanche chez le boucher - variation banlieusarde du chasseur-cueilleur
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Olivia-AOlivia-A   09 septembre 2020
quand elle quitteront l'université avec une énorme dette sur le dos et la perspective de la course délirante aux boulots, et le prix scandaleux des loyers qui signifie que leur génération devra retourner habiter chez ses parents pour l'éternité, ce qui les poussera à désespérer encore plus de l'avenir sans compter la merde de cette planète avec le Royaume-Uni qui va se séparer de l'Europe qui elle-même dévale la voie de la réaction et redonne du lustre au fascisme et tout ça est si cinglé que l'ignoble milliardaire éternellement bronzé a tellement abaissé le niveau intellectuel et moral en devenant président des Américains et fondamentalement tout ça veut dire que l'ancienne génération a TOUT DETRUIT et que la nôtre est condamnée
à moins qu'on arrache aux aînés leur autorité intellectuelle
le plus tôt sera le mieux
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Olivia-AOlivia-A   09 septembre 2020
si seulement la première avait déjà eu lieu, sous les acclamations et estampillée cinq étoiles, c'est très important parce que c'est elle Yazz qui en bavera si la pièce est éreintée par la critique et que Mum explose en transports de rage pendant des semaines - ces critiques qui sabotent sa carrière avec leur absence totale de connaissance intime de la vie des femmes noires et ce coup-ci c'est la grande rupture après quarante années de boulot acharné blablabla et que s'ils n'ont pas piffé la pièce c'est parce qu'elle ne parle pas des travailleurs humanitaires en Afrique, des adolescents perturbés, des dealers, des seigneurs de la guerre africains ou des chanteurs de blues afro-américains, ou des Blancs qui sauvent des esclaves noirs
et devinez qui sera au bout du fil pour ramasser les morceaux ?
elle, l'infirmière des émois de Mum, qui l'a toujours été et le sera toujours
tel est le fardeau de l'enfant unique, surtout si c'est une fille
par nature et forcément plus affectueuse.
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