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EAN : 9782330002596
120 pages
Éditeur : Actes Sud (09/11/2011)
3.79/5   68 notes
Résumé :
Pieterjan, un artiste en manque d’inspiration, accepte l’invitation de la première Biennale d’art de Beerpoele au beau milieu de la campagne flamande. Mais bien vite, il découvre qu’en fait de résidences d’artistes, il s’agit d’une grande kermesse improvisée par Kristof, le gentil organisateur aux mains de géant. Invité d’honneur d’un groupe d’amateurs farfelus, Pieterjan se prend à jouer le guide spirituel et artistique et profite de l’occasion pour convaincre tout... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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oblo
  09 juin 2021
Pieterjan, un artiste à la carrière aussi hasardeuse que le sont ses amours, est invité dans un village flamand pour y monter une première biennale d'art contemporain. Sur place, il est accueilli par une foule de gens hétéroclites de bonne volonté mais définitivement incapables d'appréhender un tel événement. Porté par un dessin et une mise en scène virtuoses, Les amateurs de Brecht Evens est l'histoire d'un fiasco presque total, une farce absurde dont les personnages, décalés mais sensibles, permettent d'interroger à la fois la notion de l'art comme fait de société et celle de l'artiste comme figure sociale.
Les bandes-dessinées de Brecht Evens surprennent d'un point de vue graphique. Les planches, très libres, ne laissent apparaître aucune case, aucune bulle, aucun cartouche. le Belge invente son propre format, principalement caractérisé par une association simple de couleur entre le personnage et les paroles que celui-ci prononce. La couleur permet aussi d'identifier le caractère supposé de l'individu, ou du moins l'une de ses caractéristiques. Ainsi Kristof est représenté en rouge, couleur de la puissance car Kristof, en tant qu'organisateur de la biennale, représente l'autorité, symbolisée physiquement par ses mains gigantesques. En bleu, Valentijn est un jeune homme effacé et introverti en quête de reconnaissance, dont la forme du visage rappelle tantôt l'être de Roswell, tantôt le personnage du Cri de Munch. le orange de Cleo rappelle la teinte rousse de ses cheveux et sa vitalité ; le noir de Dennis, handicapé mental, ses angoisses et la menace qu'il représente parfois pour Pieterjaan. Au-delà du langage graphique nouveau, le dessin de Brecht Evens marque par une certaine exubérance, avec une profusion de couleurs, laquelle est adoucie par la délicatesse de l'aquarelle. L'utilisation de cette dernière permet en outre à l'auteur de jouer sur la transparence, et donc de superposer plusieurs scènes sans rien enlever à la lisibilité de celles-ci.

Les amateurs est d'abord l'histoire d'un fiasco. Aucun des personnages, à commencer par Pieterjan d'ailleurs, n'est réellement apte à organiser une biennale d'art contemporain. Si une tempête règle le sort de ce non événement en détruisant le nain de jardin géant construit en papier mâché pour l'occasion, le laïus final de Pieterjan, très positif et qui permet une happy end, donne au livre une véritable consistance. Car l'art, privé de son événement et de la preuve de sa réalisation, se réduit finalement à son unique dimension sociale (on pourrait dire qu'Evens n'évacue pas pour autant sa dimension esthétique, puisque la bande-dessinée, de par son traitement graphique, est très belle). En d'autres termes, Brecht Evens interroge l'art comme notion sociale. Les péripéties de l'histoire peuvent être lues à cette lumière, depuis les cocktails dans les galeries où drogues et alcools sont consommés jusqu'à l'attente locale suscitée par la biennale en passant par, évidemment, la vie du groupe d'artistes formé par Pieterjan, Kristof, Dirk, Erik, Valentijn et Dennis. L'art est un prétexte qui rassemble des gens de bonne volonté pour un projet qui les dépasse. Il est, en tant qu'activité humaine, fondamental parce qu'utile, au moins socialement, et qu'il habite ceux qui y consacrent du temps, que ce soit quelques minutes ou toute une vie.
L'art, donc, n'est pas une abstraction. Il est le produit d'une activité humaine réalisée par des hommes et des femmes désignés sous l'appellation d'artistes. Brecht Evens interroge aussi cette notion. Les personnages représentent tout le spectre de la notion d'artiste, depuis le maudit (Dennis) jusqu'à l'idole (Pieterjan, dont les avis sont demandés et respectés par l'ensemble de la communauté) en passant par le clown (Dirk) ou le plasticien honnête mais inconnu (Erik). Pourtant, le titre n'évoque pas des artistes, mais des amateurs. Étymologiquement, deux sens sont possibles. On pense d'abord à celui de non professionnel. À observer les uns et les autres, le terme d'amateurs est pleinement justifié : Pieterjan est logé dans le cabanon des parents de Kristof, lequel ne sait pas choisir le bon pot de peinture pour la sculpture géante. Autres exemples : le caractère très hétéroclite, sans fil conducteur, de la biennale ou encore la partie de pêche en pleine installation. Pourtant, un deuxième sens, plus littéral, doit être lu : les amateurs sont ceux qui aiment. Car, à n'en pas douter, tous ces personnages ont en commun l'amour de l'art. Cela justifie le parcours, confirmant l'adage que, dans un voyage, ce n'est pas la destination qui compte mais le trajet. Que Brecht Evens nous conduise est ici très plaisant.
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Thyuig
  13 octobre 2012
Faudrait pouvoir lister toutes les qualités de ce bouquin tellement ça regorge !
1/ d'abord, et immédiatement, le livre est beau !
2/ et puis c'est drôle !
3/ inventif dans le dessin, les planches évoluent en fonction de la narration : du grand art
4/ quel dessin ! la transparence de l'aquarelle permet à Evens d'oser des effets inhabituels, entourant ses personnages d'une aura, leur attribuant une couleur qu'il utilise aussi dans les dialogues
5/ les personnages sont riches, archétypaux et caricaturaux bien entendu puisqu'il s'agit là d'une sorte de farce, une comédie.
6/ le pitch : un artiste contemporain est convié à la biennale d'un petit village flamand, et tout le village l'aide à faire de "l'art".
7/ ça démonte gentiment tout ce petit monde des cocktails et la surinterprétation du geste artistique
8/ malgré toute cette branchitude du format, de forme, le livre se lit d'une traite
et je suis certain de pouvoir trouver les points 9 et 10 si je me force un peu.
En bref : très très bon livre !
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Lagagne
  09 janvier 2015
Le graphisme de cet album est envoûtant. Les aquarelles toutes en finesse et transparence sont magnifiques. Certaines pages sont luxuriantes à souhait, avec un petit côté Douanier Rousseau, la rigidité en moins. J'ai apprécié aussi le choix que Brecht a fait d'associer une couleur à un seul personnage, texte compris. Car au début, la lecture est un peu confuse, il faut réussir à se dépatouiller ! et le code couleur aide bien dans ce domaine.
Une fois la lecture apprivoisée, c'est un vrai petit bonheur de suivre ce groupe d'artistes divers et variés, avec des niveaux de compétence et de sympathie inégaux. Chacun a ses particularités, son petit caractère. On s'y attache, s'en agace plus ou moins. L'aventure de cette toute nouvelle biennale d'amateurs est une lecture spéciale, relevée par un graphisme inédit pour moi.
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Chouchane
  18 février 2013
Je vais me placer à contre temps des critiques toutes dithyrambiques que ce roman graphique a reçu. Certains l'ont si bien défendu que je me sens moins coupable de dire que je n'ai pas aimé. Premier obstacle, la difficulté de lire le texte. C'est tout bête mais un livre il faut... le lire ! L'auteur met en jeu un artiste au prise avec ses réflexions sur la création. du coup, il pense, il parle, il raisonne. Il faut donc suivre, et là ça coince parce que les lettres toutes en couleurs pastels sont peintes comme à l'aquarelle, à savoir, diluées et qui plus est dans des dialogues nombreux et peu captivants. Ceci dit l'essentiel d'un roman graphique passe par l'émotion suggérée par le dessin, il peut donc y avoir repêchage ! il se trouve que l'à non plus je n'ai pas accroché car le graphisme comme le texte se fond dans des touches de couleurs et tout se perd dans tout. Ce qui était annoncé comme une prouesse technique a été pour moi un vrai inconvénient. Reste le dernier point et non le moindre, le scénario : le héros un artiste en mal de créativité accepte d'encadrer un groupe d'amateurs pour organiser une biennale d'art. Ce groupe très hétérogène, va chaotiquement accoucher d'une oeuvre. Au bout d'un moment, leurs péripéties d'amateurs m'ont semblé tellement ennuyeuses que j'ai arrêté de vouloir comprendre, j'ai regardé les images et finalement j'ai laissé tombé. Je suis tout simplement passée à côté des amateurs.
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holognec
  17 juillet 2013
Eh bien non, ce n'était pas un roman graphique sur l'architecture. Plutôt une histoire (autobiographique?) d'un artiste invité en résidence pour un nouveau festival d'art dans un village perdu (des Flandres?) parmi des gens sans trop de talent. Une belle histoire de rencontre et de simplicité. Une belle découverte donc, quand même, surtout pour ces très beaux tableaux d'aquarelle, plein de transparence et de luxuriance, plein de choses et d'êtres cachés à découvrir. Un vraiment beau travail de l'auteur. Merci!
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critiques presse (5)
LeMonde   27 janvier 2012
Un ouvrage intrigant de 220 pages entièrement réalisé à l'aquarelle et à la gouache, sans case ni phylactère. Typiquement le genre de livre qu'on feuillette debout en librairie sans pouvoir s'en arracher.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Sceneario   24 janvier 2012
Ce livre transpire l’inventivité, l’innovation et l’expérimental, c’est en cela qu’on pourra parler d’audace.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Bibliobs   27 décembre 2011
Parmi les plus beaux livres de l'hiver, il faut commencer par « les Amateurs » de Brecht Evens, ce Flamand de 25 ans qui, après les formidables « Noceurs », poursuit son étonnant travail. Il manie les encres de couleur en alternant les mats et les transparences, et préfère la bande dessinée aux beaux-arts, par désir de raconter des histoires.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   14 décembre 2011
L'originalité séduisante du récit tient à une alternance sophistiquée de brèves saynètes dialoguées, ­laconiques tête-à-tête, bavardages terre à terre, teintées d'ironie, et de plans larges, superbes instantanés atmosphériques à l'aquarelle, foisonnants de signes, de superpositions et de transparences, créant une sensation de flottement, de réalité en apesanteur.
Lire la critique sur le site : Telerama
BDGest   13 décembre 2011
Sans doute encore plus que dans Les noceurs, les qualités de ce dessinateur talentueux et inclassable, mais aussi conteur d’exception, ressortent dans ce livre qui offre une lecture des plus fluides. Cerise sur le gâteau, il ne fait nul doute que Brecht Evens a pris un immense plaisir dans la réalisation de cette bande dessinée, et cela se ressent. Laissez-vous tenter.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
laurent35laurent35   07 février 2019
L'imaginaire est plus important que la connaissance
Einstein
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laurent35laurent35   07 février 2019
Le devoir d'un artiste est d'aller toujours au-delà des frontières de sa propre perception....Et de représenter au plus proche ce qu'il a perçu, pour que le public puisse le comprendre
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LesPtitesNotesLesPtitesNotes   18 février 2013
On est là pour s'amuser et être tous ensemble, sinon c'est quoi, le but ? Allez.
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Videos de Brecht Evens (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Brecht Evens
Sur les traces de Marona, une jeune chienne à la truffe en coeur... Avec nous elle rembobine le fil de sa vie, d'une quête du bonheur qui pour les humains prend une forme inverse à celle qu'elle a pour les hommes. "L'Extraordinaire voyage de Marona" faisait partie de la sélection du Festival d'Annecy en 2019, film d'animation initiative pour lequel Anca Damian, réalisatrice, a collaboré, entre autres, avec le dessinateur de bandes dessinées Brecht Evens. Elle parle avec nous de son rêve d'enfant : être peintre - qui se retrouve dans l'univers visuel de son cinéma. "L'extraordinaire voyage de Marona" en salles le 8 janvier 2020.
La Grande table Culture de Raphaël Bourgois – émission du 7 janvier 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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