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Françoise Adelstain (Traducteur)
EAN : 9782266313155
576 pages
Pocket (19/08/2021)
4.14/5   199 notes
Résumé :
Amma, Dominique, Yazz, Shirley, Carole, Bummi, LaTisha, Megan devenue Morgan, Hattie, Penelope, Winsome, Grace.

Il y a dans ce livre plus de femmes noires que Bernardine Evaristo n’en a vu à la télévision durant toute son enfance. La plus jeune a dix-neuf ans, la plus âgée, quatre-vingt-treize.

Douze femmes puissantes, apôtres du féminisme et de la liberté, chacune à sa manière, d’un bout du siècle à l’autre, cherche un avenir, une mais... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
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Didjmix
  02 mars 2022
Ce livre ne m'aura pas ému, emporté, conquis. J'ai bien compris, ce roman choral (trop !?), les douze filles, les douze femmes, différemment liées, qui deviennent "autres" par les évènements de la vie, des Amazones, qu'elles doivent défendre parce qu'elles sont femmes, et à tour de rôle, Noires des îles ou d'ailleurs, lesbiennes ou pas, dominatrices parfois, artistes ou institutrices, mères, filles, mariées ou divorcées, etc. On a l'impression d'être dans une réunion de femmes témoignant de leurs vies, de leurs amours, de leurs racines, et en cela c'est très bien fait. Mais qu'il faut s'accrocher (que je me suis limite forcé !) pour ce final. Livre qui a reçu quand même le Man Booker Prize 2019.
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motspourmots
  07 décembre 2020
Si je devais trouver une image à laquelle comparer ce livre, je choisirais celle d'une symphonie orchestrée avec une impeccable maîtrise. Une partition à douze instruments qui sont autant de femmes, noires, dont les destins se croisent, s'entremêlent sur plusieurs décennies dans un Royaume-Uni oscillant entre intégration et rejet. Chacune joue sa petite musique, certaines se répondent, d'autres s'enchaînent, les mélodies s'agrègent, se complètent, s'enroulent pour former un seul et même chant, celui de la quête de liberté et de l'affirmation de soi. C'est impressionnant. Les jurés du Man Booker Prize ne s'y sont pas trompés qui l'ont couronné en 2019.
Elles sont nées filles et noires, dans des nuances plus ou moins foncées. D'origines africaines, caribéennes, arrivées sur le territoire britannique pour diverses raisons et par différents moyens. Sous lesquels affleure le passé colonialiste et esclavagiste. Chacune a son histoire, souvent douloureuse. Complexe. Des parcours pleins d'obstacles. Il est ici question d'émancipation, de découverte de soi, de détermination à vivre selon ses aspirations. Sexuelles, de genre, ou professionnelles. Seules ou accompagnées. Plusieurs générations se croisent, les chaînes viennent de loin, les initiatives pour les scier également. Courageuses, plus discrètes ou carrément militantes. La plupart des personnages sont contemporains mais grâce à des incursions dans le passé, l'auteure donne de l'ampleur au tableau qui se dessine. Une histoire du monde en quelque sorte.
Il n'y a presque pas de points. Un seul par chapitre avant de passer au suivant. Mais ce n'est pas un caprice, cela donne un rythme au récit, comme dans une farandole qui entraîne petit à petit tous ceux qui sont à portée de main. Et cela ne gêne en rien la lecture, bien au contraire, comme si le lecteur était lui aussi attiré dans la ronde. Tous ensemble. Les uns à côté des autres. Contre, tout contre. Si différents et pourtant si semblables. Amma, Dominique, Yazz, Bummi, Pénélope... et nous. C'est à la fois moderne, très libre et ancré à la source de l'humanité. le ton m'a souvent fait penser à Chimamanda Ngozie Adichie par sa liberté, sa façon assez directe de constater sans couper les cheveux en quatre.
Surtout, la construction est remarquable. D'une précision horlogère. Chaque élément venant se glisser comme par magie aux côtés des autres, façon puzzle en trois dimensions, sans jamais déranger la fluidité d'un récit dans lequel je me suis immergée avec bonheur. L'étayant au fur et à mesure. Créant des liens entre les personnages, bien au-delà des évidences ou des a priori. Jusqu'au final, magistral.
Et dire que c'est un livre qui me faisait peur et que j'hésitais à lire. Heureusement, une précieuse amie a eu l'heureuse idée de me l'offrir pour mon anniversaire. le plaisir n'en est que plus fort.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Stelphique
  23 octobre 2021
Ce que j'ai ressenti:
« on a tous une âme soeur dans ce monde »
si douze femmes nous racontent leurs vies, leurs émois, leurs combats, leurs intimités, leurs façons de voir la vie, leurs victoires et leurs espoirs
peux-t-on dire qu'on les aime comme des soeurs
est-ce que le mot Sororité va enfin résonner en nous
nous les femmes d'abord, mais nous, surtout humains, dans sa globalité avec ce que ça comporte de tolérance envers l'Autre, les autres
la différence en général
cela fait un moment que ce mot Sororité m'interpelle, m'attire, et que j'y projette de grandes espérances
alors avoir en main cette lecture c'est explorer la pluralité de ce courant féministe, l'afro-féminisme et d'en comprendre les enjeux ainsi que les douleurs de certaines souvent invisibilisées
ce roman est une révélation
un rythme et un poème
une alerte
quelque chose entre un battement de coeur audible et une émotion pure de la souffrance féminine tue
douze versions d'être une Fille Femme Autre c'est mettre en lumière une polyphonie vibrante de mots et d'idées sur un défi prioritaire contemporain
c'est également nous présenter de belles histoires de femmes qui entrecroisent leurs destins, et sont en quête de liberté et d'affirmation de soi
c'est également faire entendre les voix de ces femmes noires qui nous interpellent sur des questions existentielles, humaines et émotionnelles avant même, d'être des courants de pensées engagés
ce livre c'est une vague d'amour
une vague de douceur mais de colères dénonciatrices aussi
une vague d'entraide et d'intentions bienveillantes
une vague magnétique avec des questionnements sur le genre, le rôle et la condition féminine
une vague de poésie très contemporaine et originale qui touche direct les âmes
une lame de fond en Fille Femme Autre
-alors-
si douze femmes entrent dans le cercle de mes soeurs à la fin de cette lecture
est-qu'on peut dire que j'ai trouvé mon Autre?
« si nous ne les aidons pas, qui le fera »

Lien : https://fairystelphique.word..
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Simoneenroute
  05 avril 2022
Un livre de vies, empli de douze femmes. Un genre de biographies fictives qui vont s'entrecroiser et parfois même devoir s'expliquer. Parfois même devoir se justifier entre elles. Des femmes qui se questionnent, questionnent leurs racines, questionnent la société. du féminisme qui se cherche, qui s'impose, qui devient à la mode. Un roman qui questionne le genre et le non genre, le genré, la sexualité, le militantisme, l'obscurantisme, le pouvoir, les liens de sang, le métissage, le racisme, la réussite, l'égalité, les inégalités, la reconnaissance. C'est énorme en fait! C'est sans fin!

A l'ouverture, il me faut reconnaitre que j'ai cru à un défaut d'édition : pas de point, des mises à la lignes incompréhensibles, des découpages de phrases improbables. Puis un ptit tour sur internet, m'assure que l'impression est bonne, pas d'erreur, Bernardine Evaristo met là aussi le non conformisme sur le devant de la scène, que ça nous saute bien aux yeux. Après un temps d'adaptation pour mon rythme de lecture, la mise en forme ne pouvait pas mieux servir le fond de son roman. L'absence de points donne une continuité aux récits qui colle à merveille.
de nombreuses voix, qui sont rendues par clin d'oeil quand on croit se perdre entre elles, en oublier certaines. Des femmes tellement contemporaines et tellement ancestrales.
Touchée par bien des voix, notamment celle d'AGM, l'arrière grand mère. ‘93ans et c'est pas fini' ça fait presque un siècle de générations et c'est joliment écrit.
Tout est finement mis en scène. Ma lecture se termine, je ne sais plus bien qui j'ai rencontré ni comment, mais je sais que toutes ces femmes qui se sont dévoilées ont encore beaucoup de choses à dire et à vivre. Comme si elles restaient bien incarnées dans mon esprit.
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Louise1200
  27 avril 2022
En partance pour le Burkina Faso, je cherchais à emporter des livres « écrits par des Africain.e.s ». L'image de couverture m'évoquait l'Afrique de l'Ouest et Bernardine Evaristo fleurait bon le Cap Vert ou l'Angola.
Après avoir lu la biographie de l'auteur.e et la quatrième de couverture, j'ai eu des doutes. Allais-je me faire lapider à emmener un livre écrit par une Anglaise (de père nigérian), féministe et lesbienne entre la fête de Pâques et la fin du Ramadan ? Je me suis dit que, comme moi, peu de Burkinabè devaient avoir entendu parler de Bernardine Evaristo. D'autre part, je pouvais laisser Les Impatientes et du miel sous les galettes et repartir avec Fille, femme, autre dans ma valise.
La forme tout d'abord a de quoi surprendre au premier abord. Pas De majuscule au début ni de point à la fin de chaque phrase. Un peu comme des vers libres ou A la ligne : Feuillets d'usine de Joseph Ponthus.
Merci au jury du Booker Prize d'avoir accordé en 2019 le prix ex-aequo à Margaret Atwood pour Les Testaments et Bernardine Evaristo pour Fille, femme, autre. Si Atwood est un monument de la littérature mondiale, déjà récompensée par le Booker Prize en 2000 et dont la dystopie La Servante écarlate connaissait un regain d'intérêt suite à la sortie d'un feuilleton télévisé homonyme. A ses côtés, Evaristo fait pâle figure (sans mauvais jeu de mots), même si elle est sexagénaire et qu'elle en est à son huitième roman, dont aucun n'était traduit en français. Ce n'est pas tous les ans qu'on peut honorer deux autrices aussi talentueuses que dissemblables. Si Atwood explore le futur possible en Amérique du Nord, Evaristo nous incite à nous pencher sur le passé et le présent de Londres de la fin de l'Empire britannique et l'émergence d'une diaspora du Commonweath, entre tradition et mutations, où le féminisme se décline entre de multiples couleurs, où les hétéros s'opposent aux lesbiennes, celles d'origine africaine à celles venant des Caraïbes, les chrétiennes aux musulmanes, les croyantes aux athées, les carriéristes aux prolétaires, les artistes aux bosseuses, les carnivores aux végans, …
Amma, le personnage central du premier chapitre, ressemble fort à Bernardine Evaristo. Métisse de père africain et mère anglaise, féministe et lesbienne. Comédienne révoltée contre la piètre image de la femme noire dans le monde du théâtre et de la télévision, elle décide d'écrire des pièces de théâtre donnant une image positive des femmes noires et de les mettre en scèen. Elle ne connait qu'un succès d'estime dans les centres culturels de banlieue et la culture underground jusqu'à ce que le National Theatre de Londres lui demande de mettre en scène sa pièce La dernière Amazone du Dahomey. le début de la gloire ou la perte de son âme ? Sera-t-elle à la hauteur de la tâche ou risque-t-elle de se brûler les ailes ?

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Challenge Plumes féminines 2022
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   29 décembre 2020
C’est un vibrant chœur de femmes que met en place Bernardine Evaristo (Eltham, 1959) dans ce qui est son huitième livre. Ses personnages apparaissent chacun à leur tour, les fils se nouant sous les yeux du lecteur : lien de parenté, professeur et élève…
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   03 novembre 2020
Couronné du Man Booker Prize, ce huitième roman de l'autrice britannique Bernardine Evaristo est un monumental appel à la tolérance et au respect des différences.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   30 octobre 2020
je dis toujours à Mum qu’elle a épousé un patriarche

regarde les choses autrement, Amma, me répond-elle, ton père est né homme au Ghana dans les années 1920 et toi femme à Londres dans les années 1960

et alors ?

tu ne peux pas attendre de lui qu’il « te pige » comme tu dis

je lui répète qu’elle fait l’apologie du patriarcat et se rend complice d’un système qui oppresse les femmes

elle répond que les êtres humains sont complexes

je lui dis de ne pas le prendre de haut »
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BazartBazart   30 octobre 2020
" et n’allez pas croire que l’enfant qu’elle a élevée est du genre à s’affirmer féministe plus tard"

Le féminisme c’est tellement grégaire, lui a dit Yazz, franchement, même être une femme c’est dépassé aujourd’hui, à la fac nous avions une activiste non-binaire, Morgan Malenga, qui m’a ouvert les yeux, je pense que nous serons tous non-binaires à l’avenir, ni males ni femelles, qui sont d’ailleurs des prestations sexo-spécifistes, ce qui signifie que ta politique « féminine », m’man, deviendra obsolète, et tant que j’y suis, que je te dise, je suis humanitaire, ce qui se situe à un niveau beaucoup plus élevé que le féminisme

As-tu une idée de ce que ça signifie ? »
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Olivia-AOlivia-A   09 septembre 2020
quand elle quitteront l'université avec une énorme dette sur le dos et la perspective de la course délirante aux boulots, et le prix scandaleux des loyers qui signifie que leur génération devra retourner habiter chez ses parents pour l'éternité, ce qui les poussera à désespérer encore plus de l'avenir sans compter la merde de cette planète avec le Royaume-Uni qui va se séparer de l'Europe qui elle-même dévale la voie de la réaction et redonne du lustre au fascisme et tout ça est si cinglé que l'ignoble milliardaire éternellement bronzé a tellement abaissé le niveau intellectuel et moral en devenant président des Américains et fondamentalement tout ça veut dire que l'ancienne génération a TOUT DETRUIT et que la nôtre est condamnée
à moins qu'on arrache aux aînés leur autorité intellectuelle
le plus tôt sera le mieux
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MadameTapiocaMadameTapioca   08 décembre 2020
Mum travaillait huit heures par jour comme salariée, a élevé quatre enfants, tenu son foyer, veillant à ce que le diner du patriarche soit sur la table tous les soirs et ses chemises repassées tous les matins
pendant ce temps il était dehors en train de sauver le monde
sa seule tâche ménagère consistant à acheter la viande du déjeuner du dimanche chez le boucher - variation banlieusarde du chasseur-cueilleur
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Olivia-AOlivia-A   09 septembre 2020
si seulement la première avait déjà eu lieu, sous les acclamations et estampillée cinq étoiles, c'est très important parce que c'est elle Yazz qui en bavera si la pièce est éreintée par la critique et que Mum explose en transports de rage pendant des semaines - ces critiques qui sabotent sa carrière avec leur absence totale de connaissance intime de la vie des femmes noires et ce coup-ci c'est la grande rupture après quarante années de boulot acharné blablabla et que s'ils n'ont pas piffé la pièce c'est parce qu'elle ne parle pas des travailleurs humanitaires en Afrique, des adolescents perturbés, des dealers, des seigneurs de la guerre africains ou des chanteurs de blues afro-américains, ou des Blancs qui sauvent des esclaves noirs
et devinez qui sera au bout du fil pour ramasser les morceaux ?
elle, l'infirmière des émois de Mum, qui l'a toujours été et le sera toujours
tel est le fardeau de l'enfant unique, surtout si c'est une fille
par nature et forcément plus affectueuse.
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