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Critiques sur Père des mensonges (15)
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Ziliz
  14 novembre 2017
Eldon Fochs est "doyen laïc au sein de la Corporation du Sang de l'Agneau", une secte religieuse conservatrice. Son épouse lui conseille de consulter un psychothérapeute depuis qu'il est atteint de troubles du sommeil - rêves agités où il profère des paroles terribles avec une autre voix que la sienne.

Alternance dans le récit entre lettres de pression de la hiérarchie du doyen sur le psy, compte-rendus du thérapeute et témoignages de Fochs.
Le premier rapport médical révèle des fantasmes pédophiles sur de jeunes garçons, et meurtriers à l'encontre d'une jeune fille réellement assassinée. Le récit de Fochs lui-même donne un autre éclairage à l'affaire : on suit les délires hallucinatoires d'un homme malade, certes, mais aussi les aveux froids d'un individu lâche, fourbe, calculateur, qui profite de sa position d'autorité auprès des jeunes gens dont il abuse en prétendant leur donner l'absolution divine.

Pédophilie, meurtre, inceste, Fochs est capable du pire, et c'est à peine si on trouve l'ombre d'une explication (quelle a été la véritable enfance du personnage ?)...
Un livre terrible sur la pédophilie (cf. les justifications religieuses invoquées ici par le coupable), sur l'aveuglement et l'hypocrisie à l'oeuvre dans certaines communautés religieuses où la hiérarchie est prête à tout pour éviter le scandale.

C'est bouleversant, écoeurant, dérangeant. Mais on a beau ressentir une aversion croissante pour le personnage et un violent sentiment d'injustice et de révolte, on est malgré tout captivé par son histoire, et on voudrait comprendre...
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henrimesquida
  25 juin 2017
L'ouverture de l'ouvrage est originale, avec cette étude préliminaire du psychanalyste. Mais, ce qui manque, c'est surtout ce dernier, auquel on s'attache mais qui disparaît bien vite, alors que son rôle était important.

Le recentrage qu'effectue alors l'auteur sur son personnage principal est gâché par une écriture qui tente certainement de rendre compte de la personnalité mécanique et désincarnée de ce prêtre, mais qui, somme toute, est plutôt pauvre.
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Charybde2
  15 avril 2014
Décapante psychanalyse d'un pasteur américain entre fantasmes et réalités atroces à couvrir.

Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/04/15/note-de-lecture-pere-des-mensonges-brian-evenson/
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Ingannmic
  02 avril 2014
J'étais un peu fâchée avec Brian Evenson, ayant vécu comme une imposture la lecture de sa "Confrérie des mutilés", dans la mesure où ce roman s'est avéré être en totale inadéquation avec ce que j'en attendais...
Sur l'insistance de plusieurs blogueurs/euses, j'ai accepté de tenter une autre expérience avec cet ex mormon que ses écrits ont fait exclure de sa congrégation.

Comme dans "La confrérie des mutilés", Brian Evenson s'attaque, avec "Père des mensonges", à la puissance des dogmes, en dépeignant les possibles et désastreuses conséquences auxquelles peuvent aboutir l'obéissance aveugle qui y est soumise.
Eldon Fochs, doyen de la communauté du sang de l'agneau (dite des "Sanguistes"), est incité par sa femme à consulter un thérapeute suite à des troubles du sommeil. Ses nuits sont perturbées par d'inquiétants cauchemars, dans lesquels Fochs inflige des sévices à des adolescents, et dont la prégnance leur confère une dimension étrangement palpable.
Le doyen est par ailleurs un homme respecté par les membres de sa paroisse, qui mène une existence a priori sans histoires entre sa femme et ses trois enfants. A priori...

Le récit est constitué en partie des rapports établis par le thérapeute qui suit Fochs, perplexe face à ce patient qu'il devine manipulateur, ainsi que de quelques extraits d'une correspondance adressé au docteur Feshtig, par laquelle il est violemment invité à ne divulguer sous aucun prétexte le résultat de l'analyse de leurs séances. Mais la plupart du temps, le lecteur est plongé dans l'esprit de Fochs, et doit supporter le récit par ce dernier de certains faits qui l'éclairent crument sur sa véritable et horrifiante nature.

L'autre point commun avec "La confrérie des mutilés", est que Brian Evenson introduit dans son roman des touches surnaturelles, sous la forme notamment de l'inquiétant Tête sanglante, sorte d'ectoplasme dont on ne sait s'il est réel ou issu de l'imagination malade du héros, à qui il apparaît à plusieurs reprises, pour le sortir d'inconfortables situations.
La comparaison s'arrête là, puisque j'ai aimé "Père des mensonges". Peut-être parce qu'en dépit de son aspect parfois fantastique et caricatural (qui m'avait gênée lors de ma précédente lecture), il est par ailleurs complètement -et malheureusement- crédible.

Certes, le doyen Fochs, qui parvient à se donner bonne conscience malgré les atrocités qu'il commet, est incroyablement ignoble de sang-froid et de mauvaise foi, et on sent bien que l'auteur force le trait lorsqu'il évoque la psychologie de ce sordide personnage. de même, l'humour macabre et cynique dont il pare son texte participe à le positionner en léger décalage avec la réalité, incitant le lecteur à le considérer comme une sorte de fable grotesquement monstrueuse.
Mais c'est curieusement ce qui donne au roman sa force, en plus de le rendre original. le ton grinçant employé par Brian Evenson se révèle être un excellent vecteur pour exprimer son propos, qui s'en révèle d'autant plus virulent.
Il porte un regard sans concession sur un système hypocrite et cruel, qui sous prétexte de porter la parole de Dieu, se montre non seulement incapable de se remettre en question et de considérer la nature humaine -donc faillible- de ses représentants, mais qui de plus préfère protéger ses porte parole des conséquences de leurs actes, aussi répréhensibles soient-ils, que de mettre en danger sa réputation et sa puissance. Et il ne se montre pas plus tendre pour les simples convertis dont l'aveuglement borné participe à raffermir l'impunité que le statut de ces mêmes représentants leur confère.

Un roman glaçant, qui m'a réconciliée avec son auteur...
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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myriampele
  12 février 2013
Il ne m'est jamais facile d'écrire de longues critiques sur un livre, même si je l'ai beaucoup aimé. Celui-ci me laisse un dégoût profond, parce que c'est épouvantablement vrai! L'auteur , qui a vraisemblablement approché de près le monstre qu'il décrit, le fait avec la plus grande pudeur, même s'il a du, car ce n'était pas évitable, entrer dans quelques détails qui laissent sans voix. Je suppose qu'il a fallu bien du courage à cet homme d'église pour dévoiler cette vérité qui fait tellement peur.
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sassenach
  13 décembre 2012
Le doyen Eldon Fochs, respecté dans la communauté et au sein de son église, la Corporation du Sang de l'Agneau, se voit obligé par sa femme de consulter un psychothérapeute. Inquiète pour son mari qui parle bizarrement dans son sommeil et qui semble faire des rêves perturbants et peu en phase avec son poste de doyen, elle l'envoie chez le docteur Alexandre Feshtig. Celui-ci découvre que les rêves de Fochs sont tous à propos d'enfants et de violences, sexuelles ou non et quand on découvre une fillette violée et assassinée dans la région, Feshtig a vite fait de soupçonner Fochs d'être plus impliqué qu'il ne l'avoue. Mais l'analyste subit rapidement des pressions des hautes autorités de la congrégation pour étouffer l'affaire …

J'avais vu de nombreux billets sur ce roman et je l'avais repéré car le thème m'intéressait fortement. Je l'ai enfin lu et je dois dire que je l'ai carrément dévoré. Dès le départ, on nous annonce la couleur et la manipulation des esprits et des gens est présente. Même si, à ce moment, on ne sait pas si Fochs est vraiment coupable, je dois dire que j'ai été vite hérissée par le comportement des hautes sphères de la congrégation, qui se prennent littéralement pour Dieu et qui décident de ce qui est bien et mal. Et quand on découvre les agissements du doyen, ses pensées profondes, les excuses qu'il se crée et sa folie, c'est encore pire. L'auteur a su nous montrer comment certaines personnes peuvent agir impunément car leur entourage est aveugle à leurs actions mais on dit bien qu'il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. le fait que cette manipulation se déroule dans le milieu religieux amplifie l'horreur qu'on peut avoir devant les attitudes de certains, qui se cachent derrière la religion et qui se servent de celle-ce comme d'une excuse à tout mais je pense que ce genre d'attitude et de manipulation peut se retrouver dans tous les milieux. Etant déjà assez cynique de nature, rien ne m'a surpris mais je trouve toujours fascinant de voir comment les gens se laissent si facilement convaincre et combien peu osent se révolter devant des actes qui devraient scandaliser tout le monde. Je craignais un peu le côté voyeur et malsain mais l'auteur a réussi à éviter de faire dans le sordide malgré les faits ignobles décrits. Il réussit aussi à décrire une forme de folie particulièrement étouffante pour les lecteurs mais qui fait aussi la force du roman, amplifiée par l'utilisation de différents points de vue, comme si l'auteur avait réuni plusieurs documents pour créer cette histoire. Voilà un livre qui dérange, qui secoue, qui doit faire ouvrir les yeux sur les dérives de nos sociétés et qui faut lire absolument pour mieux en prendre conscience et ne pas tomber dans leurs pièges ! Nul doute que je lirai d'autres livres de cet auteur !
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chocobogirl
  05 avril 2011
"Père des mensonges" se situe dans une communauté religieuse : la corporation du sang de l'agneau (les Sanguistes). Il s'agit d'une secte religieuse fortement conservatrice, dirigée par des pères patriarches qui lui donne sa ligne de conduite.
Le roman débute sur un échange de courrier entre le patriarche Blanchard et un institut de psychanalyse rattaché à l'église. le patriarche cherche à soutirer des informations sur le cas du patient Eldon Fochs, un doyen de l'église. S'opposant au refus de Feshtig, son médecin, Blanchard s'adresse au directeur de l'institut. Il obtiendra gain de cause par échange de faveurs... Dès lors, nous savons déjà que l'Eglise en question est corrompue et soucieuse de son image avant tout...

La suite nous plongera alors dans les notes du médecin Feshtig et nous ferons connaissance avec ce doyen de l'Eglise. Eldon Fochs possède une situation très respectable au sein de la communauté. Issu d'une famille très religieuse, il prend très à coeur le rôle de l'Eglise dans son quotidien. Pourtant depuis quelque temps, il est victime de cauchemars épouvantables : obscénité, viol, violence,... Sa femme s'en inquiète et le pousse à consulter.
Feshtig finit par s'interroger quand les rêves du doyen finissent par avoir quelque ressemblance avec des faits réels : une jeune fille assassinée, de jeunes garçons agressés,...
Où est le vrai ? Où est le faux ?

Le sujet est difficile mais m'a néanmoins beaucoup plu !
La construction du roman est très intelligente. On alterne entre le point de vue de Feshtig le médecin et celui de Fochs. Ce jeu de miroir entre rêve et réalité devient peu à peu flou et le lecteur finit par se demander où s'arrête le rêve ou commence le réel. Et quand vous comprenez où sont les limites, c'est un véritable coup de poing que vous recevez !

La focale intérieure sur les pensées du doyen Fochs est particulièrement forte. le lecteur pénètre dans ses pensées les plus profondes qui révèleront un être malade et pris dans une folie religieuse qui l'absout de tout acte malveillant. Les scènes où nous voyons le doyen agir sous le soi-disant commandement de Dieu en sont révélatrices. Fochs a bien conscience que ses actes sont mauvais mais il s'imagine que Dieu l'accompagne et l'enjoint d'agir, pour mieux vivre avec ses actes.
On peut s'interroger sur l'origine de cette folie : Est-ce la religion qui a exacerbé les problèmes d'un esprit déjà malade ou bien est-ce elle qui a provoqué ces désordres mentaux ? La question est posé mais l'auteur ne s'avancera pas à y répondre.

Vous comprendrez bien sûr que la cible principale de ce roman est l'ordre religieux et ses dérives sectaires. Sous couvert d'obsolution chrétienne et de bien-être pour la communauté, les religieux se permettent d'agir à leur guise au détriment de l'intérêt particulier de certains. Les patriarches n'hésiteront pas à nier l'évidence pour mieux protéger la réputation de leur communauté et à ex-communier les personnes indésirables et réfractaires à leur soi-disante vérité. Cette corruption morale est véritablement glaçante quand on connait les revers du même ordre que connait l'église chrétienne aujourd'hui...
"Pere des mensonges" est donc un roman parfaitement réaliste, surtout quand on sait que l'auteur est un ancien mormon... Il sait donc de quoi il parle.

Cette première rencontre avec Evenson fut donc très très bonne et continuera avec ses autres titres, tout aussi critiques sur la religion.
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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labyssin
  09 décembre 2010
Malgré un sujet intéressant et très peu abordé dans la littérature moderne ( la pédophilie et la sexualité dans la religion) je n'ai pas du tout aimé ce roman.

L'auteur se perd dans une personnage sombre et torturé et nous fait perdre le fil de son histoire. Je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire et en ressort très déçu.
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kathel
  15 septembre 2010
Cela fait un bon moment que j'ai terminé ce livre et que je ne me décide pas à écrire quelque chose à son sujet. Il s'agit donc, comme vous avez sûrement pu déjà le lire ici ou là, des aveux et souvenirs de rêves de Fochs, un prêtre d'une communauté nommée « du Sang de l'Agneau ». C'est probablement voulu par l'auteur, mais l'action n'est pas tellement située ni dans le temps, ni dans l'espace, ce qui lui donne une sorte d'universalité qui fait froid dans le dos. Cette plongée effroyable dans l'esprit de Fochs, en alternance avec d'autres documents comme des lettres entre les responsables de l'église et des rapports du psy de Fochs, n'en a que plus d'impact. L'homme d'église, dont on comprend très vite qu'il est pédophile, est cependant marié et ses actes et pensées épouvantables contrastent avec un quotidien tranquille.
Pour tout dire, cette lecture met très mal à l'aise, mais la curiosité se maintient par le fait que le psychothérapeute pense qu'une partie des aveux de Fochs est factice. Cela oblige donc à progresser dans la lecture pour démêler le vrai du faux, pour constater si ces horreurs se passent uniquement dans la tête de Fochs ou dans la réalité. Les passages où Fochs dialogue avec son double, une espèce d'horrible personnage qui lui dicte ses actes, m'ont laissée perplexe et je n'ai surtout pas voulu y puiser une justification quelconque pour des actes absolument injustifiables. le pire est encore le soutien presque sans faille de ses supérieurs de l'Eglise et leur hypocrisie perverse à ne rien voir.
Un livre que je ne peux me résoudre à recommander, parce qu'il ne pourra pas "plaire" à tout le monde, parce qu'il n'a rien de plaisant justement, mais j'admets que ce genre de dénonciation en forme de coup de poing est tout à fait utile et salutaire.

Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Iluze
  31 août 2010
Evenson, un auteur qui m'était totalement inconnu auparavant, s'attaque ici à l'Eglise et à ses membres pédophiles. Trois manières nous sont offertes pour entrer dans ce récit. On commence par lire les lettres que s'échangent le patriarche Blanchard, le psychanalyste Feshtig et son directeur Kennedy. A travers cette correspondance, nous pouvons découvrir les points de vue de chacun de ses personnages. Une autre partie du roman est consacrée aux rapports et aux notes de Feshtig. J'ai apprécié de voir les méthodes qu'il utilise pour faire parler son patient ainsi que ce qu'il en pensait. Brian Evenson arrive à nous parler de psychologie sans que le roman se transforme en un essai indigeste. C'était ma plus grande crainte et heureusement, elle a été rapidement dissipée. Je me suis rapidement mis dans la peau de ce psychothérapeute. Je voulais comprendre Fochs sans le juger. Et croyez-moi, ce n'est pas évident. La troisième partie nous mène dans la tête du patient lui-même, Eldon Fochs. Dans cette partie, impossible pour moi de voir autre chose que le monstre qui se tapit en lui. Ces moments étaient quasi insupportables pour moi. Comment apprécier d'être dans la tête d'un pédophile ?

Grâce à ces trois manières, on reconstruit petit à petit le puzzle de l'histoire. Celle-ci m'a paru à la fois intrigante et fascinante. Qui va avoir le dernier mot l'Eglise ou la psychologie ? La justice sera-t-elle faite ? de grandes questions qui seront répondues à temps.

J'ai aussi apprécié que Brian Evenson s'éloigne du stéréotype qu'est le prêtre pédophile c'est-à-dire un être esseulé en manque sexuel. Eldon Fochs n'est rien de tout ça, c'est un homme marié respectable qui a quatre enfants. Bref, il est un père de famille tout à fait commun. Enfin, jusqu'à un certain point…

J'ai été fortement interpelée par la manière dont l'Eglise réfléchit. Selon elle, il est mieux d'obéir à son supérieur ecclésiastique, même si l'on pense que l'action demandée est mauvaise, plutôt que de désobéir. En effet, désobéir à un membre du clergé équivaut à désobéir à Dieu lui-même.

« Père des mensonges » est donc un livre dérangeant mais particulièrement intéressant pour ceux qui s'intéressent à ce sujet. Voilà un livre assez court mais qui permet de faire le tour de la question.
Lien : http://iluze.over-blog.com/a..
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