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Anne-Laure Tissut (Traducteur)
ISBN : 2742765387
Éditeur : Actes Sud (02/01/2007)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Voilà bien des années que John Hunt, qui a maintenant atteint la quarantaine, a choisi de se détourner de la société des hommes en allant vivre dans un ranch où, aux côtés d'un oncle vieillissant, il élève des chevaux. Mais le fragile éden, édifié en intime symbiose avec les rythmes naturels du monde animal par ces deux hommes noirs dans le grand Ouest américain, vient à se fissurer: un jeune homosexuel est retrouvé dans le désert battu à mort, un fermier indien déc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  29 août 2019
Blessés est un roman qui, sans fioriture, s'inscrit dans ce que la littérature américaine fait de mieux.
On est dans l'Ouest américain, pays de ranchers, de désert rouge et d'hivers où froid signifie encore quelque chose. John Hunt, éleveur de chevaux noir, vit avec son vieil oncle Gus dans un ranch isolé. Il a quitté les regroupements humains pour les solitudes. La mort brutale de sa femme l'a profondément meurtrie mais avec les années, une certaine sérénité s'est installée, faite de travail, de chamailleries avec Gus, ... Hélas la haine et la violence ne sont jamais loin et ravagent les meilleures volontés.
Avec Blessés, Percival Everett dénonce les haines qui parcourent l'espèce humaine : racisme, homophobie, et il en existe tant d'autres. L'auteur le fait avec une force subtile, sans grands discours. Il raconte juste la vie ordinaire de gens ordinaires où ça dérape et conduit à des tragédies.
Ce roman, je l'ai lu d'une traite tant je me suis retrouvée envoûtée par les paysages à l'âpreté sublime. Et comment expliquer mon ressenti face aux personnages principaux : John, Gus et Morgan? Je ne sais si ce sont eux qui ont laissé leurs marques en moi ou si c'est moi qui ai abandonné une part de moi-même entre les pages. Voilà un trio absolument magnifiques de tendresse et d'affection sans grandiloquence, de tolérance et de courage. Voilà de belles personnes, de belles âmes, comme il en existe en dehors de la fiction aussi fort heureusement. Ils connaissent la nature humaine, et notamment sa part la plus médiocre et mauvaise.
Il y a un échange qui m'a particulièrement marquée, entre la vendeuse de produits animaliers et John. Celle-ci remarque que les gens maintenant sont comme des animaux. Et John de rétorquer que c'est faux : les gens sont des gens, c'est bien ça le problème. Ça pourrait résumer la teneur du roman.
Blessés m'a procuré une lecture intense, aux émotions palpables et diverses. Pas de manichéisme simpliste ici mais une vision de l'être humain dans sa beauté, sa vulnérabilité ou son horreur.
En anglais, le romans'intitule Wounded. Il y a ambiguïté quant à sa traduction puisque les participes passés adjectifs dans cette langue ne portent pas de marque de genre. Alors : Blessé? Blessée? Blessés? Blessées? Peut-être est-ce la conscience de notrehumanité en chacun de nous qui est blessée par les haines, la violence, les mesquineries et les bassesses.
Je ne referme pas le livre sans avoir la gorge serrée de devoir quitter le ranch de John et ses formidables résidents, à deux, trois et quatre pattes.
PS: je crois qu'il vaut mieux lire ce livre en se passant de la quatrième de couverture qui en raconte beaucoup trop. Retenez, chers éditeurs, la leçon d'Alfred Hitchcock : "Il vaut mieux suggérer que montrer". Ce qui était valable pour le cinéma de qualité l'est tout autant pour les résumés intelligents.
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indira95
  02 mars 2016
En lisant l'avis enthousiaste d'une bloggeuse (Sandrine pour ne pas la citer), j'ai donc emprunté ce court roman paru chez Actes sud il y a déjà quelques années. Et vu mon amour du Natural writing, je ne comprends pas comment j'ai pu passer à côté. Bref tout ça pour vous dire que Blessés mérite vraiment qu'on s'y attarde. Aux amoureux de grands espaces américains (ici le Wyoming) et de personnages attachants blessés par la vie, Percival Everett est fait pour vous.
John Hunt est un dresseur de chevaux afro-américain qui a fui la grande ville pour rejoindre son vieil oncle Gus dans son ranch niché au coeur des montagnes. Vivant dans une sorte d'autarcie bienheureuse au coeur de la nature, ces deux célibataires se sont accommodé des défauts de l'autre pour vivre de manière harmonieuse.
Tout irait pour le mieux si un jeune homosexuel n'avait été retrouvé assassiné, tout accusant le jeune et simplet commis du ranch de John d'être le responsable. Premier dérangement pour notre dresseur de chevaux qui s'en passerait bien. le deuxième dérangement survient quelques jours plus tard alors que des insultes racistes sont proférées à l'encontre de son voisin Indien (traité de « nègre rouge », comme c'est charmant). L'ambiance n'est donc plus au beau fixe au paradis des chevaux et des espaces sauvages. Et oui, les vieux réflexes racistes et homophones refont surface au sein de la petite communauté du coin peu habituée au changement et à l'autre de manière générale. Enfin, l'arrivée inopinée du fils homosexuel d'un de ses plus vieux amis, jeune militant bien décidé à manifester contre le climat homophobe de cette région de péquenauds, n'arrange pas les affaires de John Hunt.
Blessés m'a embarquée. Déjà conquise par la beauté des paysages ouest américains que Percival Everett décrit merveilleusement (le Wyoming fait dorénavant partie de ma to do list), il ne m'en fallait pas plus pour adhérer. Loin de la caricature, l'auteur nous immerge au sein de cette communauté réduite, attachante fratrie d'hommes et de femmes blessés par la vie. Rongé par la mort de sa femme, John hésite à se reconstruire ; à l'aune des événements dramatiques qui secouent son quotidien, il est amené à remettre en question ses choix de vie. Doit-il fuir la recherche d'un nouveau bonheur aux côtés d'une femme qui l'aimerait, par fidélité au souvenir de sa défunte épouse ? Doit-il nier sa différence alors que tout le lui rappelle sans arrêt ? Vivre en autarcie loin des hommes est-il la solution ?
Thèmes du deuil, de la différence, retour aux sources, culpabilité et rédemption, tous ces éléments sont habilement et merveilleusement agencés pour nous livrer un roman sensible. Une belle réussite indéniablement.
Blessés de Percival Everett, collection Babel
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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PiertyM
  06 avril 2018
Ce roman nous marque dans le sens où, pour fuir la haine des hommes, si ce n'est de la haine raciste entre noirs et blancs, ça serait une haine contre les homos, Jhon Hunt choisit de se donner à la nature et aux animaux. Amoureux des chevaux, il communique avec eux comme s'ils avaient un vide à combler dans sa vie. Il y a aussi une grotte solitaire qui est un refuge pour lui dans ses moments de nostalgie. Mais quand va venir David dans son ranch, la vie paisible de Jhon Hunt va être bouleverser, et même sa capacité à tolérer les autres va ébranler la tranquillité de sa conscience. Un roman très humaniste, donc très paisible à lire malgré certaines cruauté envers les homosexuels.
L'écriture n'est pas aussi envoutante, ni aussi antipathique, mais elle procure simplement un plaisir pondéré...
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Jacq
  01 février 2013
Une petite ville de l'Ouest américain, un ranch isolé où vivent John et son oncle Gus … Il y a vingt ans, John, le narrateur, a choisi de s'éloigner de la société des hommes pour élever et dresser des chevaux. Au moment où il est devenu veuf, six ans auparavant, Gus est venu habiter chez lui.
John fréquente le moins possible la petite ville proche de son ranch, il entretient des relations amicales avec quelques personnes. Ce qu'il désire avant tout, c'est « avoir la paix ». Dans ce « Far West », on ne parle que pour dire l'essentiel, on ne se livre pas à l'introspection, on agit, on travaille … Nous apprenons peu de choses du passé des protagonistes, libre à nous de meubler les non-dits …
Dans une écriture simple et efficace, l'auteur nous livre un roman âpre et rude comme le climat et le paysage du Wyoming. Quelques événements (meurtre d'un jeune homosexuel, bétail abattu sauvagement, présence de néonazis) nous font pressentir le drame.
Le racisme envers les « gays », les Indiens et les Noirs (la couleur de peau de John et Gus) est présent et nous avançons dans le roman la peur au ventre, peur partagée avec John et justifiée par l'acte barbare qui survient dans les dernières pages…
La face noire de l'âme humaine est heureusement éclairée par l'histoire d'amour entre John et Morgan, une jeune voisine, et la profonde tendresse qui unit le narrateur à son oncle, Gus, le personnage que j'ai d'ailleurs trouvé le plus attachant …

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OhOceane
  22 mars 2017
Pour résumer l'histoire assez simplement, nous suivons l'histoire de John Hunt, un homme qui tient un ranch, avec l'aide de Gus, dans un environnement très « plaines de l'ouest sauvage ». John n'a pas son pareil pour dresser les chevaux, et on sent en lui un homme assez solitaire, depuis la mort de sa femme, et qui se contente très bien de la seule compagnie de Gus, de ses quelques incursions en ville, et des visites amicales de sa voisine, Morgan. Un drame va se dérouler : un jeune homosexuel est assassiné, d'autres actes de violences sont commis aussi, tout cela assombrit l'atmosphère. Ce sera également l'occasion de la visite du fils d'un vieil ami de John, venu protester contre le crime homophobe. Dès lors, beaucoup de blessures se mettent à jour. La blessure d'un enfant homosexuel incompris de ses parents et mal à l'aise dans son couple ; le divorce et l'attitude du meilleur ami de John Hunt qui révèlent aussi d'autres blessures. Il y a également le coeur blessé de John, qui a du mal à exprimer son amour envers une femme depuis le décès de son épouse. Enfin, il y a toutes les blessures provoquées par l'homophobie et le racisme. Car John Hunt est noir dans un monde de cow-boys blanc. le fait est que je n'ai compris qu'assez tard que John était noir : c'est là que je me rends compte que spontanément je ne m'intéresse pas à la couleur des gens. Les hommes sont ce qu'ils sont, peu importe la couleur, et le fait de lire ce livre de nombreuses pages avant de percuter que le héros était noir, m'a remis en tête que pour beaucoup la couleur fait tout, hélas. Et Percival Everett sait écrire cela sans forcer le trait, sans en faire des tonnes, en décrivant une sorte de racisme light, un racisme du quotidien, qui est en filigrane de toutes nos sociétés. John Hunt est un ancien universitaire, on le découvre amateur d'art, comme ça en passant, sans insister, et puis c'est un cow-boy, un vrai dur, un homme dans toute sa virilité : car c'est ainsi que l'être humain est, un mélange de plusieurs passions, de plusieurs intérêt, qui fabrique une personnalité complexe. C'est avec subtilité que Percival Everett brosse ses personnages : il leur prête des faiblesses, des failles, des échecs, des doutes. Mais il nous les montre aussi dans leur courage, dans la beauté de l'amitié et du secours.
L'autre personnage principal c'est évidemment l'ouest sauvage, et puis les chevaux, les coyotes, la nature qui offre ce qu'elle a de meilleure, et puis qui tue également.
Voilà un récit qui arrive à être à la fois un roman noir, un roman d'amour, et un western, qui nous parle de la différence, de l'indifférence et de tolérance, un grand et beau roman que je vous engage à lire.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   29 août 2019
Le reste du repas fut pénible et ennuyeux. Le fils de Howard me plaisait pourtant. Quant à Robert, j'essayai de ne pas le trouver déplaisant. Leur homosexualité ne me dérangeait nullement, mais la façon qu'avait Robert de l'afficher à l'attention de la serveuse me semblait d'une agressivité déplacée. Je n'avais pas honte de cette pensée, dans la mesure où tout hétérosexuel, homme ou femme, marquant de la sorte son territoire, m'eût tout autant mis mal à l'aise.
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kuroinekokuroineko   29 août 2019
Tu sais quoi, les gens, c'est plus que des animaux.
- Non, ce sont des gens. C'est bien ça le problème.
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Pirouette0001Pirouette0001   21 avril 2013
- Vous avez déjà eu des ennuis ? Pour des questions de race, je veux dire.
- Evidemment, petit. On est en Amérique. Il y en a des fanatiques. (...) Par ici, c'est plein d'imbéciles sans la moindre ouverture d'esprit. ça court les rues. Beaucoup d'ignorants, et beaucoup de gens bien, intelligents. C'est différent d'où tu viens ?
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SoundandfurySoundandfury   19 décembre 2010
« S'il fait froid, allume un feu, s'il fait chaud, saute dans le ruisseau. La vie n'est pas plus compliquée. »
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Alice_Alice_   04 janvier 2014
Je ne sais pas. En tout cas, c'est atroce. Tu sais quoi, les gens, c'est plus que des animaux.
- Non, ce sont des gens. C'est bien ça le problème. On a arrêté les coupables?
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Videos de Percival Everett (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Percival Everett
Percival Everett itw .Entretien avec Percival Everett filmé au Publicis Drugstore (Paris 8ème) le 30 septembre 2008. Interview Isabelle Rabineau / Interprète Dominique Chevalier.Vidéo sous-titrée en français :http://www.dailymotion.com/video/x71nz3?subtitle=frArticle sur Percival Everett :http://blog.topolivres.com/blogtopolivres/2015/
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